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samedi 22 août 2009

La part de l'autre


Uchronie

Je viens de terminer la lecture du livre d’Eric-Emmanuel Schmitt, "La part de l’autre". Le genre littéraire du livre est l’uchronie, un genre qui repose sur une réécriture de l’histoire à partir de la modification d’un évènement du passé. Nous connaissons tous la phrase de Pascal contenue dans ses Pensées : Le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court, la face de la terre aurait changé. C’est un exemple d’uchronie. Le personnage qui a intéressé Eric-Emmanuel Schmitt n’est pas Cléopâtre, mais Hitler. Son livre, qui est un roman, retrace, en parallèle, deux vies : la première, celle d’Hitler telle qu’elle a existé ; la seconde, celle qu’il n’a pas eu, mais qu’il aurait pu avoir si, au lieu d’être recalé le 8 Octobre 1908 à l’Ecole des Beaux-arts de Vienne où il s’était inscrit, il avait été reçu. Eric-Emmanuel Schmitt imagine que la face du monde jusqu’aujourd’hui aurait été changée.

Deux vies possibles

Pour différencier les deux parcours, Eric-Emmanuel Schmitt recourt à un procédé qui facilite leur suivi. Lorsqu’il parle du Hitler historique, le récit l’appelle Hitler ; lorsqu’il décrit le personnage fictif, il le nomme Adolf. Tout le livre est un développement comparé des deux histoires. Tandis qu’Hitler, essuyant échecs et blessures, s’enfonce toujours plus dans la haine et une sorte de délire mystique, on voit Adolf s’épanouir, découvrir l’amour, s’interroger sur la foi, haïr la guerre qui menace l’Europe et épouser Sarah, une juive. Adolf n’est pas parfait : il a aussi ses zones d’ombre ; ses faiblesses. Mais il est commun, Hitler non. Hitler, comme on le sait, finit sa vie par le dernier palier où mène l’orgueil, le suicide. Adolf meurt le 21 juin 1970 aux Etats-Unis entouré des siens, après une vie qui aura connu, certes, ses moments difficiles, mais aussi ses heures de gloire et de bonheur.

La conclusion de l’auteur

Dans la dernière partie de son livre, Eric-Emmanuel Schmitt tient le journal de bord de l’épopée que fut pour lui l’écriture de son livre. Il y raconte ses moments de doute, l’opposition de certains de ses proches, sa hâte de voir Hitler mourir tellement le personnage est noir, lugubre. Plus que cela, il apporte deux précisions qui m’ont interpellé :

- La 1ère est une crainte. "J’espère, dit l’auteur, qu’on ne se méprendra pas sur mon livre. En suivant deux vies, celles d’Hitler recalé, celle d’Adolf H. accepté aux Beaux-Arts, je ne fais pas seulement jouer une circonstance, mais aussi la libre interprétation d’une circonstance. Hitler n’est pas seulement victime de son échec, mais de l’analyse de son échec. Lorsqu’il échoue à l’examen d’entrée, il n’opère pas un juste décryptage de son faux pas. Au lieu de reconnaître qu’il n’a pas assez travaillé, il conclut qu’il est un génie ignoré. Premier délire. Premier isolement. Première bouffée paranoïaque."

- La seconde est une constatation qui stupéfie l’auteur. "L’erreur que l’on commet avec Hitler vient qu’on le prend pour un individu exceptionnel, un monstre hors-norme, un barbare sans équivalent. Or, c’est un être banal. Banal comme le mal. Banal comme toi et moi. Ce pourrait être toi, ce pourrait être moi. Qui sait d’ailleurs si, demain, ce ne sera toi ou moi ? Qui peut se croire définitivement à l’abri ? A l’abri d’un raisonnement faux, du simplisme, de l’entêtement ou du mal infligé au nom de ce que l’on croit le bien. Aujourd’hui, les hommes caricaturent Hitler pour se disculper eux-mêmes. La charge est inversement proportionnelle à la décharge. Plus il est différent, moins il leur ressemble. Tous leurs discours reviennent à crier "Ce n’est pas moi, il est fou, il a le génie du mal, il est pervers, bref, il n’a aucun rapport avec moi." Dangereuse naïveté. Angélisme suspect.
Point de vue biblique

La Bible rejoint l’opinion d’Eric-Emmanuel Schmitt sur les deux points de sa conclusion. Si les circonstances jouent un rôle sur l’orientation que prend la vie des hommes, celles-ci ne sont pas déterminantes. Ce qui l’est, c’est bel et bien les réactions des hommes face aux contrariétés dont ils ont à faire face dans les circonstances qu’ils traversent. J’en veux pour exemple biblique un homme qui apparaît dès les première pages de la genèse :

- Cet homme, c’est Caïn, le fils d’Adam et Eve. Alors qu’il offre, comme son frère Abel un sacrifice à Dieu (c’est d’ailleurs lui qui en a le premier l’idée), comme Hitler, il vit un échec. Il est recalé : Dieu ne reçoit pas son offrande, alors qu’il agrée celle d’Abel. L’échec de Caïn est le début d’une spirale infernale. Caïn ronge son frein. Vexé, il s’enfonce de plus en plus dans le ressentiment, la haine, la rancune, la jalousie. Dieu n’est pas dupe. Il voit ce qui se passe à l’intérieur de Caïn. Il sait où cela risque de le mener. Il l’avertit donc : "Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre ? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui."

Dieu aimerait faire passer à Caïn un double message ! Le premier est que recalé ne signifie pas rejeté ou méprisé. Caïn, tout autant qu’Abel, était aimé par Dieu. Si l’offrande de Caïn n’avait pas été agréée, c’est que, déjà, les dispositions dans lesquelles elle a été faite n’étaient pas bonnes. Il faut donc que Caïn, tel un étudiant ratant son examen de passage, revoit sa copie, analyse les causes de son échec et change d’attitude. Le second message est l’idée que le péché est plus fort que nous. "Attention à la colère, prévient l’apôtre Paul, c’est en nous une porte d’entrée facile pour le diable." Ils sont légion ceux qui, dans la colère, sont, comme Caïn passé de la haine et du ressentiment au meurtre. En toute vie, à chaque instant, il existe un moment où il est encore possible de changer, de faire demi-tour… avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce moment qu’il ne faut pas rater car de lui, comme il en a été pour Hitler, dépend toute l’orientation de notre vie future. Ce moment a eu lieu pour moi en février 1976, lorsqu’au plus bas de ma vie, j’ai entendu clairement l’appel de Jésus-Christ à me tourner vers Lui pour être libéré de moi-même.

Car, oui, comme le dit si bien Eric-Emmanuel Schmitt, le vrai tyran de l’homme, c’est lui-même, son cœur mauvais, sa nature pécheresse, encline au mal, son orgueil invétéré, son amour-propre maladif. Certes, nous ne deviendrons pas tous des Hitler, mais nous avons tous le potentiel d’être des tyrans qui s’insurgent et se mettent en colère lorsque les autres ne font pas ce qu’on aimerait qu’on fasse pour nous. La Bible explique dès l’origine que le péché, c’est finalement renverser Dieu de son trône pour se mettre à sa place. C’est ce que nous faisons : nous voulons être au centre de l’univers et nous exigeons que les autres fassent nos quatre volontés, tout le temps, pour n’importe quoi. Et malheur à eux si les choses ne vont pas assez vite.

Contre-exemple

Nous ne sommes cependant pas contraints à suivre cette voie. Nous pouvons agir et penser différemment. Cela nécessite cependant deux choses : la 1ère, c’est un désir réel d’avoir une autre vie que celle qui consiste à tourner autour de nous-mêmes. Tant que nous nous dépouillons pas de cette mentalité égocentrique reçue du péché, rien ne peut réellement changer. La seconde, c’est que nous invitions Jésus-Christ à prendre le contrôle de nos vies et que nous le laissions faire les changements que Son Esprit veut opérer en nous. Quiconque accueille Jésus-Christ accueille la possibilité d’une vie intérieure nouvelle. Le style de vie que cette vie nouvelle communique est tout entier contenu dans cette parole : "Vous savez, dit Jésus à ses disciples, que les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur : Matthieu 20,25."

Tyran ou serviteur : deux vies sont possibles pour chacun de nous. Le 1er choix conduit aussi sûrement à la ruine chacun de nous qu’il n’a conduit Hitler. Le second aboutit aussi sûrement à la gloire et à l’éternité qu’il a conduit Jésus. Quelle voie allez-vous suivre ?

P.S : j’aurais pu, pour donner un exemple positif, évoquer la vie de Joseph, le fils de Jacob. Vendu par ses frères, injustement mis en prison, oublié des hommes, il sera une bénédiction partout où il passera. Restauré dans son bon droit, devenu 1er ministre d’Egypte, il assurera en larmes ses frères de son pardon et veillera à ce qu’ils ne leur manquent rien. Joseph a su vivre l’échec en Dieu : il est passé outre et a réussi. Caïn a achoppé sur l’échec. Il n’a pas surmonté l’obstacle et a été détruit.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

2 commentaires:

olivier a dit…

merci de votre réponse vous êtes désormais référencé dans LaMined'Or
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bonne continuation
olivier

marie a dit…

Merci de rappeler que chacun, chacune à un choix déterminant à faire : AVEC ou sans DIEU. Répondre au mal par le BIEN apporte la paix et la joie, en arrêtant la spirale infernale où on sera perdu irrémédiablement !