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samedi 29 octobre 2011

La fausse estime de soi

S’aimer soi-même

« Il est important de s’aimer soi-même ». « Celui qui ne s’aime pas ne peut aimer les autres. » Combien de fois n’avons-nous pas entendu dire comme allant de soi de telles affirmations ? Le message, pensent certains chrétiens, est en accord avec la Bible. Le commandement de l’amour ne prescrit-il pas d’aimer les autres comme soi-même ? La relation entre l’amour du prochain et l’amour de soi est ici évidente, dit-on. En apparence seulement ! L’amour du prochain est bel et bien un élément constitutif de l’Evangile. L’amour de soi est, par contre, le pur produit de la psychologie moderne. L’idée va à l’encontre même du message de Jésus. Cela nécessite cependant quelques explications.

Fausses idées autour du principe

1ère fausse idée : l’homme serait bon…

L’idée qui est autour du principe énoncé est que les gens qui ont conscience de leur valeur personnelle ne ressentent pas le besoin de faire des choses laides ou méchantes envers autrui. Plus votre estime de soi est élevée, plus vous serez sociables, dit-on. Pour vous améliorer, il vous suffit donc de travailler à l’estime de vous-mêmes, l’image que vous avez de vous. Meilleure elle sera à vos yeux, meilleur vous serez dans votre relation avec les autres.

Sans le dire, cette idée repose sur un autre principe contraire à la conception qu’a la Bible de l’homme. L’amélioration de votre être par une meilleure estime de soi repose sur l’idée d’une nature humaine qui serait bonne et qui ne devrait ses carences qu’à l’environnement. La Bible dit quant à elle le contraire : la nature humaine est déviée, perverse, et le fait de s’aimer soi-même ne peut ôter cette inclinaison innée du cœur. Nous devons nous regarder en face pour avoir une juste appréciation de nous-mêmes. Et, pour qui est honnête, l’image n’est pas belle.

2ème fausse idée : le bonheur sans cadre…

La recherche qui est derrière l’idée de l’amélioration de l’estime de soi est celle du bonheur et de l’épanouissement. Cette recherche est légitime, mais elle comporte nécessairement des limites. Il arrive bien souvent que, contre le projet qu’a un enfant de chercher à faire quelque chose qui le satisfasse, les parents doivent intervenir d’autorité pour l’arrêter. Refuser de le faire, c’est ne pas aimer son enfant, mais construire sans doute son malheur futur. Sans boussole, la recherche de la satisfaction de soi, base de l'estime de soi, peut partir dans toutes les directions, les pires comprises.

Là encore, le désir d’être heureux se heurte à l’obstacle déjà cité. Certes, si la nature de l’homme était spontanément altruiste, toute recherche de satisfaction s’inscrirait dans le cadre du bien fait aux autres. Mais la réalité est totalement différente. Nous ne sommes pas par nature altruistes, mais égocentriques. Les autres sont davantage pour nous des objets que nous manipulons et qui servent à nos intérêts que des êtres humains que nous servons. Freud lui-même le disait : l’homme est un loup pour l’homme (la Civilisation et ses mécontents). « Une grande part de la « preuve » de notre bonté est fondée, non pas sur ce que nous faisons véritablement, mais sur ce que nous croyons que les gens devraient faire. Nous sommes tous meilleurs commentateurs que joueurs : William Kirk Kilpatrick. »

3ème fausse idée : nous sommes ce que nous montrons…

L’idée que les gens ont de nous-mêmes n’est que la demi-version de la réalité. L’autre moitié se compose de toutes les choses que nous n’avons pas faites, mais que nous aurions faites si le regard des autres ne nous y empêchait. Le comportement de beaucoup dans l’anonymat d’une grande ville diffère grandement de celui qu’ils ont devant les gens à qui ils sont associés ordinairement. « Tout homme, écrit C.S Lewis, doit vivre selon l’apparence extérieure d’autres hommes : il sait qu’il y a telle chose en lui, qui est encore bien plus basse que son comportement en public le plus négligé, son langage le plus relâché. Et nul autre ne pourrait deviner, combien ces choses sont familières à votre âme, voire de la même nature qu’elle, combien cela forme un tout (C.S Lewis : The Problem of Pain : 1962).

Autrement dit, nous sommes bien plus mauvais que ce que nous montrons. « Méchants comme vous l’êtes, disait Jésus, vous savez pourtant donner de bonnes choses à vos enfants : Matthieu 7,11. » La vérité est là. Notre nature est mauvaise ; ce qui sort de bien de nous est plutôt une exception que la règle. Nos enfants suffisent à le prouver. « S’emparer brusquement de jouets, refuser de partager, frapper la petite sœur et mentir effrontément pour tout couvrir, cela débute suffisamment tôt dans la vie de l’enfant pour laisser supposer que l’imperfection fatale n’est pas imputable à la société mais à la nature : W.K.K. Le côté visible de notre personne n’est que la pointe de l’iceberg. La plus grosse partie est cachée. Nous seuls (et Dieu) la connaissons.

Conclusion :

Je suis conscient que le sujet mériterait d’autres développements. Il n’est qu’une entrée en matière. Dans le prochain article, je m’attacherai à montrer la vision et la raison bibliques que doit avoir le chrétien de l’estime qu’il a de lui-même. Elle seule le libère de cette recherche à laquelle nous invite la psychologie moderne, recherche qui aboutit si vite à l’attention portée à son égo, à l’autosuffisance, à la manipulation ou à l’arrogance.




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samedi 22 octobre 2011

Les anges, agents secrets de Dieu

Leur existence :


Jacob lutte avec l'ange
 Les anges sont un peu les oubliés de la foi. On en parle peu. La Bible atteste cependant leur existence sans équivoque. Les anges sont mentionnés 108 fois dans l’Ancien Testament et 165 dans le Nouveau. Jésus, dit l’Evangile, a été servi par les anges. A plusieurs reprises, des anges sont apparus sous forme humaine ou glorieuse à des hommes de Dieu de la Bible. Billy Graham les appelait les agents secrets de Dieu. La Bible dit qu’ils sont des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère auprès de ceux qui doivent hériter du salut : Hébreux 1,14. Faisons connaissance avec les anges !

La nature des anges :

J’ai rencontré dernièrement un homme qui prétendait être un ange incarné. Une telle chose est-elle possible ? Est-il concevable que votre voisin, ou celui qui habite trois maisons plus loin dans votre rue soit, sous l’habit de l’homme, un ange ? Non ! Pour plusieurs raisons :

a. les anges ne sont pas une race

La Bible parle des anges comme une armée, mais non d’une race. Les anges ne se marient pas et ne peuvent être donnés en mariage. Jésus le dit clairement lorsqu’il parle de la résurrection future : « A la résurrection, les hommes ne prendront ni femmes ni maris, mais ils seront comme les anges dans le ciel : Matthieu 22,30. » Les anges sont donc des créatures asexués. Une autre différence entre les anges et les hommes : les anges ne peuvent mourir. « A la résurrection, ajoute Jésus, les hommes ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges : Luc 20,35-36. » Si quelqu’un de chair et de sang prétend être un ange, il ne peut que se tromper ou être l’objet d’une tromperie.

b. les anges sont des êtres spirituels

La Bible les appelle des « vents » ou des « messagers » : Hébreux 1,7. La définition biblique des anges citée en introduction le souligne : les anges sont des esprits. Parlant du combat qu’il livre pour annoncer l’Evangile, l’apôtre Paul dit qu’il n’a pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les puissances, les autorités, les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans le monde invisible : Ephésiens 6,12. L’apôtre Paul sépare nettement la catégorie des anges de celle des hommes. Les anges ne sont pas faits de chair et de sang.

c. les anges peuvent prendre forme humaine

L’histoire biblique le dit. Les cas sont cependant très rares. La plupart du temps, c’est sous un aspect glorieux et non humain que les anges se sont révélés. La forme humaine qu’ont pu prendre les anges n’a rien à voir avec une incarnation. Les hommes de Dieu qui ont eu le privilège de ce type de visite se sont vite rendu compte de la réalité. Loth qui accueille deux anges à Sodome, venus le prévenir du jugement imminent de la ville, constate leur pouvoir exceptionnel : les anges frappent d’aveuglement la population perverse qui s’était massée pour les violer : Genèse 19,10-11. L’aspect humain que peut revêtir un ange a toujours été transitoire et passager. La forme est semblable à celle d’un homme, mais ils n’en sont pas.

Notons que depuis la venue de Jésus, un tel phénomène n’est plus mentionné. La raison tient sans doute à la venue même du Fils de Dieu sur terre : Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils… : Hébreux 1,1 et 2. Le Fils venu, la révélation close, les anges ne jouent plus le rôle de médiateurs provisoires qu’ils ont tenu dans l’Ancien Testament, entre Dieu et son peuple.

d. les anges sont bons ou mauvais

Les anges ont tous été créés bons, parfaits même. Ils ne le sont pas tous restés. Avant même que le monde soit, une révolte s’est produite dans le monde spirituel. Sous l’instigation de Lucifer, l’ange de lumière, devenu par jalousie envers Dieu, Satan l’adversaire, un bon nombre d’esprits ont déchus et sont devenus des démons. Se sachant condamnés, les démons n’ont qu’un seul but : détruire la création de Dieu, et l’homme en particulier, promis dès l’origine à un destin royal.

L’existence des démons est clairement affirmée dans les Evangiles. Face à la Personne de Jésus, ils ne pouvaient rester masqués. Ils savaient qui Jésus était. Ils craignaient le pouvoir qui était le sien de les jeter dans l’abîme, le lieu de tourments éternels. La Bible nous avertit : les démons n’ont pas seulement le visage de la brutalité ou de la perversité. Ils sont rusés et se travestissent parfois en «serviteurs de Dieu » ou « ministres de la justice » : 2 Corinthiens 11,14-15. Beaucoup de ceux qu’ils ont séduits sont trompés : ils pensent par leur pouvoir servir Dieu, et sont les victimes du diable.

3. La classification des anges

Les anges possèdent une autorité différente les uns des autres. La Bible les désigne sous plusieurs termes :

- les anges ou messagers : Luc 7,24

- les chérubins : Genèse 3,24

- les séraphins : Esaïe 6,2

- les archanges : Jude 9

- les êtres vivants : Apocalypse 4,6-9

- les fils de Dieu : Job 1,6

- les veilleurs : Daniel 4,13

On connaît le nom de certains anges, mandatés pour des missions spéciales : Gabriel, envoyé auprès de Marie, la mère physique de Jésus : Luc 1,26, Michel qui livrera le combat décisif contre Satan et le précipitera définitivement à la fin des temps hors de la sphère céleste : Apoc 12,7-8. La Bible fait mention aussi du nom de certains démons haut placés dans la hiérarchie diabolique : Beelzébul : Matthieu 12,24, Abaddon : Apocalypse 12,11, Légion : Marc 5,9

4. Attitude à l’égard des anges

Les anges ne doivent être ni priés, ni recherchés. La Bible prohibe totalement le culte rendu aux anges : Colossiens 2,18. L’apôtre Jean, qui a reçu la révélation de l’Apocalypse par un ange, fut tenté de se prosterner devant lui. Il fut immédiatement arrêté : Garde–toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu ! : Apocalypse 22,9. A la rigueur, peut-on demander à Dieu, dans une situation de danger, d’envoyer ses anges. Jésus met en garde ceux qui feraient chuter des petits dans la foi suite à un scandale, à cause des anges. Car, dit-il, « leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père : Matthieu 18,10. » Ce seul verset constitue, à mon avis, une base trop mince pour étayer la doctrine d’un ange gardien attribué à chaque croyant.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur les anges. Agents secrets de Dieu, les anges fidèles à Dieu contribuent au maintien du monde. Effacés, ils sont l’exemple même de créatures qui ne cherchent pas à se mettre en avant, mais veulent donner toute la gloire et l’honneur à leur Créateur. Ils nous sont supérieurs en force, sagesse, dignité. Raison de plus en cela de les imiter !

Pour aller plus loin : http://www.info-bible.org/articles/anges.htm

samedi 15 octobre 2011

L'homosexualité : insurmontable ?

Généralités

Les pratiques homosexuelles régulières concernent 5 à 7% de la population, y compris parmi les membres d’églises. On ne naît pas homosexuel, on le devient. Toutefois cela n’émane pas d’un choix personnel conscient.

L’homosexualité s’impose chez la personne concernée vers l’âge de 10-11 ans en moyenne, au travers d’attirances sentimentales et (ou) sexuelles progressives envers les personnes du même sexe qu’elle, exactement de la même manière que ce processus se déroule chez les personnes hétérosexuelles. S’il y a refoulement, les attirances reviendront dangereusement au galop beaucoup plus tard, alors même que la personne est parfois mariée avec enfants.

Distinction

Il est très important de savoir que plusieurs sortes d’homosexualité existent, autant chez les femmes que chez les hommes :

- l’homosexualité accidentelle et subie, liée aux attouchements sexuels d’un tiers

- l’homosexualité passagère, qui ne fait que transiter durant l’adolescence

- l’homosexualité de circonstance, pratiquée dans les lieux où les personnes de sexe opposé ne sont jamais présentes

- l’homosexualité réactionnelle, liée à une épreuve affective brutale

- l’homosexualité refoulée, liée à un déni

- l’homosexualité structurelle, qui s’est installée très tôt dans une vie, et demeure souvent très ancrée dans l’identité entière

- enfin, la bisexualité qui est le fait d’être attiré indifféremment par les hommes ou les femmes

Etapes

Une homosexualité ancrée depuis une longue période dans la vie d’un homme traverse bien souvent les étapes suivantes :

- Homo-carence (manque de sécurité et d’affection masculine) et donc homo-recherche

- Homo-découverte puis homo-attirance

- Homo-compensation, puis homo-sentimentalité

- Homo-fusion puis homosexualité

- Homo-consommation, et bien souvent… homo-consumation

Le même parcours existe chez les femmes, avec souvent comme point de départ un manque de sécurité et d’affection féminine, et parfois masculine.

Jugement

Réduire la personne homosexuelle à sa seule sexualité, c’est comme réduire la personne hétérosexuelle à sa seule sexualité. Une personne hétérosexuelle est d’abord une personne qui aime ; le même comportement existe chez la personne homosexuelle.

Il est donc hors de question pour l’entourage – parents, amis, collègues de travail, chrétiens insérés dans leur église – de rejeter, de brimer, de montrer du doigt la personne homosexuelle, qui est avant tout une personne riche de bien des qualités, et ne pourra jamais être résumée par sa seule sentimentalité et sexualité.

La Bible, dans plusieurs écrits, définit la pratique de l’homosexualité comme un dysfonctionnement parmi d’autres dans la création, et une transgression de la loi divine. Cependant, elle ne rejette aucunement la personne homosexuelle, car l’amour de Dieu s’adresse à toutes ses créatures.

« Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre : Jean 8,7.

Questions

Toute personne ayant de fortes attirances homosexuelles et ayant foi en Dieu se posera des questions difficiles à répondre : que vont devenir ma vie intérieure et mon identité, si je refoule et rejette mes attirances ? Devrai-je rester toute ma vie dans la souffrance au travers d’un célibat et d’une chasteté obligés, ou me forcer à me marier à une personne du sexe opposé pour contenter mon entourage ?

Un début de réponse existe. Il ne s’agira pas de refouler son homosexualité et d’entrer dans le déni, mais tout d’abord d’extérioriser verbalement un vécu intérieur souvent douloureux auprès d’un conseiller qualifié, qui ne jugera aucunement mais accompagnera dans la sérénité et dans le temps.

Chaque accompagnement devra être personnalisé, car il n’y a pas une homosexualité mais des homosexualités. Ainsi, il faudra faire la différence entre le cas d’une homosexualité apparue suite à un viol ou à des attouchements opérés par une personne de même sexe, et celui d’une homosexualité apparue d’une manière progressive au beau milieu d’une enfance sans perturbation apparente.

L’important sera de ne pas exercer de pressions psychologiques ou spirituelles, mais d’aider la personne à se réconcilier avec elle-même, en étant aidée et conseillée (dans le respect de ses décisions, de ses réticences et de son avancement), tant par des accompagnateurs chrétiens que par le Seigneur Jésus lui-même à qui elle aura déjà donné sa vie.

Homosexuel un jour, homosexuel toujours

Ce vieil adage est faux, contrairement aux affirmations de certaines associations influentes. Pour preuve, les nombreuses personnes qui étaient installées dans l’homosexualité depuis de nombreuses années, et qui vivent désormais une hétérosexualité assez sereine. Autre adage qui est un véritable leurre : Dieu m’a créé homosexuel.

La Bible nous appelle à trouver notre véritable identité en Christ, ce qui inclut aussi certains renoncements dans le domaine de la sexualité. Parmi ceux-ci : la fornication, l’adultère, la débauche sexuelle. Le renoncement à la pratique de l’homosexualité en fait aussi partie. Il est certes difficile, mais n’est pas insurmontable pour qui aime vraiment Dieu en premier.

D’autre part, un chrétien affermi peut – s’il le désire ardemment et seulement à cette condition – rentrer volontairement dans un processus de restauration de l’homosexualité vers l’hétérosexualité. Le franchissement de ce processus demande souvent plusieurs années et nécessite l’accompagnement fidèle d’un conseiller qualifié qui ne soit ni un charlatan, ni un intégriste religieux, ni un psychothérapeute reniant la dimension spirituelle de l’être.

Cette restauration peut comporter plus tard des zones fragiles, sensibles, auxquelles il conviendra d’accorder la plus grande importance. Mais la même fragilité, les mêmes faiblesses existent aussi chez beaucoup de personnes hétérosexuelles, qui doivent veiller au grain pour garder le bon cap d’une sentimentalité et d’une sexualité épanouies.

Tiré d’un tract édité par Média-Espérance. Auteur : Philippe Auzenet, fondateur de l’Association OSER EN PARLER, dont le but est d’accompagner les dépendants sexuels, et les personnes en mal-être dans leur sexualité ou leur identité sexuelle. Avec autorisation.

samedi 8 octobre 2011

Fable ou vérité ?

Mythe ou récit historique ?

Toute la foi des chrétiens, nous le savons, repose sur les Evangiles. Les Evangiles n’ont pas été écrits au hasard. L’apôtre Pierre dit que ce n’est pas par une volonté humaine, mais poussés par le Saint-Esprit, l’Esprit de Dieu, que les hommes ont parlé de sa part : 2 Pierre 1,21. Pour qui ne connaît rien de l’Evangile, il faut avouer que, dès le début, il y a de quoi déconcerter. Les faits relatés portent tant la marque de l’inhabituel, du surnaturel et de l’extraordinaire que, très vite, une question légitime se pose : sommes-nous ici face à un récit historique ou un mythe ? La naissance de Jésus d’une vierge, dans une crèche, le chœur d’anges s’adressant aux bergers, l’étoile guidant les mages d’Orient jusque Bethléem : comment croire en la véracité de ces récits ? Ne sommes-nous pas ici, comme dans d’autres récits, dans le domaine du mythe ?

Avant d’apporter les éléments sur lesquels repose la crédibilité des faits relatifs à la vie de Jésus, tels qu’ils nous sont rapportés dans les Evangiles, il serait bon de s’interroger sur ce qu’est un mythe ou une fable. Le mot mythe vient du grec Muthos qui signifie « parole » ou « récit ». Le mythe est un récit qui se veut en quelque sorte fondateur. Même si les éléments dont il est composé sont imaginaires, amplifiés ou inexacts, le but du mythe n’est pas de rendre compte de la réalité, mais de donner un fondement à une croyance, une tradition ou une action. Le mythe se veut explicatif. Il revêt toujours un caractère symbolique. Au vu de cette définition, la question se pose : les Evangiles apportent-ils de Jésus un récit mythique, qui se veut fondateur d’une foi, ou racontent-ils, malgré leur caractère hors du commun, des faits réels ? Sommes-nous avec Jésus dans le symbolique ou dans l’authentique ? Il faut relever que, bien que centrée ici sur Jésus, la question ne se limite pas aux Evangiles. Elle touche à toute la Bible qui, construite sur une même logique, forme un tout inséparable.

Deux arguments irréfutables différencient à jamais les récits bibliques et le témoignage rendu à Jésus du mythe ou de la fable :

1er argument : les témoins oculaires

Alors que l’apôtre Pierre évoque la gloire future de Jésus, il dit : «Nous ne nous sommes pas appuyés sur des histoires habilement inventées, lorsque nous vous avons fait connaître la venue de notre Seigneur Jésus-Christ dans toute sa puissance, mais nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux : 2 Pierre 1,16. » Pierre évoque, pour appuyer ses dires, un événement auquel seuls trois proches de Jésus ont assisté : sa transfiguration soudaine sur une montagne. Trois évangiles sur quatre relatent l’épisode auquel Pierre fait référence. Jean, qui a écrit plus tardivement, n’a pas cru bon de le faire, le fait étant déjà suffisamment connu. Si Pierre évoque la gloire future de Jésus, il n’invente rien. Il ne fait qu’évoquer ce qu’il a vu par anticipation ce jour-là !

Il faut noter ici que ce souci de vérité anime constamment les auteurs de l’Evangile. Luc, particulièrement, tient, avant même d’écrire, à préciser ses intentions. Adressant son évangile à un ami, il l’introduit ainsi : Plusieurs personnes ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont passés parmi nous, d’après les rapports de ceux qui en ont été les témoins oculaires depuis le début et qui sont devenus des serviteurs de la Parole de Dieu. J’ai donc décidé à mon tour de m’informer soigneusement sur tout ce qui est arrivé depuis le commencement, et de te l’exposer par écrit de manière suivie, très honorable Théophile ; ainsi, tu pourras reconnaître l’entière véracité des enseignements que tu as reçus : Luc 1,1 à 4.

Le souci de se rapporter aux témoignages des témoins oculaires de la vie de Jésus ne touche pas seulement aux actes miraculeux dont il est l’auteur. Il concerne aussi l’événement le plus surnaturel de l’Evangile : sa résurrection. Paul le dit aux Corinthiens : « Mes frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous demeurez attachés. C’est par elle que vous êtes sauvés si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi–même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Ecritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Après cela, il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivent encore aujourd’hui – quelques–uns d’entre eux seulement sont morts : 1 Corinthiens 15,1 à 6. »Notons pour conclure ce point que, convaincus de la véracité de ce qu’ils ont vu, la plupart des témoins de l’époque payèrent du prix du martyr leur fidélité au témoignage rendu.

2ème argument : la prophétie

Le témoignage rendu à Jésus possède ici un atout que nul récit mythologique ne peut revendiquer. Jésus, en effet, n’est pas apparu, pour ainsi dire, nu sur la scène de l’histoire, mais habillé, revêtu de tous les vêtements des prophéties antérieures précises annoncées sur lui. Jésus n’est pas un éclair fugace. Il est le soleil qui paraît après l’étoile du matin qui, au milieu de l’obscurité la plus profonde, le précède. Pour qui étudie le sujet, la prophétie biblique ne cesse d’être une cause d’étonnement. Pour plusieurs raisons :

a. sa précision :

Qui dit prophète dit visionnaire. La prophétie étant un art mystérieux, c’est de manière cachée, allusive que ceux que l’on prend pour prophète dans ce monde, tel Nostradamus, s’expriment. Leur prophétie est si vague qu’ils ne courent que peu de risque en les énonçant. On peut en effet toujours alléguer que ce n’est pas le prophète qui s’est trompé, mais ceux qui l’ont interprété.

Il n’en est rien des prophètes bibliques. Leur précision est proprement stupéfiante. Elle dépassement l’entendement. Esaïe annonce ainsi, 8 siècles avant Jésus, qu’il naîtrait d’une jeune fille : Esaïe 7,14. Michée, son contemporain, précise que ce serait à Bethléem : Michée 5,1. Zacharie prédit, 6 siècles avant Jésus, qu’il sera vendu pour trente pièces d’argent : Zacharie 11,12. Des dizaines de prophéties aussi précises émaillent ainsi le texte millénaire de l’Ancien Testament au sujet de Jésus.

b. le caractère révélé de la prophétie

Pierre le dit : la prophétie est comme une lampe qui a brillé dans un lieu obscur jusqu’à ce que la lumière paraisse : 2 Pierre 1,19. L’obscurité à partir de laquelle les prophètes ont parlé ne concernent pas seulement l’époque dans laquelle ils vivaient. Elle touche aussi le bagage de connaissance qu’ils possédaient. Si je vous dis que nous allons vers une dépression économique mondiale, ma parole est certes prophétique. Mais elle ne part pas de l’inconnu. Les feux de l’économie étant tous au rouge, ma prophétie n’est au plus qu’une projection intuitive, un prolongement du présent.

Rien à voir avec la prophétie biblique. C’est par révélation que les prophètes ont reçu leur message qui, la plupart du temps, était une folie pour la raison. Paul dit que la sagesse que les prophètes ont reçue était la sagesse mystérieuse et cachée de Dieu, une sagesse qui échappe au monde. Il s’agit, dit Paul, « de ce que l’œil n’a pas vu et que l’oreille n’a pas entendu, ce que l’esprit humain n’a jamais soupçonné, mais que Dieu tient en réserve pour ceux qui l’aiment : 1 Corinthiens 2,9. Evoquant l’Evangile, l’humaniste Jean-Jacques Rousseau l’avouera lui-même : « Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. Dirons-nous que l’histoire de l’Évangile est inventée à plaisir ? Mon ami, ce n’est pas ainsi qu’on invente, et les faits de Socrate dont personne ne doute sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ. »

Ce n’est pas ainsi que l’on n’invente. Ma conclusion est la même. Bien que tout entier marqué par le surnaturel, il y a tant d’évidence que les faits rapportés par l’Evangile au sujet de Jésus sont réels que l’on ne peut les prendre que d’une manière. C’est ici la Vérité qui nous est dite !

samedi 1 octobre 2011

La peine de mort (2)

Nous avons vu dans le précédent billet les deux raisons sur lesquelles la Bible fonde la peine de mort comme jugement rétributif du crime ou de tout ce qui porte atteinte à la dignité de l’homme, image de Dieu. Jésus-Christ étant venu dans ce monde pour porter les péchés des hommes et subir la peine de mort qu’ils méritaient, la question se pose : la sentence divine établie avant sa venue est-elle devenue caduque ou a-t-elle toujours cours ? Essayons de trouver, au travers des paroles de Jésus, une esquisse de réponse !

Jésus et la loi

Jésus a été formel sur le sujet : sa venue n’a pas pour objet d’abolir la loi. « En vérité je vous le dis, dit Jésus, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui–là sera appelé grand dans le royaume des cieux : Matthieu 5,18-19. » L’endroit où Jésus prononce cette parole ne relève pas du hasard. La déclaration de Jésus au sujet de la pérennité de la loi se situe pratiquement en introduction de son célèbre sermon sur la montagne, véritable charte des valeurs qui, données à ses disciples, ont cours dans ce que Jésus appelle le royaume de Dieu. Jésus est clair : ce qu’il introduit dans le monde ne va pas à l’encontre de ce qui a été introduit avant lui par Dieu.

L’apôtre Paul, qui suivra Jésus, sera sur la même position que lui. «Nous savons bien, dira-t-il, que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, et qu’on sache que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les indisciplinés, les impies et les pécheurs, les sacrilèges et les profanes, les parricides et les matricides, les meurtriers, les débauchés, les homosexuels, les trafiquants d’esclaves, les menteurs, les parjures, et tout ce qui en outre est à l’opposé de la saine doctrine : 1 Timothée 1,9-10.

Trop souvent, dans l’esprit populaire, on sépare Jésus du Dieu de l’Ancien Testament. Jésus serait le Dieu du pardon et de la grâce tandis que l’Eternel serait le Dieu qui condamne. Il n’y a rien de plus faux. Jésus et l’Eternel (qui ne sont qu’un) sont sur la même ligne quant à la gravité du péché et de la sentence qu’il mérite. Il n’y a rien dans la bouche de Jésus qui laisserait entendre qu’il soit en désaccord avec l’Eternel sur quoi que ce soit !

Jésus et la miséricorde

Si Jésus pense comme l’Eternel au sujet de la validité de la loi, quelle valeur a le message de pardon qu’il est venu apporter ? Un texte connu de l’Evangile peut nous éclairer :

Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et disent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes : toi donc, que dis–tu ? Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre. Comme ils persistaient à le questionner, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre. De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers, et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont tes accusateurs ? Personne ne t’a condamnée ? Elle répondit : Personne, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus : Jean 8,3 à 11.

Une brève analyse du texte fait apparaître les éléments suivants :

- Jésus ne contredit pas les accusateurs de la femme adultère sur le point de la loi qu’ils avancent. Le faire aurait été contredire Moïse, donc Dieu qui avait donné à Moïse la loi.

- Le texte ici ne le dit pas : mais en cas d’adultère, ce n’était pas que la femme qui devait être jugée, mais celui qui avait péché avec elle. La loi l’exigeait. Il y a donc ici vice de procédure.

- Jésus autorise les accusateurs à lapider la femme. Auparavant, il retourne le miroir de la justice et de la vérité vers eux. Qu’ils s’examinent eux-mêmes : sont-ils aptes à appliquer la loi pour le péché de cette femme ? Qu’en est-il d’eux ?

- Jésus, le seul qui était sans péché, choisit de faire grâce à la femme coupable. Il la prévient cependant : la grâce donnée n’est pas une autorisation pour poursuivre dans la voie du passé, mais l’occasion donnée pour s’en détourner.

La réaction de Jésus aux accusateurs de la femme adultère met le doigt sur une difficulté trop souvent ignorée quant à l’application de la loi de Dieu. Si nous vivions dans une société parfaite, c'est--dire qui respecte la loi de Dieu, il est évident que chaque crime, chaque atteinte à la dignité humaine serait perçue par chacun au niveau de gravité que Dieu lui donne. C’est la perfection qui donne au crime le relief véritable de l’horreur que son acte représente. Dans une société où la corruption est devenue si générale que les juges et les autorités qui détiennent le pouvoir paraissent plus pourris que les auteurs de délits, l’application légale et radicale de la justice envers le commun des mortels ne peut passer que comme une injustice. La véritable difficulté de l’application de la peine de mort ne tient pas à sa légitimité, mais au caractère si relatif avec laquelle la loi s’applique par ailleurs envers ceux qui détiennent le pouvoir.

Le vice de procédure de l’accusation met aussi en évidence une vérité quant à la décision prise par Jésus : aucune condamnation ne devrait être prononcée contre une personne tant que tous les éléments rendant son procès le plus équitable possible soient réunis. Le doute, la malversation, à aucun niveau, ne sont permis dans l’exercice de la justice.

La décision prise par Jésus nous rappelle enfin que, par Lui, Dieu nous tend la main pour nous faire grâce de nos crimes. L’exercice de la justice est nécessaire dans notre monde qui, sans elle, sombrerait bien vite dans le chaos. Le fait de recevoir de la part de Dieu le pardon n’est pas incompatible avec celui qui conduit à devoir assumer devant les hommes les conséquences de ses actes. Tant que nous serons dans ce monde imparfait, corrompu, la justice aura toujours un goût d’injustice. Seul le règne futur du Christ sera un règne juste, car justice et équité sont la base de son trône !

Pour approfondir le sujet : La Peine de mort : deux objections et trois réponses théologiques – Jean-Marc Berthoud : Editions l’Age d’Homme Case Postale 34 CH – 1001 Lausanne

Témoignage de Ted Bundy, criminel, condamné à mort aux Etats-Unis : http://vonballmoos-chretienphotographe.hautetfort.com/temoignage-ted-bundy/