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samedi 28 juin 2008

Martin Luther King : hommage

Martin Luther King

Le 4 avril 1968, le Dr Martin Luther King mourait assassiné à Memphis dans le Tennessee. La veille de son assassinat, il avait prononcé un discours aux accents prémonitoires. "Ce qui va m’arriver maintenant m’importe guère, avait-il dit, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne et j’ai vu la terre promise… " Martin Luther King n’était pas qu’un défenseur des droits de la minorité noire. C’était d’abord et avant tout un disciple de Jésus-Christ. Je vous propose pour lui rendre hommage la lecture d’un extrait de son livre " La force d’aimer ", paru en France en 1965 aux Editions Castermann. Il y témoigne de la foi et des convictions qui l’habitent. Martin Luther King est mort. Mais sa foi et ses convictions sont toujours présentes. Elles sont toujours aussi malvenues et dérangeantes. En témoigne aujourd’hui encore la mort silencieuse des milliers de martyrs de la même foi. Cependant, le monde passera. Mais l’objet de notre espérance, lui, soyons-en certains, se réalisera !

La faillite de l’Eglise institutionnelle

Nulle part le tragique tendance au conformisme n’est plus évidente que dans l’Eglise, une institution qui a souvent servi à cristalliser, conserver et même bénir les conceptions de l’opinion majoritaire. La reconnaissance par l’Eglise autrefois de l’esclavage, de la ségrégation raciale, de la guerre et de l’exploitation économique témoigne du fait qu’elle a prêté l’oreille à l’autorité du monde plutôt qu’à l’autorité de Dieu. Appelée à être la gardienne morale de la communauté, l’Eglise a parfois préservé ce qui était contraire à la morale. Appelés à combattre les maux sociaux, elle est restée silencieuse derrière ses vitraux. Appelée à conduire les hommes sur les grandes routes de la fraternité et à les inviter à dépasser les bornes étroites de race et de classe, elle a énoncé et pratiqué l’exclusivisme racial.

Complaisance des prédicateurs

Nous, les prédicateurs, nous avons aussi été tentés par le culte séduisant du conformisme. Séduits par les symboles du succès selon le monde, nous avons mesuré nos réalisations à la taille de notre personnage. Nous sommes devenus des shomen pour plaire aux fantaisies et aux caprices de la foule. Nous prononçons des sermons rassurants ; nous évitons de dire du haut de nos chaires ce qui pourrait troubler les vues respectables des membres confortables de nos communautés. Ministres de Jésus-Christ, avons-nous sacrifié la vérité sur l’autel de l’intérêt personnel et, comme Pilate, aligné nos convictions sur les demandes de la foule ?

Retour aux origines

Il nous faut retrouver la flamme évangélique des premiers chrétiens, qui furent non-conformistes au sens le plus vrai du mot et refusèrent de régler leur témoignage sur les perspectives du monde. Volontairement, ils sacrifièrent réputation, fortune, vie même à cause à une cause qu’ils savaient être juste. Petits par le nombre, ils furent des géants par la qualité. La puissance de leur évangile mit fin à des plaies barbares comme l’infanticide et les combats sanglants des gladiateurs. Finalement, ils gagnèrent à Jésus-Christ tout l’empire romain…

Les piliers de l’avenir du monde

L’espoir d’un monde sûr et où il fait bon vivre repose sur des non-conformistes disciplinés, donnés à la justice, à la paix, à la fraternité. Les pionniers en liberté humaine, académique, scientifique et religieuse ont toujours été des non-conformistes. En tout ce qui regarde le progrès de l’humanité, faites confiance aux non-conformistes !

Dans son essai Self-Reliance, Emerson a écrit : " Qui veut être un homme doit être non conformiste. " L’apôtre Paul nous rappelle que qui veut être chrétien doit aussi être non conformiste. Tout chrétien qui aveuglément accepte les opinions de la majorité et suit par crainte et timidité un sentier d’opportunisme et d’approbations sociale est un esclave mental et spirituel. Notez bien ces mots de la plume de James Russel Lowell :

" Esclaves ceux qui craignent de parler
pour le tombé et pour le faible ;
Esclaves ceux qui refusent de choisir
Haine, raillerie et injure
Plutôt que de ses détourner en silence
d’une vérité qui s’impose ;
Esclaves ceux qui n’osent pas
Etre dans le droit avec deux ou trois. "

Bon et mauvais non-conformisme

En lui-même pourtant le non-conformisme n’est pas nécessairement bon et il ne jouit parfois d’aucun pouvoir de transformation et de rédemption. Il n’a pas de valeur salutaire et peut en certain cas ne représenter guère qu’une forme d’exhibitionnisme. Dans sa lettre aux romains, Paul nous présente une formule de non-conformisme constructif : " Transformez-vous par le renouvellement de votre esprit. " le non-conformisme est créateur lorsqu’il est contrôle et dirigé par une vie transformée ; il est constructif lorsqu’il comporte une nouvelle vision mentale.

Le secret du vrai non-conformisme

En ouvrant nos vies à Dieu dans le Christ, nous devenons des créatures nouvelles. Cette expérience, dont Jésus parle comme d’une nouvelle naissance, est essentielle si nous devons être des non-conformistes transformés et exempts de cette justice et de cette rectitude si froides qui trop souvent caractérisent le non-conformiste… Ce n’est que par une transformation spirituelle intérieure que nous pouvons obtenir la force de combattre avec rigueur les maux du monde dans un esprit d’humilité et d’amour…


Conclusion

Cette heure de l’histoire demande un groupe engagé de non-conformistes transformés. Notre planète tremble au bord de l’annihilation atomique ; de dangereuses passions d’orgueil, de haine, d’égoïsme sont installées dans nos vies ; la vérité gît prostrée sur les collines raboteuses de calvaires sans nom ; et les hommes se prosternent devant les faux dieux du nationalisme et du matérialisme. Notre monde sera sauvé du sort qui le menace non par l’adaptation complaisante de la majorité conformiste, mais par l’inadaptation créatrice de la minorité non-conformiste.










ASSASSINAT: Martin Luther King
envoyé par hopto



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 21 juin 2008

La signature de Dieu

Cristaux de neige !

Mr A.J. Pace, portraitiste, raconte un de ses entretiens avec un microphotographe, Wilson J. Bentley, expert dans l'art de photographier à travers un microscope.

Pendant plus d'un tiers de siècle, ce technicien photographia des cristaux de neige. De l'observation de ses milliers de clichés photographiques se dégagèrent trois constantes mystérieuses tout autant que fascinantes :

- Jamais il ne trouva deux cristaux de glace identiques : chacun d'eux se distinguait nettement des autres par le jeu de ses curieuses pointes, de ses boucles, de ses délicates ciselures ou de ses bords biaisés.

- Tous, cependant possédaient cette même beauté vertigineuse de complexité géométrique.

- Il nota enfin leur parfaite symétrie de construction, toujours se développant en six branches à partir d'un axe central.

Explication

S'expliquait-il ces phénomènes ? : "Naturellement, personne ne le peut, excepté Dieu, mais voici ma propre théorie. Comme vous le savez, les cristaux de neige sont formés de vapeur d'eau à une température au-dessous du point de congélation. L'eau est composée de molécules de 3 atomes, 2 d'hydrogène combinés avec un d'oxygène. Chacune de ces molécules est chargée d'électricité positive et négative dont la tendance est de se polariser aux côtés opposés. Le nombre 3, vous le voyez, entre en action dès le départ. "

Mais comment expliquer toutes ces constantes, demanda Mr Pace ?

Wilson Bentley haussa les épaules : "Seul l'Artiste qui leur a attribué un but et les a façonnées ainsi sait comment".

Géométrie

Sa remarque sur le nombre 3 me laissa pensif. Se pouvait-il qu'après avoir modelé sa création, Dieu eût voulu y apposer sa signature, comme le ferait un artiste dans son oeuvre. ? Le Dieu de la Trinité signerait-il sa création dans les fragiles étoiles des cristaux de neige ?

On constate que le réseau directeur de la constitution du cristal de glace est celui de l'hexagone, figure à six côtés. C'est une figure unique dans tout le royaume de la géométrie par le fait que le rayon de la circonférence est exactement de la même longueur que chacun des six côtés de l'hexagone.

Ainsi, disposons-nous de six triangles, parfaitement équilatéraux, dont les sommets se touchent au point central et dont tous les angles sont de soixante degrés, un tiers de toute l'étendue d'un côté d'une ligne droite. Quel excellent symbole d'une unité divine en trois personnes. Ici, l'unité est présente - le triangle, - mais associée à trois lignes, chacune essentielle à l'intégrité du tout.

Bible et symétrie

Par curiosité, je m'employai à examiner dans la Bible les références concernant les cristaux de glace. Comment Dieu, dans sa Parole, employait-il sa signature ?

Basant mes recherches sur le mot neige, je découvris la même unité de base 3 !

- L'Ancien Testament contient 21 (3 x 7) références au mot neige.
- Le Nouveau Testament : 3.
- Par 3 fois, le terme est associé à la " lèpre blanche comme la neige ". Ex, 4.6
- Par 3 fois, le terme est comparée à la neige qui purifie du péché.
- Par 3 fois, il s'agit de vêtements ayant " la blancheur de la neige ".
- Par 3 fois encore, c'est l'apparence du Fils de Dieu qui est associée à la blancheur de la neige.

De curiosité en curiosité, il me fut donné d'aller plus loin dans ma connaissance biblique du chiffre 3.

C'est un fait généralement peu connu que les Hébreux et les Grecs, ne possédant pas de chiffres, se servaient des lettres de leur alphabet en guise de nombres. Le mot que l'hébreu utilise pour le concept de neige est sheleg :

- La première lettre du mot, correspondante à notre SH est en hébreu utilisée pour désigner le nombre 300.

- La deuxième consonne L a la valeur décimale de 30.

- La troisième correspondant à notre G vaut... 3.

Additionnez ces trois nombres et vous obtenez 333.

Curieux, n'est-ce pas, cette façon qu'a la boucle de se boucler ?

Les prodiges de Dieu

Pourquoi ne pourrions-nous pas attendre une exactitude mathématique dans un ensemble de livres s'ils sont pleinement inspirés et merveilleux comme le monde que Dieu a créé ? Il est dit de Dieu : "Il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas. Il dit à la neige : Tombe sur la terre !" Job 37 : 5-6.

J'ai tenté pendant deux jours entiers de dessiner d'après son modèle six cristaux de neige avec une plume d'encre et je me suis affreusement fatigué. Combien Il fait tout facilement ! " Il DIT à la neige ". Il parle et c'est fait !

Imaginons les millions de milliards de cristaux de neige qui tombent sur un arpent de terre en une heure de temps.

Imaginons, si nous le pouvons, le fait étourdissant que chaque cristal est une individualité propre, un modèle unique, sans duplicata dans cette tempête ou dans une autre.

Imaginons combien éphémères sont ces oeuvres.

Imaginons leur invisibilité.

Comment concevoir que l'ultime but de cet impensable exploit est de créer de la Beauté, dans ce qu'elle a de plus idéal, de plus pur, de plus offert à l'homme. " Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. " Psaume 139 : 6.

En réfléchissant à un tel aboutissement, multiplié en d'innombrables variations, peut-on circonscrire l'existence et l'ouvrage d'un Auteur dont les capacités se mesurent seulement par l'infini ? Un Dieu qui peut faire cela peut tout faire, même façonner et modeler nos vies, pour en faire des créations de beauté et d'harmonie.


(d'après Myer Pearlman, "Aux sources de la vérité biblique" p.42-44, 1937, Traduit par les éditions "Les Assemblées de Dieu", Bruxelles,1967)



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 14 juin 2008

Jusques à quand ?


Jusques à quand ?

La première personne à laquelle je pense en lien avec cette expression est Ingrid Bettancourt. Jusques à quand les Farc, qui la retiennent prisonnière, feront-ils preuve d’inhumanité envers elle, et tous ceux et celles qui, dans la jungle, sont captifs comme elle ? L’expression " jusques à quand " n’est pas banale. C’est toujours une expression qui traduit une souffrance où se mêlent à la fois lassitude, sentiment d’injustice, colère… C’est une expression qu’il faut entendre car, trop prolongée, elle est l’antichambre du suicide.
Certains " jusques à quand " sont d’autant plus difficile à supporter que l’on sait qu’il ne suffit que d’un acte de bonne volonté de certaines personnes pour qu’ils s’arrêtent. Je pense à nouveau à Ingrid Bettancourt, mais aussi aux victimes de régimes autoritaires. Jusques à quand la junte militaire birmane au pouvoir va-t-elle refuser l’accès à l’aide internationale pour les victimes du cyclone Nargis, se sont demandées bien des ONG ! Jusques à quand Kim Jong-Il, le tyran qui est à la tête de la Corée du Nord, va-t-il écraser son peuple, le priver de la liberté, enfermer les opposants dans des camps, faire régner la terreur sur son pays… Il y a là plus qu’une honte, mais un crime lorsque, possédant les moyens de mettre fin aux souffrances de ceux qui crient " jusques à quand ", celui qui le peut refuse de le faire !

Et Dieu… ?

" Et Dieu, pourquoi ne fait-il rien ? S’il a tout pouvoir, pourquoi n’agit-il pas pour mettre un terme à l’injustice, l’oppression, la souffrance gratuite ? N’entend-il pas le soupir, le cri, les " jusques à quand " de ceux qui souffrent ? " La question est légitime et, souvent, crûment posée à ceux qui disent avoir foi en sa bonté. " Si Dieu est bon, pourquoi ne met-il pas un terme aux jusques à quand de ceux qui gémissent et qui aimeraient tant aussi avoir droit au repos, au bonheur, à la tranquillité…

Je ne veux pas me faire ici l’avocat de Dieu. On connaît la stratégie des avocats. Leur but est de minimiser la souffrance des victimes en vue de disculper les accusés. Telle ne sera pas ma démarche. Je veux, par contre, avec son aide, essayer de trouver dans la révélation qu’Il nous a donné de lui dans la Bible, les pistes de réflexion aidant à comprendre le dilemme dans lequel Dieu se trouve face à la réalité du mal.

Si Dieu est bon…

Oui, il l’est, répond Jésus sans ambiguïté. Il répond même que Lui seul l’est réellement, authentiquement ! Premier constat étonnant : dans l’esprit de Jésus, la vue de la souffrance ne contredit ou n’altère en rien l’idée que Dieu est totalement bon. Si telle est la réalité, ce qui cloche alors n’est pas le témoignage que rend la Bible au sujet de la nature de Dieu, mais notre façon de voir les choses rendant irréconciliables le fait de voir se côtoyer la bonté de Dieu et la souffrance injuste. Si la bonté de Dieu n’est pas remise en question face à la souffrance, qu’est ce qui doit l’être pour que la vue des deux réalités soient compatibles ? Telle est la vraie question que nous devons nous poser !

Si Dieu est bon, pourquoi…

Nous arrivons au cœur du problème. Pour comprendre où il se trouve vraiment, on pourrait formuler la question autrement. Si Dieu est bon, pourquoi n’agit-il pas… comme nous estimons qu’il devrait agir dans la situation ? La question exprimée de la sorte, nous comprenons que le nœud du problème ne se trouve pas dans le fait que Dieu soit bon, mais qu’à partir de ce fait, nous tirons au sujet de Dieu des conclusions que lui ne tire pas ! Ce qui nous sépare avant tout de Dieu est une façon de penser, non la réalité. Dieu voit, côtoie la même souffrance que nous. Plus que nous, il est indigné, scandalisé par les injustices, l’oppression, l’arrogance, la cruauté dont font preuve des hommes envers d’autres hommes. A un degré infiniment supérieur au nôtre, il entend et compatit aux cris de ceux qui soupirent " Jusques à quand ? " Mais Dieu ne réagit pas comme nous pensons qu’il devrait réagir. Pourquoi ?

Un Dieu anti réactionnaire

La première chose que nous constatons lorsqu’on fait connaissance avec le Dieu de la Bible est qu’il n’est pas un Dieu réactionnaire. Dieu est capable des mêmes émotions que nous. Mais jamais, nous ne le voyons agir sous le coup d’une impulsion incontrôlée. Il est, nous dit la Bible, un Dieu lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, d’une patience infinie. Heureusement pour nous qu’il en est ainsi !

Car, réfléchissons bien. Si toute injustice devait entraîner une réaction de sanction immédiate de la part de Dieu, qui d’entre nous serait épargné ? Certes, les tueurs, les violeurs, les bourreaux commettent des crimes horribles. Mais combien d’horreurs Dieu ne voit-il pas dans les cœurs de chacun. Jésus l’a dit : la loi condamne l’homme qui a commis l’adultère. mais, je vous dis : quiconque regarde une femme de façon à la désirer a déjà commis adultère avec elle dans son cœur… La loi dit : tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre sera passible de jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible de jugement…

Jésus met le doigt sur l’une des réalités (peut-être la principale) qui sépare la façon de penser de Dieu de la nôtre à l’égard de la réalité du mal. Une différence d’appréciation énorme existe entre notre façon d’évaluer la gravité d’un acte et la sienne. Dieu ne voit pas seulement le mal qui se commet. Il voit aussi celui qui est conçu, pensé secrètement. Il discerne derrière les sourires et les façades, l’abîme de corruption, de haine, d’impuretés qui nous habite tous. S’il ne se retenait pas et laissait libre cours à sa colère, aucun de nous ne subsisterait !

Un Dieu de grâce

Aussi la patience de Dieu à l’égard de ce qui se passe dans le monde n’est due qu’à une seule cause. Il ne souhaite pas, dit la Bible, que quelqu’un se perde, mais que tous accèdent à la repentance, ce changement de mentalité suivi d'un changement de comportement. Cependant que le méchant ne se méprenne pas ! Qu’il n’interprète pas cette patience de Dieu comme de l’insensibilité à l’égard du mal commis. Dieu prévient : " J’ai gardé le silence et tu t’es imaginé que j’étais comme toi ! Mais je vais te faire des reproches et tout exposer sous tes yeux ! " Dieu connaît la fin des choses. Il sait où mène le chemin de celui qui persiste dans le mal, la dureté de son cœur. Il sait que se trouve au bout de cette voie une souffrance infinie, insoutenable, éternelle… Aussi se retient-il d’exercer son jugement légitime. Il patiente, mettant tout en œuvre pour que le mauvais, qui est aussi une victime, revienne de ses mauvaises voies, s’amende, change.

Non ! Face à la présence et à la réalité du mal, Dieu n’est pas resté inactif. Sous les traits de l’homme Jésus, Il est Lui-même entré dans le monde. Son objectif était double. Il voulait en premier signaler et signifier par ses actes la compassion l’intérêt de Dieu envers ceux qui souffrent. Tous ceux qui ont été au bénéfice de son passage en ont témoigné : Il a ôté leur douleur, leur a rendu la liberté. Venez a moi, disait Jésus, vous tous qui êtes fatigués de ployer sous un lourd fardeau et je vous donnerai mon repos. Si nous voulons savoir de quel côté se tient Dieu, sachons-le : il est toujours du côté de celui qui souffre, humilié !

Mais là ne s’arrêtait pas la mission de Jésus ! Plus que la compassion, Jésus est venu apporter de la part de Dieu le pardon. A tous, car aucun de nous ne peut prétendre s’en passer. L’homme Jésus, le juste, est la victime innocente qui, au tribunal de Dieu, prend à son compte la culpabilité et le châtiment mérité par tous les auteurs du mal qui se fait dans ce monde. Car Lui seul n’en fait pas partie…

Jusques à quand ?

Jusques à quand, se demande Dieu ? Jusques à quand devrais-je patienter ? Jusques à quand devrais je retenir cette colère qui monte en moi et que je contiens depuis tant de siècles ? Jusques à quand, toi lecteur, refuseras-tu la main d’amitié et de réconciliation que Dieu te tend, main percée de Jésus-Christ ? Jusques à quand ?

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 7 juin 2008

Le discours de Harvard

Le discours de Harvard

Le 8 juin 1978, il y a tout juste 30 ans, Alexandre Soljenitsyne, expulsé 4 années plus tôt de l’Union Soviétique, suite à la publication de son livre " l’Archipel du goulag " où il dénonce les abus du système concentrationnaire soviétique, va prononcer un discours resté mémorable dans les murs de la prestigieuse université américaine d’Harvard, haut lieu de la formation des élites du monde entier. Ce discours aux accents prophétiques n’a rien perdu de son actualité. Jugez-en plutôt à la lecture de ces extraits !

Le déclin du courage

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place….

Le bonheur triste

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies. Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel. L'indépendance de l'individu à l'égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n'auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d'élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l'épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l'argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ? Même la biologie nous enseigne qu'un haut degré de confort n'est pas bon pour l'organisme. Aujourd'hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux….

De la difficulté à promouvoir le bien

Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques…

Du mauvais usage de la liberté

D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder et de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...) L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

L’Occident : un modèle.. ? De quoi ?

Il est universellement admis que l'Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d'hommes à l'Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l'accusent de plus être au niveau de maturité requis par l'humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J'espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l'idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d'une telle alternative. (...)

Mais si l'on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l'Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales, par l'abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

La vraie cause du déclin de l’Occident :

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l'inflexion qui s'est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l'épuisement, en raison d'une répression intolérable de la nature charnelle de l'homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s'écartant de l'esprit, l'homme s'empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels. Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l'intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Perte de la valeur fondamentale originelle

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l'homme individuels reposaient sur la croyance que l'homme est une créature de Dieu. C'est-à-dire que la liberté était accordée à l'individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l'héritage du siècle passé. Toutes les limitations de cette sorte s'émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l'héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

Effets et développements historiques de l’humanisme

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que " le communisme est un humanisme naturalisé. " Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s'agit d'un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l'Ouest et de l'Est aujourd'hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

L’illusion de l’humanisme

Il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d'une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse. Elle a fait de l'homme la mesure de toutes choses sur terre, l'homme imparfait, qui n'est jamais dénué d'orgueil, d'égoïsme, d'envie, de vanité, et tant d'autres défauts. Nous payons aujourd'hui les erreurs qui n'étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s'est enrichie, mais nous avons perdu l'idée d'une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité. Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.

Ultimatum pour un changement profond

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ? Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne. Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus