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samedi 14 juin 2008

Jusques à quand ?


Jusques à quand ?

La première personne à laquelle je pense en lien avec cette expression est Ingrid Bettancourt. Jusques à quand les Farc, qui la retiennent prisonnière, feront-ils preuve d’inhumanité envers elle, et tous ceux et celles qui, dans la jungle, sont captifs comme elle ? L’expression " jusques à quand " n’est pas banale. C’est toujours une expression qui traduit une souffrance où se mêlent à la fois lassitude, sentiment d’injustice, colère… C’est une expression qu’il faut entendre car, trop prolongée, elle est l’antichambre du suicide.
Certains " jusques à quand " sont d’autant plus difficile à supporter que l’on sait qu’il ne suffit que d’un acte de bonne volonté de certaines personnes pour qu’ils s’arrêtent. Je pense à nouveau à Ingrid Bettancourt, mais aussi aux victimes de régimes autoritaires. Jusques à quand la junte militaire birmane au pouvoir va-t-elle refuser l’accès à l’aide internationale pour les victimes du cyclone Nargis, se sont demandées bien des ONG ! Jusques à quand Kim Jong-Il, le tyran qui est à la tête de la Corée du Nord, va-t-il écraser son peuple, le priver de la liberté, enfermer les opposants dans des camps, faire régner la terreur sur son pays… Il y a là plus qu’une honte, mais un crime lorsque, possédant les moyens de mettre fin aux souffrances de ceux qui crient " jusques à quand ", celui qui le peut refuse de le faire !

Et Dieu… ?

" Et Dieu, pourquoi ne fait-il rien ? S’il a tout pouvoir, pourquoi n’agit-il pas pour mettre un terme à l’injustice, l’oppression, la souffrance gratuite ? N’entend-il pas le soupir, le cri, les " jusques à quand " de ceux qui souffrent ? " La question est légitime et, souvent, crûment posée à ceux qui disent avoir foi en sa bonté. " Si Dieu est bon, pourquoi ne met-il pas un terme aux jusques à quand de ceux qui gémissent et qui aimeraient tant aussi avoir droit au repos, au bonheur, à la tranquillité…

Je ne veux pas me faire ici l’avocat de Dieu. On connaît la stratégie des avocats. Leur but est de minimiser la souffrance des victimes en vue de disculper les accusés. Telle ne sera pas ma démarche. Je veux, par contre, avec son aide, essayer de trouver dans la révélation qu’Il nous a donné de lui dans la Bible, les pistes de réflexion aidant à comprendre le dilemme dans lequel Dieu se trouve face à la réalité du mal.

Si Dieu est bon…

Oui, il l’est, répond Jésus sans ambiguïté. Il répond même que Lui seul l’est réellement, authentiquement ! Premier constat étonnant : dans l’esprit de Jésus, la vue de la souffrance ne contredit ou n’altère en rien l’idée que Dieu est totalement bon. Si telle est la réalité, ce qui cloche alors n’est pas le témoignage que rend la Bible au sujet de la nature de Dieu, mais notre façon de voir les choses rendant irréconciliables le fait de voir se côtoyer la bonté de Dieu et la souffrance injuste. Si la bonté de Dieu n’est pas remise en question face à la souffrance, qu’est ce qui doit l’être pour que la vue des deux réalités soient compatibles ? Telle est la vraie question que nous devons nous poser !

Si Dieu est bon, pourquoi…

Nous arrivons au cœur du problème. Pour comprendre où il se trouve vraiment, on pourrait formuler la question autrement. Si Dieu est bon, pourquoi n’agit-il pas… comme nous estimons qu’il devrait agir dans la situation ? La question exprimée de la sorte, nous comprenons que le nœud du problème ne se trouve pas dans le fait que Dieu soit bon, mais qu’à partir de ce fait, nous tirons au sujet de Dieu des conclusions que lui ne tire pas ! Ce qui nous sépare avant tout de Dieu est une façon de penser, non la réalité. Dieu voit, côtoie la même souffrance que nous. Plus que nous, il est indigné, scandalisé par les injustices, l’oppression, l’arrogance, la cruauté dont font preuve des hommes envers d’autres hommes. A un degré infiniment supérieur au nôtre, il entend et compatit aux cris de ceux qui soupirent " Jusques à quand ? " Mais Dieu ne réagit pas comme nous pensons qu’il devrait réagir. Pourquoi ?

Un Dieu anti réactionnaire

La première chose que nous constatons lorsqu’on fait connaissance avec le Dieu de la Bible est qu’il n’est pas un Dieu réactionnaire. Dieu est capable des mêmes émotions que nous. Mais jamais, nous ne le voyons agir sous le coup d’une impulsion incontrôlée. Il est, nous dit la Bible, un Dieu lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, d’une patience infinie. Heureusement pour nous qu’il en est ainsi !

Car, réfléchissons bien. Si toute injustice devait entraîner une réaction de sanction immédiate de la part de Dieu, qui d’entre nous serait épargné ? Certes, les tueurs, les violeurs, les bourreaux commettent des crimes horribles. Mais combien d’horreurs Dieu ne voit-il pas dans les cœurs de chacun. Jésus l’a dit : la loi condamne l’homme qui a commis l’adultère. mais, je vous dis : quiconque regarde une femme de façon à la désirer a déjà commis adultère avec elle dans son cœur… La loi dit : tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre sera passible de jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible de jugement…

Jésus met le doigt sur l’une des réalités (peut-être la principale) qui sépare la façon de penser de Dieu de la nôtre à l’égard de la réalité du mal. Une différence d’appréciation énorme existe entre notre façon d’évaluer la gravité d’un acte et la sienne. Dieu ne voit pas seulement le mal qui se commet. Il voit aussi celui qui est conçu, pensé secrètement. Il discerne derrière les sourires et les façades, l’abîme de corruption, de haine, d’impuretés qui nous habite tous. S’il ne se retenait pas et laissait libre cours à sa colère, aucun de nous ne subsisterait !

Un Dieu de grâce

Aussi la patience de Dieu à l’égard de ce qui se passe dans le monde n’est due qu’à une seule cause. Il ne souhaite pas, dit la Bible, que quelqu’un se perde, mais que tous accèdent à la repentance, ce changement de mentalité suivi d'un changement de comportement. Cependant que le méchant ne se méprenne pas ! Qu’il n’interprète pas cette patience de Dieu comme de l’insensibilité à l’égard du mal commis. Dieu prévient : " J’ai gardé le silence et tu t’es imaginé que j’étais comme toi ! Mais je vais te faire des reproches et tout exposer sous tes yeux ! " Dieu connaît la fin des choses. Il sait où mène le chemin de celui qui persiste dans le mal, la dureté de son cœur. Il sait que se trouve au bout de cette voie une souffrance infinie, insoutenable, éternelle… Aussi se retient-il d’exercer son jugement légitime. Il patiente, mettant tout en œuvre pour que le mauvais, qui est aussi une victime, revienne de ses mauvaises voies, s’amende, change.

Non ! Face à la présence et à la réalité du mal, Dieu n’est pas resté inactif. Sous les traits de l’homme Jésus, Il est Lui-même entré dans le monde. Son objectif était double. Il voulait en premier signaler et signifier par ses actes la compassion l’intérêt de Dieu envers ceux qui souffrent. Tous ceux qui ont été au bénéfice de son passage en ont témoigné : Il a ôté leur douleur, leur a rendu la liberté. Venez a moi, disait Jésus, vous tous qui êtes fatigués de ployer sous un lourd fardeau et je vous donnerai mon repos. Si nous voulons savoir de quel côté se tient Dieu, sachons-le : il est toujours du côté de celui qui souffre, humilié !

Mais là ne s’arrêtait pas la mission de Jésus ! Plus que la compassion, Jésus est venu apporter de la part de Dieu le pardon. A tous, car aucun de nous ne peut prétendre s’en passer. L’homme Jésus, le juste, est la victime innocente qui, au tribunal de Dieu, prend à son compte la culpabilité et le châtiment mérité par tous les auteurs du mal qui se fait dans ce monde. Car Lui seul n’en fait pas partie…

Jusques à quand ?

Jusques à quand, se demande Dieu ? Jusques à quand devrais-je patienter ? Jusques à quand devrais je retenir cette colère qui monte en moi et que je contiens depuis tant de siècles ? Jusques à quand, toi lecteur, refuseras-tu la main d’amitié et de réconciliation que Dieu te tend, main percée de Jésus-Christ ? Jusques à quand ?

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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