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samedi 25 janvier 2014

La réussite des méchants (3)

Secoue-toi !

Alors qu’il se lamentait sur l’épreuve qui l’atteignait tandis que les méchants éclataient de vigueur et de santé, Asaph fut invité par Dieu à considérer leur fin. Il lui fut dit que le présent n’est pas la vérité, mais que celle-ci doit être examinée à la lumière de l’éternité. C’est le lieu où nous passerons l’éternité qui dit si notre vie ici-bas a été réussie ou non. Place devant le même dilemme, Habakuk reçut de Dieu l’injonction de marcher non par la vue, mais par la foi. C’est la confiance en Dieu qui est le rocher de la paix et de la sécurité du juste. Car si les temps et les circonstances changent pour les jutes comme pour les méchants, Dieu ne change pas.

Prophète solitaire en un temps de jugement imminent, Jérémie eut aussi à déplorer la force des méchants.
Après Job, le prophète en viendra à regretter le jour de sa naissance : Jérémie 20,14-15. Face à son désarroi, le message de Dieu sera tout autre que celui qu’il donna à Asaph et Habakuk. Sur un ton proche du reproche, Dieu secouera Jérémie : « Si tu cours avec des hommes à pied et qu’ils te fatiguent, comment pourras-tu te mesurer à des chevaux ? Et si tu n’es en sécurité que dans un pays paisible, que feras-tu dans les fourrés du Jourdain ? : Jérémie 12,5. L’objectif de Dieu est clair. Ce n’est pas l’heure pour Jérémie de se morfondre et de s’apitoyer sur lui-même. Le message de Dieu pour lui est un appel, non à la résignation, mais à la virilité.

Aux armes, citoyens célestes !

Autant nous avons besoin de la réponse de Dieu à Asaph et Habakuk, autant celle donnée à Jérémie nous est nécessaire. Dieu ne nous appelle pas à vivre dans le rêve, mais dans le réel. Or, pour tous les croyants authentiques dans ce monde, le réel est dur, parfois très dur. Il est si dur que, parfois, le croyant peut être amené à se poser la question s’il a fait le bon choix, ou si ce qu’il croit est sûr. Il n’y a jamais de secours et d’aide dans la foi dans la négation de la réalité. Nous pouvons soupirer, pleurer, souhaiter tout ce que nous voulons. Nous devons nous faire à l’idée que le monde dans lequel nous vivons est une jungle impitoyable. Jésus le savait. Il l’a plusieurs fois dit à ses disciples. Il sera fait prisonnier, livré aux principaux chefs du pays qui le condamneront et le feront mourir. Parce qu’il avait une juste vision du réel, il eut aussi la force de l’affronter, dans la communion avec son Père, lorsqu’il se présenta.

Trop de croyants vivent aujourd’hui dans leur bulle. Ils se retirent du monde et font de leur communauté un milieu protégé. Le danger qu’ils courent et qu’au jour de l’adversité, ils se retrouvent sans arme. Il n’est pas dans la volonté de Dieu qu’il en soit ainsi. Aussi Dieu leur envoie-t-il dans leur tranquillité certaines épreuves pour qu’à travers elles ils apprennent à se battre et soit armé pour affronter le pire. Or, soyons-en sûrs ! Par les temps qui courent, le pire n’est pas pour cette génération derrière nous, mais devant. Il serait bon que les pasteurs, enseignants et dirigeants spirituels prennent à cœur de proclamer au peuple de Dieu le message que reçut Jérémie.

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mardi 14 janvier 2014

La réussite des méchants (2)

DILEMME

Nous avons vu dans le dernier billet que la réponse apportée par Dieu à Asaph, quant à la question épineuse de la réussite des méchants, était de considérer quelle sera leur fin. Deux autres hommes de Dieu ont été, à un certain moment de leurs vies, confrontés au même dilemme. Le premier, Habakuk, vivait en un temps de crise. Juda, le dernier vestige du royaume d’Israël, est prêt de tomber, à cause de son idolâtrie récurrente. Dieu révèle au prophète qu’il va susciter les Chaldéens, un peuple impitoyable pour juger Juda. La révélation pose à Habakuk une question de fond : comment Dieu peut-il se servir d’un peuple méchant et cruel comme outil pour châtier un peuple qui l’est moins que lui ? Où se trouvent ici la logique et la justice ? Dieu ne va pas disserter de longues heures avec Habaquq. Sa réponse va tenir en cinq mots.

UN PRINCIPE

Dieu tient à éclaircir sa position au prophète. Le fait qu’il utilise les Chaldéens pour corriger Juda ne signifie pas qu’il cautionne cette nation. Dieu ne pactise pas avec les Chaldéens. Il laisse simplement se poursuivre le cours de l’histoire sans la retenir. La protection de Juda tient à Dieu et, lorsque Dieu se retire, Juda est sans défense contre les projets conquérants des puissances mauvaises qui l’entourent.

Dans cette situation de désarroi, Dieu dit au prophète comment le juste peut vivre : le juste vivra par la
foi : Habakuk 2,4. La foi n’est pas affaire de logique humaine. Elle est confiance en une Personne que l’on sait fiable. Il est compréhensible qu’Habakuk ne voie pas, dans la liberté que Dieu donne aux Chaldéens d’envahir Juda, de logique. Mais la connaissance que le prophète a de Dieu devrait suffire à lui faire comprendre qu’il ne fait pas d’erreur.

Dès la genèse, Dieu a établi la foi comme le principe moteur de la marche et de la relation avec lui. C’est par la foi qu’Abraham obéit après l’appel qu’il reçut de quitter son pays d’origine pour se rendre à Canaan, le pays promis. Par la foi, il vit Isaac, son fils naître de Sara, sa femme trop âgée et stérile. Par la foi, il se montra prêt à offrir Isaac en sacrifice sur la demande de Dieu. Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, mais aussi de vivre avec Dieu. Qui commence à cheminer avec lui aura souvent à faire face à des faits, des situations qui, à vue humaine, pourra le désorienter. Nous n’avons pas encore eu à souffrir physiquement à cause de notre foi. Les gospels que les esclaves noirs écrivirent au temps où ils étaient sur les galères témoignent à quel point la foi soutient l’âme de celui qui n’a pour horizon que la mort.

Tout le livre de Job est aussi la démonstration que seule la foi permet de triompher de l’incompréhensible. Les amis de Job ont prétendu défendre la justice et l’honneur de Dieu face aux propos critiques de Job à son encontre. Ils avaient tort. Ce qui nous arrive ne s’explique pas toujours. La théologie ne répond pas à tout, surtout celle qui veut tout expliquer. La foi permet de continuer à naviguer, alors que l’obscurité nous entoure. Elle porte ses regards au-delà de ce qui est visible pour s’attacher à l’invisible. Que la réponse de Dieu à Habakuk nous aide à nous préparer à ce qui peux se produire de si déconcertant que toutes nos certitudes en sont chavirées !


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vendredi 3 janvier 2014

La réussite des méchants

La réussite des méchants

L’apparente réussite dans la vie de ceux qui ne font preuve d’aucune crainte de Dieu peut parfois
désorienter le croyant. Comment se fait-il, pense-t-il, que ceux qui se moquent chaque jour des lois morales et ne pensent qu’à tirer de cette vie le meilleur profit pour eux-mêmes s’en sortent aussi bien ? La question n’est pas d’hier. Elle a fait cogiter bien des hommes mûrs dans la foi. La Bible nous en donne trois exemples : Asaph, Habakuk, Jérémie. Pour chacun d’eux, la réponse de Dieu à la question posée a été différente. Faisons connaissance avec les dilemmes et les éléments de réponse que chacun d’eux a reçus.

Asaph

Asaph était le chef des chantres dans le temple de Dieu. Il devait entraîner le peuple de Dieu à la louange et l’adoration. Cet homme proche de Dieu et de Sa parole souffrait d’un mal personnel qui le tourmentait chaque jour. A côté de lui, des méchants s’engraissaient et prospéraient, faisant preuve d’une santé reluisante. Petit à petit, le doute, l’incompréhension se mirent à ronger Asaph. Honnête avec lui-même, Asaph nous livre dans un psaume le fruit de ses réflexions :

Oui, Dieu est bon pour Israël, pour tous ceux qui ont le cœur pur. Pourtant, il s’en fallut de peu que mes pieds ne trébuchent, un rien de plus, et je tombais. J’étais jaloux des arrogants en voyant la prospérité des gens méchants. Car ils sont exempts de souffrance ; jusqu’à leur mort, ils ont santé et embonpoint. Ils passent à côté des peines qui sont le lot commun des hommes. Ils ne subissent pas les maux qui frappent les humains. Aussi s’ornent-ils d’arrogance comme on porte un collier, et la violence est leur parure, leurs yeux sont pétillants dans leur visage plein de graisse, les mauvais désirs de leur cœur débordent sans mesure. Ils sont moqueurs, ils parlent méchamment et, sur un ton hautain, menacent d’opprimer. Leur bouche s’en prend au ciel même, leur langue sévit sur la terre. Aussi le peuple les suit-il, buvant à longs traits leurs paroles, tout en disant : « Dieu ? Que sait-il ? Celui qui est là-haut comment connaîtrait-il ? »Voilà comment sont les méchants : toujours tranquilles, ils accumulent les richesses.

Le constat posé, la réflexion d’Asaph ne s’arrête pas là. Il s’interroge :

Alors, c’est donc en vain que je suis resté pur, que j’ai lavé mes mains en signe d’innocence !  Tous les jours, je subis des coups, je suis châtié chaque matin ! Si je disais : « Parlons comme eux », alors je trahirais tes fils. Je me suis mis à réfléchir : j’ai cherché à comprendre, je trouvais tout cela bien trop injuste…

C’est en vain ! Le mot est lâché. Il exprime toute la frustration d’Asaph. Asaph avait cru qu’il allait tirer quelques dividendes personnels de sa foi, une vie de qualité meilleure que ceux qui ne se soucient pas de Dieu. Et c’est l’inverse qui se produit ! Alors qu’il passe son temps à magnifier la gloire de Dieu, ceux qui n’en ont rien à faire se portent mieux que lui. Que dire ? La difficulté fut grande aux yeux d’Asaph jusqu’à un moment précis. Ecoutons la suite du témoignage :

Jusqu’au jour où je suis entré dans le Temple de Dieu et où j’ai réfléchi au sort qui les attend. Car, en fait, tu les mets sur un terrain glissant, tu les entraînes vers la ruine. Et soudain, c’est la catastrophe : en un instant, ils sont perdus, ils sont détruits, et l’épouvante les saisit. Comme les images du rêve s’évanouissent, après le réveil, ô Eternel, quand tu interviendras, tu les feras tous disparaître.

Le moment où Asaph a été guéri de sa frustration fut celui où il considéra la situation de chacun sous l’angle de l’éternité. A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier s’il fait la perte de son âme, demandera Jésus. Dans son parcours présent, le croyant ne doit jamais oublier que le dernier mot de la pièce de théâtre dans laquelle il est l’acteur principal ne se dit pas dans ce monde, mais face au trône du jugement de Dieu. Cette conscience lui sera d’un grand secours face aux injustices apparentes dont il semble être la victime. C’est ici la première réponse de la Bible au dilemme que pose la réussite terrestre et momentanée des sans-Dieu.

Conclusion

Laissons le mot de la fin à Asaph :

Oui, quand j’avais le cœur amer et tant que je me tourmentais, j’étais un sot, un ignorant, je me comportais avec toi comme une bête sans raison. Mais je suis toujours avec toi, et tu m’as saisi la main droite, selon ton plan, tu me conduis, puis tu me prendras dans la gloire.  Qui ai-je au ciel, si ce n’est toi ? Et ici-bas que désirer, car je suis avec toi ? Mon corps peut s’épuiser et mon cœur défaillir, Dieu reste mon rocher, et mon bien précieux pour toujours. Qui t’abandonne se perdra, et tu anéantiras tous ceux qui te sont infidèles. Tandis que mon bonheur à moi, c’est d’être toujours près de Dieu. Oui, j’ai placé dans le Seigneur, dans l’Eternel, mon sûr refuge, et je raconterai ses œuvres (Psaume 73).


Nous étudierons dans les articles suivants la réponse de Dieu à Habakuk et Jérémie. Puis nous verrons comment la venue de Jésus a définitivement réglée la question. Pour l’heure, en ce début d’année où nous sommes prompts à nous souhaiter tous une vie heureuse et en pleine santé ici-bas, n’oublions pas le témoignage d’Asaph ! Le vrai bonheur est en Dieu, non dans les choses d’ici-bas !

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