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samedi 30 juin 2012

Tour de France de la Bible

Tour de France cycliste

Du samedi 30 juin au dimanche 22 juillet, la "Grande Boucle" reprend. C'est cette année le 99ème Tour de France, l'épreuve reine du cyclisme. Une épreuve dont le prologue partira de Liège en Belgique et qui emmènera les concurrents sur 3 479 kms de routes jusqu'à l'arrivée à Paris. Ce qui fait le charme du Tour de France n'est pas la course seulement, mais l'évènement populaire qu'il représente. Chaque année des millions de spectateurs sont massés au bord des routes, sans compter les millions d'autres devant leur écran à la maison. Le caractère festif du Tour est amplifié par la caravane publicitaire qui précède les coureurs.

Tour de France de la Bible

Au sein de la caravane, une voiture insolite. Elle ne présente pas un produit commercial, mais se veut être le promoteur du best-seller mondial, la Bible. L'idée folle de faire connaître la Bible par le moyen du Tour de France est venue en 2004 à Eugène Rard, croyant convaincu. Il nous livre dans la vidéo ci-dessous son témoignage enthousiaste. Alors, si cet été, le Tour de France croise votre chemin, pourquoi pas se joindre pour un temps à cette équipe originale ?




Eugène Rard et son épouse ont dernièrement été interviewé par Zemag, la télévision chrétienne par Internet. Pour écouter leurs témoignages, rendez-vous sur le lien ci-dessous !

http://www.zebuzztv.com/?buzz=ze-mag&item=1174



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samedi 23 juin 2012

Europe, où vas-tu ? (2)


La source historique de la pensée unique

Dans le précédent billet, nous nous posions la question de savoir où va l’Europe. Plus que jamais, avons-nous constaté, l’Europe est exposé au danger du totalitarisme. L’idéologie émergente qui le sous-tend semble être celle de la pensée unique. La pensée unique, ainsi que la plupart de ses composantes, trouve sa source historique principalement dans la philosophie des Lumières. Cette dernière est essentiellement fondée sur la raison, saluée comme la faculté suprême de l’homme. L’indépendance de l’homme vis-à-vis du Dieu créateur constitue le cœur de l’humanisme issu des Lumières. Jean Brun, philosophe chrétien, a essayé dans ses ouvrages d’en décrire le drame : « Le drame est que ce nouveau dieu (l’homme) décide, en tant que dieu, que tout lui est permis, puisque rien ne saurait se trouver au-dessus de lui, et qu’il est le libre créateur de normes toujours en devenir. On ne peut donc lui parler de Mal, non seulement parce que tout « a droit » à la différence, mais parce que le Mal doit être angélisé et perçu comme un facteur de progrès. »

Nul, mieux que Nietzsche, a anticipé les conséquences inéluctables de ce remplacement de Dieu par l’homme. « Le plus grand des événements récents, dit-il – la « mort de Dieu », le fait, autrement dit, que la foi dans le dieu chrétien a été dépouillée de sa plausibilité – commence déjà à jeter ses premières ombres sur l’Europe… Tout va s’effondrer maintenant que se trouve minée cette foi qui était la base, l’appui, le sol nourricier de tant de choses : toute la morale européenne entre autres détails. Nous devons désormais nous attendre à une longue suite, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruines et de bouleversements. » La preuve de ce qu’a annoncé Nietzsche se trouve aujourd’hui sous nos yeux. Les implications du refoulement et de l’évacuation de Dieu sont évidentes et dramatiques. Elles n’en finissent pas de corroder les piliers de la civilisation occidentale et, plus particulièrement, de l’Europe.


Le totalitarisme européen à la lumière des prophéties bibliques


Nos sociétés gagnées par l’anarchie morale et par la confusion des valeurs montrent à l’évidence que leur désintégration s’accélère. Il n’est peut-être plus éloigné le temps où l’on pourra dire de l’Europe entière ce que Machiavel disait de l’Italie : « A bout de souffle, elle attend celui qui pourra guérir ses blessures… la voilà prête à suivre un drapeau, pourvu qu’il se trouve quelqu’un qui veuille le saisir. »

 Sans ambiguïté aucune, la Bible proclame que l’Histoire de l’humanité, entendue au sens du concept « temps des nations », prendra fin dans le cadre d’un régime politique totalitaire universel. Dans le livre de l’Apocalypse, on peut lire que « remplie d’admiration, la terre entière suivit la bête : Apocalypse 13,3." Est mise en relief la séduction qu’exercera le dernier grand dictateur de l’Histoire sur les masses. L’Ecriture souligne ensuite le caractère mondial de cette emprise profondément funeste : « Il fut donné à la bête autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation : Apocalypse 13,7. Plus loin encore, l’apôtre Jean écrit : La bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom : Apocalypse 13,16-17.

 Le dernier totalitarisme dont parlent les Ecritures présentera, comme tous ceux qui l’ont précédé, une dimension historique, donc spatiale. Il surgira d’un espace donné avant de s’étendre au monde entier. Il trouvera sa genèse intellectuelle dans une culture dont tout donne à penser qu’elle sera animée de ce que l’Ecriture appelle « l’apostasie », et  « l’esprit de l’Antichrist », expressions traduisant l’inversion du bien et du mal. L’Europe représente, selon nous, le Continent le plus en osmose avec ce que l’on peut qualifier « de culture de la fin des temps ». En dépit de la puissance technologique, économique et militaire des Etats-Unis, en dépit de la volonté farouche des islamistes les plus radicaux de mener une guerre contre la chrétienté et les Juifs, c’est donc bien de l’Europe que risque de jaillir le dernier totalitarisme, parce que c’est sa culture qui est le plus en adéquation avec celle de la fin des temps.


Antisémitisme croissant


Si l’on retient l’un des plus grands schémas d’interprétation des prophéties bibliques, il apparaît qu’à la fin des temps, le dernier totalitarisme mondial témoignera d’une hostilité sans précédent à l’égard de toute personne ou de toute pensée qui pourraient se réclamer du Dieu de Jésus-Christ, mais aussi à l’égard du peuple d’Israël, progressivement restauré dans son statut d’héritier de promesses spécifiques de l’alliance éternelle du Dieu de l’Histoire. Or il est évident que les germes les plus virulents de cette hostilité sont bien plus présents en Europe, dont 59% des habitants estiment qu’Israël constitue la plus grande menace de paix du monde.


 Le destin européen


 De nombreux auteurs et hommes politiques assignent à l’unification européenne le destin et le dessein de préfigurer et de préparer l’unification du monde et l’avènement d’un gouvernement mondial. Denis de Rougemont, l’un des pères de la construction européenne, a dit, qu’il nous « faut faire l’Europe, parce qu’il faut faire le monde, et que seule l’Europe peut le faire. » En 1948, il disait déjà : « L’heure est venue de rallier pour ce nouveau destin (l’Union européenne) tous les peuples du continent… en une fédération qui sera le premier pas vers la fédération mondiale. » Il conclut sur ce point par cette très forte affirmation : « Il n’y a pas de fédération européenne imaginable qu’en vue d’une fédération mondiale. »

 Le livre du prophète Daniel contient une fresque exceptionnelle de l’histoire de l’humanité. Cette description grandiose de l’Histoire nous apprend que le monde a été et sera dominé successivement par quatre grandes entités politiques : Babylone, les Mèdes et les Perses, la Grèce d’Alexandre le Grand et l’Empire romain. Au sujet de l’Empire romain, l’Ecriture affirme qu’il disparaîtra provisoirement pour laisser place à un temps d’évangélisation du monde par l’Eglise. Il doit renaître à la fin des temps afin de servir de cadre institutionnel à l’émergence du dernier totalitarisme féroce que connaîtra l’humanité : celui de l’Antichrist, dictateur universel régnant sans partage sur le monde entier. Cet Antichrist sera anéanti par le Christ lors de son avènement. C’est alors que le Fils de Dieu établira son Royaume et régnera au nom de son Père sur une humanité enfin délivrée du Mal. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, cet Empire romain renaissant pourrait bien être l’Europe en voie d’unification.



Tiré et adapté d’un article de J-P Graber, docteur ès sciences politiques, auteur de la thèse intitulée « Les Périls totalitaires en Occident » (La Pensée universelle : 1983). Paru dans le magazine Promesses en 2007. Avec autorisation.




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samedi 16 juin 2012

Europe, où vas-tu ? (1)

Le choix primitif de l’Europe

C’est à l’évidence Dieu qui a choisi l’Europe plutôt que l’Asie pour que l’Evangile s’y implante. L’apôtre Paul, qui se proposait d’aller en Asie, vit se fermer la porte devant lui. La vision surnaturelle d’un Macédonien qui faisait appel à lui, l’orienta définitivement vers l’Europe : Actes 16,6 à 15.
Cet aiguillage imposé aboutit au fait que l’Europe devint le pôle fondamental autour duquel s’articule l’histoire des nations depuis deux millénaires. Le christianisme prit essor en Europe alors qu’il disparut presque partout ailleurs, y compris dans les régions du monde qui l’avaient reçu avant lui. Une place particulière est donc assignée à l’Europe dans l’histoire.

Les 5 unifications historiques de l’Europe

Au cours de sa longue existence, l’Europe a déjà été unifiée à 5 reprises. Ces 5 unifications ont évidemment revêtu des extensions territoriales, des natures et des formes différentes. Elles ont eu pour théâtre l’Empire romain, l’Empire de Charlemagne, le Saint Empire romain germanique sous Charles Quint, l’Empire napoléonien et finalement le IIIème Reich. L’intégration européenne de notre temps constitue la 6ème tentative d’unification du Vieux Continent.
L’Europe d’aujourd’hui trouve son origine institutionnelle dans le Traité de Rome, signé le 25 mars 1957. Il a donné naissance à la CEE (Communauté économique européenne), dont est issu l’UE (L’Union Européenne). L’UE compte aujourd’hui 27 états membres. Le 1er janvier 2002, 15 états de l’UE ont perdu une part importante de leur souveraineté par la création d’une monnaie unique : l’euro. Avec la nouvelle Constitution européenne, la politique étrangère des Etats perd de plus en plus son autonomie au profit d’une politique étrangère européenne globale.

Le sens de l’Histoire

Le christianisme biblique révèle très clairement un sens de l’Histoire. Nous croyons, en tant que chrétiens, que l’élan actuel pour une intégration européenne des états qui composent l’Europe en fait partie. L’intégration est irréversible. Elle n’est pas une fatalité, mais les mentalités collectives actuelles ainsi que l’évolution de l’économie, de la politique, de la science des technologies ne peuvent qu’y conduire. « Certes, nous restons libres de choisir, écrivait, il y a 22 ans, Jean-Claude Casanova, éditorialiste à l’Express… Mais l’issue est si évidente aujourd’hui que l’on peut dire que notre liberté n’est que la conscience de sa nécessité. »

Les risques totalitaires en Europe

Le totalitarisme procède de la convergence de trois phénomènes fondamentaux clairement présents dans l’Europe contemporaine :

1.       Le développement de structures  qui lui sont favorables

La démocratie et les libertés individuelles ne se décrètent pas. Elles forment un régime politique ultimement issu du christianisme et de la Réforme. La démocratie et les libertés individuelles ne peuvent être maintenues qu’accompagnées d’importantes conditions protectrices telles que l’existence d’Etats-nations, la limitation du pouvoir étatique, la propriété privée, la liberté économique, le secret bancaire, le pluralisme et l’absence de surveillance électronique excessive des personnes. Or, en Europe, quelques-unes de ces conditions protectrices de la démocratie et des libertés individuelles sont en train de s’effriter dangereusement.

2.       La désagrégation de l’Etat-nation

Parmi les digues protectrices de la démocratie et des libertés individuelles, l’Etat-nation est aujourd’hui l’une des plus menacée en Europe. Ce phénomène est inquiétant. L’existence de nations, séparées les unes des autres principalement par les langues, procède de la volonté de la grâce commune et du dessein historique de Dieu. Elles ont été instituées pour entraver la formation d’un empire universel qui serait par essence totalitaire : voir Genèse 11,1 à 9. La division du monde en Etats-nations représente bien un principe de division salvateur, pour le temps et non pour l’éternité, en vue de préserver l’humanité des totalitarismes planétaires. La nature humaine étant ce qu’elle est, les mouvements trop unificateurs sont toujours tyranniques. Il n’y a pas de démocratie durable sans diversité protégée par des institutions substantiellement souveraines, distinctes les unes des autres. « Je suis convaincu, disait Goebbels en 1942 que dans 50 ans, les gens ne penseront plus en terme de pays. » Il ne s’est guère trompé !

3.       L’effritement d’autres écrans protecteurs des libertés individuelles


La plupart de ces écrans ne disparaissent pas qu’en Europe, mais dans le monde entier. L’extension technologique et spatiale rapide rend le contrôle des activités et des pensées humaines de plus en plus effectif. Toutes les tendances vont vers  l’affaiblissement de l’autonomie matérielle et spirituelle des individus. Le remplacement des billets de banque par des cartes bancaires comme moyen de paiement va dans le sens de la prophétie biblique apocalyptique sur le contrôle économique global exercé par la bête : Apocalypse 13,16-17. Toutes les évolutions montrent que les écrans protecteurs des libertés individuelles tels que la distance, la possibilité d’échapper à un œil inquisiteur et l’inviolabilité de la sphère privée régressent fortement depuis 25 ans. La possibilité, et plus encore, l’effectivité d’une surveillance électronique mondiale des personnes apparaissent dès lors comme un coup très grave porté à la pérennité des libertés individuelles qui ont fait la grandeur et la spécificité des démocraties occidentales.

Orientation

Tous les totalitarismes modernes de réfèrent à une conception du monde, une idéologie. Le totalitarisme soviétique s’inspira du marxisme, le totalitarisme nazi du racisme. Evidemment, ces idéologies apparaissent et se développent dans les sociétés libres avant que ces dernières ne deviennent totalitaires. Quelle idéologie, déjà présente dans notre Europe encore substantiellement démocratique, pourrait-elle bien constituer le noyau d’un futur totalitarisme européen ? Beaucoup d’experts et d’esprits lucides la discernent dans « la pensée unique ». Cette pensée unique, de plus en plus contraignante, paraît s’articuler autour des aspirations, des croyances, des mythes, des attitudes et des valeurs qui suivent.

Suite au prochain billet

Tiré et adapté d’un article de J-P Graber, docteur ès sciences politiques, auteur de la thèse intitulée « Les Périls totalitaires en Occident » (La Pensée universelle : 1983). Paru dans le magazine Promesses en 2007. Avec autorisation.

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samedi 9 juin 2012

Les voies étranges du bien et du mal (2)

Nous avons vu dans le dernier post le paradoxe étrange des voies parallèles que suivent le bien et le mal. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

1ère leçon

La première leçon que je retiens de ce constat est qu’il n’est facile pour personne de distinguer en toutes choses la nature de ce qui se produit. Ronald Dunn qui a perdu un fils par suicide le dit dans son livre remarquable « Quand le ciel est silencieux » : « Le bien et le mal empruntent des voies parallèles et aboutissent souvent ensemble. » Un fait anodin, vécu il y a quelque temps, l’illustre. J’avais placé sur le trottoir qui se situe devant notre lieu de culte un présentoir avec de la littérature et des bibles. Chacun était invité à se servir gratuitement. Un groupe de jeunes garçons turbulents passa et renversa volontairement le présentoir. Il y eut un peu de casse de matériel. Pendant que je ramassais les livres éparpillés, deux jeunes filles s’approchèrent et se mirent à m’aider. Je ne les connaissais pas. Le travail fini, je les remerciai en leur donnant un DVD du film Jésus et un Nouveau Testament qu’elles prirent avec joie. Le bien et le mal avaient emprunté des voies parallèles, certes, sans se toucher, mais dans une proximité et une ressemblance étonnantes.
2ème lecon

La seconde leçon que je retiens de ce constat est que le mal n’est jamais éloigné du bien et vice-versa. La haine, dit-on aussi, est proche de l’amour, comme le verso d’une pièce n’est jamais loin de son recto. Il y a toujours peu de marge ou de distance pour qu’un bien se transforme en mal, s’il n’est pas vécu ou reçu comme il le devrait. Tel homme reçoit un héritage important qui pourrait assurer son avenir, mais il le dilapide de manière insensée. Tel couple commence sur de bonnes bases… jusqu’à ce que l’un trahisse l’autre en le trompant. L’inverse aussi peut se produire. L’histoire de Joseph, trahi et vendu par ses frères en Egypte, l’illustre parfaitement. Devenu, après des années de galère et suite à l’action mystérieuse de Dieu, premier ministre du Pharaon d’Egypte, il sera l’instrument qui sauvera de la famine et de la mort toute sa famille. « Vous aviez médité de me faire du mal, dira-t-il à ses frères. Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux : Genèse 50,20. »

Cette proximité et, parfois, cette ressemblance étrange entre le bien et le mal doivent nous interpeller. Elles nous invitent à deux choses. La première consiste à être vigilant. Le bien ne reste le bien que s’il ne se dénature pas. Dévier une chose de son sens, du but pour laquelle elle a été faite, et le bien se change immédiatement en mal. La seconde consiste à ne jamais désespérer. La Bible est le livre par excellence des échecs transformés en réussite. La croix de Jésus-Christ, crime suprême de l’humanité, en est la plus forte démonstration. Tous, d’une manière ou d’une autre, nous portons la responsabilité de la mort du Fils de Dieu. Car, tous, nous reproduisons les attitudes et nous cultivons les raisons qui ont poussé ceux qui l’ont condamné à l’exécuter. Crime commis par les hommes, la crucifixion de Jésus, son Fils, est cependant le moyen que Dieu utilise pour nous offrir le pardon. Car, au-delà des hommes, c’est de manière volontaire et en accord avec son Père que Jésus meurt en portant lui-même dans son corps le poids de nos fautes. Le paradoxe est si étrange qu’il fera dire, au jour de la Pentecôte, à l’apôtre Pierre dans la même phrase : « Que toute la maison d’Israël le sache : Dieu a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié : Actes 2,36.

Conclusion

La dernière leçon que je retiens de cette proximité du bien et du mal, de la mort et de la vie est qu’il n’est pas nécessaire de courir les mers et les océans pour la connaître. Elle se trouve là dans notre cœur. Ici, au plus profond de chacun, se trouve l’aiguillage qui le mènera dans l’éternité aux antipodes de l’une ou l’autre des destinées qu’il choisira. A la croisée des chemins, il suffit d’un oui ou d’un non prononcé à une certaine heure et à un certain endroit pour que se décide pour toujours un sort définitif.


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samedi 2 juin 2012

Les voies étranges du bien et du mal (1)

Bien et mal

Il est habituel, dans la pensée courante, de séparer et d’opposer de manière radicale le bien et le mal. Effectivement, qu’y a-t-il de commun entre le gant dont se sert le meurtrier pour ne laisser aucune trace permettant de l’identifier, et celui du chirurgien qui opère en vue de sauver la vie de son patient ? Mis à part l’accessoire qui habille la main de l’un et de l’autre, rien ne les regroupe. Dans la vie de tous les jours cependant, on constate déjà que le mal et le bien ne sont pas toujours si éloignés que cela. Croyant faire le bien, il arrive qu’on fasse mal et que la situation soit pire qu’avant. Victime d’un mal, on voit parfois la situation se retourner à notre avantage. Du mal qui nous a atteints est finalement sorti un bien.

Ce lien étrange qui semble tenir le bien et le mal dans une certaine cohabitation n’est pas étranger à la Bible. De plusieurs manières, l’Ecriture situe le bien et le mal dans une proximité et une ressemblance étonnantes. Quelques exemples nous en convaincront :

Cohabitation

Commençons avec la genèse, le 1er livre de la Bible, celui des commencements. Après la création de la terre, des cieux, du monde végétal, animal et de l’homme, nous sommes projetés dans une vision du paradis. Le paradis est un jardin rempli d’arbres magnifiques de toute espèce. L’auteur ne nous décrit aucun d’entre eux. Il s’attarde plutôt sur deux arbres, l’arbre de la vie, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal situé tous deux au centre du jardin. Le premier, l’arbre de vie, a pour objet de conférer à l’humanité, si elle choisit l’obéissance à Dieu, la vie éternelle. Le second, l’arbre de la connaissance du bien et du mal, nous est présenté comme le danger maximal auquel ont à faire face nos premiers parents. Dieu est clair à son sujet : pour qui prend et goûte à son fruit, c’est la mort assurée.

Quel manque de sagesse de la part de Dieu, pourrait-on penser ! Si l’arbre de la connaissance du bien et du mal est si dangereux, pourquoi donc le mettre au centre, si près de l’autre arbre. Ne valait-il pas mieux le reléguer dans le coin le plus obscur du jardin pour le soustraire à tout regard ? La proximité de la mort et de la vie, au centre du jardin, est pourtant la marque de la volonté délibérée de Dieu. Oui ! Dieu le veut : les questions qui touchent au bien et au mal, à la vie et à la mort, doivent être au centre de la préoccupation de chaque vie !

Comme dit plus haut, la proximité entre le bien et le mal n’est pas le seul élément troublant. Il y a encore la ressemblance. Alors que le roi Salomon écrit ses proverbes, il a à cœur d’utiliser une métaphore pour décrire ce que sont la sagesse et la folie. Il compare ainsi la sagesse à une femme assise sur les hauteurs de la ville et qui invite les stupides à entrer chez elle pour manger de son pain et boire de son vin. Puis, décrivant la folie, il lui donne les traits d’une femme bruyante assise devant sa maison et hélant les passants en disant : « Que celui qui est stupide entre ici ! Les eaux dérobées sont douces et le pain du mystère est agréable ! » Même apparence et, à s’y méprendre, quasiment même message !

Un autre exemple de cette proximité et de cette ressemblance entre le vrai et le faux nous est donné par Jésus lui-même. Parlant de ce que va devenir le christianisme qu’il est venu fonder, Jésus utilise une parabole. Il raconte que le royaume de Dieu dans ce monde ressemble à un champ dans lequel a été semé deux semences : du blé (par le propriétaire du champ) et de l’ivraie (par un ennemi). Au début, personne ne voit rien. Mais lorsque les épis se mettent à pousser, les serviteurs s’aperçoivent du coup tordu fait au propriétaire. Le problème est que, non seulement l’ivraie et le blé se ressemblent, mais que leurs racines sont si entremêlées les unes aux autres qu’il est impossible d’arracher la mauvais plante sans déraciner la bonne. La seule solution est d’attendre la moisson où, pour toujours, blé et ivraie seront séparés.

Quelles leçons tirer de cet étrange paradoxe entre le bien et le mal, la vie et la mort ? C’est ce que nous verrons la semaine prochaine !

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