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samedi 23 juin 2012

Europe, où vas-tu ? (2)


La source historique de la pensée unique

Dans le précédent billet, nous nous posions la question de savoir où va l’Europe. Plus que jamais, avons-nous constaté, l’Europe est exposé au danger du totalitarisme. L’idéologie émergente qui le sous-tend semble être celle de la pensée unique. La pensée unique, ainsi que la plupart de ses composantes, trouve sa source historique principalement dans la philosophie des Lumières. Cette dernière est essentiellement fondée sur la raison, saluée comme la faculté suprême de l’homme. L’indépendance de l’homme vis-à-vis du Dieu créateur constitue le cœur de l’humanisme issu des Lumières. Jean Brun, philosophe chrétien, a essayé dans ses ouvrages d’en décrire le drame : « Le drame est que ce nouveau dieu (l’homme) décide, en tant que dieu, que tout lui est permis, puisque rien ne saurait se trouver au-dessus de lui, et qu’il est le libre créateur de normes toujours en devenir. On ne peut donc lui parler de Mal, non seulement parce que tout « a droit » à la différence, mais parce que le Mal doit être angélisé et perçu comme un facteur de progrès. »

Nul, mieux que Nietzsche, a anticipé les conséquences inéluctables de ce remplacement de Dieu par l’homme. « Le plus grand des événements récents, dit-il – la « mort de Dieu », le fait, autrement dit, que la foi dans le dieu chrétien a été dépouillée de sa plausibilité – commence déjà à jeter ses premières ombres sur l’Europe… Tout va s’effondrer maintenant que se trouve minée cette foi qui était la base, l’appui, le sol nourricier de tant de choses : toute la morale européenne entre autres détails. Nous devons désormais nous attendre à une longue suite, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruines et de bouleversements. » La preuve de ce qu’a annoncé Nietzsche se trouve aujourd’hui sous nos yeux. Les implications du refoulement et de l’évacuation de Dieu sont évidentes et dramatiques. Elles n’en finissent pas de corroder les piliers de la civilisation occidentale et, plus particulièrement, de l’Europe.


Le totalitarisme européen à la lumière des prophéties bibliques


Nos sociétés gagnées par l’anarchie morale et par la confusion des valeurs montrent à l’évidence que leur désintégration s’accélère. Il n’est peut-être plus éloigné le temps où l’on pourra dire de l’Europe entière ce que Machiavel disait de l’Italie : « A bout de souffle, elle attend celui qui pourra guérir ses blessures… la voilà prête à suivre un drapeau, pourvu qu’il se trouve quelqu’un qui veuille le saisir. »

 Sans ambiguïté aucune, la Bible proclame que l’Histoire de l’humanité, entendue au sens du concept « temps des nations », prendra fin dans le cadre d’un régime politique totalitaire universel. Dans le livre de l’Apocalypse, on peut lire que « remplie d’admiration, la terre entière suivit la bête : Apocalypse 13,3." Est mise en relief la séduction qu’exercera le dernier grand dictateur de l’Histoire sur les masses. L’Ecriture souligne ensuite le caractère mondial de cette emprise profondément funeste : « Il fut donné à la bête autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation : Apocalypse 13,7. Plus loin encore, l’apôtre Jean écrit : La bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom : Apocalypse 13,16-17.

 Le dernier totalitarisme dont parlent les Ecritures présentera, comme tous ceux qui l’ont précédé, une dimension historique, donc spatiale. Il surgira d’un espace donné avant de s’étendre au monde entier. Il trouvera sa genèse intellectuelle dans une culture dont tout donne à penser qu’elle sera animée de ce que l’Ecriture appelle « l’apostasie », et  « l’esprit de l’Antichrist », expressions traduisant l’inversion du bien et du mal. L’Europe représente, selon nous, le Continent le plus en osmose avec ce que l’on peut qualifier « de culture de la fin des temps ». En dépit de la puissance technologique, économique et militaire des Etats-Unis, en dépit de la volonté farouche des islamistes les plus radicaux de mener une guerre contre la chrétienté et les Juifs, c’est donc bien de l’Europe que risque de jaillir le dernier totalitarisme, parce que c’est sa culture qui est le plus en adéquation avec celle de la fin des temps.


Antisémitisme croissant


Si l’on retient l’un des plus grands schémas d’interprétation des prophéties bibliques, il apparaît qu’à la fin des temps, le dernier totalitarisme mondial témoignera d’une hostilité sans précédent à l’égard de toute personne ou de toute pensée qui pourraient se réclamer du Dieu de Jésus-Christ, mais aussi à l’égard du peuple d’Israël, progressivement restauré dans son statut d’héritier de promesses spécifiques de l’alliance éternelle du Dieu de l’Histoire. Or il est évident que les germes les plus virulents de cette hostilité sont bien plus présents en Europe, dont 59% des habitants estiment qu’Israël constitue la plus grande menace de paix du monde.


 Le destin européen


 De nombreux auteurs et hommes politiques assignent à l’unification européenne le destin et le dessein de préfigurer et de préparer l’unification du monde et l’avènement d’un gouvernement mondial. Denis de Rougemont, l’un des pères de la construction européenne, a dit, qu’il nous « faut faire l’Europe, parce qu’il faut faire le monde, et que seule l’Europe peut le faire. » En 1948, il disait déjà : « L’heure est venue de rallier pour ce nouveau destin (l’Union européenne) tous les peuples du continent… en une fédération qui sera le premier pas vers la fédération mondiale. » Il conclut sur ce point par cette très forte affirmation : « Il n’y a pas de fédération européenne imaginable qu’en vue d’une fédération mondiale. »

 Le livre du prophète Daniel contient une fresque exceptionnelle de l’histoire de l’humanité. Cette description grandiose de l’Histoire nous apprend que le monde a été et sera dominé successivement par quatre grandes entités politiques : Babylone, les Mèdes et les Perses, la Grèce d’Alexandre le Grand et l’Empire romain. Au sujet de l’Empire romain, l’Ecriture affirme qu’il disparaîtra provisoirement pour laisser place à un temps d’évangélisation du monde par l’Eglise. Il doit renaître à la fin des temps afin de servir de cadre institutionnel à l’émergence du dernier totalitarisme féroce que connaîtra l’humanité : celui de l’Antichrist, dictateur universel régnant sans partage sur le monde entier. Cet Antichrist sera anéanti par le Christ lors de son avènement. C’est alors que le Fils de Dieu établira son Royaume et régnera au nom de son Père sur une humanité enfin délivrée du Mal. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, cet Empire romain renaissant pourrait bien être l’Europe en voie d’unification.



Tiré et adapté d’un article de J-P Graber, docteur ès sciences politiques, auteur de la thèse intitulée « Les Périls totalitaires en Occident » (La Pensée universelle : 1983). Paru dans le magazine Promesses en 2007. Avec autorisation.




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