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samedi 23 février 2008

Appétit de gloire !

Fait local

Le dernier concert annuel de l’école de musique de la ville où j’habite n’était pas ordinaire. Alors que, d’habitude, place est faite à la musique et aux musiciens, cette soirée a eu pour centre un hommage : l’hommage rendu au conseiller municipal chargé de la gestion de l’école qui, à 83 ans et après 18 ans de service, rendait son tablier. Après l’éloge du maire, le clou de la soirée était le dévoilement d’une plaque au nom du conseiller municipal, plaque désormais apposée dans une des salles principales de l’école.

Recherche de gloire

Nous sommes tous quelque part sensible à la gloire. Et ce n'est certainement pas les décorés annuel de la légion d'honneur qui le nieront. Cette recherche de gloire, le philosophe Blaise Pascal l’appelait une vanité. « Une vanité si ancrée dans le cœur de l’homme, dit-il, qu’un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes même en veulent ; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus ; et moi qui écrit ceci, dit Pascal, j’ai peut-être cette envie ; et peut-être ceux qui me liront aussi. »

La recherche de la gloire est si ancrée en nous que certains, pour y parvenir, n’hésitent pas à employer tous les moyens. Ainsi, il ressort que c’est par simple désir de gloire que Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale, a fait en cachette les opérations qui ont fait perdre 5 milliards d’euros à la banque. Son but n’était pas l’argent ou l’enrichissement personnel. Il voulait sortir du lot et apparaître comme l’un (ou le) meilleur de sa profession. Tel fut aussi, pour d’autres raisons, la motivation qui aiguillonna Mark Chapman, l’assassin de John Lennon. Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à poignarder son idole, il répondra qu’il l’a fait uniquement dans le but d’avoir la gloire d’être connu. Ce n’est pas tout le monde en effet qui peut se vanter d’avoir tué l’un des Beatles !

Origine de cette recherche

Il ressort de l’exemple de Chapmann et de Kerviel une vérité criante au sujet de la gloire. La recherche de gloire est l’expression du désir de chacun de sortir de l’anonymat, du lot, de briller par son originalité, ses œuvres, ses exploits, bref, de s’élever au-dessus du commun des mortels pour être perçu… comme un dieu. Cette recherche d’éclat, de distinction, d’admiration, témoigne la Bible, est à l’origine même de ce que le langage théologique nomme la chute. Elle est à la fois la cause première de la rébellion de Lucifer, l’ange déchu, contre Dieu, le Créateur, et le thème même de la proposition qu’il fera, au travers du serpent ancien, à nos premiers parents : affranchissez-vous de Dieu et vous serez comme des dieux…

Légitimité de la gloire

Ceci dit, la gloire n’a en elle-même rien de mauvais. Il n’y a, en effet, rien de négatif au fait de reconnaître la valeur ou même l’excellence d’une personne dans un domaine particulier. La Bible elle-même n’hésite pas à louer la beauté de Sara, la femme d’Abraham, la force du juge Samson ou la sagesse de Salomon. Nous sommes tous des êtres uniques et, d’une certaine façon, nous brillons tous d’un éclat original.

La question qui se pose au sujet de la gloire est double :

1. qu’est ce qui fait l’objet de ma gloire (notoriété, réputation) ? Est-ce ce qui est bien ou ce qui est mal ? Oussama Ben Laden est quelqu’un de glorieux parmi les radicaux islamistes. Mais, avoir pour prix de la gloire, le sang de plus de 3 000 victimes sur la conscience, n’est certainement pas enviable. S’il faut être connu, mieux vaut l’être pour avoir sauver des vies plutôt que d’en avoir détruit !

2. que fais-je de la gloire que je reçois ? Vais-je me l’attribuer ou, comme Jean-Sébastien Bach, le prince des musiciens, reconnaître que c’est à Dieu, mon Créateur, qu’elle revient (Bach signait toutes ses œuvres des 3 initiales SDG : Soli Deo Gloria : A Dieu seul la gloire). Car il est évident, même si c’est au prix d’un dur labeur, que nous ne sommes pas produits nous-mêmes, mais, qu’à la base, nous avons reçu les facultés qui sont à la base de notre gloire !

Enseignement de Jésus sur la gloire

Avant de voir dans un prochain billet ce que la Bible dit de la gloire, je terminerai celui-ci par 3 enseignements précis de Jésus à ses disciples sur le sujet :

1er enseignement :

Texte biblique

Je ne tire pas ma gloire des hommes.
Mais je sais que vous n’avez point en vous l’amour de Dieu.
Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.
Comment pouvez–vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
(Evangile selon Jean, chapitre 5, versets 41 à 44)

Il y a une forte opposition de nature entre la recherche de la gloire humaine et la recherche de la gloire qui vient de Dieu. Soit nous poursuivons l’une, soit l’autre ! Mais nous ne pouvons pas concilier les deux !

2ème enseignement :

Texte biblique

Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense.
Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
(Evangile selon Matthieu, chapitre 6, versets 1 à 4)

Deux façons d’agir bien distinctes séparent ceux qui sont à la recherche de la gloire humaine et ceux qui sont à la recherche de la gloire divine. Les uns cherchent à être vus. Ils cherchent les honneurs et la reconnaissance publique. Les autres agissent en secret. Ce qui les préoccupe est d’agir sous le regard de Dieu.

3ème enseignement :

Texte biblique

Il adressa une parabole aux invités parce qu’il remarquait comment ceux–ci choisissaient les premières places ; il leur disait :
Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’une personne plus considérée que toi n’ait été invitée, et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : « Cède–lui la place. » Tu aurais alors la honte d’aller t’installer à la dernière place.
Mais, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : « Mon ami, monte plus haut ! » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.
(Evangile selon Luc, chapitre 14, versets 7 à 11)

C’est l’humilité et non l’orgueil, ou l’affirmation de soi, qui précède la gloire. Dieu connaît parfaitement chacun et, Lui seul, a la juste appréciation de chacun. Ce qui est élevé dans ce monde ne l’est pas forcément devant Lui. Et ce qui n’est pas reconnu a sa juste valeur ici-bas ne saurait être oublié par Lui.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 16 février 2008

Repentance

Le discours de Caen

Avant même qu’il soit élu Président de la République, Nicolas Sarkozy en a fait un point de rupture moral essentiel avec la pratique de Jacques Chirac, son prédécesseur : la France cessera désormais de se repentir de son passé. Son discours, prononcé à Caen le 9 mars 2007 en témoigne :

« La mode de la repentance est une mode exécrable. Je n'accepte pas que l'on demande aux fils d'expier les fautes des pères, surtout quand ils ne les ont pas commises. Je n’accepte pas que l’on juge toujours le passé avec les préjugés du présent. Je n’accepte pas cette bonne conscience moralisatrice qui réécrit l’histoire dans le seul but de mettre la nation en accusation. Je n’accepte pas ce changement systématique de la nation qui est la forme ultime de la détestation de soi. Car pour un français, haïr la France c’est se haïr lui-même. Je n’accepte pas que l’on veuille vivre en France en professant la haine de la France. Je veux que le racisme et l’antisémitisme soient poursuivis et condamnés avec la plus grande sévérité. Mais je ne veux pas que l’on dise que tous les Français sont racistes ou antisémites, parce que c’est faux. Je ne veux pas que l’on dise que la France est le pays le plus raciste et le plus antisémite au monde, parce que ce n’est pas vrai, parce que la France c’est exactement le contraire, c’est le pays des droits de l’homme, c’est le pays qui récuse le plus le communautarisme qui renvoie chacun à ses origines ethniques et religieuses, c’est le pays de la République, qui s’est toujours battu depuis deux cents ans pour la liberté, l’égalité et la fraternité de tous les hommes . »

On peut ou non adhérer aux propos du chef de l’Etat. Mais avant d’en juger, il serait bon de comprendre ce qu’est vraiment la repentance, quel état d’esprit elle suppose. C’est dans la bouche de Jean-Baptiste, précurseur de Jésus, que le mot prend sa vraie dimension. La repentance, destinée à préparer Israël à la venue du Christ est son message essentiel. Le mot grec « métanoia » implique un changement profond, radical de manière de penser. La repentance est un demi-tour. Pour la distinguer des simples remords ou regrets humains, je vous propose une comparaison basée sur 7 symptômes différenciant une vraie repentance d’une fausse

La vraie repentance

1. Vient de la prise de conscience que nous sommes responsables de tous les choix que nous avons fait dans notre vie. A l’image du fils prodigue de l’Evangile, celui qui se repent, rentre en lui-même, fait le bilan de sa vie et comprend que tout ce qu’il a fait est contraire à ce que Dieu voulait pour lui.

2. Nous place au rang des coupables. Nous comprenons que c’est nous-mêmes et les choix que nous avons faits qui sommes les premiers artisans de notre malheur. « J’ai péché » s’écrie celui qui se repent.

3. Est inspirée par le dégoût et la haine profonde de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait. Nous ne nous trouvons plus d’excuse. D’accord avec Dieu, nous nous condamnons nous-mêmes et confessons que nous ne sommes dignes de rien, et que le rejet de Dieu est la seule chose que nous méritons

4. Nous amène à nommer nos fautes de la façon avec laquelle Dieu les nomme dans sa loi : avoir une relation sexuelle avec un homme sans être marié est un adultère, un avortement est un meurtre… c’est ce qui s’appelle confesser ses péchés. Nous nous voyons avec horreur tel que Dieu nous voit.

5. Nous amène à craindre le jugement de Dieu et à comprendre que sans Son pardon, nous sommes éternellement perdus.

6. Nous pousse à nous tourner vers le Christ, parce que nous réalisons notre impuissance complète à nous changer. Nous n’avons plus aucune confiance en nous-mêmes ou nos propres forces pour espérer être différent. Nous accueillons alors Jésus-Christ dans notre vie parce que nous savons que Lui seul peut nous communiquer la vie qui nous manque. Dieu, par le Christ, est invité à occuper le trône de notre vie.

7. Conduit au salut et à la vie éternelle

La fausse repentance

a. Naît du regret des conséquences fâcheuses pour nous-mêmes des choix que nous avons fait dans notre vie. On regrette dans notre vécu ce qui a mal tourné, mais pas le choix qui a été à l’origine de ce qui a mal tourné

b. Fait que nous nous plaçons davantage en victimes qu’en coupables. La part que nous mettons sur les autres dans notre malheur est plus grande que celle que nous nous attribuons

c. Ne conduit pas au dégoût profond de sa personne. Nous pensons seulement que nous n’avons pas eu de chance et que, si les choses avaient été meilleures, cela se serait passé autrement. Il n’y a pas de remise en question fondamentale de sa façon de vivre. C’est davantage la pitié de soi qui nous anime que le rejet de soi.

d. Minimise l’importance de la faute et de sa gravité. On prétexte alors les bons sentiments, la sincérité ou l’ignorance. On n’est pas prêt à mettre sur sa personne le qualificatif que Dieu y met.

e. Se soucie d’abord de la réussite de sa vie humaine à venir sur la terre. Ce qu’on cherche, c’est un moyen, une recette pour vivre mieux plutôt que le moyen d’être en paix dans sa conscience avec Dieu.

f. Nous amène à nous tourner vers Dieu pour qu’il nous aide à mieux vivre. Mais, au fond de soi, on n’a pas encore capitulé. On ne souhaite pas que ce soit le Seigneur qui soit le maître, mais on continue à vouloir programmer sa vie soi-même comme on l’entend. On veut bien de Dieu dans sa vie, mais c’est toujours nous qui occupons le poste de commande de la vie.

g. Nous laisse en-dehors du Royaume de Dieu.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 8 février 2008

Pornographie : poison et antidote

UNE PRATIQUE ANCIENNE

La pornographie ne date pas d’hier. De tout temps, depuis l’Antiquité, on a dessiné, exhibé des corps nus dans toutes les positions possibles. Ce n’est qu’avec la venue du christianisme que s’est opéré graduellement un changement moral profond dans la société. La relation sexuelle, réservée aux couples mariés, est alors de l’ordre de l’intime et du privé. Il faudra attendre le XVIIIème siècle et la montée en flèche du romantisme et la littérature libertine (Sade) pour voir apparaître des œuvres dépassant largement le cadre de la pudeur.

UN TORRENT QUI ENVAHIT TOUT

Au milieu du XXème siècle, par le biais de magazines (Play Boy...) et de films d’origine scandinave, la pornographie se développe à grande échelle. Depuis, tel le torrent de boue suscité par le tsunami de 2004, elle envahit tout, pénètre tout… et salit tout. Avec le Minitel d’abord, puis Internet, il n’y a même plus à se déplacer (et donc s’afficher) pour se servir : un simple clic suffit pour vous mettre en relation avec les centaines de millions de sites pornographiques de la toile ! « Un extraordinaire tapage sexuel colonise aujourd’hui jusqu’au moindre recoin de la modernité démocratique, dit Jean-Claude Guillebaud[1]. » Le relevé statistique ci-joint nous en donne la mesure :

12% des sites Web sont pornographiques
25% des recherches sont pornographiques
35% des téléchargements Web sont pornographiques
28 258 internautes regardent du sexe sur le web toutes les secondes
Sexe est le mot le plus recherché sur le web
Le revenu du sexe sur le web représente aux USA 2,84 billions de $ en 2006
72% des internautes sont des hommes, 28% des femmes
70% du trafic sur les sites de sexe se fait pendant les heures de travail
L’estimation du nombre total de pages web pornographiques est de 372 000 000
89% de la production vient des USA
Les pays censurant les sites pornographiques sont : Arabie Saoudite, Iran, Egypte, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweït, Malaisie, Singapour, Indonésie, Kenya, Inde, Cuba et Chine : aucun pays de culture chrétienne !

L’ATTRAIT DE LA PORNOGRAPHIE

Quel homme honnête et sincère avec lui-même peut prétendre ne pas être attiré par les produits de la pornographie ? Car, la pornographie n’existerait pas et ne se développerait pas à une telle échelle si elle ne correspondait pas à un désir du cœur de l’homme, désir qui masque un besoin plus profond. Que cherche-t-on au travers du spectacle des images pornographiques ? Quel besoin cherche-t-on à satisfaire ? Une courte réflexion sur le sujet m’amène à formuler 2 réponses :

1. le besoin de l’amour, ce lien qui forge l’intimité et l’unité d’un couple. C’est cependant lourdement se tromper que de penser que le plaisir sexuel soit le facteur décisif de cette intimité. Car la pornographie ne crée rien. Elle est juste une visualisation de l’acte sexuel dans ce qu’il a de moins pudique et de moins retenu (dans toutes ses déviations). Elle transmet l’idée que ce qui compte n’est pas le partenaire, mais l’objet qu’il représente et qui ne sert qu’à un seul but : procurer le maximum de plaisir. Il faut ici souligner deux vérités peu connues sur le commerce de la pornographie : son caractère nocif pour celui qui s’y adonne …et pour les victimes de ce commerce mondial. Soljenitsyne, qui a connu les goulags de l’ancienne URSS, dira à ce sujet : « On asservit,les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec les miradors. » Sachons également pour notre information que beaucoup de ces femmes-objet, « marchandisées » sur les sites pornographiques, ont souvent elles-mêmes été abusées, que certaines d’entre elles souffrent de maladies sexuellement transmissibles et qu’un grand nombre meurent jeunes et se droguent pour supporter l’enfer de ce qu’elles vivent.

2. une vie par procuration. Comme le cinéma, la pornographie fait partie du monde imaginaire, virtuel, non réel. Et comme tout ce qui est de cet ordre, elle est incapable, à qui se laisse envoûter par elle, de tenir les promesses d’extase qu’elle fait. Car la vie, la vraie, n’est pas dans le virtuel, l’irréel, l’imaginaire. Elle se vit dans la réalité, le concret. La pornographie laisse donc celui qui se laisse séduire par ses mensonges de plus en plus dépendant, amer et malheureux. S’adonner à la pornographie est donc l’aveu d’un mal profond, d’une insatisfaction latente quant à son vécu, la preuve d’un vide et d’un creux terrifiant, un vide, comme le disent Pascal et Saint Augustin, qui a la dimension de Dieu. L’offre de la pornographie, substitut misérable pour combler nos besoins, nous rappelle que tant que l’on cherche dans des stimuli extérieurs quelque chose qui puisse remplir sa vie, on n’a pas encore trouvé la réponse à ses besoins et ses questions existentiels profonds.

S’EN SORTIR

Comment faire pour se sortir de l’attrait ou de la dépendance de la pornographie ?

Reconnaissez premièrement votre dépendance et le fait que la pornographie ne peut répondre à votre vraie soif. A une femme qui avait connu 5 mariages et qui vivait en concubinage, le Christ a dit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ». Il signifiait par là que ce n’est pas dans le changement continuel de partenaires qu’elle trouverait ce qu’elle cherchait. Non ! Vous devez vous en faire un raison : la pornographie ne peut vous apporter quoi que ce soit de satisfaisant. Tels les brigands de l’Evangile attaquant le voyageur isolé pour le dépouiller, elle va vous laisser au bord du chemin de la vie battu, blessé, nu et honteux. Si vous êtes malheureux de ce que vous êtes et de l’image que la pornographie vous renvoie de vous-mêmes, vous êtes sur la bonne voie.

Sachez ensuite que ce n’est pas de sensations ou d’émotions fortes dont votre cœur a besoin, mais de la présence forte de Dieu. Lui seul peut vous procurer la paix et la plénitude que vous cherchez. Jésus a poursuivi le dialogue commencé avec la femme citée ci-dessus en affirmant : « Mais quiconque boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura plus jamais soif ! » Ce dont vous avez besoin, c’est d’une relation spirituelle avec Dieu. Car c’est pour Lui que votre cœur et votre esprit ont été créé. Et sans Lui, ils meurent de faim. Cette relation est possible par Jésus-Christ. Il a promis que celui qu’il affranchit devient réellement libre !

Décidez, choisissez enfin de vous détourner de la pornographie ! Confessez à Dieu votre souffrance, votre dépendance à ce sujet. Criez à Lui de tout votre cœur pour qu’Il vous en libère ! Demandez lui de faire de vous une personne nouvelle, propre, orientée vers de nouveaux désirs, nobles, à l’image de ce pour quoi vous avez été créé ! Croyez que Jésus-Christ est mort pour vous, pour effacer tout ce qui vous a sali et souillé et recevez son pardon ! Ce que Dieu veut est le meilleur pour vous. Lui seul a le pouvoir de vous le donner, de tenir Ses promesses et de ne pas, à terme, vous décevoir.

Que celui qui a soif vienne, que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement !

Témoignage

Libérée de la pornographie : à lire sur : http://chretiennes.com/stories/joec.html


(1) Jean-Claude Guillebaud : la tyrannie du plaisir (2001) Paris, Seuil, Points

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 2 février 2008

Capacité d'indignation

Paul à Ephèse :

Un passage lu, il y a quelque temps, dans la Bible m’a fait réfléchir à cette capacité qui habite dans le cœur de tout être humain, et de Dieu : la capacité d’indignation. Alors que l’apôtre Paul se trouve dans la ville d’Ephèse (en Turquie actuelle), il finit par gagner à l’Evangile un grand nombre d’habitants de cette ville. Le message qu’il annonce ne se centre pas uniquement sur Jésus, le Christ. Paul parle aussi aux éphésiens, adeptes des cultes mythologiques, du présupposé sur lequel repose la prédication du Christ : l’existence d’un Dieu Créateur unique, incréé et élevé au-dessus de toute représentation. Si le salut proposé en Christ a une portée universelle, c’est bien d’abord parce qu’ à l’origine, c’est à la même cause que chaque homme, chaque peuple, chaque nation doit son existence.

Adhérant à l’Evangile, les néophytes ont vite compris que leur foi nouvelle est incompatible avec les cultes anciens. Aussi, dans un mouvement unanime, ont-ils délaissé et abandonné les cultes mythiques qu’ils pratiquaient auparavant. Un abandon qui n’est pas sans conséquence pour la ville d’Ephèse, gardienne du temple de la grande Artémis, les produits dérivés qui découlaient du culte faisant vivre avec aisance le commerce local. Tout cela ne manqua pas rapidement de provoquer du remous dans le cœur d’un homme particulièrement concerné par la question : l’orfèvre Démétrius.

Le mécontentement de Démétrius

Habile artisan, Démétrius avait vite compris quels bénéfices ils pouvaient tirer du culte imposant rendu à Artémis à Ephèse. Il se lança donc dans la fabrication de petits sanctuaires familiaux, reproduction à l’identique (ou en mieux) de l’original. Une activité florissante… jusqu’à l’arrivée de ce trouble-fête de Paul. Inquiet pour l’avenir de sa profession, Démétrius ne manqua pas d’alerter tous les artisans de sa corporation. Il invoqua en premier le danger que faisait courir le nouveau message pour l’avenir de la profession. Les intérêts particuliers de la profession ne constituant cependant pas un argument suffisamment mobilisateur, Démétrius changea de registre. Il évoqua le triste développement que pouvait avoir, pour l’avenir du culte rendu à la déesse, le nouveau message auquel adhéraient déjà tant d’éphésiens. (Imaginez ce que serait Lourdes si le culte marial, et ses produits dérivés, venait à disparaître !).

Emeute

Indignés, le sang des habitants de la ville ne fit qu’un tour. Un attroupement considérable se créa dans le théâtre. Luc fait remarquer avec ironie que, si beaucoup de gens étaient là, la plupart ne savaient pas pourquoi, tant différait dans la foule le contenu des slogans formulés. Une manifestation qui n’est pas sans rappeler parfois celles que l’on rencontre encore de nos jours où, ensemble, râleurs réunis crient sans avoir de réelle raison commune de crier. Pris en otage dans le mouvement, quelques chrétiens tentèrent bien une explication. En vain ! Ils ne devront leur salut qu’à l’intervention autoritaire du secrétaire de la ville, enjoignant Démétrius à utiliser les voies légales, les tribunaux, s’ils ont quelque chose contre lequel porter plainte.

Sources de l’indignation

Qu’est-ce que l’indignation ? D’où sort-elle et de quoi provient-elle ?

Elle est une réaction naturelle et émotionnelle du cœur qui, outré de ce que l’on touche à un point fondamental de ce qu’il considère comme la réalité, cherche à en défendre le bien-fondé. L’indignation, comme on le voit à Ephèse, touche souvent à ce qui, à nos yeux, est sacré. Aussi, face à l’indignation suscitée en nous à l’écoute d’une nouvelle ou d’une information, devons-nous nous poser quelques questions :

1. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne porte-t-il réellement le caractère du sacré ? La France est coutumière des manifestations de tous genres. Qu’on touche aux 35 heures ou aux régimes spéciaux des retraites et l’indignation ne tarde pas à se lever. Mais est-elle juste ou justifiée ? Ne ressemble-t-elle pas à celle de Démétrius, en fait davantage préoccupé par ses intérêts qu’à la cause qu’il disait défendre ? Il apparaît donc que, dans de nombreux cas, l’indignation se produit quand on élève des choses qui touchent à son intérêt personnel au rang du sacré. Or, qui peut discuter avec quelqu’un qui prétend que les 35 heures ou le régime spécial de retraite auquel il appartient sont, par nature, intouchables ?

2. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne est-il en accord avec la réalité ? L’indignation de Démétrius et de la foule avait pour objet un mensonge : celui de croire que les dieux fabriquées par les hommes étaient de vrais dieux. Pris dans un mouvement d’indignation, nous devons avoir le recul nécessaire pour nous demander si la cause que nous défendons est juste, correspond à la réalité, ou n’est que le résultat d’une manipulation. Les récentes émeutes des musulmans contre les caricatures de Mahomet sont à ranger dans cet ordre. Le conflit venait ici du fait que les dessinateurs se sont cru autorisés de pouvoir toucher à la personne du prophète de l’Islam, personne considérée comme sacrée par ses adeptes. Ce qui n’était que raillerie pour les uns était profanation pour les autres. Aussi, la question de fond ici posée est de savoir si Mahomet est digne, preuves à l’appui, d’être considéré comme un être sacré ou non.

Un révélateur

L’indignation agit donc comme un révélateur. Elle met en lumière ce qui, au fond de nos cœurs, représente ce qui, de manière absolue, compte. D’où parfois, le caractère curieux et absurde aux yeux de certains, des choses pour lesquelles d’autres s’indignent, un paradoxe mis en lumière dans le poème de Daniel Boy : le vieil homme et le chien, dont voici le texte :

Transparent au regard des passants trop pressés,
Un vieil homme est assis, transi et affamé,
Sous un porche à l’abri des frimas de janvier.
Il implore un sourire, une pièce de monnaie.

Passe un chien dans la rue, un chien de pedigree,
Une voiture suit, heurte le canidé.
Aussitôt extirpés de leurs logis douillets
Accourent de partout des bourgeois empressés.

"Ne le laissez pas là, amenez-le chez moi
J’ai une couverture afin qu’il n’ait pas froid !
"Quelques instant après, l’animal est pansé,
Dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.

Au dehors dans la rue le silence est tombé
Tout le monde est rentré, a fermé ses volets.
Sous son porche à l’abri des frimas de janvier
Le vieil homme soudain s’est mis à aboyer.

Ce texte choque, mais il met en lumière une réalité bien humaine. Ne sommes-nous pas souvent comme les bourgeois de la poésie, capables de nous indigner pour des choses très secondaires tandis que nous restons étrangement passifs pour ce qui touche au sacré réel ? Sommes-nous choqués pour les bonnes raisons ?

Jésus et l’indignation

Il serait sans aucun doute très intéressant de lire les Evangiles notant soigneusement quelles raisons provoquait l’indignation de Jésus. En y pensant rapidement, j’en trouve déjà trois :

1. le commerce fait autour du nom de Dieu. Jésus ne supportait pas ce qui offensait l’honneur de Son Père. le temple est ainsi le seul endroit où Jésus s’est montré violent, allant jusqu’à prendre un fouet pour en chasser les vendeurs. Voir Jésus en colère est quelque chose qui ne peut que faire trembler. L’épisode souligne cependant à quel point l’honneur de Dieu est, dans le cœur de Jésus, la valeur suprême.

2. la dureté de cœur de ses contemporains a été une seconde cause d’indignation dans le cœur de Jésus. Elle s’est manifestée dans la synagogue le jour où, dit Marc, alors que c’était sabbat, Jésus posa la question aux religieux présents s’il était possible ou non de faire du bien à un homme. Jésus provoqua alors le scandale en guérissant, en opposition à toute règle (il était interdit de travailler le jour du sabbat) et sous les yeux des assistants éberlués, un homme à la main sèche. Jésus était indigné de la dureté de cœur des religieux, eux-mêmes indignés de la liberté que se prenait Jésus ! Pour Lui, l’être humain passe avant tout interdit !

3. l’hypocrisie religieuse est enfin la 3ème cause d’indignation de Jésus dans les Evangiles. Par sept fois et avec sept malheurs, il fustigera la duplicité des responsables religieux de son temps, plus préoccupés de la forme que du fond, de leur prestige que du bien du peuple, de leurs richesses que de l’obéissance à la Parole de Dieu… La vérité seule doit, selon Jésus, être au cœur de la foi, tout le reste n’étant que comédie et simulation !



Citations :
- Une colère contre le péché est une colère sans péché : Thomas Watson.
- Les hommes ne se mettent en colère que quand ils se croient lésés. Et ils se sentent frustrés dans la mesure où ils ont l’impression qu’on leur refuse de satisfaire à des revendications légitimes : C S Lewis.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus