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samedi 29 août 2009

Calvin : 1509 - 2009 (8)

L’assistant de Farel


Dans les premiers mois de son séjour à Genève, Calvin est l’assistant de Farel. Quand celui-ci le présente au Conseil de la ville, le secrétaire qui tient le registre des arrivées, oubliant son nom, écrit simplement « ille gallus » « le français ». La tâche qui lui est confiée est très précise. Calvin est chargé de donner chaque jour au peuple une formation évangélique de base, en expliquant les Ecritures en termes accessibles à tous. Les rencontres ont lieu dans la cathédrale de la ville. Suivant l’exemple de tous les Réformateurs, Calvin commence par l’épître de Paul aux romains. Pour souligne sa fonction publique, les autorités lui fournissent le tissu nécessaire pour une robe comme celle des docteurs en médecine et en droit. Calvin est avant tout un enseignant, pas un pasteur. Il ne sera d’ailleurs jamais ordonné ministre.

Calvin, le polémiste


Toujours au titre de collaborateur de Farel, Calvin participe à une dispute à Lausanne. Selon un système déjà éprouvé à Berne, Zurich et même à Genève, les représentants des deux ecclésiologies – la traditionnelle (catholique) et la nouvelle (réformée) – s’affronteront dans la cathédrale. Les partisans de la Réforme ont le dessus, avec pour résultat que le peuple embrasse la foi réformée. Les Bernois occupent dès lors définitivement le pays de Vaud, devenant ainsi les voisins des Genevois.

Reconstruction


Genève n’étant plus catholique, tout, sur le plan du culte, est à construire. Les réformateurs formulent donc, en matière de chant d’Eglise, de culte, d’enseignement du catéchisme, de célébration de la Sainte Cène, une série de propositions que les conseils approuvent. Ce règlement, qui définit les activités ecclésiastiques, entre en vigueur comme loi d’Etat, ce qui est conforme à la pratique traditionnelle. Car, au XVIème siècle, contrairement à notre temps, être croyant n’est pas une affaire privée qui ne concernerait que l’individu. C’est, au contraire, une affaire d’Etat. Dans ce contexte, l’athéisme n’est pas une opinion, mais un délit suprême, passible de la peine capitale. Il ne peut donc y avoir à Genève qu’une seule religion – le christianisme – dans sa version réformée, comme l’ont voulu les citoyens et en ont décidé les autorités.

Les choses se gâtent…


Farel et Calvin veulent cependant aller plus loin. Il ne leur suffit pas que la ville soit chrétienne sur le plan des institutions : pour faire pleinement partie de la communauté, chaque habitant doit être conscient de ce en quoi il croit. Une confession de foi est donc rédigée qui sera signée par tous les citoyens. Adoptée, les magistrats cherchent à la mettre en application dans le concret. On restaure donc d’anciennes normes et l’on en instaure de nouvelles : sont interdits les bals et les chansons licencieuses, les vêtements excessivement voyants, les jeux de hasard. Sont punis sévèrement les actes de dévotion papiste et l’immoralité.

Rapidement, deux factions se forment. Les partisans du nouveau courant, appelés Eidgnossen, constituent une force importante dans la cité. Ils ont trouvé dans la prédication évangélique une réponse à leurs attentes, une pensée claire et une perspective de vie chrétienne motivante. L’autre faction, appelée « les libertins »trouvant les applications de la confession de foi trop sévère, font part de leurs vives protestations. On ne remet en question l’obligation de Genève d’être chrétienne, mais on s’insurge contre le fait que le Conseil se même de savoir si le citoyen l’est, et comment. Cette ingérence indue dans la vie privée provoque des tumultes et les magistrats sont contraints d’y surseoir.

Départ de Genève

La crise atteint son point culminant le jour de Pâques 1538. Les syndics avaient défendu à Calvin et Farel de monter en chaire ce jour-là. Mais ceux-ci n’obéirent pas et dans leurs discours, ils blâmèrent l’attitude peu chrétienne de la plupart de leurs auditeurs. Puis ils quittèrent les temples sans distribuer la Cène. Le Conseil se rassembla aussitôt et le lendemain Calvin et Farel recevaient l’ordre de quitter la ville en trois jours. Au bout de 24 heures, ils étaient déjà loin.

Dix ans auparavant, un certain Bonivard, prieur de Saint-Victor, avait dit au Genevois venus le consulter au sujet de l’opportunité d’introduire la Réforme dans leur ville. « Vous avez haï les prêtres parce qu’ils vous étaient trop semblables ; vous haïrez les prédicateurs pour le fait qu’ils vous sont trop dissemblables. Vous ne les garderez pas plus de deux ans et les renverrez sans les payer de leurs peines, sinon à coups de bâtons. » Commentant cette période de sa vie, Calvin dira simplement : « A la bonne heure, si nous eussions servis les hommes, nous serions récompensés, mais nous servons un grand Maître qui nous récompensera. »

INFO : Un Message Essentiel, bulletin mensuel d’évangélisation, consacré à Calvin vient de sortir. N’hésitez pas à vous le procurer à l’adresse suivante : http://www.blfeurope.com



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 22 août 2009

La part de l'autre


Uchronie

Je viens de terminer la lecture du livre d’Eric-Emmanuel Schmitt, "La part de l’autre". Le genre littéraire du livre est l’uchronie, un genre qui repose sur une réécriture de l’histoire à partir de la modification d’un évènement du passé. Nous connaissons tous la phrase de Pascal contenue dans ses Pensées : Le nez de Cléopâtre, s’il eut été plus court, la face de la terre aurait changé. C’est un exemple d’uchronie. Le personnage qui a intéressé Eric-Emmanuel Schmitt n’est pas Cléopâtre, mais Hitler. Son livre, qui est un roman, retrace, en parallèle, deux vies : la première, celle d’Hitler telle qu’elle a existé ; la seconde, celle qu’il n’a pas eu, mais qu’il aurait pu avoir si, au lieu d’être recalé le 8 Octobre 1908 à l’Ecole des Beaux-arts de Vienne où il s’était inscrit, il avait été reçu. Eric-Emmanuel Schmitt imagine que la face du monde jusqu’aujourd’hui aurait été changée.

Deux vies possibles

Pour différencier les deux parcours, Eric-Emmanuel Schmitt recourt à un procédé qui facilite leur suivi. Lorsqu’il parle du Hitler historique, le récit l’appelle Hitler ; lorsqu’il décrit le personnage fictif, il le nomme Adolf. Tout le livre est un développement comparé des deux histoires. Tandis qu’Hitler, essuyant échecs et blessures, s’enfonce toujours plus dans la haine et une sorte de délire mystique, on voit Adolf s’épanouir, découvrir l’amour, s’interroger sur la foi, haïr la guerre qui menace l’Europe et épouser Sarah, une juive. Adolf n’est pas parfait : il a aussi ses zones d’ombre ; ses faiblesses. Mais il est commun, Hitler non. Hitler, comme on le sait, finit sa vie par le dernier palier où mène l’orgueil, le suicide. Adolf meurt le 21 juin 1970 aux Etats-Unis entouré des siens, après une vie qui aura connu, certes, ses moments difficiles, mais aussi ses heures de gloire et de bonheur.

La conclusion de l’auteur

Dans la dernière partie de son livre, Eric-Emmanuel Schmitt tient le journal de bord de l’épopée que fut pour lui l’écriture de son livre. Il y raconte ses moments de doute, l’opposition de certains de ses proches, sa hâte de voir Hitler mourir tellement le personnage est noir, lugubre. Plus que cela, il apporte deux précisions qui m’ont interpellé :

- La 1ère est une crainte. "J’espère, dit l’auteur, qu’on ne se méprendra pas sur mon livre. En suivant deux vies, celles d’Hitler recalé, celle d’Adolf H. accepté aux Beaux-Arts, je ne fais pas seulement jouer une circonstance, mais aussi la libre interprétation d’une circonstance. Hitler n’est pas seulement victime de son échec, mais de l’analyse de son échec. Lorsqu’il échoue à l’examen d’entrée, il n’opère pas un juste décryptage de son faux pas. Au lieu de reconnaître qu’il n’a pas assez travaillé, il conclut qu’il est un génie ignoré. Premier délire. Premier isolement. Première bouffée paranoïaque."

- La seconde est une constatation qui stupéfie l’auteur. "L’erreur que l’on commet avec Hitler vient qu’on le prend pour un individu exceptionnel, un monstre hors-norme, un barbare sans équivalent. Or, c’est un être banal. Banal comme le mal. Banal comme toi et moi. Ce pourrait être toi, ce pourrait être moi. Qui sait d’ailleurs si, demain, ce ne sera toi ou moi ? Qui peut se croire définitivement à l’abri ? A l’abri d’un raisonnement faux, du simplisme, de l’entêtement ou du mal infligé au nom de ce que l’on croit le bien. Aujourd’hui, les hommes caricaturent Hitler pour se disculper eux-mêmes. La charge est inversement proportionnelle à la décharge. Plus il est différent, moins il leur ressemble. Tous leurs discours reviennent à crier "Ce n’est pas moi, il est fou, il a le génie du mal, il est pervers, bref, il n’a aucun rapport avec moi." Dangereuse naïveté. Angélisme suspect.
Point de vue biblique

La Bible rejoint l’opinion d’Eric-Emmanuel Schmitt sur les deux points de sa conclusion. Si les circonstances jouent un rôle sur l’orientation que prend la vie des hommes, celles-ci ne sont pas déterminantes. Ce qui l’est, c’est bel et bien les réactions des hommes face aux contrariétés dont ils ont à faire face dans les circonstances qu’ils traversent. J’en veux pour exemple biblique un homme qui apparaît dès les première pages de la genèse :

- Cet homme, c’est Caïn, le fils d’Adam et Eve. Alors qu’il offre, comme son frère Abel un sacrifice à Dieu (c’est d’ailleurs lui qui en a le premier l’idée), comme Hitler, il vit un échec. Il est recalé : Dieu ne reçoit pas son offrande, alors qu’il agrée celle d’Abel. L’échec de Caïn est le début d’une spirale infernale. Caïn ronge son frein. Vexé, il s’enfonce de plus en plus dans le ressentiment, la haine, la rancune, la jalousie. Dieu n’est pas dupe. Il voit ce qui se passe à l’intérieur de Caïn. Il sait où cela risque de le mener. Il l’avertit donc : "Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre ? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui."

Dieu aimerait faire passer à Caïn un double message ! Le premier est que recalé ne signifie pas rejeté ou méprisé. Caïn, tout autant qu’Abel, était aimé par Dieu. Si l’offrande de Caïn n’avait pas été agréée, c’est que, déjà, les dispositions dans lesquelles elle a été faite n’étaient pas bonnes. Il faut donc que Caïn, tel un étudiant ratant son examen de passage, revoit sa copie, analyse les causes de son échec et change d’attitude. Le second message est l’idée que le péché est plus fort que nous. "Attention à la colère, prévient l’apôtre Paul, c’est en nous une porte d’entrée facile pour le diable." Ils sont légion ceux qui, dans la colère, sont, comme Caïn passé de la haine et du ressentiment au meurtre. En toute vie, à chaque instant, il existe un moment où il est encore possible de changer, de faire demi-tour… avant qu’il ne soit trop tard. C’est ce moment qu’il ne faut pas rater car de lui, comme il en a été pour Hitler, dépend toute l’orientation de notre vie future. Ce moment a eu lieu pour moi en février 1976, lorsqu’au plus bas de ma vie, j’ai entendu clairement l’appel de Jésus-Christ à me tourner vers Lui pour être libéré de moi-même.

Car, oui, comme le dit si bien Eric-Emmanuel Schmitt, le vrai tyran de l’homme, c’est lui-même, son cœur mauvais, sa nature pécheresse, encline au mal, son orgueil invétéré, son amour-propre maladif. Certes, nous ne deviendrons pas tous des Hitler, mais nous avons tous le potentiel d’être des tyrans qui s’insurgent et se mettent en colère lorsque les autres ne font pas ce qu’on aimerait qu’on fasse pour nous. La Bible explique dès l’origine que le péché, c’est finalement renverser Dieu de son trône pour se mettre à sa place. C’est ce que nous faisons : nous voulons être au centre de l’univers et nous exigeons que les autres fassent nos quatre volontés, tout le temps, pour n’importe quoi. Et malheur à eux si les choses ne vont pas assez vite.

Contre-exemple

Nous ne sommes cependant pas contraints à suivre cette voie. Nous pouvons agir et penser différemment. Cela nécessite cependant deux choses : la 1ère, c’est un désir réel d’avoir une autre vie que celle qui consiste à tourner autour de nous-mêmes. Tant que nous nous dépouillons pas de cette mentalité égocentrique reçue du péché, rien ne peut réellement changer. La seconde, c’est que nous invitions Jésus-Christ à prendre le contrôle de nos vies et que nous le laissions faire les changements que Son Esprit veut opérer en nous. Quiconque accueille Jésus-Christ accueille la possibilité d’une vie intérieure nouvelle. Le style de vie que cette vie nouvelle communique est tout entier contenu dans cette parole : "Vous savez, dit Jésus à ses disciples, que les chefs des nations les tyrannisent et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur : Matthieu 20,25."

Tyran ou serviteur : deux vies sont possibles pour chacun de nous. Le 1er choix conduit aussi sûrement à la ruine chacun de nous qu’il n’a conduit Hitler. Le second aboutit aussi sûrement à la gloire et à l’éternité qu’il a conduit Jésus. Quelle voie allez-vous suivre ?

P.S : j’aurais pu, pour donner un exemple positif, évoquer la vie de Joseph, le fils de Jacob. Vendu par ses frères, injustement mis en prison, oublié des hommes, il sera une bénédiction partout où il passera. Restauré dans son bon droit, devenu 1er ministre d’Egypte, il assurera en larmes ses frères de son pardon et veillera à ce qu’ils ne leur manquent rien. Joseph a su vivre l’échec en Dieu : il est passé outre et a réussi. Caïn a achoppé sur l’échec. Il n’a pas surmonté l’obstacle et a été détruit.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 15 août 2009

Idolâtrie religieuse


Bruges : la perle des Flandres

En visite à Bruges, ma femme et moi avons été impressionnés par le faste des nombreuses églises de la ville et, plus encore, par le nombre incalculable de statues de la Vierge à l’enfant imbriquées dans les maisons. La ville toute entière semble ainsi consacrée au culte marial. Quand on sait la faible place que la Bible donne à Marie, la mère de Jésus, on ne peut que déplorer la démesure du culte qui lui est rendue. Marie elle-même d’ailleurs, au vu de son attitude dans les évangiles, en serait outrée !


Il est plusieurs manières de dévaluer l’œuvre et l’importance du Christ. L’une d’elles est de placer à ses côtés, ou entre nous et Lui, des intermédiaires. Ils sont inutiles. Par Lui, nous avons directement accès à Dieu, le Père. Il est Lui seul le médiateur qualifié entre Dieu et nous, étant Lui seul à la fois Dieu et homme. Aussi, c’est Lui faire injure d’estimer que le sacrifice qu’il a consenti pour notre salut ne suffit pas pour nous amener à Dieu, mais qu’il nécessite le concours d’autres acteurs. Marie, les apôtres ne sont pas sans valeur pour notre foi. Ils peuvent être des modèles humains à imiter. Mais ne faisons pas d’eux ce qu’ils n’ont jamais voulu être. Chacun d’eux à sa manière nous invite à placer toute notre confiance en Christ pour notre salut. Lui seul est le chemin, la vérité et la vie ! Il n’est pas plus justifié d’avoir recours à Marie pour vos besoins spirituels que d’aller voir la mère de votre médecin pour vos besoins physiques !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 8 août 2009

Lettre ouverte à Robert Hossein

Confession

Qui sait que, durant toute son existence, Robert Hossein a vécu en silence un atroce calvaire intérieur ? L’inoubliable interprète de Jeoffrey de Peyrac dans la série des Angélique, est depuis toujours hanté par le diable… Cette bouleversante confession, Robert Hossein l’a livrée à Alain Druc, homme d’église et rédacteur à la revue Famille chrétienne.


Un rendez-vous est donc pris dans le modeste bureau de l’artiste, à l’entresol du Théâtre Marigny, dans le VIIème arrondissement de Paris. En arrivant, le reporter est intrigué par la douleur qui semble accabler Robert Hossein. Il a le visage défait, les traits tirés, les larmes aux yeux… Avant même que le journaliste ait pi poser la moindre question, Robert Hossein tonne, du haut de ses 81 ans : " Dieu, je l’aime à en perdre le souffle ! "

Tourmenté

L’air profondément tourmenté, Hossein poursuit : " Trop longtemps, je me suis vautré dans une vie mondaine de luxe et de superflu qui me dégoûte : je tournais le dos à mon âme, dit-il. Je crois au diable. Il veut s’emparer de mon âme ! "

Le diable… A mieux y regarder, la carrière de Robert Hossein semble en porter l’empreinte. Ainsi, en 1948, il débute dans un film de Sacha Guitry au titre prémonitoire, Le diable boiteux. En 1956, il réalise un premier long-métrage, appelé Les salauds vont en enfer. Déjà obsédé par sa rédemption, il récidive, la même année avec Pardonnez nos offenses

En 1965, il interprète face à Jean Gabin, un voyou sans scrupule dans Le tonnerre de Dieu réalisé par denys de La patellière. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il joue en 1973, dans un autre film du même scénariste, intitulé Prêtres interdits !

Nous sommes au début des années 1970 et l’acteur va de mal en pis. Célèbre pour son personnage Jeoffrey de Peyrac, Robert Hossein, slave mystique, hait sa vie superficielle de star. Il est en proie à de profondes tortures intérieures… C’est pourquoi en 1971, il plaque tout, renonçant à cette vie dissolue pour prendre en charge le Théâtre populaire de Reims, une tâche harassante et mal payée…

Jamais on besoin d’absolu, de pureté n’a été aussi fort. A 40 ans, il profite du baptême de son fils Julien, pour lui-même se faire baptiser et se convertir au catholicisme. Nous sommes à Reims. Mais ce baptême va-t-il apaiser sa douleur ? " Non ! " avoue-t-il à Alain Druc de Famille chrétienne. Son désarroi spirituel ne fait qu’empirer. Et sa crainte de brûler dans les flammes de l’enfer va crescendo.

Il se souvient : " Ma vie est alors devenue un cauchemar… Vous n’imaginez pas l’incroyable gouffre qui existe entre ma vie de foi et ma vie de pécheur ! Je crains le jugement de Dieu car j’ai eu l’extrême faiblesse de rester constamment en deça de ce que j’aurais du faire de ma vie. "

Traqué


Une existence torturée, où Robert Hossein n’aura cessé de chercher à se rapprocher de Dieu, pour échapper à la traque des forces du mal qui le menacent un peu plus chaque jour. Ainsi, depuis plus de quarante ans, sa vie est un cauchemar…


C’est pourquoi, en 1991, il écrit avec frénésie Jésus était son nom, un grand spectacle à la gloire du Christ, qui fait un triomphe au Palais des sports. En 2000, il récidive avec Jésus, la résurrection… Et, en 2007, comme si sa foi était impossible à rassasier, il investit toutes ses économies dans N’ayez pas peur, magnifique déclaration d’amour au pape Jean-Paul II.

Mais malgré ses efforts, Robert Hossein est toujours aussi malheureux. Il confie : "Je ne suis qu’un lâche, un couard. Au moment de mourir, je me sentirai beaucoup plus fautif que n’importe qui d’autre, parce qu’on m’a donné l’occasion d’accomplir quelque chose. J’ai aujourd’hui le sentiment terrible d’avoir échoué. "


Pardon

A cet instant de l’interview, Robert Hossein, grave, se fige soudain et garde le silence. De grosses larmes coulent sur ses joues, signe d’une indicible souffrance… Pour se protéger contre ces forces maléfiques qui l’assaillent, Robert Hossein confesse alors qu’il ne se déplace plus sans porter sur lui une photographie de Thérèse de Lisieux : " Elle ne me quitte jamais, précise l’artiste. J’aime la savoir près de mon cœur. Elle me fait du bien, elle me rend un peu moins moche que je ne suis. "
Les yeux noyés de larmes, il ajoute même, à propos de cette sainte qu’il vénère tant : " J’aimerais mourir dans les bras de celle qui m’aime assez pour me pardonner…"

Réponse

Ayant lu cet interview, j’ai eu à cœur de répondre à la détresse de Robert Hossein. Les mots qui suivent en forment le contenu :

Cher Robert Hossein,

J’ai lu avec beaucoup d’émotions l’interview que vous avez accordé au magazine Famille chrétienne sur ce qui vous cause de si terribles tourments intérieurs. Sans dire que j’ai connu ce que vous décrivez à ce point, il y a de fortes ressemblances entre votre état d’âme et celui qui était le mien au jour où, de toutes mes forces, j’ai crié à Dieu pour demander à Jésus-Christ de me purifier de mon passé et de m’affranchir de la puissance de Satan. Cette expérience date pour moi de février 1976. Depuis ce jour mémorable où j’ai cru en la pleine suffisance de la mort de Christ pour le pardon de mes fautes et ma libération, la certitude d’avoir été accueilli par Dieu comme un de ses enfants ne m’a plus quitté. Depuis ma foi n’a fait que s’approfondir en connaissance, en satisfaction. Très tôt après ce cri d’appel au salut, basé sur la promesse que celui qui croit en Christ a la vie éternelle et ne vient point en jugement : Jean 5,24, je n’ai plus aucune peur de la mort. Comme Paul, je dirais même que je l’envisage comme un gain, la fin du combat contre le péché, la fin des épreuves, de la souffrance liée à la vie ici-bas, l’entrée dans la pleine réalisation de mon espérance.

A l’époque où vous avez monté votre spectacle sur Jésus, je me souviens avoir prié pour vous. Aussi, face au témoignage poignant de votre détresse, je me suis décidé à vous écrire pour vous dire, au vu de vos propos, qu’il me semble ne pas avoir meilleur candidat à la grâce de Dieu que vous ici-bas. Pour qui, en effet, le salut de Dieu est-il réservé sinon à ceux qui sont perdus, qui reconnaissent leur faillite ? Jésus l’a dit très clairement : Je ne suis pas venu appeler des justes à la repentance, mais des pécheurs : Luc 5,32. Pour qui la justice gratuite de Christ est-elle offerte sinon à ceux qui n’ont que leur injustice à faire valoir devant Dieu. Car le salaire du péché, c’est la mort. Mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur : Romains 6,23. Comprenez, Monsieur Hossein, que pour ce qui concerne notre salut, il n’a jamais été dans la pensée de Dieu de miser sur nous, nos mérites, notre valeur, nos prouesses morales. Aucune œuvre, aucune vertu, aucun rite, aucune somme de prières quelconque ne suffit à nous racheter. Tout nous est offert gratuitement par Dieu en Christ, sur la base de la pleine suffisance de sa mort pour nous. Il est Lui, le Juste mort pour des injustes afin de nous amener à Dieu : 1 Pierre 3,18. Aussi, ajoute l’apôtre Paul, c’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie : Ephésiens 2,8. Comprenez en effet, Monsieur Hossein, que si c’est sur vous, vos qualités, votre valeur que vous faites reposer votre droit d’accès à Dieu, tout sera pour votre gloire. Or ne seront auprès de Dieu au ciel que ceux qui font reposer leur salut sur Christ seul. A Lui seul doit en revenir la gloire à 100%.

Je ne me rappelle plus comment, à l’époque, vous avez présenté et interprété dans votre spectacle le drame de la crucifixion. La croix, contrairement à l’apparence, n’est pas un échec. Elle est au cœur du projet de Dieu pour l’humanité. Rendue nécessaire par le péché, elle est le moyen caché en Dieu de toute éternité par lequel Dieu avait prévu de nous racheter. Au moment où Jésus meurt, par un processus mystérieux, le Père éternel passe en jugement Son Fils à cause de nous, à cause de vous. Le cri déchirant poussé par Jésus sur la croix : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? " l’a été pour qu’aucun de nous n’ait à le dire. Car qu’est ce que l’enfer, sinon la séparation définitive et éternelle d’avec Dieu ! C’est ce que Satan souhaite pour nous. Aussi nous accuse-t-il sans cesse et prétend-il que nos fautes, nos échecs, nos manquements sont trop grands, trop graves ou qu’il est trop tard pour être pardonné, justifié. Ne le croyez pas, il est menteur. Croyez plutôt celui qui dit à propos de Jésus qu’Il est l’Agneau de Dieu (le sacrifice que Dieu a consenti) pour ôter le péché du monde (péché qui inclut le vôtre !). La seule condition posée pour Jésus pour notre salut est la foi. " Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’Il ait la vie éternelle : Jean 3,16… Celui qui croit en Lui a la vie ; celui qui ne croit pas ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui : Jean 3,36. En fait, aussi surprenant que cela paraisse, personne parmi les damnés ne sera fondamentalement séparé de Dieu à cause de ses péchés. La question de nos péchés a été réglée par Jésus une fois pour toutes. Ceux qui seront séparés de Dieu le seront uniquement pour avoir refusé de croire en Jésus-Christ, à la pleine suffisance du pardon que, par Lui, Dieu met à notre disposition.

L’Evangile, Monsieur Hossein, est une bonne nouvelle, non pas pour de bonnes gens, mais pour de mauvaises gens. Aussi, fort de mon expérience, je vous encourage à faire vôtre la prière suivante :


" Seigneur Jésus, j’ai compris à la lumière de ce que je viens de lire que ta mort est suffisante pour m’amener à Dieu, ton Père, et effacer toutes mes fautes. Je viens à Toi, tel que je suis. Je confesse devant toi n’être qu’un misérable pécheur qui a failli de nombreuses fois sur tous les points de ta loi. Jusqu’à présent, j’ai essayé par mes propres efforts de trouver en moi quelque chose de présentable à t’apporter. Je n’y ai pas réussi. Seigneur Jésus, je m’en remets à toi. Viens par Ton Esprit habiter en moi et faire de moi la personne que tu veux que je sois. Merci pour ta mort pour moi, pour le pardon de mes péchés. Merci parce que Tu vis aujourd’hui et que ce que tu as fait pour le brigand sur la croix au soir de sa vie, tu le fais aussi pour moi. Père, je te remercie au nom de Ton Fils bien-aimé et unique Jésus-Christ de m’accueillir aujourd’hui comme ton enfant ! Amen ! "


Rappelez-vous enfin, Monsieur Hossein, que Jésus est notre médiateur unique entre Dieu et nous. Un pont doit forcément, pour être un lien entre deux parties, avoir une part commune avec chacune d’entre elles. Jésus seul est à la fois homme et Dieu. Lui seul possède les qualités pour nous amener à Lui. Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous puissions être sauvés : l’apôtre Pierre : Actes 4,12. Que le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ vous donne toute la paix dont vous avez besoin et la certitude de votre sécurité parfaite en Lui. C’est là toute ma prière pour vous !

Avec toute ma considération et ma sympathie !




Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 1 août 2009

Rien de nouveau sous le soleil


Crise encore et toujours…


Toutes les voies de l’homme sont pures à ses yeux. Mais celui qui pèse les esprits, c’est l’Eternel : Proverbes 16,2


Au cours des deux dernières années, certains des commerces les plus réputés ont été complètement anéantis. Des hommes appartenant au grand monde des affaires, en qui on avait toute confiance et sur lesquels ne pesait aucun soupçon, pas même l’ombre d’un doute, se sont avérés manquer d’honnêteté et dépourvus de principes.


L’épreuve du feu a été trop forte pour plus d’une de ces gigantesques entreprises faites de bois, de foin et de chaume. Des centres d’affaires qui semblaient fondés sur le roc, et tenir tout aussi solidement que le Commonwealth d’Angleterre lui-même, ont été ébranlés jusque dans leurs fondements et se sont effondrés dans un krach terrible. De tous côtés, nous voyons la ruine de grandes célébrités et de fortunes colossales. Il y a des gémissements dans les palais de l’imposture, et de la désolation dans les demeures de la prétention. Les projets sont brisés, les beaux parleurs s’évanouissent, la façade se craquelle, les dorures s’écaillent.
Vraisemblablement n’avons-nous pas encore tout vu, d’autres révélations nous attendent sur des richesses apparentes, dissimulant des situations d’insolvabilité, telle une somptueuse tapisserie peut cacher un mur de boue ; des combines astucieuses qui trompent le public par des profits jamais réalisés, et qui le poussent à s’engager dans des spéculations toujours plus grandes, tout comme le mirage dans le désert se joue du voyageur.


Mois après mois, les journaux nous ont fait découvrir les nouveaux modes de financement fondés sur les ruses du siècle présent, pour pratiquer le vol dans la respectabilité et pour commettre le forfait dans l’honneur. Nous avons été étonnés et stupéfaits par les ignobles combines et les procédés scandaleux auxquels des personnalités éminentes se sont rabaissées. Et cependant, nous avons été contraints d’entendre des plaidoyers en faveur de ces fraudes gigantesques, et même de croire que leurs auteurs ne pensaient pas avoir agi de façon déshonorante, leurs réussites antérieures jointes à leur faible niveau de moralité les ayant réduits à un état où la conscience, si elle n’était pas morte, se trouvait profondément endormie.


Certaines époques ont pu être remarquables dans les sciences, d’autres dans les arts, et d’autres dans la guerre, mais notre ère les dépasse toutes par l’habileté de ses vauriens ; ce sont les grandes années de l’arnaque, l’âge d’or de la fraude. Qu’un homme ait un cœur ignoble et une conscience endurcie, plus un langage crédible, et qu’il décide d’extorquer des millions de livres sterling, il n’a pas besoin de parcourir le monde pour trouver la méthode la plus simple. Il peut trouver des exemples tout près de lui, parmi des professeurs éminents et les grands de la terre.

Un mal plus profond…


Mes frères, ces bruits de tours s’écroulant d’un côté, ces fracas de remparts s’effondrant de l’autre, ces cris de naufragés partout sur les rives du commerce, n’ont pas seulement réveillé en moi bien des pensées à leur sujet et sur la corruption de la société moderne, mais ils m’ont donné à réfléchir sur des catastrophes semblables, toujours plus fréquentes, dans le monde spirituel. Voilà des échecs, des fraudes et des faillites de l’âme, bien plus terribles quand on y pense. Ils ne sont mentionnés ni dans les journaux ni pleurés par des hommes irrégénérés. Il y a un commerce spirituel tout aussi prétentieux, et apparemment tout aussi prospère que la manipulation à "responsabilité limitée" qui est à la mode aujourd’hui, mais vraiment tout aussi corrompu et assuré de finir dans une ruine irrémédiable.


La spéculation est un vice spirituel aussi bien que commercial. Faire du commerce sans capital est fréquent dans le monde religieux, et le charlatanisme et la tromperie sont pratiques courantes. Le monde extérieur est toujours la représentation de celui de l’intérieur ; l’agitation qui tourne autour de la Bourse illustre celle qui se trouve dans l’église ; et si nos yeux étaient ouverts et nos oreilles capables d’entendre, ce que nous verrions et entendrons du monde spirituel nous intéresserait et nous attristerait bien plus que les agitations bien plus que les agitations qui naissent dans les bureaux des comités de direction et s’achèvent on ne sait où.

Nous verrions alors des fortunes religieuses colossales fondre en une pauvreté spirituelle lamentable. Nous verrions de grands professeurs, très respectés et tenus en estime, amenés à la honte et à un mépris sans fin. Nous verrions les riches en "affaires divines", en qui les hommes se sont imprudemment confiés comme guides et conseillers pour assurer le bien-être de leurs âmes, démasqués et se révélant fourbes sur toute la ligne.


J’ai l’impression en ce moment, de percer du regard le monde des choses spirituelles, et je vois plus d’une tour de Babel vaciller et prête à tomber ; plus d’un bel arbre se décomposer jusqu’au cœur ; plus d’une joue éclatante de santé minée par la maladie. Oui, un bruit vient à mon oreille, un bruit d’hommes dans l’église, apparemment riches et qui s’enrichissent encore, qui sont nus, pauvres et misérables, de grand hommes dont la gloire imposante n’est que fleur qui se fane.


De tels hommes ont toujours existé. Il y en a beaucoup maintenant et il y en aura jusqu’à la fin. Il n’y aura pas de pénurie d’hommes trompeurs parce que le texte en en-tête nous dit que toutes les voies de l’homme sont pures à ses yeux ; il y a une tendance dans la nature humaine qui conduit les hommes à se croire justes même quand ils se trompent vraiment.


En même temps, le texte laisse entendre la fin terrible à laquelle conduira toute illusion, car le jugement de l’homme sur lui-même n’est pas déterminant, et le jour vient où l’Eternel, qui pèse les esprits, renversera le verdict d’une conscience dévoyée et fera en sorte que l’homme ne se tienne plus dans la fausse lumière dont son amour-propre l’a enveloppé, mais dans la vraie lumière où toute sa gloire imaginaire s’évanouira comme un rêve.

Epilogue

Le discours que je viens de rapporter a été écrit et prononcé, il y a… 140 ans. Son auteur est le grand évangéliste anglais du 19ème siècle Charles Spurgeon. Il a été prononcé le 10 janvier 1869 au Metropolitan Tabernacle de Londres. Spurgeon fait ici allusion à la crise d’Overend, Gurney et Cie ("la banque des banquiers") qui avait fait faillite en 1866 par des transactions aussi scandaleuses que celles que nous avons vues récemment à plus grande échelle.

"Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera : il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Y-a-t-il une chose dont on dise : Regarde, c’est nouveau ! Elle était déjà là bien avant nous. Il n’y a pas de souvenir du passé, et ce qui sera dans l’avenir ne laissera pas non plus de souvenir chez ceux qui viendront par la suite : la Bible. "



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus