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samedi 1 août 2009

Rien de nouveau sous le soleil


Crise encore et toujours…


Toutes les voies de l’homme sont pures à ses yeux. Mais celui qui pèse les esprits, c’est l’Eternel : Proverbes 16,2


Au cours des deux dernières années, certains des commerces les plus réputés ont été complètement anéantis. Des hommes appartenant au grand monde des affaires, en qui on avait toute confiance et sur lesquels ne pesait aucun soupçon, pas même l’ombre d’un doute, se sont avérés manquer d’honnêteté et dépourvus de principes.


L’épreuve du feu a été trop forte pour plus d’une de ces gigantesques entreprises faites de bois, de foin et de chaume. Des centres d’affaires qui semblaient fondés sur le roc, et tenir tout aussi solidement que le Commonwealth d’Angleterre lui-même, ont été ébranlés jusque dans leurs fondements et se sont effondrés dans un krach terrible. De tous côtés, nous voyons la ruine de grandes célébrités et de fortunes colossales. Il y a des gémissements dans les palais de l’imposture, et de la désolation dans les demeures de la prétention. Les projets sont brisés, les beaux parleurs s’évanouissent, la façade se craquelle, les dorures s’écaillent.
Vraisemblablement n’avons-nous pas encore tout vu, d’autres révélations nous attendent sur des richesses apparentes, dissimulant des situations d’insolvabilité, telle une somptueuse tapisserie peut cacher un mur de boue ; des combines astucieuses qui trompent le public par des profits jamais réalisés, et qui le poussent à s’engager dans des spéculations toujours plus grandes, tout comme le mirage dans le désert se joue du voyageur.


Mois après mois, les journaux nous ont fait découvrir les nouveaux modes de financement fondés sur les ruses du siècle présent, pour pratiquer le vol dans la respectabilité et pour commettre le forfait dans l’honneur. Nous avons été étonnés et stupéfaits par les ignobles combines et les procédés scandaleux auxquels des personnalités éminentes se sont rabaissées. Et cependant, nous avons été contraints d’entendre des plaidoyers en faveur de ces fraudes gigantesques, et même de croire que leurs auteurs ne pensaient pas avoir agi de façon déshonorante, leurs réussites antérieures jointes à leur faible niveau de moralité les ayant réduits à un état où la conscience, si elle n’était pas morte, se trouvait profondément endormie.


Certaines époques ont pu être remarquables dans les sciences, d’autres dans les arts, et d’autres dans la guerre, mais notre ère les dépasse toutes par l’habileté de ses vauriens ; ce sont les grandes années de l’arnaque, l’âge d’or de la fraude. Qu’un homme ait un cœur ignoble et une conscience endurcie, plus un langage crédible, et qu’il décide d’extorquer des millions de livres sterling, il n’a pas besoin de parcourir le monde pour trouver la méthode la plus simple. Il peut trouver des exemples tout près de lui, parmi des professeurs éminents et les grands de la terre.

Un mal plus profond…


Mes frères, ces bruits de tours s’écroulant d’un côté, ces fracas de remparts s’effondrant de l’autre, ces cris de naufragés partout sur les rives du commerce, n’ont pas seulement réveillé en moi bien des pensées à leur sujet et sur la corruption de la société moderne, mais ils m’ont donné à réfléchir sur des catastrophes semblables, toujours plus fréquentes, dans le monde spirituel. Voilà des échecs, des fraudes et des faillites de l’âme, bien plus terribles quand on y pense. Ils ne sont mentionnés ni dans les journaux ni pleurés par des hommes irrégénérés. Il y a un commerce spirituel tout aussi prétentieux, et apparemment tout aussi prospère que la manipulation à "responsabilité limitée" qui est à la mode aujourd’hui, mais vraiment tout aussi corrompu et assuré de finir dans une ruine irrémédiable.


La spéculation est un vice spirituel aussi bien que commercial. Faire du commerce sans capital est fréquent dans le monde religieux, et le charlatanisme et la tromperie sont pratiques courantes. Le monde extérieur est toujours la représentation de celui de l’intérieur ; l’agitation qui tourne autour de la Bourse illustre celle qui se trouve dans l’église ; et si nos yeux étaient ouverts et nos oreilles capables d’entendre, ce que nous verrions et entendrons du monde spirituel nous intéresserait et nous attristerait bien plus que les agitations bien plus que les agitations qui naissent dans les bureaux des comités de direction et s’achèvent on ne sait où.

Nous verrions alors des fortunes religieuses colossales fondre en une pauvreté spirituelle lamentable. Nous verrions de grands professeurs, très respectés et tenus en estime, amenés à la honte et à un mépris sans fin. Nous verrions les riches en "affaires divines", en qui les hommes se sont imprudemment confiés comme guides et conseillers pour assurer le bien-être de leurs âmes, démasqués et se révélant fourbes sur toute la ligne.


J’ai l’impression en ce moment, de percer du regard le monde des choses spirituelles, et je vois plus d’une tour de Babel vaciller et prête à tomber ; plus d’un bel arbre se décomposer jusqu’au cœur ; plus d’une joue éclatante de santé minée par la maladie. Oui, un bruit vient à mon oreille, un bruit d’hommes dans l’église, apparemment riches et qui s’enrichissent encore, qui sont nus, pauvres et misérables, de grand hommes dont la gloire imposante n’est que fleur qui se fane.


De tels hommes ont toujours existé. Il y en a beaucoup maintenant et il y en aura jusqu’à la fin. Il n’y aura pas de pénurie d’hommes trompeurs parce que le texte en en-tête nous dit que toutes les voies de l’homme sont pures à ses yeux ; il y a une tendance dans la nature humaine qui conduit les hommes à se croire justes même quand ils se trompent vraiment.


En même temps, le texte laisse entendre la fin terrible à laquelle conduira toute illusion, car le jugement de l’homme sur lui-même n’est pas déterminant, et le jour vient où l’Eternel, qui pèse les esprits, renversera le verdict d’une conscience dévoyée et fera en sorte que l’homme ne se tienne plus dans la fausse lumière dont son amour-propre l’a enveloppé, mais dans la vraie lumière où toute sa gloire imaginaire s’évanouira comme un rêve.

Epilogue

Le discours que je viens de rapporter a été écrit et prononcé, il y a… 140 ans. Son auteur est le grand évangéliste anglais du 19ème siècle Charles Spurgeon. Il a été prononcé le 10 janvier 1869 au Metropolitan Tabernacle de Londres. Spurgeon fait ici allusion à la crise d’Overend, Gurney et Cie ("la banque des banquiers") qui avait fait faillite en 1866 par des transactions aussi scandaleuses que celles que nous avons vues récemment à plus grande échelle.

"Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera : il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Y-a-t-il une chose dont on dise : Regarde, c’est nouveau ! Elle était déjà là bien avant nous. Il n’y a pas de souvenir du passé, et ce qui sera dans l’avenir ne laissera pas non plus de souvenir chez ceux qui viendront par la suite : la Bible. "



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

2 commentaires:

Jean-Luc B a dit…

Ce que je réalise en lisant ce texte, c'est qu'il est intemporel.

Nous pouvons constater que celui qui est vraiment inspiré par l'Esprit de Dieu transmet une parole qui n'est pas enfermée dans les contingences des calendriers humains, mais qui dévoile des principautés spirituelles qui sont à l'oeuvre dans le monde depuis la chute.

Et je trouve que l'aspect le plus intéressant de ce discours se situe dans la dénonciation des "boursicoteurs spirituels" et des dégâts qu'ils commentent au milieu du peuple de Dieu.

Combien il est important d'être vigilant !

Jean-Luc B

Ichtus02 a dit…

Tout a fait juste. c'est aussi pour cela que la Parole de Dieu reste d'une fascinante actualité pendant tous les siècles.