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samedi 27 mars 2010

La chèvre de M Seguin (1)


La chèvre de M Seguin

C’est à un certain Pierre Gringoire, poète lyrique à Paris que Alphonse Daudet destina, parmi les lettres de son moulin, la fameuse histoire de la chèvre de M Seguin. Dès le début, le but de la morale du récit est défini. Alors que Pierre Gringoire se voit offrir une place de chroniqueur dans un bon journal parisien, celui-ci, sous prétexte de liberté, se permet l’aplomb de refuser. Scandalisé par l’attitude de son ami (fictif ou réel), Daudet lui écrit l’histoire de la chèvre de M Seguin, pour que, face à sa stupidité, celui-ci voit ce que l’on gagne à vouloir vivre libre.

Au-delà de la simple leçon de morale, de nombreux parallèles peuvent être tirés entre l’épopée, les malheurs et la fin tragique de la chèvre de M Seguin et ceux de l’homme. La Bible comme le récit d’Alphonse Daudet mettent en relief les mêmes causes. Regard chrétien sur un récit parabolique dont, la longueur ne le permettant pas, je ciblerai des extraits choisis.

1. L’admiration de M Seguin pour sa chèvre

« Ah ! Gringoire, qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! Qu’elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C’était presque aussi charmant que le cabri d’Esmeralda, tu te rappelles, Gringoire ? – et puis docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre... »

2. La haute opinion que Dieu a de la valeur de la vie humaine


Nous avons toujours l’impression, en pensant à Dieu, qu’il ne doit pas avoir une haute opinion de l’homme ! Détrompons-nous ! Pour Dieu, l’homme est la plus magnifique de ses créatures, son chef d’œuvre. Preuve en est par plusieurs indices qui nous sont donnés dans la Bible.

- Alors que Dieu crée l’univers, le soleil, la lune, les étoiles, la terre, la végétation, les poissons, les oiseaux, portant le regard sur toutes ces œuvres, Il conclut en se disant que tout cela est bon. Mais quand, au 6ème jour, il crée l’homme comme la couronne de sa création, son commentaire va de la satisfaction à l’extase. Dieu vit ce qu’Il avait fait et c’était très bon : Genèse 1,27. La seule présence de l’être humain a suffi pour transformer le qualificatif bon en très bon. S’il y a bien quelqu’un dans l’univers qui a une haute opinion de ce qu’est l’homme, c’est Dieu !

- A deux reprises au moins, dans ses psaumes, le roi David reviendra sur le sujet :

« Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes mains, la lune et les étoiles que tu as mises en place, qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, qu’est ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à un dieu, tu l’as couronné de gloire et de magnificence, tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds : Psaume 8, 4 à 7 »

« Je te célèbre car j’ai été fait de façon merveilleuse : Psaume 139,13. »

La haute valeur que Dieu donne à l’homme se voit aussi dans les lois qu’Il a prescrit pour sa protection. Aussitôt après le déluge, Dieu institue le ministère de la justice. L’objectif unique de cette institution est la préservation de la valeur de la vie humaine. La peine de mort est la sentence que mérite tout homme qui verse le sang de son prochain.

« Votre sang, qui est votre vie, j’en demanderai compte. J’en demanderai compte à tout animal qui aura tué un homme, comme à un homme qui aura tué son semblable. Je demanderai compte de la vie de l’homme. Celui qui répand le sang de l’homme, c’est par l’homme que son sang doit être répandu. Car l’homme a été fait à la ressemblance de Dieu : Genèse 9,5 et 6

Le premier malheur de ce monde n’est-il pas dans le fait que nous avons perdu le sens élevé de la valeur que le Créateur a donné à la vie humaine, devenue matière marchande, outil de production, amas de cellules dont on peut disposer comme il nous plaît ! Béni soit Dieu pour la valeur que j’ai pour Lui !


Suite semaine prochaine

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 20 mars 2010

Jacques Le-Febvre d'Etaples : un picard trop peu connu... (1)

Un homme trop méconnu

Jacques le-Fèvre d’Etaples devrait, au moins, être connu de tous les protestants français. Il occupe une telle place dans l’histoire de la révolution religieuse qui s’est produite au XVIème siècle qu’il apparaît comme un personnage incontournable. S’il n’est pas compté au nombre des réformateurs, il fût sans conteste l’un de ceux qui, par son influence, leur ouvrit la route.

Portrait

Jacques Le-Febvre naquit en 1455 à Etaples, petit bourg de Picardie. Pour les uns, sa famille était pauvre, pour d’autres aisée. Tous s’accordent à reconnaître cependant en lui, dès l’enfance, une belle intelligence, une âme noble, un cœur droit. Les détails sur ses premières années de vie nous manquent. Nous savons seulement qu’en 1490, il était à Rome où il séjourna jusqu’en 1492. C’est là qu’il étudia à la fois le latin et le grec, ce qui était rare à l’époque.

Le-Febvre s’était voué à l’état ecclésiastique par goût et aussi parce que c’était la seule ressource des roturiers qui désiraient s’instruire. De Rome il alla à Paris, où il fut nommé professeur de philosophie. Un auditoire nombreux se pressa autour de sa chaire, ravi d’entendre un homme qui savait rendre la science aimable et enseigner sans pédanterie. Pour ces raisons, au lieu d’admiration, il dut faire face à l’hostilité de ses collègues qui ne manquèrent pas de lui causer maintes tribulations qu’il supporta avec une patience admirable.

Un érudit

A cette époque, Le-Fèvre était connu sous le nom du docteur d’Étaples, par allusion au lieu de sa naissance. Son érudition était telle qu’il passait alors pour l’homme le plus savant et le plus éclairé de son temps. Le bon roi Louis XII l’honorait de son estime, ainsi que ses courtisans, fiers de posséder à Paris un homme d’un si grand mérite. Il dut à leur admiration de couler, pendant longtemps, des jours heureux, malgré les attaques de ses nombreux ennemis, qui ne lui pardonnaient pas sa gloire. Parmi ceux qui lui montrèrent une grande bienveillance, il faut placer en première ligne Guillaume Briçonnet, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et depuis évêque de Meaux. C’était un homme doux, aimable, pieux mais faible. Il s’attacha à Le-Fèvre et se déclara ouvertement son protecteur. Le prélat devint l’ami du docteur et l’appela dans son diocèse pour y exercer les fonctions de grand vicaire.

Situation religieuse de l’époque

Le-Febvre vivait à une époque où la foi chrétienne s’était perdue. Les prêtres étaient ignorants, les évêques corrompus, le peuple superstitieux, la Bible aussi inconnue que le Coran. A la place de cette belle Église primitive, si sainte, si éclairée, on avait une Église qui ne connaissait, ni le Christ, ni sa parole. Un culte matériel avait remplacé le culte en esprit et en vérité. Au milieu de ces épaisses ténèbres pénétra soudain un brillant rayon de soleil. Le printemps succéda à l’hiver, et l’on vit tout à coup se réveiller, en France, le goût des lettres, des arts et des sciences. L’imprimerie, qui venait d’être découverte, donna une vive impulsion à ce beau mouvement auquel on donna le nom de Renaissance.

Plus, et mieux qu’un autre, Le-Febvre devait se réjouir à la vue de cette jeunesse intelligente, studieuse, avide d’apprendre, et des rangs de laquelle sortirent ces lettrés, ces savants, et ces artistes, qui immortalisèrent le règne de François Ier. Au milieu d’eux, Le-Febvre était comme un père, il encourageait leurs efforts, et quoique très âgé, il était le premier, par le zèle, la science et la piété. Pendant longtemps cependant il ne put faire briller, devant eux, le flambeau de l’Évangile. Pour lui, comme pour tous ses contemporains, la vérité chrétienne était alors un trésor caché. Le-Febvre était donc catholique, un catholique pieux, sincère, droit. Comme il croyait que l’homme se sauve par ses œuvres, il s’efforçait de faire celles dont l’Église romaine fait dépendre le salut : chaque jour il disait dévotement sa messe, récitait les litanies des saints, se soumettait à de longs jeûnes, et s’administrait la discipline.

Tous ces exercices corporels ne lui donnaient pourtant pas la paix. Son cœur était donc plein de tristesse. mais Le-Febvre ne se décourageait pas. Il nourrissait l’espérance que Dieu aurait pitié de lui ; et Dieu, qui se révèle toujours à celui qui le cherche sincèrement, lui répondit. Attirant son regard sur la Bible, il trouva la source où le pécheur puise son salut.



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 13 mars 2010

Dieu existe... et vous le savez !



L’instinct de Dieu

Il ne fait pas de doute que, de nature et d’instinct, les hommes ont en eux le sens du divin. Car, afin que nul ne puisse prétexter l’ignorance, Dieu a imprimé en nous le sentiment de son existence, qu’il nous rappelle sans se lasser. En sorte que, étant tous avertis qu’il y a un Dieu et qu’il nous a créés, notre propre témoignage nous accuse de ne pas l’avoir honoré et de ne pas lui avoir consacré nos vies… C’est Cicéron, un païen, qui dit qu’il n’y a pas de nation si barbare, ni de peuple si sauvage qu’ils n’aient, enracinés en eux, la certitude de l’existence de Dieu… Puisque, depuis le commencement du monde, il ne s’est trouvé aucun pays, aucun foyer sans nulle trace de religion, on voit bien que le sentiment du divin est inscrit dans tous les cœurs.

Absurdité des arguments contre l'existence de Dieu

Il est donc absurde de prétendre, comme le font certains, que la religion a été inventée par l’astuce et la finesse de quelques gens subtils pour exploiter la naïveté du peuple… Il est vrai que des gens fins et rusés ont introduit dans la religion des inventions grossières pour égarer la dévotion des gens simples, leur inspirer de la crainte et les rendre soumis. Mais ils ne seraient pas parvenus à leurs fins si le besoin d’adorer un Dieu n'avait été ancré dans l’esprit des gens… Car il ne s’agit pas d’une doctrine enseignée dans les écoles. Chacun possède cette connaissance dès le ventre de sa mère et, bien que beaucoup d’hommes fassent tous leurs efforts pour l’oublier, leur nature même les en empêche… Il n’y a que la religion qui nous rende supérieurs aux bêtes. C’est par elle que nous aspirons à l’immortalité.

Les vrais causes de l’athéisme

Quoique l’expérience montre qu’il y a une semence de religion dans le cœur de tous les hommes, il s’en trouvera à peine un sur cent qui s’efforcera de la faire germer et ils ne s’en trouvera pas un seul chez qui elle portera du fruit ou même se développera. Les uns se perdent en folles superstitions, les autres se détournent de Dieu de propos délibéré ; tous s’égarent loin de toute véritable connaissance de Dieu, en sorte qu’il ne reste aucune piété réelle dans le monde…

Nous en voyons beaucoup qui, pécheurs, audacieux et endurcis, s’efforcent rageusement de rejeter la pensée de Dieu, que leur instinct naturel ranime sans cesse en eux… Ils ne se soucient de Dieu que s’ils y sont forcés et ne s’approchent de lui que sous la contrainte. Ce qui les pousse alors, ce n’est pas une crainte volontaire inspirée par la majesté de Dieu, mais une peur servile, extorquée par le jugement de Dieu, qu’ils redoutent et haïssent à la fois, sachant qu’ils n’y peuvent échapper…

Ce sentiment de l’existence d’un Dieu, semence inarrachable, est toujours présent, mais cette semence est à ce point corrompue qu’elle ne produit que de mauvais fruits. Ce qui confirme ce que je soutiens : l’idée de Dieu est gravée dans le cœur des hommes, puisque la nécessité contraint les plus mauvais à la manifester. Tant qu’ils ont le vent en poupe, ils plaisantent et se moquent de Dieu, ils jurent, ils bravent son pouvoir ; mais quand le désespoir les presse ils cherchent secours en lui et il leur vient des bribes de prières. Il est bien clair qu’ils n’ignorent pas Dieu, et que ce qui aurait dû se manifester plus tôt a été réprimé par leur rébellion perverse.

Extrait de l’Institution chrétienne de Jean Calvin, réformateur.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 6 mars 2010

Peur de Jésus ? Il n'y a pas de raison !



Drôle de réaction

L’Evangile de Luc nous relate, parmi d’autres, une situation paradoxale qui m’a fait réfléchir. Alors que Jésus a débarrassé les gens d’une région d’un problème récurrent (un démoniaque indomptable qui habitait dans un cimetière), tout ce que les habitants trouvent à répondre pour le remercier est de lui dire de s’en aller. Jésus, apparemment, par le pouvoir dont il a fait preuve, les effrayait plus que le possédé. Jésus n’insistera pas. Pour autant, il ne laissera pas les habitants du lieu sans témoignage. Contre sa volonté, il renverra le possédé désormais libre au milieu d’eux avec une mission : dire à tous ce que Dieu, par Jésus, a fait pour lui. Une mission dont il s’acquittera avec zèle (lire Luc 8,26 à 39).

Parallèle

Il est étonnant de voir à quel point autour de nous le seul nom de Jésus peut faire peur. Pourtant, à l’évidence, les Evangiles sont unanimes : connaître Jésus ne peut apporter qu’un plus dans la vie, une sommes de bienfaits que personne d’autre dans le monde n’est en mesure d’apporter. La crainte qu’inspire Jésus ne peux, par conséquent, provenir que de deux choses :

1. la première est un malentendu sur lui. Je ne sais pas ce que les habitants de la région, de laquelle Jésus a libéré le possédé, se sont mis dans la tête à son sujet. Mais nul doute que leur opinion au sujet de Jésus était fausse. Aussi, vous qui lisez cet article, avant de rejeter Jésus, permettez-moi de vous poser la question : sur quoi repose votre opinion de Jésus ? Sur quoi se fondent les craintes que vous sentez monter en vous rien qu’à l’évocation de son nom ? A quoi dans votre esprit associez-vous le nom de Jésus ? Pour être sûrs de la justesse de vos pensées, permettez-moi de vous recommander d’aller au-delà de vos impressions toutes faites. Prenez le temps de découvrir Jésus tel qu’Il est. Cela fait plus de trente ans que je le côtoie. Ce qui m’effraie aujourd’hui n’est pas d’être ou de m’approcher de Lui. C’est bien plutôt d’en être séparé !

2. la seconde ne peut provenir que d’un mensonge auquel vous avez cru à son sujet. Il y a tant de choses, d’idées, d’actes honteux, malheureux, scandaleux qui, dans l’histoire, se sont réclamés du label Jésus que je comprends votre frayeur. Ceux qui en sont les auteurs devront en rendre compte un jour face à lui, le vrai Jésus. Alors que des hommes voulaient rapidement régler le cas Jésus, quelqu’un d’honnête s’est levé pour dire : Notre loi nous permet-elle de condamner un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il a fait de mal ? (Jean 7,51). Sachez-le : le mal n’existe pas chez Jésus. Votre réticence à son égard vient, soit du fait que l’on vous a fait croire des choses fausses à son sujet… soit peut-être que vous préférez vivre dans le mal plutôt que dans le bien. Dans ce cas, votre rejet de Jésus n’est pas motivé par une fausse pensée à son sujet… mais par la vérité… Un choix dans lequel vous choisissez de vous condamner vous-mêmes…

Jésus sous une autre forme

Puisque son nom effraie, Jésus a choisi de se montrer, à ceux qui le rejetteraient sur la base d’un malentendu, d’une autre manière : sous la forme de ses témoins. Ses témoins, c’est, par exemple, moi et tous ceux qui, dans leurs vies, ont fait l’expérience de son action bienfaisante. Au moins ici, vous ne risquez pas d’être effrayé. Car moi je suis comme vous, un mélange de bon et de mauvais sans prétention, avec, à peu de choses près, la même histoire. Sans doute ne me connaissez-vous pas. Mais ceux qui m’ont connu ne peuvent le nier : je ne suis plus le même homme que dans le passé depuis que je connais Jésus. Ceux qui sont honnêtes, de plus, ne peuvent que le reconnaître : non seulement je ne suis plus le même homme, mais le changement que le Christ Jésus a opéré en moi n’a été que bénéfice. C’est vrai : il arrive parfois que des résidus de l’ancien être se montrent encore dans ma vie. Je ne suis ni très beau, ni fréquentable à ce moment-là. Ces résidus sont là pour m’aider à m’imaginer (et aider ceux qui me connaissent) ce que je serais ou aurait pu devenir sans Jésus. Je n’ose y penser !

A vous qui me lisez, je le redis une dernière fois : ce qui est effrayant, ce n’est pas de vivre dans ce monde avec Jésus, mais bien sans !


 
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus