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samedi 24 décembre 2011

La mendiante mal reçue

La mendiante


Dans un temps de disette, par une rude et froide journée d’hiver, une pauvre femme inconnue avait parcouru le village, mendiant de porte en porte.

Ses vêtements étaient propres, mais bien usés et rapiécés. Comme la neige tombait en abondance et que le vent soufflait avec force, la pauvre femme avait serré autour de sa tête un fichu qui cachait en partie ses traits. Elle tenait à la main droite un bâton et au bras gauche un panier. Dans la plupart des maisons, on ne lui donnait qu’une misérable aumône ; quelques fermiers - à leur aise cependant - la renvoyèrent même avec dureté. Un seul villageois - et non un des plus riches - la fit entrer dans la cuisine où régnait une douce chaleur, et la fermière, qui sortait du four un beau gâteau doré à point, en donna un gros morceau à la mendiante, qui, réchauffée, réconfortée, reprit sa route.

La Comtesse

Quelques jours plus tard, les villageois furent tout surpris de recevoir une invitation de Mme la Comtesse, qui les priait à souper à son château. C’était bien la première fois que la châtelaine faisait une telle invitation ! Les braves paysans mirent leurs plus beaux atours et, un peu intimidés, arrivèrent au château à l’heure indiquée.

Des domestiques, bien stylés, les aidèrent à ôter manteaux, chapeaux et galoches et les introduisirent dans la salle du festin. Une grande table avait été dressée, elle était couverte de pièces d’argenterie, de cristaux, de fleurs. Chacun trouva sa place indiquée par une jolie carte fleurie.

Mais quelles ne furent pas la surprise et l’indignation des convives, de voir les valets leur apporter des assiettes contenant quelques croûtes de pain, un bout de fromage moisi, ou un os …

Seule une famille, assise près de la châtelaine, était servie de mets succulents : poulet rôti, salade, légumes rares.

Des murmures s’élevèrent dans la salle :

- On se moque de nous ! C’est honteux ! …

La châtelaine s’était levée, tous les yeux se fixèrent sur elle : l’énigme allait être expliquée.

- Mes amis, dit-elle, la mendiante qui s’est présentée chez vous, il y a quelques jours, c’était moi ! J’ai voulu mettre à l’épreuve votre bienfaisance. Hélas ! J’ai été déçue, car seule, dans tout le village, une famille m’a reçue avec bonté et a partagé avec moi ce qu’elle possédait. Les autres … voyez ce que vous avez donné, tout est là.

On imagine facilement les sentiments que ces invités ont pu éprouver en écoutant ces paroles : Oh ! S’ils avaient su qui ils recevaient ce jour-là !

Que faites-vous de Jésus ?

Il y a près de 20 siècles, le Fils de Dieu, sous le déguisement d’un simple homme, est venu dans ce monde. Né dans une étable, il a connu le mépris, l’hostilité, puis le rejet. Quelques-uns cependant l’ont reçu. Ils ont discerné, derrière l’homme simple, le Noble de lignée royale. Vient le jour proche où, à notre tour, nous comparaîtrons devant le Roi des rois ! Il nous sera fait comme nous lui avons fait ! Que représente Jésus pour nous ? Quelle valeur a-t-il pour nous ? Jésus dira-t-il en nous voyant : « Je ne te connais pas ! » ou « Viens, bon et fidèle serviteur ! Entre dans la joie de ton maître ! »

samedi 17 décembre 2011

Un cantique qui a du prix !

Helen Berhane, chanteuse de gospel, a passé deux ans et demi en détention en Erythrée à cause de sa foi. Dans la souffrance ou dans la consolation, elle n’a jamais cessé de garder confiance en Dieu. Voici les paroles de l’un de ses cantiques, s’inspirant de ce qu’elle a vécu en prison.





Persécutée, isolée, épuisée,

Mes jambes vacillent, je vais tomber.

Je pleure comme un nourrisson arraché à sa mère.

Jésus, tu ne m’as pas abandonnée.



Dans ma misère, mon désespoir, ma solitude,

Je n’ai plus que toi, tu es ici vers moi.

Quand cette lourde croix m’oppresse,

Mon Aimé, tu es toujours près de moi



Quand la peur m’envahit comme jadis tes disciples,

Quand au fond des ténèbres je crie à toi,

Tu entends mon appel de détresse

Et me remplis de ta paix céleste.



Quand je me sens seuls abandonnée,

Jésus, tu es encore avec moi.

Quand cette lourde croix m’oppresse,

Mon Aimé, tu es toujours près de moi.



Quand j’étais méprisée et rejetée de tous,

Dieu de David, tu l’as vu et as détruit Goliath,

Je suis maintenant témoin de tes actes,

Je les ai vus de mes propres yeux.



Sur mon chemin de solitude et d’angoisse,

Jésus, tu ne m’as jamais quittée.

Quand cette lourde croix m’oppresse,

Mon Aimé, tu es toujours près de moi.

An Interview With Helen Berhane from David Shepherd on Vimeo.



Sources : Portes Ouvertes - Release International

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samedi 10 décembre 2011

Enfants de la crise...

Génération sacrifiée

Né dans une période sombre de l’histoire de son peuple, Daniel, jeune israélite, fut déporté avec beaucoup d’autres par Nabuchodonosor, le roi de Babylone, loin de son pays. Israël vivait dans les faits ce que n’avait cessé de dire les prophètes. Dès l’origine, Dieu avait prévenu ! Si Israël l’abandonnait, il perdrait ce que Dieu lui avait donné : son pays, sa sécurité, sa liberté… Nous ne savons pas quels sentiments habitaient Daniel et ses compagnons lors de cet exil. Leur génération n’était pas responsable du fiasco de la nation. Celui-ci n’était dû qu’aux erreurs commises par les pères. Les pères avaient fauté, mais c’était eux, les fils, qui payaient.

Leur situation me fait penser à la nôtre. La crise actuelle de l’euro n’est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence de l’endettement insensé des Etats dans les dernières décennies… comme si le progrès était un principe intangible. L'optimisme passé était si fort que nos dirigeants actuels constatent, effarés, que rien n'a été prévu dans le traité de Maastricht pour affronter l'éventualité d'une telle crise. La conséquence en est que la décennie qui vient a été qualifiée de décennie perdue. Les perspectives de croissance et de redressement à court terme étant quasi nulles, la récession inévitable, le seul héritage que nous laissons à nos enfants est le salaire de nos erreurs irréparables.

Je ne suis plus à l’âge de la jeunesse et des grands projets. Je me mets cependant à la place de mes fils. Quel message est à même de les stimuler à vivre, entreprendre et espérer dans le climat actuel ? La question vaut la peine d’être posée ! La situation que nous vivons ayant déjà été vécue par Daniel, c’est vers lui que nous allons nous tourner. Car le livre qui le concerne en témoigne : jamais Daniel n’a sombré dans le défaitisme. Au milieu des éléments déchaînés, sa vision de l’histoire lui a permis de rester debout, égal à lui-même. En quoi Daniel croyait-il donc pour faire preuve, en tant de crise, d’une telle force ?

Le Rocher de Daniel

Exilé dans un autre pays, une autre culture, Daniel a su s’adapter sans renier sa foi, ni ses convictions. Il a été aussi loin qu’il était possible dans la soumission aux ordres du roi qui l’avait fait captif sans jamais céder de ce qui était vital et sacré à ses yeux. Daniel nous enseigne que ce qui fait notre force n’est pas lié aux circonstances dans lesquelles nous vivons. Le monde extérieur peut sombrer, les fondements du monde intérieur de Daniel ne bougent pas. La vie de Daniel est ancrée dans des réalités qui ne sont pas de ce monde. Il croit en la souveraineté de Dieu et sait que son destin n’est pas entre les mains des hommes, mais de Dieu, l’Eternel.

La vie ne fut pas pour autant tous les jours faciles pour Daniel. A la cour du roi, il fut exposé aux caprices du souverain. Agité une nuit par un cauchemar, celui-ci convoqua au matin tous les sages du royaume pour qu’ils lui en fournissent l’explication. Problème : Nabuchodonosor ne se souvenait même plus du contenu du rêve. Qui pouvait le lui rappeler et le lui expliquer ? Une sentence de mort fut prononcée contre tous les sages s’ils n’y parvenaient pas.

Daniel l’apprit. Il demanda au chef des gardes un délai. Puis, appelant ses amis, il pria. Dieu se révéla à lui et lui décrit le rêve du roi. Il lui en fournit ensuite l’explication. Daniel sauva sa vie et celle de tous les conseillers du roi. Daniel nous enseigne ici que, quelles que soient les situations, ce n’est pas en nous, mais en Dieu que se trouve la sagesse et le discernement. Le croyant qui connaît Dieu a une intelligence supérieure, non à cause de son QI, mais par le fait qu’il reçoit dans son esprit des lumières qui échappent aux autres. Avec Dieu, Daniel nous apprend que nous ne sommes jamais seuls, jamais livrés à nous-mêmes ou aux autres. Une fois de plus sauvé, Daniel nous livre quelques éléments de sa vision de l’histoire.

Le Maître de l’histoire

Avant qu’il aille livrer au roi la révélation de Dieu, Daniel le remercie. Dans sa prière, il fait part de deux éléments propre à stimuler la confiance de chacun, aux jeunes de notre temps d’abord, en Dieu ;

1. Dieu est Celui qui change les temps et les circonstances : Daniel 2,10

Nous pensons trop que le monde dans lequel nous avons vécu et grandi est immuable. Tant de sécurités nous entourent, tant de facilités font notre confort qu’il ne nous vient jamais à l’idée que tout ceci peut être très provisoire. L’histoire du monde pourtant n’est que la répétition incessante de grandeurs et de déclins. Des empires entiers, dominant un temps le monde, ont disparu, ne laissant comme souvenir aux générations suivantes que des ruines. Babylone, le royaume de Nabuchodonosor, en est un exemple frappant.

La crise par laquelle nous passons devrait nous interpeller à ce sujet. Même si les économistes nous en expliquent les causes, Daniel dit que c’est en réalité Dieu qui change les temps et les circonstances des peuples. Les événements ne se produisent pas par hasard. Leur minutage est coordonné en vue de l’accomplissement des projets de Dieu. L’impuissance dont font preuve nos dirigeants à endiguer la catastrophe le prouve. Ils luttent contre plus fort qu’eux. Au lieu de défendre les acquis du passé, il faut nous préparer à ce qui vient dans l’avenir. Pour le croyant, uns constante ne varie jamais : Dieu sera toujours là au contrôle de la situation.

2. Dieu est celui qui renverse et établit les rois : Daniel 2,10

L’année 2012 sera une année d’élection à bien des endroits. Dans les peuples, la tension est là : qui va s’installer sur le trône du pouvoir ou le siège du président ? Dans d’autres pays, l’aspiration à la liberté et à la démocratie ne s’éteint pas. L’un après l’autre les tyrans s’écroulent sous les coups répétés de la ferveur populaire. Combien de temps les dictatures qui restent vont-elles tenir ?

La vision de Daniel sur l’histoire est toute autre. Si les hommes votent, si les peuples se rebellent, c’est le Trés-Haut qui domine sur le règne des hommes. Il le donne à qui lui plaît. Il peut y élever le plus vil des hommes : Daniel 4,17. Ce qui compte n’est pas le roi lui-même, mais la façon selon laquelle, par lui, le projet de Dieu pour le monde s’accomplit. « Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Eternel, dit le roi Salomon. Il l’incline partout où il veut : Proverbes 21,1. » L’orgueilleux roi Nabuchodonosor, qui devra quitter le pouvoir pour cause de maladie mentale, le reconnaîtra : Je bénis, dit-il, le Très-Haut, je loue et glorifie celui qui est vivant pour toujours, dont la domination durera toujours et dont le règne subsiste de génération en génération. Tous les habitants de la terre comptent pour rien ; il agit comme il lui plaît avec l’armée du ciel et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui lui résiste et lui dise : Que fais-tu ? » : Daniel 4,17

Sommes-nous pour autant livrés à l’arbitraire ? Nullement. La situation d’exil vécue par Daniel nous rappelle que les peuples récoltent ce qu’ils ont semé. En tant que croyants, nous pouvons influer sur la conscience de la nation et militer pour le respect des valeurs affirmées dans la loi de Dieu. La Bible nous ordonne aussi de prier pour les autorités. L’apôtre Paul en fait une priorité. La prière peut faire tomber des rois mauvais et en installer d’autres dans le siège du commandement. Les autorités, certes, sont un pouvoir limité. Mais, ne l’oublions pas, c’est aussi d’elles que dépendent notre tranquillité et notre paix.


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samedi 3 décembre 2011

Chrétien écolo !

Enjeux

Les écologistes les plus radicaux considèrent que la disparition de l’être humain pourrait favoriser la biodiversité, puisqu’il est la principale cause des désordres actuels dans la nature. D’autres, plus modérés, proposent de multiples solutions propres à résoudre tous les problèmes ! Leur motivation est le plus souvent inspirée par la peur du changement climatique et d’un accident industriel majeur et de leurs conséquences. Cette crainte est en partie fondée, mais elle ne peut être le seul motif d’un comportement « écologique. »

Bible et écologie

La vision biblique du monde n’est pas centrée sur l’homme ou sur la nature : elle est « théocentrique ». Dieu est bien le Seigneur, le maître de cette terre. C’est donc en référence à Dieu et non à l’homme que nous pouvons vivre et ajuster notre comportement. Hélas, cela n’a pas toujours été le cas de bien des chrétiens, loin s’en faut !

Il est bon d’adopter certaines mesures pour préserver notre planète, mais nous aurions tort de nous en contenter pour nous donner ainsi bonne conscience. Ce n’est pas tant la « compensation carbone », par exemple dont les bases de calcul restent parfois nébuleuses, qui favorisera la diversité des espèces. C’est la réorientation de nos choix, individuels et collectifs, pour vivre, consommer, et nous déplacer autrement dans le temps et dans l'espace de notre belle planète, qui contribuera à sa sauvegarde.

Face à l’avenir, les chrétiens vivent plus ou moins bien la tension entre le présent et l’avenir, spécifique à leur foi. Ils ont parfois tendance à mettre l’accent sur les dernières phrases du Credo, le retour de Jésus-Christ et le jugement dernier, la « dissolution de toutes choses » évoquée par l’apôtre Pierre dans sa deuxième lettre, la « fin du monde » ! Tout doit disparaître ! Après moi, le déluge ! Cela est aussi vrai pour ceux qui placent leur foi en la déesse consommation et qui vénèrent le dieu tout-puissant de l’argent-roi. Les conséquences d’une telle attitude sont sensibles, en particulier pour les êtres humains les plus faibles et démunis, et pour les espèces animales ou végétales les plus menacées.

Respect de l’environnement

La foi chrétienne demeure une source de motivation puissante pour se conformer davantage aux exigences d’une vie plus respectueuse de l’environnement. Nous pouvons, certes, cultiver notre foi en un Dieu souverain et providentiel, sur qui nous avons le privilège de nous reposer avec confiance, afin de rester en paix même en temps de crise. Ce n’est pas un prétexte au gaspillage, ni à éviter nos responsabilités pour vivre de façon responsable. Les chrétiens sont appelés à manifester leur amour et leur respect pour le Créateur.

Quel être humain se réjouirait de voir son œuvre méprisée, foulée aux pieds, détruite ? Et nous prêchons l’amour du prochain : n’est-ce pas nous contredire que de détruire l’environnement, où chacun vit et dont il tire aussi sa subsistance ?

Nous avons enfin une espérance particulière, enracinée en Dieu qui un jour renouvellera cette création toute entière : Romains 8,18-23. Cela doit nous conduire, comme un signe de cette espérance, à prendre soin de notre corps, bien qu’il soit mortel, et à préserver ainsi, avec tous nos contemporains, la plus grande diversité des espèces vivantes et des ressources naturelles.

Article de Frédéric Baudin, membre fondateur d’A Rocha France. Paru dans le N°2-2010-1

samedi 26 novembre 2011

Sacré et profane

Actualité


Trois faits différents ponctuant l’actualité récente ont retenu dernièrement mon attention. Bien qu’ayant plusieurs traits communs, je n’ai, à ma connaissance, entendu aucun journaliste établir de parallèles entre eux. Le premier fait s’est produit dans la petite ville de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales. Le maire, Jean Vila, apparenté communiste, a procédé le 12 novembre à un mariage entre Guillaume et Patrick, deux homosexuels. Bien qu’illégal, le mariage se voulait « un acte de révolte » destiné à interpeller les candidats à la présidentielle sur le sujet. Le second fait est l’attentat perpétré par des islamistes contre les bureaux de Charlie Hebdo dans la nuit du 2 au 3/11, suite à la publication de leur journal au titre provocateur « Charia Hebdo, avec le prophète Mahomet en couverture. Le dernier fait est la publication récente des affiches scandaleuses de la marque Bénetton montrant des personnalités opposées ou proches s’embrassant sur la bouche, dont le pape et l’imam de la mosquée Al Azhar.

Beaucoup de bruit et de réactions différentes ont entouré ces trois faits. Sous la pression du Vatican, l’affiche représentant le pape et l’imam a été retirée des panneaux publicitaires. Toute la presse et les politiques de tous bords se sont empressés d’apporter, au nom de la liberté d’expression, leur soutien au journal satirique. Quant à l’initiative de Jean Vila, elle n’a suscité que peu de réactions… comme si la cause était déjà gagnée et le fait inéluctable sous peu.

Que penser de ces trois événements ? Que révèlent-ils ? Quelle position le chrétien que je suis doit-il avoir à leur sujet ? La réponse de ce billet est, sans doute, personnelle. A la lumière de la Parole de Dieu, j’y lis un parallèle fort avec la description que la Bible donne du climat moral qui prévaudra dans « les derniers jours ».

Sacrilèges

Sache, dit l’apôtre Paul à son jeune collaborateur Timothée, que dans les derniers jours surgiront des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles envers leurs parents, ingrats, SACRILEGES… Alors que le terme n’apparaît que trois fois dans toute la Bible, il est intéressant de noter qu’il se situe justement ici, dans la liste des qualificatifs qui décrivent l’état moral de la société des derniers jours. Qu’est-ce qu’un sacrilège ? De quoi est-il l’indicateur ?

Le sacrilège est liée à la notion de sacré. Si plus rien de sacré n’existe, le sacrilège n’a pas lieu. Le sacré est désigné tel par opposition au profane ou au commun. Par le sacré est défini, pour une société donnée, tout ce qui possède une vertu supérieure, empreinte de dignité ou de noblesse. Le sacré appelle le respect. Il se situe dans le cadre d’un système séparé du profane. Le sacré exige la plus haute considération. La division sacré/profane sépare ce qui, par nature, peut être touché, modifié au gré du temps et des circonstances (le profane), et ce qui ne doit pas l’être (le sacré). Toucher au sacré c’est commettre un crime de « lèse-majesté ». C’est attenter à ce qu’il y a de plus noble, de plus royal dans la société humaine. C’est mériter la pire sanction.

Le sacré

Qu’est-ce qui définit ce qui est sacré ? A cette question, les athées et les humanistes sont bien incapables de répondre. Si tout est le produit du « hasard et de la nécessité », tout se vaut. Il n’est alors pas plus coupable de tuer un animal qu’un être humain, puisque tout est matière. Aucun athée cependant ne se comporte de fait d’une telle manière. D’où vient la conscience du sacré qui habite l’athée si Dieu, l’entité morale suprême, n’existe pas ? Indubitablement, la conscience du sacré, présente dans tous les cœurs et les esprits humains, est une des preuves les plus fortes de l’existence du divin. Le sacré témoigne qu’il y a en l’homme des valeurs supérieures à l’homme lui-même : la vie, la propriété d’autrui, la foi religieuse, la dignité de la personne. Or la Bible le dit : la génération des derniers jours va abolir la frontière entre profane et sacré. Désormais, on peut toucher à tout, rire de tout, tourner en dérision qui on veut. Tout est nivelé. Il n’y a plus ni noblesse, ni dignité, ni hauteur morale, ni profondeur. Les trois faits cités ci-dessus en témoigne. Jean Vila le dit officiellement : la distinction entre homme et femmes n’existe plus. Charly Hebdo le publie : le respect de la foi des autres n’a pas lieu d’être. Bénetton l’affiche : la dignité du rang et de la fonction d’une personne est à mettre au placard. Avec quelles conséquences ? ? ?

La source du sacré

Pour le chrétien, Dieu est la source du sacré ! Les visions rapportées dans la Bible témoigne qu’il existe dans le monde spirituel un respect extrême du sacré. Esaïe témoigne par exemple que les anges qui sont les plus proches de Dieu se couvrent la face devant la gloire de sa Personne. Jude rapporte que les anges de Dieu ne s’autorisent pas à injurier le diable. Tout esprit déchu qu’il est, il est toujours le possesseur, en tant qu’esprit, d’une dignité originelle. C’est à Dieu et à Son jugement qu’ils font appel pour le maudire. Dans sa loi (les dix commandements donnés à Moïse), Dieu établit ce qui est sacré à ses yeux. Il y a d’abord ce qui touche à sa personne : le respect qui lui est dû, la représentation que l’on se fait de lui, le sabbat (jour du repos qui lui est consacré), l’utilisation de Son nom. Il y a ensuite ce qui touche aux relations entre les êtres humains, faits à Son image : l’honneur qui doit être rendu aux parents, le respect de la vie, le respect du mariage, le respect du bien d’autrui, la vérité dans les paroles que l’on prononce… Aucune de ses lois qui définissent et enferment le sacré n’est aujourd’hui respectée !

Jugement

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse, dit Salomon. Là commence le respect du sacré. La profanation du sacré est sans nul doute l’une des tares qui précipitera bientôt le jugement de Dieu sur le monde. Dieu est saint, sacré. Tout ce qu’Il nous a donné, et qui est constitutif des fondements de la vie, l’est aussi. Dieu ne laissera pas indéfiniment l’homme profaner, piétiner, ce qui a si grande valeur à Ses yeux. La plus grande colère de Jésus s’est produite dans le temple de Dieu. Prenant un fouet, il a chassé tout ceux qui avaient fait de la maison de Dieu une maison de commerce. Jésus n’a pas supporté la profanation éhontée de ce lieu sacré. Ne rions, ni n’applaudissons aucun des actes de profanation, de quelque nature qu’il soit, qui sont perpétrés dans le monde ! Prenons acte : Dieu est trois fois saint ! «Je ne laisserai plus profaner mon saint nom. Et les nations sauront que je suis l’Eternel, le Saint en Israël : Ezéchiel 39,7. »

P.S : Dans la même tendance du sacrilège, mentionnons aussi : la dernière trouvaille de Toys'r'us : une poupée qui dit des jurons, la pièce de théâtre provocatrice Golgotha Picnic, ou le dernier tube de Lady Gaga : Judas

Autre article sur le sujet : http://ab2t.blogspot.com/2011/11/romeo-castellucci-et-la-merde.html

samedi 19 novembre 2011

La foi véritable

Blondin

Jean-François Gravelet (1824-1897), plus connu sur le nom de Blondin, était un équilibriste et acrobate très connu. Il s’est surtout rendu célèbre pour ses nombreuses traversées au-dessus des chutes du Niagara. Il accomplissait cet exploit sur une corde de 335 mètres de long, tendue à 50 mètres de haut au-dessus des chutes. Des foules venaient l’admirer. Il commençait d’une façon relativement simple en se servant d’une perche qui l’aidait à se tenir en équilibre. Puis il jetait sa perche et commençait à stupéfier son public. Un jour, en 1860, des membres de la famille royale d’Angleterre sont venus avec des invités pour admirer ses prouesses. Il traversa une première fois la corde sur des échasses. Ensuite, il recommença les yeux bandés. Puis il s’arrêta au milieu de la corde et se fit une omelette qu’il mangea. Enfin, il traversa avec une brouette sous les applaudissements de la foule. Il recommença avec un sac de pommes de terre dans la brouette sous les cris délirants de la même foule. Après tout cela, il s’approcha de la famille royale et posa cette question au Duc de Newcastle : « Pensez-vous que je sois capable de faire traverser un homme dans cette brouette ? »

« Oui », dit le Duc.

« Montez ! » répliqua Blondin. La foule se fit soudain silencieuse. Mais le Duc refusa de relever le défi.

« Y a-t-il quelqu’un ici qui pense que je suis capable de le faire ? » reprit Blondin. Personne ne se porta volontaire. Finalement, on vit une vieille dame s’avancer et s’installer dans la brouette. Blondin lui fit faire un aller-retour au-dessus des chutes. Cette vieille dame, c’était sa mère, la seule personne qui avait bien voulu remettre sa vie entre ses mains.

Il en va ainsi de la vraie foi. Elle ne se limite pas à une démarche intellectuelle. Elle implique aussi un engagement concret : celui de nous remettre à Jésus, en toute confiance. Etes-vous prêts à monter "dans la brouette" avec Lui ?

Tiré de Bible Online

samedi 12 novembre 2011

Les sept dernières paroles du Christ

Le dernier testament de Jésus

Tout commence au moment où les soldats romains enfoncent les clous dans les mains et les pieds de ce Juif de 33 ans. Pas de lutte, ni d’injures de sa part, mais une prière : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » N’est-ce pas incroyable ? Jésus, non seulement excuse ses bourreaux, mais demande à Dieu, qu’il nomme « Père », d’écouter une prière de pardon en leur faveur. Pourquoi cette parole ? Parce qu’il n’est pas imaginable de porter atteinte au Fils de Dieu sans être frappé par la désolation. Or, selon la Bible, Jésus est le Fils de Dieu, c’est-à-dire non seulement humain, mais aussi divin. Il s’est lui-même présenté ainsi ; et à cause de cela, on le cloue sur une croix.

Un des deux brigands crucifiés avec Jésus a observé tout cela. Alors que son collègue et la foule injurient Jésus, il comprend que si cet homme a qualité pour obtenir le pardon de ses bourreaux, il peut aussi le sauver, lui, en son extrémité. Alors il crie : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume. » Et la réponse ne se fait pas attendre : « Aujourd’hui tu sera avec moi dans le paradis. » Jésus sait qu’il va entrer dans la présence de Dieu lui-même, et il affirme pouvoir prendre ce brigand avec lui. Fils de Dieu, il se dit aussi Sauveur. Sauveur, même in extremis, de celui qui a gâché sa vie…

Et puis, Jésus aperçoit sa mère, Marie, avec Jean, celui qui a écrit l’Evangile, le disciple « bien-aimé, qui la soutient, même quand les autres disciples ont fui. Jésus dit « Femme, voici ton fils » et « Fils, voici ta mère ». Ainsi il confie sa mère à Jean. Par ces mots, il achève sa mission auprès des hommes. Il ne sera plus un homme apparemment comme les autres. Désormais, il sera médiateur entre Dieu et les êtres humains, y compris sa mère. Mais, au préalable, il prend soin de celle-ci en lui donnant un « autre » fils. Jésus est la compassion même dans la souffrance !

Jésus enfermé dans la malédiction

Puis, Jésus se retire du monde. Il est isolé. La nuit se fait en plein midi, au pays d’Israël ! Plus de lumière, même pour celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde. » Trois heures durant, les ténèbres, cette nuit du jugement, se prolongent. La création est muette, même les injures se sont taries, et l’ange de la mort fait son œuvre.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? » Que se passe-t-il ? En un sens, il est impossible d’imaginer ce que Jésus a ressenti, car aucun  être humain n’a connu cet abandon de Dieu. Si elle n’était éclairée, ailleurs, dans la Bible, cette phrase resterait tout à fait énigmatique. Elle renvoie au jugement que Jésus a subi à la croix. Dieu l’a mis à notre place et l’a frappé pour nos fautes. Jésus est mort en assumant ce que nous devrions endurer. Il a aboli la distance qui s’est creusée entre Dieu et les hommes.

Ainsi, Jésus a été « abandonné » à notre place. Pendant ces instants, Dieu l’a privé de sa présence et de son soutien. En effet, Dieu est saint et ne peut voir le péché, un peu comme nous, mais à un degré infiniment plus faible, nous nous détournons, parfois, de scènes de violence ou d’actes d’injustice qui nous horrifient. La solitude de Jésus a été totale, absolue, effroyable pendant qu’il subissait notre jugement. Il a supporté la malédiction dans un isolement complet. Pourtant son cri n’exprime pas une simple détresse personnelle. Son cri est à la mesure du péché qui l’écrase et témoigne de la parfaite lucidité de Jésus sur son acte.

Le retour vers Dieu

La lumière du jour est revenue. Un temps nouveau et différent commence pour la création. Rien ne sera plus exactement comme avant, car Jésus a assuré notre salut en détruisant la force du péché. Sa mort ne finit pas dans la détresse : elle est signe de sa victoire.

Sa mission accomplie, tout se passe ensuite rapidement. Plus rien ne retient Jésus sur la terre. Aussi dit-il : « J’ai soif ». Cette cinquième parole révèle qu’il a vraiment souffert comme un humain afin de sauver les humains que nous sommes. Il a soif aussi d’être à nouveau auprès du Père avec le brigand qu’il sauve, de rassembler, comme Fils de Dieu, son peuple et de l’unir à lui.

Jésus crie ensuite « Tout est accompli ». Son œuvre sur la croix est parfaite. Il a tout fait pour que le chemin vers Dieu soit ouvert. Tout est accompli pour que l’homme et le monde soient sauvés et que Jésus établisse son règne sur la création entière. Plus de mort, plus d’injustice, plus d’imperfection ! Jésus, le Christ, sera le Seigneur d’un monde totalement nouveau.

Ayant tout mené dans cette perspective, Jésus se remet enfin à Dieu. « Père, entre tes mains je remets mon esprit », telle est la septième et dernière parole de Jésus. Il pousse un cri et meurt en vainqueur. Il est sûr d’être accepté par son Père : Jésus aspire moins à la fin de sa vie humaine qu’à continuer sa vie en Dieu…

Tiré de « Entre ciel et terre : les sept dernières paroles du Christ » de Paul Wells : Editions Contrastes : 1990


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samedi 5 novembre 2011

Une juste estime de soi

Rétrospective

Dans le précédent billet, nous avons vu les dangers d’un message qui tourne autour d’une fausse recherche de l’estime de soi. Faire de soi le centre de sa pensée conduit toujours, d’une manière ou d’une autre, à de tristes déconvenues. Le moi est-il améliorable ? Telle est toute la question qui gravite autour de cette problématique. Oui, disent les psychologues séculiers ! Non, répond la Bible. Est-elle pour autant fataliste, sans solution au problème du penchant mauvais de la nature humaine ? Tout le sens de l’Evangile et de la venue de Jésus-Christ a pour ligne de mire cette question. Si Dieu ne devait recevoir dans son ciel que des gens parfaits, il n’y aurait jamais que Lui. Pourtant, la Bible le promet : de nombreuses personnes, y comprises parmi les pires que la terre aura portées, seront rendues parfaites et passeront l’éternité en compagnie de Dieu. Comment concilier les deux réalités ? Quelle importance la solution biblique a-t-elle sur l’estime de soi ? Perspectives de réponses !

Que faire de soi selon la Bible ?

Eclairé par la Parole de Dieu, je ne peux que témoigner que la personne que je trouve la plus haÏssable au monde est bien… moi. De ce cœur qui m’habite, de l’imagination folle qui, souvent, accapare ma pensée, je dois le dire : les pires vilenies peuvent naître. Le monde qui m’entoure, certes, ne m’aide pas. Produits de l’imagination pervertie d’autres hommes, toutes sortes de spectacles nous sont proposés gratuitement et facilement pour nourrir les côtés les plus impurs et brutaux de notre nature. La société, dit Alexandre Vinet, n'est pas autre chose que l'individu multiplié. Certes, comme dit dans le billet précédent par C.S Lewis, les convenances sont un frein qui bride les élans de la nature. Nous sommes capables des pires choses, mais nous n’avons pas envie que notre voisin le sache. Le diagnostic de Jésus est cependant juste : il n’y a rien qui, de l’extérieur, entrant en l’homme puisse le souiller. La souillure est à l’intérieur. Preuve en est que, vivant dans le même monde que nous, Jésus ne s’est jamais souillé !

Le moi est haïssable, disait Pascal… et pourtant, il est aimé. Aimé de Dieu qui n’avait pas pour objectif, lorsqu’il créa, que l’homme devienne ce qu’il est devenu. Dieu aime donc l’homme, non à cause de ce qu’il est, mais à cause du projet qu’il a pour lui. Ce n’est que lorsque le pécheur que je suis a compris le projet que Dieu avait pour moi (faire de moi une personne à son image, pleine de noblesse) que j’ai pu aussi aimer ma vie. L’estime que j’ai de moi ne dépend plus dès lors des performances dont je suis capable, mais, par la foi, de la vision de ce que Dieu peut réaliser dans ma vie.

Nouveaux fondements

Un des fondements généraux d’une estime correcte de soi vient du sentiment d’utilité que l’on trouve à sa vie. Tous les psychologues le disent : toute personne qui ne sait pas pourquoi elle vit, à quoi elle sert, à une piètre estime d’elle-même. A ce sujet, éclairée par la lumière de Dieu, la vie du croyant est la plus susceptible de développer une estime satisfaisante de soi. Car, dans la communion avec Dieu, le croyant découvre mille et une manière d’être utile aux autres. Il sait de plus que le bien qu’il fait n’est pas de son ressort. Il est le fruit de cette vie nouvelle qu’il a reçu de Dieu, le jour où il a cru au pardon de Dieu par Jésus-Christ pour sa vie. L’estime de soi naît de la redécouverte de sa dignité, dignité que seule la grâce de Dieu peut nous permettre de retrouver.

Certes, la Bible désigne les personnes qui vivent sans Dieu comme des pécheurs. Pécher signifie rater le but, passer à côté de la cible, vivre en-dessous de ce qui est prévu. Mais la Bible ne s’arrête pas à ce vocable. Réconcilié avec Dieu par Jésus-Christ, le pécheur est devenu enfant de Dieu, saint, bien-aimé de Dieu, fils et fille de Dieu… et tant d’autres choses. Lisez la Bible : aucun des termes par lesquels Dieu et Jésus appellent ceux qui croient n’est négatif. Tous témoignent de la grande valeur que Dieu leur donne. A tel point que l’on peut dire que, s’il y a quelqu’un qui se dévalorise, c’est le croyant lui-même, mais jamais son Dieu.

Si l’humilité est de mise dans notre relation avec Dieu, il n’est pas dans la pensée de Dieu que le chrétien se déprécie. L’orgueil, disait un homme de Dieu, est juste un défaut de perspective. L’humilité est naturelle lorsqu’on se trouve à sa place devant Dieu. Jean-Baptiste, qui se refusait à baptiser Jésus en est un bel exemple. Comme lui, il n’y a aucune bataille intérieure avec l’estime de soi pour le chrétien qui sait ce qu’il est, par nature, et qui sait qui est Dieu. Tout est vu, vécu, perçu comme un privilège venant de la grâce de Dieu, non comme un moyen de briller et de se faire valoir à ses propres yeux ou à ceux des autres. Aussi, le chrétien fidèle a-t-il mille raisons, dans sa communion avec Dieu, d’être satisfait. Sa vie n’aura pas été inutile. Il peut, à la fin de sa vie, se retourner et dire avec vérité que, s’il n’avait vécu, il y a une partie du monde qui aurait été pire que ce qu’elle a été. « Il y avait, dit William Kirk Kilpatrick, dans l’univers une place spéciale que lui seul pouvait tenir. »

Pouvez-vous le dire ? Sinon, commencez avec Dieu le chemin là où il commence. En vous courbant devant Lui, en reconnaissant l’échec qu’est votre vie. C’est de cet échec que, par Lui, peut naître un nouveau destin dont la finalité éternelle ne pourra être que la réussite. Lève-toi a souvent dit Jésus à ceux à qui Il tendait la main. Le même ordre nous est donné. Levons-nous ! Cessons de nous apitoyer sur nous-mêmes, de tourner autour de nous-mêmes. Dieu, par Jésus-Christ, nous relève toujours !



samedi 29 octobre 2011

La fausse estime de soi

S’aimer soi-même

« Il est important de s’aimer soi-même ». « Celui qui ne s’aime pas ne peut aimer les autres. » Combien de fois n’avons-nous pas entendu dire comme allant de soi de telles affirmations ? Le message, pensent certains chrétiens, est en accord avec la Bible. Le commandement de l’amour ne prescrit-il pas d’aimer les autres comme soi-même ? La relation entre l’amour du prochain et l’amour de soi est ici évidente, dit-on. En apparence seulement ! L’amour du prochain est bel et bien un élément constitutif de l’Evangile. L’amour de soi est, par contre, le pur produit de la psychologie moderne. L’idée va à l’encontre même du message de Jésus. Cela nécessite cependant quelques explications.

Fausses idées autour du principe

1ère fausse idée : l’homme serait bon…

L’idée qui est autour du principe énoncé est que les gens qui ont conscience de leur valeur personnelle ne ressentent pas le besoin de faire des choses laides ou méchantes envers autrui. Plus votre estime de soi est élevée, plus vous serez sociables, dit-on. Pour vous améliorer, il vous suffit donc de travailler à l’estime de vous-mêmes, l’image que vous avez de vous. Meilleure elle sera à vos yeux, meilleur vous serez dans votre relation avec les autres.

Sans le dire, cette idée repose sur un autre principe contraire à la conception qu’a la Bible de l’homme. L’amélioration de votre être par une meilleure estime de soi repose sur l’idée d’une nature humaine qui serait bonne et qui ne devrait ses carences qu’à l’environnement. La Bible dit quant à elle le contraire : la nature humaine est déviée, perverse, et le fait de s’aimer soi-même ne peut ôter cette inclinaison innée du cœur. Nous devons nous regarder en face pour avoir une juste appréciation de nous-mêmes. Et, pour qui est honnête, l’image n’est pas belle.

2ème fausse idée : le bonheur sans cadre…

La recherche qui est derrière l’idée de l’amélioration de l’estime de soi est celle du bonheur et de l’épanouissement. Cette recherche est légitime, mais elle comporte nécessairement des limites. Il arrive bien souvent que, contre le projet qu’a un enfant de chercher à faire quelque chose qui le satisfasse, les parents doivent intervenir d’autorité pour l’arrêter. Refuser de le faire, c’est ne pas aimer son enfant, mais construire sans doute son malheur futur. Sans boussole, la recherche de la satisfaction de soi, base de l'estime de soi, peut partir dans toutes les directions, les pires comprises.

Là encore, le désir d’être heureux se heurte à l’obstacle déjà cité. Certes, si la nature de l’homme était spontanément altruiste, toute recherche de satisfaction s’inscrirait dans le cadre du bien fait aux autres. Mais la réalité est totalement différente. Nous ne sommes pas par nature altruistes, mais égocentriques. Les autres sont davantage pour nous des objets que nous manipulons et qui servent à nos intérêts que des êtres humains que nous servons. Freud lui-même le disait : l’homme est un loup pour l’homme (la Civilisation et ses mécontents). « Une grande part de la « preuve » de notre bonté est fondée, non pas sur ce que nous faisons véritablement, mais sur ce que nous croyons que les gens devraient faire. Nous sommes tous meilleurs commentateurs que joueurs : William Kirk Kilpatrick. »

3ème fausse idée : nous sommes ce que nous montrons…

L’idée que les gens ont de nous-mêmes n’est que la demi-version de la réalité. L’autre moitié se compose de toutes les choses que nous n’avons pas faites, mais que nous aurions faites si le regard des autres ne nous y empêchait. Le comportement de beaucoup dans l’anonymat d’une grande ville diffère grandement de celui qu’ils ont devant les gens à qui ils sont associés ordinairement. « Tout homme, écrit C.S Lewis, doit vivre selon l’apparence extérieure d’autres hommes : il sait qu’il y a telle chose en lui, qui est encore bien plus basse que son comportement en public le plus négligé, son langage le plus relâché. Et nul autre ne pourrait deviner, combien ces choses sont familières à votre âme, voire de la même nature qu’elle, combien cela forme un tout (C.S Lewis : The Problem of Pain : 1962).

Autrement dit, nous sommes bien plus mauvais que ce que nous montrons. « Méchants comme vous l’êtes, disait Jésus, vous savez pourtant donner de bonnes choses à vos enfants : Matthieu 7,11. » La vérité est là. Notre nature est mauvaise ; ce qui sort de bien de nous est plutôt une exception que la règle. Nos enfants suffisent à le prouver. « S’emparer brusquement de jouets, refuser de partager, frapper la petite sœur et mentir effrontément pour tout couvrir, cela débute suffisamment tôt dans la vie de l’enfant pour laisser supposer que l’imperfection fatale n’est pas imputable à la société mais à la nature : W.K.K. Le côté visible de notre personne n’est que la pointe de l’iceberg. La plus grosse partie est cachée. Nous seuls (et Dieu) la connaissons.

Conclusion :

Je suis conscient que le sujet mériterait d’autres développements. Il n’est qu’une entrée en matière. Dans le prochain article, je m’attacherai à montrer la vision et la raison bibliques que doit avoir le chrétien de l’estime qu’il a de lui-même. Elle seule le libère de cette recherche à laquelle nous invite la psychologie moderne, recherche qui aboutit si vite à l’attention portée à son égo, à l’autosuffisance, à la manipulation ou à l’arrogance.




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samedi 22 octobre 2011

Les anges, agents secrets de Dieu

Leur existence :


Jacob lutte avec l'ange
 Les anges sont un peu les oubliés de la foi. On en parle peu. La Bible atteste cependant leur existence sans équivoque. Les anges sont mentionnés 108 fois dans l’Ancien Testament et 165 dans le Nouveau. Jésus, dit l’Evangile, a été servi par les anges. A plusieurs reprises, des anges sont apparus sous forme humaine ou glorieuse à des hommes de Dieu de la Bible. Billy Graham les appelait les agents secrets de Dieu. La Bible dit qu’ils sont des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère auprès de ceux qui doivent hériter du salut : Hébreux 1,14. Faisons connaissance avec les anges !

La nature des anges :

J’ai rencontré dernièrement un homme qui prétendait être un ange incarné. Une telle chose est-elle possible ? Est-il concevable que votre voisin, ou celui qui habite trois maisons plus loin dans votre rue soit, sous l’habit de l’homme, un ange ? Non ! Pour plusieurs raisons :

a. les anges ne sont pas une race

La Bible parle des anges comme une armée, mais non d’une race. Les anges ne se marient pas et ne peuvent être donnés en mariage. Jésus le dit clairement lorsqu’il parle de la résurrection future : « A la résurrection, les hommes ne prendront ni femmes ni maris, mais ils seront comme les anges dans le ciel : Matthieu 22,30. » Les anges sont donc des créatures asexués. Une autre différence entre les anges et les hommes : les anges ne peuvent mourir. « A la résurrection, ajoute Jésus, les hommes ne pourront plus mourir, parce qu’ils seront semblables aux anges : Luc 20,35-36. » Si quelqu’un de chair et de sang prétend être un ange, il ne peut que se tromper ou être l’objet d’une tromperie.

b. les anges sont des êtres spirituels

La Bible les appelle des « vents » ou des « messagers » : Hébreux 1,7. La définition biblique des anges citée en introduction le souligne : les anges sont des esprits. Parlant du combat qu’il livre pour annoncer l’Evangile, l’apôtre Paul dit qu’il n’a pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les puissances, les autorités, les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans le monde invisible : Ephésiens 6,12. L’apôtre Paul sépare nettement la catégorie des anges de celle des hommes. Les anges ne sont pas faits de chair et de sang.

c. les anges peuvent prendre forme humaine

L’histoire biblique le dit. Les cas sont cependant très rares. La plupart du temps, c’est sous un aspect glorieux et non humain que les anges se sont révélés. La forme humaine qu’ont pu prendre les anges n’a rien à voir avec une incarnation. Les hommes de Dieu qui ont eu le privilège de ce type de visite se sont vite rendu compte de la réalité. Loth qui accueille deux anges à Sodome, venus le prévenir du jugement imminent de la ville, constate leur pouvoir exceptionnel : les anges frappent d’aveuglement la population perverse qui s’était massée pour les violer : Genèse 19,10-11. L’aspect humain que peut revêtir un ange a toujours été transitoire et passager. La forme est semblable à celle d’un homme, mais ils n’en sont pas.

Notons que depuis la venue de Jésus, un tel phénomène n’est plus mentionné. La raison tient sans doute à la venue même du Fils de Dieu sur terre : Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils… : Hébreux 1,1 et 2. Le Fils venu, la révélation close, les anges ne jouent plus le rôle de médiateurs provisoires qu’ils ont tenu dans l’Ancien Testament, entre Dieu et son peuple.

d. les anges sont bons ou mauvais

Les anges ont tous été créés bons, parfaits même. Ils ne le sont pas tous restés. Avant même que le monde soit, une révolte s’est produite dans le monde spirituel. Sous l’instigation de Lucifer, l’ange de lumière, devenu par jalousie envers Dieu, Satan l’adversaire, un bon nombre d’esprits ont déchus et sont devenus des démons. Se sachant condamnés, les démons n’ont qu’un seul but : détruire la création de Dieu, et l’homme en particulier, promis dès l’origine à un destin royal.

L’existence des démons est clairement affirmée dans les Evangiles. Face à la Personne de Jésus, ils ne pouvaient rester masqués. Ils savaient qui Jésus était. Ils craignaient le pouvoir qui était le sien de les jeter dans l’abîme, le lieu de tourments éternels. La Bible nous avertit : les démons n’ont pas seulement le visage de la brutalité ou de la perversité. Ils sont rusés et se travestissent parfois en «serviteurs de Dieu » ou « ministres de la justice » : 2 Corinthiens 11,14-15. Beaucoup de ceux qu’ils ont séduits sont trompés : ils pensent par leur pouvoir servir Dieu, et sont les victimes du diable.

3. La classification des anges

Les anges possèdent une autorité différente les uns des autres. La Bible les désigne sous plusieurs termes :

- les anges ou messagers : Luc 7,24

- les chérubins : Genèse 3,24

- les séraphins : Esaïe 6,2

- les archanges : Jude 9

- les êtres vivants : Apocalypse 4,6-9

- les fils de Dieu : Job 1,6

- les veilleurs : Daniel 4,13

On connaît le nom de certains anges, mandatés pour des missions spéciales : Gabriel, envoyé auprès de Marie, la mère physique de Jésus : Luc 1,26, Michel qui livrera le combat décisif contre Satan et le précipitera définitivement à la fin des temps hors de la sphère céleste : Apoc 12,7-8. La Bible fait mention aussi du nom de certains démons haut placés dans la hiérarchie diabolique : Beelzébul : Matthieu 12,24, Abaddon : Apocalypse 12,11, Légion : Marc 5,9

4. Attitude à l’égard des anges

Les anges ne doivent être ni priés, ni recherchés. La Bible prohibe totalement le culte rendu aux anges : Colossiens 2,18. L’apôtre Jean, qui a reçu la révélation de l’Apocalypse par un ange, fut tenté de se prosterner devant lui. Il fut immédiatement arrêté : Garde–toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu ! : Apocalypse 22,9. A la rigueur, peut-on demander à Dieu, dans une situation de danger, d’envoyer ses anges. Jésus met en garde ceux qui feraient chuter des petits dans la foi suite à un scandale, à cause des anges. Car, dit-il, « leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père : Matthieu 18,10. » Ce seul verset constitue, à mon avis, une base trop mince pour étayer la doctrine d’un ange gardien attribué à chaque croyant.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur les anges. Agents secrets de Dieu, les anges fidèles à Dieu contribuent au maintien du monde. Effacés, ils sont l’exemple même de créatures qui ne cherchent pas à se mettre en avant, mais veulent donner toute la gloire et l’honneur à leur Créateur. Ils nous sont supérieurs en force, sagesse, dignité. Raison de plus en cela de les imiter !

Pour aller plus loin : http://www.info-bible.org/articles/anges.htm

samedi 15 octobre 2011

L'homosexualité : insurmontable ?

Généralités

Les pratiques homosexuelles régulières concernent 5 à 7% de la population, y compris parmi les membres d’églises. On ne naît pas homosexuel, on le devient. Toutefois cela n’émane pas d’un choix personnel conscient.

L’homosexualité s’impose chez la personne concernée vers l’âge de 10-11 ans en moyenne, au travers d’attirances sentimentales et (ou) sexuelles progressives envers les personnes du même sexe qu’elle, exactement de la même manière que ce processus se déroule chez les personnes hétérosexuelles. S’il y a refoulement, les attirances reviendront dangereusement au galop beaucoup plus tard, alors même que la personne est parfois mariée avec enfants.

Distinction

Il est très important de savoir que plusieurs sortes d’homosexualité existent, autant chez les femmes que chez les hommes :

- l’homosexualité accidentelle et subie, liée aux attouchements sexuels d’un tiers

- l’homosexualité passagère, qui ne fait que transiter durant l’adolescence

- l’homosexualité de circonstance, pratiquée dans les lieux où les personnes de sexe opposé ne sont jamais présentes

- l’homosexualité réactionnelle, liée à une épreuve affective brutale

- l’homosexualité refoulée, liée à un déni

- l’homosexualité structurelle, qui s’est installée très tôt dans une vie, et demeure souvent très ancrée dans l’identité entière

- enfin, la bisexualité qui est le fait d’être attiré indifféremment par les hommes ou les femmes

Etapes

Une homosexualité ancrée depuis une longue période dans la vie d’un homme traverse bien souvent les étapes suivantes :

- Homo-carence (manque de sécurité et d’affection masculine) et donc homo-recherche

- Homo-découverte puis homo-attirance

- Homo-compensation, puis homo-sentimentalité

- Homo-fusion puis homosexualité

- Homo-consommation, et bien souvent… homo-consumation

Le même parcours existe chez les femmes, avec souvent comme point de départ un manque de sécurité et d’affection féminine, et parfois masculine.

Jugement

Réduire la personne homosexuelle à sa seule sexualité, c’est comme réduire la personne hétérosexuelle à sa seule sexualité. Une personne hétérosexuelle est d’abord une personne qui aime ; le même comportement existe chez la personne homosexuelle.

Il est donc hors de question pour l’entourage – parents, amis, collègues de travail, chrétiens insérés dans leur église – de rejeter, de brimer, de montrer du doigt la personne homosexuelle, qui est avant tout une personne riche de bien des qualités, et ne pourra jamais être résumée par sa seule sentimentalité et sexualité.

La Bible, dans plusieurs écrits, définit la pratique de l’homosexualité comme un dysfonctionnement parmi d’autres dans la création, et une transgression de la loi divine. Cependant, elle ne rejette aucunement la personne homosexuelle, car l’amour de Dieu s’adresse à toutes ses créatures.

« Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre : Jean 8,7.

Questions

Toute personne ayant de fortes attirances homosexuelles et ayant foi en Dieu se posera des questions difficiles à répondre : que vont devenir ma vie intérieure et mon identité, si je refoule et rejette mes attirances ? Devrai-je rester toute ma vie dans la souffrance au travers d’un célibat et d’une chasteté obligés, ou me forcer à me marier à une personne du sexe opposé pour contenter mon entourage ?

Un début de réponse existe. Il ne s’agira pas de refouler son homosexualité et d’entrer dans le déni, mais tout d’abord d’extérioriser verbalement un vécu intérieur souvent douloureux auprès d’un conseiller qualifié, qui ne jugera aucunement mais accompagnera dans la sérénité et dans le temps.

Chaque accompagnement devra être personnalisé, car il n’y a pas une homosexualité mais des homosexualités. Ainsi, il faudra faire la différence entre le cas d’une homosexualité apparue suite à un viol ou à des attouchements opérés par une personne de même sexe, et celui d’une homosexualité apparue d’une manière progressive au beau milieu d’une enfance sans perturbation apparente.

L’important sera de ne pas exercer de pressions psychologiques ou spirituelles, mais d’aider la personne à se réconcilier avec elle-même, en étant aidée et conseillée (dans le respect de ses décisions, de ses réticences et de son avancement), tant par des accompagnateurs chrétiens que par le Seigneur Jésus lui-même à qui elle aura déjà donné sa vie.

Homosexuel un jour, homosexuel toujours

Ce vieil adage est faux, contrairement aux affirmations de certaines associations influentes. Pour preuve, les nombreuses personnes qui étaient installées dans l’homosexualité depuis de nombreuses années, et qui vivent désormais une hétérosexualité assez sereine. Autre adage qui est un véritable leurre : Dieu m’a créé homosexuel.

La Bible nous appelle à trouver notre véritable identité en Christ, ce qui inclut aussi certains renoncements dans le domaine de la sexualité. Parmi ceux-ci : la fornication, l’adultère, la débauche sexuelle. Le renoncement à la pratique de l’homosexualité en fait aussi partie. Il est certes difficile, mais n’est pas insurmontable pour qui aime vraiment Dieu en premier.

D’autre part, un chrétien affermi peut – s’il le désire ardemment et seulement à cette condition – rentrer volontairement dans un processus de restauration de l’homosexualité vers l’hétérosexualité. Le franchissement de ce processus demande souvent plusieurs années et nécessite l’accompagnement fidèle d’un conseiller qualifié qui ne soit ni un charlatan, ni un intégriste religieux, ni un psychothérapeute reniant la dimension spirituelle de l’être.

Cette restauration peut comporter plus tard des zones fragiles, sensibles, auxquelles il conviendra d’accorder la plus grande importance. Mais la même fragilité, les mêmes faiblesses existent aussi chez beaucoup de personnes hétérosexuelles, qui doivent veiller au grain pour garder le bon cap d’une sentimentalité et d’une sexualité épanouies.

Tiré d’un tract édité par Média-Espérance. Auteur : Philippe Auzenet, fondateur de l’Association OSER EN PARLER, dont le but est d’accompagner les dépendants sexuels, et les personnes en mal-être dans leur sexualité ou leur identité sexuelle. Avec autorisation.

samedi 8 octobre 2011

Fable ou vérité ?

Mythe ou récit historique ?

Toute la foi des chrétiens, nous le savons, repose sur les Evangiles. Les Evangiles n’ont pas été écrits au hasard. L’apôtre Pierre dit que ce n’est pas par une volonté humaine, mais poussés par le Saint-Esprit, l’Esprit de Dieu, que les hommes ont parlé de sa part : 2 Pierre 1,21. Pour qui ne connaît rien de l’Evangile, il faut avouer que, dès le début, il y a de quoi déconcerter. Les faits relatés portent tant la marque de l’inhabituel, du surnaturel et de l’extraordinaire que, très vite, une question légitime se pose : sommes-nous ici face à un récit historique ou un mythe ? La naissance de Jésus d’une vierge, dans une crèche, le chœur d’anges s’adressant aux bergers, l’étoile guidant les mages d’Orient jusque Bethléem : comment croire en la véracité de ces récits ? Ne sommes-nous pas ici, comme dans d’autres récits, dans le domaine du mythe ?

Avant d’apporter les éléments sur lesquels repose la crédibilité des faits relatifs à la vie de Jésus, tels qu’ils nous sont rapportés dans les Evangiles, il serait bon de s’interroger sur ce qu’est un mythe ou une fable. Le mot mythe vient du grec Muthos qui signifie « parole » ou « récit ». Le mythe est un récit qui se veut en quelque sorte fondateur. Même si les éléments dont il est composé sont imaginaires, amplifiés ou inexacts, le but du mythe n’est pas de rendre compte de la réalité, mais de donner un fondement à une croyance, une tradition ou une action. Le mythe se veut explicatif. Il revêt toujours un caractère symbolique. Au vu de cette définition, la question se pose : les Evangiles apportent-ils de Jésus un récit mythique, qui se veut fondateur d’une foi, ou racontent-ils, malgré leur caractère hors du commun, des faits réels ? Sommes-nous avec Jésus dans le symbolique ou dans l’authentique ? Il faut relever que, bien que centrée ici sur Jésus, la question ne se limite pas aux Evangiles. Elle touche à toute la Bible qui, construite sur une même logique, forme un tout inséparable.

Deux arguments irréfutables différencient à jamais les récits bibliques et le témoignage rendu à Jésus du mythe ou de la fable :

1er argument : les témoins oculaires

Alors que l’apôtre Pierre évoque la gloire future de Jésus, il dit : «Nous ne nous sommes pas appuyés sur des histoires habilement inventées, lorsque nous vous avons fait connaître la venue de notre Seigneur Jésus-Christ dans toute sa puissance, mais nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux : 2 Pierre 1,16. » Pierre évoque, pour appuyer ses dires, un événement auquel seuls trois proches de Jésus ont assisté : sa transfiguration soudaine sur une montagne. Trois évangiles sur quatre relatent l’épisode auquel Pierre fait référence. Jean, qui a écrit plus tardivement, n’a pas cru bon de le faire, le fait étant déjà suffisamment connu. Si Pierre évoque la gloire future de Jésus, il n’invente rien. Il ne fait qu’évoquer ce qu’il a vu par anticipation ce jour-là !

Il faut noter ici que ce souci de vérité anime constamment les auteurs de l’Evangile. Luc, particulièrement, tient, avant même d’écrire, à préciser ses intentions. Adressant son évangile à un ami, il l’introduit ainsi : Plusieurs personnes ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont passés parmi nous, d’après les rapports de ceux qui en ont été les témoins oculaires depuis le début et qui sont devenus des serviteurs de la Parole de Dieu. J’ai donc décidé à mon tour de m’informer soigneusement sur tout ce qui est arrivé depuis le commencement, et de te l’exposer par écrit de manière suivie, très honorable Théophile ; ainsi, tu pourras reconnaître l’entière véracité des enseignements que tu as reçus : Luc 1,1 à 4.

Le souci de se rapporter aux témoignages des témoins oculaires de la vie de Jésus ne touche pas seulement aux actes miraculeux dont il est l’auteur. Il concerne aussi l’événement le plus surnaturel de l’Evangile : sa résurrection. Paul le dit aux Corinthiens : « Mes frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée, que vous avez reçue et à laquelle vous demeurez attachés. C’est par elle que vous êtes sauvés si vous la retenez telle que je vous l’ai annoncée ; autrement vous auriez cru en vain. Je vous ai transmis, comme un enseignement de première importance, ce que j’avais moi–même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures ; il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Ecritures. Il est apparu à Pierre, puis aux Douze. Après cela, il a été vu par plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivent encore aujourd’hui – quelques–uns d’entre eux seulement sont morts : 1 Corinthiens 15,1 à 6. »Notons pour conclure ce point que, convaincus de la véracité de ce qu’ils ont vu, la plupart des témoins de l’époque payèrent du prix du martyr leur fidélité au témoignage rendu.

2ème argument : la prophétie

Le témoignage rendu à Jésus possède ici un atout que nul récit mythologique ne peut revendiquer. Jésus, en effet, n’est pas apparu, pour ainsi dire, nu sur la scène de l’histoire, mais habillé, revêtu de tous les vêtements des prophéties antérieures précises annoncées sur lui. Jésus n’est pas un éclair fugace. Il est le soleil qui paraît après l’étoile du matin qui, au milieu de l’obscurité la plus profonde, le précède. Pour qui étudie le sujet, la prophétie biblique ne cesse d’être une cause d’étonnement. Pour plusieurs raisons :

a. sa précision :

Qui dit prophète dit visionnaire. La prophétie étant un art mystérieux, c’est de manière cachée, allusive que ceux que l’on prend pour prophète dans ce monde, tel Nostradamus, s’expriment. Leur prophétie est si vague qu’ils ne courent que peu de risque en les énonçant. On peut en effet toujours alléguer que ce n’est pas le prophète qui s’est trompé, mais ceux qui l’ont interprété.

Il n’en est rien des prophètes bibliques. Leur précision est proprement stupéfiante. Elle dépassement l’entendement. Esaïe annonce ainsi, 8 siècles avant Jésus, qu’il naîtrait d’une jeune fille : Esaïe 7,14. Michée, son contemporain, précise que ce serait à Bethléem : Michée 5,1. Zacharie prédit, 6 siècles avant Jésus, qu’il sera vendu pour trente pièces d’argent : Zacharie 11,12. Des dizaines de prophéties aussi précises émaillent ainsi le texte millénaire de l’Ancien Testament au sujet de Jésus.

b. le caractère révélé de la prophétie

Pierre le dit : la prophétie est comme une lampe qui a brillé dans un lieu obscur jusqu’à ce que la lumière paraisse : 2 Pierre 1,19. L’obscurité à partir de laquelle les prophètes ont parlé ne concernent pas seulement l’époque dans laquelle ils vivaient. Elle touche aussi le bagage de connaissance qu’ils possédaient. Si je vous dis que nous allons vers une dépression économique mondiale, ma parole est certes prophétique. Mais elle ne part pas de l’inconnu. Les feux de l’économie étant tous au rouge, ma prophétie n’est au plus qu’une projection intuitive, un prolongement du présent.

Rien à voir avec la prophétie biblique. C’est par révélation que les prophètes ont reçu leur message qui, la plupart du temps, était une folie pour la raison. Paul dit que la sagesse que les prophètes ont reçue était la sagesse mystérieuse et cachée de Dieu, une sagesse qui échappe au monde. Il s’agit, dit Paul, « de ce que l’œil n’a pas vu et que l’oreille n’a pas entendu, ce que l’esprit humain n’a jamais soupçonné, mais que Dieu tient en réserve pour ceux qui l’aiment : 1 Corinthiens 2,9. Evoquant l’Evangile, l’humaniste Jean-Jacques Rousseau l’avouera lui-même : « Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. Dirons-nous que l’histoire de l’Évangile est inventée à plaisir ? Mon ami, ce n’est pas ainsi qu’on invente, et les faits de Socrate dont personne ne doute sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ. »

Ce n’est pas ainsi que l’on n’invente. Ma conclusion est la même. Bien que tout entier marqué par le surnaturel, il y a tant d’évidence que les faits rapportés par l’Evangile au sujet de Jésus sont réels que l’on ne peut les prendre que d’une manière. C’est ici la Vérité qui nous est dite !