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samedi 10 décembre 2011

Enfants de la crise...

Génération sacrifiée

Né dans une période sombre de l’histoire de son peuple, Daniel, jeune israélite, fut déporté avec beaucoup d’autres par Nabuchodonosor, le roi de Babylone, loin de son pays. Israël vivait dans les faits ce que n’avait cessé de dire les prophètes. Dès l’origine, Dieu avait prévenu ! Si Israël l’abandonnait, il perdrait ce que Dieu lui avait donné : son pays, sa sécurité, sa liberté… Nous ne savons pas quels sentiments habitaient Daniel et ses compagnons lors de cet exil. Leur génération n’était pas responsable du fiasco de la nation. Celui-ci n’était dû qu’aux erreurs commises par les pères. Les pères avaient fauté, mais c’était eux, les fils, qui payaient.

Leur situation me fait penser à la nôtre. La crise actuelle de l’euro n’est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence de l’endettement insensé des Etats dans les dernières décennies… comme si le progrès était un principe intangible. L'optimisme passé était si fort que nos dirigeants actuels constatent, effarés, que rien n'a été prévu dans le traité de Maastricht pour affronter l'éventualité d'une telle crise. La conséquence en est que la décennie qui vient a été qualifiée de décennie perdue. Les perspectives de croissance et de redressement à court terme étant quasi nulles, la récession inévitable, le seul héritage que nous laissons à nos enfants est le salaire de nos erreurs irréparables.

Je ne suis plus à l’âge de la jeunesse et des grands projets. Je me mets cependant à la place de mes fils. Quel message est à même de les stimuler à vivre, entreprendre et espérer dans le climat actuel ? La question vaut la peine d’être posée ! La situation que nous vivons ayant déjà été vécue par Daniel, c’est vers lui que nous allons nous tourner. Car le livre qui le concerne en témoigne : jamais Daniel n’a sombré dans le défaitisme. Au milieu des éléments déchaînés, sa vision de l’histoire lui a permis de rester debout, égal à lui-même. En quoi Daniel croyait-il donc pour faire preuve, en tant de crise, d’une telle force ?

Le Rocher de Daniel

Exilé dans un autre pays, une autre culture, Daniel a su s’adapter sans renier sa foi, ni ses convictions. Il a été aussi loin qu’il était possible dans la soumission aux ordres du roi qui l’avait fait captif sans jamais céder de ce qui était vital et sacré à ses yeux. Daniel nous enseigne que ce qui fait notre force n’est pas lié aux circonstances dans lesquelles nous vivons. Le monde extérieur peut sombrer, les fondements du monde intérieur de Daniel ne bougent pas. La vie de Daniel est ancrée dans des réalités qui ne sont pas de ce monde. Il croit en la souveraineté de Dieu et sait que son destin n’est pas entre les mains des hommes, mais de Dieu, l’Eternel.

La vie ne fut pas pour autant tous les jours faciles pour Daniel. A la cour du roi, il fut exposé aux caprices du souverain. Agité une nuit par un cauchemar, celui-ci convoqua au matin tous les sages du royaume pour qu’ils lui en fournissent l’explication. Problème : Nabuchodonosor ne se souvenait même plus du contenu du rêve. Qui pouvait le lui rappeler et le lui expliquer ? Une sentence de mort fut prononcée contre tous les sages s’ils n’y parvenaient pas.

Daniel l’apprit. Il demanda au chef des gardes un délai. Puis, appelant ses amis, il pria. Dieu se révéla à lui et lui décrit le rêve du roi. Il lui en fournit ensuite l’explication. Daniel sauva sa vie et celle de tous les conseillers du roi. Daniel nous enseigne ici que, quelles que soient les situations, ce n’est pas en nous, mais en Dieu que se trouve la sagesse et le discernement. Le croyant qui connaît Dieu a une intelligence supérieure, non à cause de son QI, mais par le fait qu’il reçoit dans son esprit des lumières qui échappent aux autres. Avec Dieu, Daniel nous apprend que nous ne sommes jamais seuls, jamais livrés à nous-mêmes ou aux autres. Une fois de plus sauvé, Daniel nous livre quelques éléments de sa vision de l’histoire.

Le Maître de l’histoire

Avant qu’il aille livrer au roi la révélation de Dieu, Daniel le remercie. Dans sa prière, il fait part de deux éléments propre à stimuler la confiance de chacun, aux jeunes de notre temps d’abord, en Dieu ;

1. Dieu est Celui qui change les temps et les circonstances : Daniel 2,10

Nous pensons trop que le monde dans lequel nous avons vécu et grandi est immuable. Tant de sécurités nous entourent, tant de facilités font notre confort qu’il ne nous vient jamais à l’idée que tout ceci peut être très provisoire. L’histoire du monde pourtant n’est que la répétition incessante de grandeurs et de déclins. Des empires entiers, dominant un temps le monde, ont disparu, ne laissant comme souvenir aux générations suivantes que des ruines. Babylone, le royaume de Nabuchodonosor, en est un exemple frappant.

La crise par laquelle nous passons devrait nous interpeller à ce sujet. Même si les économistes nous en expliquent les causes, Daniel dit que c’est en réalité Dieu qui change les temps et les circonstances des peuples. Les événements ne se produisent pas par hasard. Leur minutage est coordonné en vue de l’accomplissement des projets de Dieu. L’impuissance dont font preuve nos dirigeants à endiguer la catastrophe le prouve. Ils luttent contre plus fort qu’eux. Au lieu de défendre les acquis du passé, il faut nous préparer à ce qui vient dans l’avenir. Pour le croyant, uns constante ne varie jamais : Dieu sera toujours là au contrôle de la situation.

2. Dieu est celui qui renverse et établit les rois : Daniel 2,10

L’année 2012 sera une année d’élection à bien des endroits. Dans les peuples, la tension est là : qui va s’installer sur le trône du pouvoir ou le siège du président ? Dans d’autres pays, l’aspiration à la liberté et à la démocratie ne s’éteint pas. L’un après l’autre les tyrans s’écroulent sous les coups répétés de la ferveur populaire. Combien de temps les dictatures qui restent vont-elles tenir ?

La vision de Daniel sur l’histoire est toute autre. Si les hommes votent, si les peuples se rebellent, c’est le Trés-Haut qui domine sur le règne des hommes. Il le donne à qui lui plaît. Il peut y élever le plus vil des hommes : Daniel 4,17. Ce qui compte n’est pas le roi lui-même, mais la façon selon laquelle, par lui, le projet de Dieu pour le monde s’accomplit. « Le cœur du roi est un courant d’eau dans la main de l’Eternel, dit le roi Salomon. Il l’incline partout où il veut : Proverbes 21,1. » L’orgueilleux roi Nabuchodonosor, qui devra quitter le pouvoir pour cause de maladie mentale, le reconnaîtra : Je bénis, dit-il, le Très-Haut, je loue et glorifie celui qui est vivant pour toujours, dont la domination durera toujours et dont le règne subsiste de génération en génération. Tous les habitants de la terre comptent pour rien ; il agit comme il lui plaît avec l’armée du ciel et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui lui résiste et lui dise : Que fais-tu ? » : Daniel 4,17

Sommes-nous pour autant livrés à l’arbitraire ? Nullement. La situation d’exil vécue par Daniel nous rappelle que les peuples récoltent ce qu’ils ont semé. En tant que croyants, nous pouvons influer sur la conscience de la nation et militer pour le respect des valeurs affirmées dans la loi de Dieu. La Bible nous ordonne aussi de prier pour les autorités. L’apôtre Paul en fait une priorité. La prière peut faire tomber des rois mauvais et en installer d’autres dans le siège du commandement. Les autorités, certes, sont un pouvoir limité. Mais, ne l’oublions pas, c’est aussi d’elles que dépendent notre tranquillité et notre paix.


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