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samedi 25 juillet 2009

Calvin : 1509 - 2009 (7)

Calvin et Genève

Le lien particulier qui s’établit entre Calvin et Genève est assurément très fort. Il est rare, dans l’histoire européenne, qu’un homme et une communauté aient vécu une expérience aussi intense, une rencontre qu’on ne peut qualifier que de conflit passionnel ou de passion conflictuel. S’il est indubitable que Calvin a créé la Genève réformée, il n’en est pas moins vrai que la ville a fait le réformateur.

Sans lui, en effet, Genève serait restée ce qu’elle était, une république minuscule à cheval entre Berne et la Savoie. Hors de Genève, Calvin aurait été un humaniste évangélique, un savant bibliste de l’université de Bâle. Compte tenu des circonstances historiques, de la situation politique de la région, des équilibres internationaux, Genève n’aurait pas réalisé sa révolution sans la personnalité de Calvin ; mais sans son acharnement à forger les instruments culturels de la révolution, l’avocat Jean Calvin n’aurait pas exprimé toutes les potentialités de sa vocation.

Calvin le pilote…

Animé d’un esprit d’indépendance, la jeune république de Genève se cherche. Les gouvernements municipaux affrontent le pénible devoir de réorganiser toute la vie d’une petite cité et s’en tirent avec beaucoup d’intelligence ; ils ne sont cependant pas en mesure de résoudre le problème de l’identité religieuse et des attentes de la population. Ils peuvent bien reprendre le pouvoir épiscopal dans le domaine juridique et fiscal, reprendre les fonctions de l’évêché en matière d’ordre public, de santé et d’instruction, mais ils ne sont pas capables de remplacer la messe, d’imaginer le culte réformé, de gérer la piété populaire, les sacrements, le mystère de la mort et de l’au-delà.

Tout cela ne peut être fait que par un nouveau personnel qualifié qui remplace le clergé. Dans le rôle entièrement nouveau et mal défini de ministre, les prédicateurs sont donc essentiels à la survie de la cité réformée et indispensables pour piloter la vie religieuse entre deux écueils : d’un côté la nostalgie de la religion catholique traditionnelle, avec son culte des saints et de Marie, sa propension aux miracles, son sentimentalisme ; de l’autre, le radicalisme culturel et social de l’anabaptisme, qui conteste à la racine même le concept de société chrétienne.

Conception calviniste

Pour Calvin, la société chrétienne est un état de fait. Il ne sera jamais anabaptiste. Mais entre le pape, qui revendique sur elle l’autorité absolue, et les Etats réformés (les princes luthériens et les conseils helvétiques) qui prétendent la diriger à la première personne, lui recherche une solution qui garantisse à l’Eglise son indépendance par rapport au pouvoir civil, tout en collaborant étroitement avec ce dernier pour le bien de la société.

Le blason de Calvin – une main tendant un cœur avec la devise " Prompte et sincère " -exprime très clairement son identité ou son projet existentiel : vivre sans réserve dans le don de soi. Durtant les premiers temps de son séjour genevois, d’environ deux ans, Calvin travaille pour conduire la ville à servir son Seigneur avec le même engagement. Le projet échoue du fait d’un cumul de facteurs. Sur le plan subjectif, il faut tenir compte de l’âge du jeune théologien (27 ans). L’intransigeance typique de la jeunesse, son inexpérience sociale, la fréquentation exclusive des milieux académiques font que l’univers du peuple lui est étranger. On y ajoutera un manque absolu de tact et de diplomatie. Ses compagnons de travail, Farel et Couraud, sont de la même trempe, des entêtés fougueux, ce qui suffit à déchaîner les oppositions.

Nous verrons dans le prochain billet en quoi consistera le travail du jeune Calvin à Genève au temps où il fait figure d’assistant de Farel

INFO : Un Message Essentiel, bulletin mensuel d’évangélisation, consacré à Calvin vient de sortir. N’hésitez pas à vous le procurer à l’adresse suivante : http://www.blfeurope.com



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

1 commentaire:

marie a dit…

cher Gilles je te signale que dans le billet de ce matin les mots : particulier et main, soulignés 2 fois ouvrent une fenêtre publicitaire dès que le curseur passe dessus.
Amicalement.
Marie