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samedi 9 juin 2012

Les voies étranges du bien et du mal (2)

Nous avons vu dans le dernier post le paradoxe étrange des voies parallèles que suivent le bien et le mal. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

1ère leçon

La première leçon que je retiens de ce constat est qu’il n’est facile pour personne de distinguer en toutes choses la nature de ce qui se produit. Ronald Dunn qui a perdu un fils par suicide le dit dans son livre remarquable « Quand le ciel est silencieux » : « Le bien et le mal empruntent des voies parallèles et aboutissent souvent ensemble. » Un fait anodin, vécu il y a quelque temps, l’illustre. J’avais placé sur le trottoir qui se situe devant notre lieu de culte un présentoir avec de la littérature et des bibles. Chacun était invité à se servir gratuitement. Un groupe de jeunes garçons turbulents passa et renversa volontairement le présentoir. Il y eut un peu de casse de matériel. Pendant que je ramassais les livres éparpillés, deux jeunes filles s’approchèrent et se mirent à m’aider. Je ne les connaissais pas. Le travail fini, je les remerciai en leur donnant un DVD du film Jésus et un Nouveau Testament qu’elles prirent avec joie. Le bien et le mal avaient emprunté des voies parallèles, certes, sans se toucher, mais dans une proximité et une ressemblance étonnantes.
2ème lecon

La seconde leçon que je retiens de ce constat est que le mal n’est jamais éloigné du bien et vice-versa. La haine, dit-on aussi, est proche de l’amour, comme le verso d’une pièce n’est jamais loin de son recto. Il y a toujours peu de marge ou de distance pour qu’un bien se transforme en mal, s’il n’est pas vécu ou reçu comme il le devrait. Tel homme reçoit un héritage important qui pourrait assurer son avenir, mais il le dilapide de manière insensée. Tel couple commence sur de bonnes bases… jusqu’à ce que l’un trahisse l’autre en le trompant. L’inverse aussi peut se produire. L’histoire de Joseph, trahi et vendu par ses frères en Egypte, l’illustre parfaitement. Devenu, après des années de galère et suite à l’action mystérieuse de Dieu, premier ministre du Pharaon d’Egypte, il sera l’instrument qui sauvera de la famine et de la mort toute sa famille. « Vous aviez médité de me faire du mal, dira-t-il à ses frères. Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux : Genèse 50,20. »

Cette proximité et, parfois, cette ressemblance étrange entre le bien et le mal doivent nous interpeller. Elles nous invitent à deux choses. La première consiste à être vigilant. Le bien ne reste le bien que s’il ne se dénature pas. Dévier une chose de son sens, du but pour laquelle elle a été faite, et le bien se change immédiatement en mal. La seconde consiste à ne jamais désespérer. La Bible est le livre par excellence des échecs transformés en réussite. La croix de Jésus-Christ, crime suprême de l’humanité, en est la plus forte démonstration. Tous, d’une manière ou d’une autre, nous portons la responsabilité de la mort du Fils de Dieu. Car, tous, nous reproduisons les attitudes et nous cultivons les raisons qui ont poussé ceux qui l’ont condamné à l’exécuter. Crime commis par les hommes, la crucifixion de Jésus, son Fils, est cependant le moyen que Dieu utilise pour nous offrir le pardon. Car, au-delà des hommes, c’est de manière volontaire et en accord avec son Père que Jésus meurt en portant lui-même dans son corps le poids de nos fautes. Le paradoxe est si étrange qu’il fera dire, au jour de la Pentecôte, à l’apôtre Pierre dans la même phrase : « Que toute la maison d’Israël le sache : Dieu a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié : Actes 2,36.

Conclusion

La dernière leçon que je retiens de cette proximité du bien et du mal, de la mort et de la vie est qu’il n’est pas nécessaire de courir les mers et les océans pour la connaître. Elle se trouve là dans notre cœur. Ici, au plus profond de chacun, se trouve l’aiguillage qui le mènera dans l’éternité aux antipodes de l’une ou l’autre des destinées qu’il choisira. A la croisée des chemins, il suffit d’un oui ou d’un non prononcé à une certaine heure et à un certain endroit pour que se décide pour toujours un sort définitif.


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