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samedi 5 juillet 2008

L'esprit de la loi

Des bienfaits de la loi !

Nul n’est censé ignorer la loi ! C’est sur cet adage, qui est une fiction juridique, que, de bon droit, les instances chargées de faire respecter l’ordre et de punir les contrevenants s’appuient pour légiférer. Tout le monde le sait : la loi est le rempart de l’ordre. Aussi possède-t-elle un pouvoir autoritaire et contraignant nécessaire à son bon maintien. Définie ainsi, la loi, pense-t-on, ne peut être qu’au service du bien. Elle vise à protéger les citoyens contre les malfaiteurs et à rendre possible, dans les meilleures conditions, la vie sociale. Pas si sûr pour autant. Car ce qui fait que la loi est bonne n’est pas la loi en elle-même, mais bien l’esprit qui l’inspire !

L’esprit de la loi

Les lois nouvelles proposées au vote des instances décisionnelles d’un pays ne sont pas issues du hasard. Elles sont souvent, dans le cas des démocraties, l’aboutissement d’un processus de maturation d’une idée qui, longtemps marginale, s’est petit à petit imposée à la majorité. Cette maturation d'une idée nouvelle n'est elle-même pas non plus le fruit du hasard. Bien des groupes d'influence souterrains travaillent notre société en vue de l'amener à entrer dans le moule de leurs projets. En ce qui concerne les régimes dictatoriaux, l’élaboration de la loi a une motivation encore plus simple : elle est l’outil utilisé par le pouvoir en place pour assurer sa pérennité, un point c’est tout. Ici, l’avis du peuple ou les effets que la loi auront sur lui n’entrent aucunement en considération.

La loi est le révélateur de la nature de l’esprit qui dirige ou domine un peuple en une période donnée. Si en tant que citoyen, nous sommes appelés à obéir à la loi, celle-ci peut poser au chrétien que nous sommes de lourds problèmes de conscience. Pour le chrétien que je suis, en effet, il existe au-dessus de la loi humaine, une autre loi, une loi parfaite qui ne peut muer avec le temps, les modes et les modifications massives qui se produisent dans les consciences : la loi de Dieu. Croire en Dieu implique le fait de croire à une autorité absolue, souveraine, une autorité animée elle aussi d’un Esprit à l’origine de la loi qu’elle édicte.

Combat spirituel

La loi est l’objet d’un combat spirituel. D’un côté se trouve la loi de Dieu, telle qu’elle a été édictée dans la Bible. Elle place Dieu, le respect et l’amour que l’on doit à sa Personne en tête de ses ordonnances, puis le respect et l’amour que l’on doit à son prochain dans sa suite directe. Elle affirme ainsi que l’humanité ne peut pas mieux vivre la dimension horizontale des relations humaines si la dimension verticale de la relation qu’elle a avec Dieu est méprisée ou niée. La simple énumération des dix commandements (voir lien) avec ses préceptes de fidélité conjugale, de respect de la vie, de l’autorité, de la propriété d’autrui, de la parole donnée ; etc… suffit à en témoigner. Plus que la loi de Moïse, les préceptes édictés par Jésus, et l’exemple de sa vie, sont, de l’avis général, les référents moraux les plus hauts qui aient été donnés aux monde.

Rares pourtant ont été les civilisations, même dites chrétiennes, qui se sont inspirées de la loi de Dieu ou de la vie de Jésus. Partout où, cependant, la loi de Dieu a aiguillonné les consciences, des progrès remarquables se sont produits : fin des jeux barbares romains dans les arènes, instruction obligatoire donnée aux enfants, abolition de l’esclavage, naissance des institutions hospitalières, des orphelinats, fermeture des maisons de prostitution, aide aux alcooliques, œuvres innombrables de charité en faveur des plus démunis…

Petit à petit cependant, la loi de Dieu et la référence à l’Evangile ont été mises à mal. La faute première n’en est pas aux athées, à l’humanisme et aux philosophes matérialistes, mais d’abord à l’Eglise qui, la première, en a trahi l’esprit. Devenue scandaleuse par ses excès inexcusables, son amour de l’argent, sa complicité avec les riches et le pouvoir, elle a porté un tort incalculable à la beauté de la loi de Dieu et à l’enseignement du Christ dont elle se réclamait. Les philosophes athées n’ont pas eu besoin de forcer la porte pour achever dans les consciences l’œuvre de destruction du respect de la loi de Dieu : elle était déjà ouverte avec une invitation à entrer !

L’esprit de la loi aujourd’hui

Avec la laïcité, est défini le principe de la séparation des églises et de l’Etat ! Certes ! Rien n’est pour autant résolu ! Car toute loi qui existe doit son existence à une source d’inspiration. La neutralité totale n’existe pas. Les adversaires du christianisme ont beau jeu de dénier à Dieu ou à Jésus tout droit de régenter par leurs préceptes les rapports humains. Si ce n’est eux, ce seront d’autres qui le feront qui s’appellent Marx, Lénine, Hitler pour le passé et, pour le présent…

La loi étant le reflet de l’esprit d’une époque, se pose la question de la nature de l’esprit qui domine l’Occident aujourd’hui ! Quel esprit peut vouloir la mort de millions d’enfants dans le sein de leurs mères, si ce n’est un esprit de mort. Quel esprit se trouve derrière la revendication à l’égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels, sinon un esprit de confusion ! Que esprit s’attaque systématiquement aux repères qui, pendant des siècles, ont balisé le moral et le correct, si ce n’est déjà l’esprit annoncé comme celui qui dominerait le monde dans ses derniers jours, l’esprit de l’antichrist ?

Des méfaits de la loi !

La loi, avons-nous dit, n’est qu’un outil. Elle est comparable à un gant qui, tantôt abrite la main d’un chirurgien pour soigner, tantôt celle d’un meurtrier pour tuer. La loi, en général, suit les désirs de la majorité. Il suffit, comme je l’ai dit, qu’une pratique ou une idée devienne majoritaire pour, bientôt, être légalisée. Ici se pose une rude difficulté pour le croyant. Car si les normes éthiques changent au cours du temps, celles dictées par la loi de Dieu ne varient pas. Du coup, le croyant se trouve être, suivant la situation dans laquelle il se trouve, membre d’une minorité non-conformiste à l’esprit du siècle. De là à ce qu’il croit et défende comme norme pour sa vie devienne illégal ou perçu comme discriminatoire envers d'autres, il n’y a qu’un pas vite franchi.
La Bible nous raconte l’exemple d’un homme qui, en son temps, a fait les frais d’un changement de loi. Il s’appelle Daniel. Déporté à Babylone puis éduqué selon les principes spirituels de cette nation, il refusa de renier la foi qui était celle de ses ancêtres juifs : la foi au Dieu unique et éternel. Apprécié par le roi Darius qui l’éleva au-dessus de tous ses sages, Daniel devint l’objet d’un subtil complot. Ses ennemis ne pouvant l'accuser de forfait directement, ils sollicitèrent le roi afin qu’il édicte une loi interdisant pendant 30 jours à quiconque d’adresser des prières à personne d’autre que lui sous peine d’être jeté dans la fosse aux lions. Le roi ne voyant dans la proposition qui lui était faite qu’une façon de lui rendre un honneur particulier signa le décret. La loi, censée protéger la liberté de tout citoyen, était devenue instrument d'oppression. Or, nous dit la Bible, la loi des Mèdes et des Perses, une fois signée, ne pouvait être abrogée.

Ce qui devait arriver arriva. Daniel fut pris la main dans le sac. Ce qu’il lui était permis de faire la veille devenait, le jour même où la loi entra en vigueur, illégal. L’histoire de Daniel nous avertit du danger que peut représenter la loi pour un croyant lorsque, motivé par des intérêts particuliers, elle sert une catégorie d’idéologues au détriment de ceux qui ne souscrivent pas aux mêmes concepts qu’eux. Au-delà des croyants, parce que la loi sert la majorité ou les idéologues du pouvoir en place, ce sont toutes les minorités qui ont à craindre la loi. Il n’est pas si loin de nous le temps où, sous prétexte de pureté, un pouvoir a ordonné par la loi la radiation entière de minorités qui n’entraient pas dans son optique de la perfection. Daniel, par la grâce et l’intervention de Dieu, s’en sortira; mais tous dans l’histoire n’auront pas la joie de connaître une fin si heureuse !

Le règne messianique

Heureusement pour le monde, le temps des lois injustes ne durera pas. Le prophète Esaïe nous parle dans son livre de la venue du règne messianique. Avant de décrire les conséquences heureuseuses qu'aura, pour la nature et les peuples, le règne futur du Messie (Jésus-Christ), le prophète Esaïe s’attache en premier à identifier la nature de l’Esprit qui l’habitera. L’Esprit de Dieu sera sur Lui, Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de vaillance, Esprit de connaissance et de crainte de Dieu. Les lois édictées en ce temps, souligne le prophète, seront le reflet de l’Esprit qui sera à la tête du gouvernement du monde. Je vous laisse savourer le texte biblique !

Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï–dire.
4 Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.
5 La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins.
6 Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira.
7 La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille.
8 Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.
9 Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.

Il ne se fera ni tort, ni dommage… car la terre sera rempli de la connaissance de l’Eternel. Voilà bien la connaissance, l’influence qui font tant défaut dans notre monde ! Aussi, ne nous étonnons pas si les lois qui incarnent l’esprit qui dirige le monde reflètent parfois si peu le respect, la compassion, la justice, l’équité. Nous comprenons mieux alors le contenu de la prière modèle que Jésus nous a laissé : Notre Père qui est aux cieux, que Ton nom soit sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… Pour le bien de la terre, il en est temps !


P.S : il y a 3 semaines, j’ai écrit un billet intitulé " jusques à quand ? " consacré en partie à Ingrid Bettancourt. Sa reconnaissance spontanée envers Dieu est un puissant témoignage de Son soutien. Relisez l’article à la lumière de sa libération : il prend une dimension d’autant plus solennelle !





Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

5 commentaires:

Cretch a dit…

Bonjour, me revoilà sur votre blog qui, mine de rien, est très intéressant à lire, sans doute à cause de nos différences d'opinions.

Je vous trouve un peu dur avec les lois régissant le royaume de la terre. Mis à part dans des cas spécifiques, il me semblent qu'elles ne sont pas si mal que ça. Si l'on ne prend que les Dix commandements, les 3 premiers sont d'ordre religieux et ne doivent à mon sens pas être appliqués dans des états laïcs. C'est là à mon avis la seule forme d'Etat valable, une théocratie n'étant rien d'autre qu'une forme de dictature.

Par contre, les autres sont "intégrés" dans nos lois, on est puni si on tue ou si on vole, l'adultère est un motif de divorce.

Vous dites que "Rares pourtant ont été les civilisations, même dites chrétiennes, qui se sont inspirées de la loi de Dieu ou de la vie de Jésus." Je ne peux pas être d'accord avec ça, puisque la société occidentale dans son ensemble a une base judéo-chrétienne, certes peut-être pas autant poussée que vous ne le souhaiteriez, mais présente tout de même.

Mais mon interrogation principale est la question des autres types de civilisations, à base non-chrétienne. Leurs codes moraux sont différents, de par leur base religieuse (Chine, pays musulmans). Doit-on les respecter tels qu'ils sont ou au contraire faire tout ce qui est possible pour occidentaliser ces pays? Qu'est-ce qui nous dit que la chrétienté a "tout bon"? Vous aurez remarqué que c'est une question récurrente chez moi ;)

Bonne fin de journée, et merci d'écrire ;)

Ichtus02 a dit…

Bonjour,

Tes (je me permets de te tutoyer) questions sont pertinentes et, si tu les poses, est-ce sans doute du fait que les affirmations générales que je fais sur mon blog ne permettent pas d'aller dans le détail.

Pour ce qui concerne l'Occident, je dirais deux choses qui vont à la fois appuyer ce que j'ai dit et, en me^me temps, appuyer ce que tu as dit :

1. la 1ère est que là où l'Evangile a pénétré en occident, il est indéniable qu'il a apporté avec lui de grands changements. La conscience de l'Occident en a été profondément marqué et bien des pratiques barbares couramment admises ont été vues sous un autre jour et interdites. Cela ne s'est pas fait du jour au lendemain et, surtout, sans que le sang de nombreux chrétiens authentiques n'aient été versés. Donc, c'est vrai, l'Occident a beaucoup hérité du christianisme, même si elle ne sait plus où ne veut plus aujourd'hui admettre que c'est de là que sont sorties les valeurs sur lesquels la civilisation s'est fondée.

2. Il faut aussi reconnaître que très tôt l'Eglise catholique a confisqué la connaissance de l'Evangile. D'où la caricature grotesque qui pendant des siècles en a été l'unique représentation. Pour être juste avec l'histoire, il faut reconnaître que Dieu a toujours suscité des hommes, à la pensée profonde, qui ont maintenu au péril de leurs vies, les valeurs et le message de Jésus transmis par les apôtres.(St Augustin, Tertullien, puis les pré-réformateurs Pierre Valdo, etc...). Tu peux te reporter à mes articles sur l'histoire de l'Eglise sur mon blog. Il a fallu le formidable élan de la Réforme pour briser l'hégémonie du catholicisme et opérer un retour aux sources de la Parole de Dieu. Il est intéressant que, pour la plupart, les pays qui ont embrassé la Réforme n'ont plus connu de guerres (civiles et autres) pendant des siècles et ont été les principaux acteurs de la modernité économique et du développement de la pensée. L'obscurantisme a danvantage marquée les pays qui sont restés fidèloes au catholicisme que ceux qui ont adhéré au protestantisme. D'où la raison de ce que j'ai écrit.

Pour ce qui concerne les pays non-occidentaux, il faut, en comparant, reconnaître que, privés de la lumière de l'Evangile, peu de changements fondamentaux profonds se sont opérés. le système des castes en Inde perdurent depuis des millénaires. les pays musulmans en sont toujours à peu près au même point qu'au temps de Mahomet. Ce n'est qu'en se frottant à l'Occident qu'ils évoluent et que certains osent poser des questions qui effleurent des remises en question.

Ce qui est étonnant est la percée actuelle énorme du christianisme dans ces pays. Je vais en parler prochainement pour la Chine. les pays qui le découvrent découvrent sa beauté, sa modernité, tandis que nous le considérons comme post-moderne. C'est la roue qui tourne. Bien sûr ce que je soutiens ici peut être nuancé. mais dans les lignes forces, je crois que cela correspond à la réalité. je vais prochainement écrire plusieurs billets qui vont développer ces points (ainsi que sur la fiabilité de la transmission de la Bible). Si tu m'accordes un peu de temps, on pourra en reparler plus tard avec les éléments que j'aurai apporté.

Bien amicalement

Tarik's Blog a dit…

Je suis tombé sur votre article en recherchant "esprit de la loi" sur Google. Votre article m'a spécialement intéressé parce qu'il est très proche du point de vue musulman. Suivant vos principes, les musulmanes en France ne devraient pas être empêchée de porter volontairement le hijab. Ma mère étant d'origine Française et catholique me disait que sa grand-mère ne sortait jamais la tète nue dans la rue. En vue de ce qu'est devenue la morale dans la société d'aujourd'hui, ne pensez vous pas que le hijab out un équivalent (peux importe le nom) est indispensable a la protection de la vertue? Cela n'exclue pas le rôle majeure que la foi doit avoir pour se contrôler soi même. Seulement, pensez vous que des tenue indécentes sont sans influence sur l'ensemble de la société. De plus, je ne comprend pas pourquoi il n'existe peu ou pas de coopérations entre les musulmans et chrétiens sur les points ou il y a un accord complet. Exemple: l'avortement, le mariage homosexuel, etc... Pourquoi l'ensemble des chrétiens en France ont-ils une attitude antipathique a l'encontre d'une religion qui a plus de point commun avec le christianisme qu'avec l'athéisme et le libéralisme a outrance qui fini de consumer les sociétés occidentales?

Tarik's Blog a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Ichtus02 a dit…

Bonjour Tarik,

Il est certain que tous ceux qui, su terre, se réfère à Dieu comme autorité souveraine et absolue ont des valeurs communes. je considère avec la Bible que la disparition de la crainte de Dieu dans les esprits est la porte ouverte à toutes les dérives.

Ce qui nous diffère est le contenu, l'identité que nous rattachons à Dieu. Pour nous, chrétiens évangéliques, Dieu porte le visage de Jésus-Christ, qui est un parfait mélange de sainteté (séparation avec le mal) et d'amour (proximité avec les pécheurs que nous sommes tous). Dieu était en Christ prouvant Son amour en donnant sa vie pour notre salut. par Lui, le péché est condamné, le pécheur est grâcie et sauvé.

Dans certains combats à menser, nous nous retrouverons proches. dans d'autres, nous serons peut-être ennemis, la culture musulmane ayant beaucoup de mal avec l'idée de tolérance.

C'est ce que je peux répondre à ton commentaire.