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samedi 30 juillet 2011

Etre quelqu'un

Etre quelqu’un

On a tous besoin d’être quelqu’un. Créé avec, d’une part, une conscience de soi et celle de faire partie d’un ensemble, il n’y a aucune vanité à cela. Le désir d’être quelqu’un vient de la nécessité d’avoir une identité. D’où la souffrance de ceux qui ne savent pas d’où ils viennent, qui sont orphelins ou ont été abandonnés.

A peine sommes-nous venus au monde que le combat pour être quelqu’un commence. Très tôt, le nourrisson veut compter. Il fait tout pour qu’on le considère en tant que personne, dans ses besoins. Avec la fratrie, le besoin d’être quelqu’un s’accentue. L’enfant se met alors à comparer. Qui est le privilégié ? Sur quoi repose l’estime des parents ? Quelle est sa place dans la famille ? Très tôt, sur la base des réponses qu’il se fera, se fonderont l’image et l’estime qu’il a de lui-même.

Les paramètres

Différents paramètres forgent l’opinion que l’on a de soi. Si l’attente, dite ou non-dite, de l’entourage est première, il y a, avec le temps, aussi notre propre ambition. Chacun, disait Blaise Pascal, cherche à avoir des admirateurs, des gens qui font l’éloge de ce que nous sommes. Le fait qu’il y ait un fort décalage entre ce que nous souhaiterions être aux yeux des autres (ou ce qu’ils attendent que nous soyons), et ce que nous sommes, va profondément marquer l’image que nous aurons de nous-mêmes. Plus nous serons réalistes avec nous-mêmes, mieux nous assumerons la réalité de notre identité. Il n’y a rien de pire, de plus ravageur pour la personnalité, que d’être dans le déni de soi ou la mésestime permanente de soi.

Plusieurs éléments psychologiques favorisent une image de soi saine. Contrairement à l’habitude, je pense qu’il est préférable d’utiliser l’adjectif saine plutôt que celui de bonne. Une bonne image de soi suppose une satisfaction de ce que l’on est. Une saine image de soi approche davantage le réalisme et l’objectivité.

Le premier élément est sans nul doute l’amour inconditionnel. L’amour inconditionnel est le fait de signifier à l’autre que notre attitude avec lui n’est pas dépendante des aspects les plus déficients de sa personne. L’enfant a besoin de le savoir, l’adulte, le mari, l’épouse aussi. Le second élément est, à mes yeux, la vérité. Etre vrai, c’est avoir le courage de confronter l’autre à ce qui n’est pas juste, correct, qui porte la marque de l’égoïsme, de l’intérêt dans sa vie. Nous avons besoin d’être aimés, mais aussi d’entendre ce qui est vrai sur nous-mêmes pour être lucide sur ce que nous sommes. Vérité et amour ne s’excluent pas. ils doivent au contraire se combiner. La vérité doit être dite dans l’amour, et l’amour doit obliger à la vérité. Beaucoup d’autres facteurs, derrière ceux-ci, influencent l’opinion que chacun se forge de lui-même : la reconnaissance ou son absence, l’acceptation de ses propres limites, la perception de ses forces, de ce pour quoi nous sommes fait, les réussites, les échecs…

Identité et foi

Si beaucoup luttent avec la question de leur identité, au point parfois de préférer la mort à la vie pour n’avoir pas trouvé la réponse, la foi en Dieu est d’un apport considérable au sujet. Trois affirmations bibliques sont des éléments structurants incomparables ce qui forge l’identité.

1. le concept de la création

Il est le premier élément vital et déterminant quant à la question du « qui suis-je ? » Le seul fait de savoir que mon existence est due au dessein bienveillant d’un Créateur élimine d’emblée un bon nombre d’angoisses existentielles. Privés de ce point de départ, nous sommes livrés aux incertitudes que partage Pascal :

« Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi-même ; je suis dans une ignorance terrible de toutes choses ; je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie même de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle-même, et ne se connaît non plus que le reste.

Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’à un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m’enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour. Tout ce que je connais est que je dois mourir mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter.

Comme je ne sais d’où je viens, aussi je ne sais où je vais ; et je sais seulement qu’en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d’un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces deux conditions je dois être éternellement en partage. Voilà mon état, plein de faiblesse et d’incertitude. Et de tout cela, je conclus que je dois donc passer tous les jours de ma vie sans songer à chercher ce qui doit m’arriver ! »

Pas étonnant, au vu de l’incrédulité massive dont font preuve nos contemporains à l’égard de Dieu, que l’absurdité domine la pensée de notre jeunesse et de la société en général ! Déconnectée de Dieu, la question « qui suis-je ? » reste sans réponse !

2. le concept du péché

La Bible dit que nous sommes tous pécheurs. Après le fait d’être créé à l’image de Dieu, c’est le second élément par lequel elle définit notre identité. Etre pécheur signifie qu’il y en nous un principe de corruption tel que tous nos efforts pour essayer d’être les personnes parfaites que nous aimerions être sont voués à la faillite. Il y a en chacun de nous des éléments détraqués. Que nous le voulions ou non ! La convoitise et l’orgueil dominent notre esprit. Tout tourne essentiellement autour de nous-mêmes, notre satisfaction, notre gloire personnelle. Notre Moi est le centre de notre univers.

Il y a dans le monde ceux qui réussissent et qui sont enviés des autres, et ceux qui ne réussissent pas. Les premiers font semblant d’être heureux, les seconds sont tristes de ne pas pouvoir faire semblant. Il y a enfin tous ceux, en grand nombre, qui souffrent seuls dans leur coin, les blessés de la vie qui n’ont pour nourriture que leur amertume. Tous quelque part vivent avec leur propre Moi au centre, trop envahissant pour être ignoré, trop petit pour les combler.

Le concept du péché est sans nul doute l’aspect de notre identité le plus difficile à admettre. Nous reconnaissons certes des « défauts » ou « des mauvais côtés ». Mais admettre que notre état est irrémédiable, que tout en nous est bon à refaire, à réformer, à reconfigurer nous semble aller au-delà de la réalité. Il est cependant nécessaire d’en être convaincu pour que le 3ème concept, fondateur de notre identité, brille de tous ses feux.

3. le concept de la rédemption

Le concept de la rédemption nous dit que, bien que nous connaissant comme pécheurs, le Dieu Créateur nous aime tant qu’Il a lui-même mis en œuvre un moyen nous permettant d’être racheté. Parce qu’il a comme ambition que nous soyons ses fils et ses filles, Dieu a envoyé dans ce monde Son propre Fils, Jésus-Christ, pour ôter la condamnation qui pèse sur nos vies. Jésus-Christ est l’élément déterminant de la juste compréhension de notre identité. En comprenant qui Il est, nous comprenons à quel point nous sommes aimés. En le voyant mourir pour nous, nous saisissons à quel point le péché, cette nature mauvaise qui nous habite, est exécrable. Impossible à quiconque d’entrer dans le projet de Dieu avec une telle nature.

La résurrection affirme que Jésus a pleinement accompli notre rédemption. La justice de Dieu est satisfaite. Le péché a été expié, ôté. Le pardon et la réconciliation avec Dieu sont offerts gratuitement à tous. Il suffit désormais de les vouloir pour soi. Etant réconcilié avec Dieu, le problème de notre identité est résolu. Nous sommes quelqu’un pour Quelqu’un, et cela pour toujours. Le rejet, la maladie, la mort peuvent croiser notre route. Ils n’ôtent en rien le prix que nous avons aux yeux de Dieu, prix qui est celui du don de Jésus-Christ, Son Fils. Par lui, amour et vérité se sont rencontrés. Amour inconditionnel et vérité toute nue. Dignes d’être haïs, nous sommes aimés au plus haut point !

Qui sommes-nous ? Descartes disait pour y répondre : Je pense, donc je suis. Le chrétien, quant à lui, dit : Il m’aime, donc je suis ! Pouvez-vous le dire aussi ?



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