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samedi 7 mai 2011

Les silences de Dieu

Le silence de Dieu

Jean-Paul Sartre disait : Dieu se tait, donc il n’existe pas pour l’homme. Si la parole de Dieu peut être dérangeante, son silence, pour certains, l’est davantage encore. Le silence de Dieu, à leurs yeux, le rend coupable. Comment Dieu peut-il se taire alors que tant d’horreurs se passent sur notre terre ? Comment peut-il rester muet alors que ceux qui se revendiquent comme étant son peuple sont mis à mal, persécutés, tués dans le monde entier ? Le silence de Dieu justifie l’athéisme des hommes, disait Sartre ! Que dire, que penser du silence de Dieu ?

Tout parle de Lui !

La 1ère chose que la Bible dit est que, sans parole, la perception de qui est Dieu se voit à travers sa création. Le ciel (le cosmos, l’infini) raconte la gloire de Dieu, dit le roi David. Depuis la création, ajoute l’apôtre Paul, les œuvres de Dieu parlent à la pensée et à la conscience des hommes de ses perfections invisibles. Certes, il n’y a là ni parole, ni langage. Mais le sens esthétique, la diversité, l’originalité de chaque création, l’intelligence, l’ordre : tout cela témoigne des attributs du concepteur.

Chacun de nous sait que les mots ne sont pas la seule forme de communication entre les êtres. La musique, la peinture, le mime, des gestes, le comportement, le visage sont autant de révélateurs expressifs de ce qui habite les humains. Dieu a donné dans ses œuvres suffisamment de lumière pour ceux qui veulent le voir, mais aussi assez d’obscurité pour ceux qui ne le veulent pas. Je ne poursuivrai pas ma réflexion sur les autres moyens par lesquels Dieu parle. Un autre article du blog traite le sujet. J’aimerais plutôt revenir sur le silence de Dieu. Il est une réalité biblique comme sa parole. Pour trois raisons, Dieu privilégie par moments le silence à la parole!

Le choix du silence

1. le silence : un cadre

La première raison est que le silence offre souvent le meilleur cadre pour entendre Dieu. Alors que le prophète Elie était sur le mont Horeb, découragé, il eut droit à la visite de Dieu. la Bible raconte qu’un grand violent, suivi d’un puissant tremblement de terre et d’un feu passa devant lui. Mais, dit le texte, Dieu n’était pas dans ces élément puissants et bruyants. Puis Elie entendit un murmure léger, le bruissement du silence. Et il entendit la parole de Dieu.

Nous n’aimons pas, en général, le silence. Nous lui préférons le bruit qui nous empêche de faire silence pour entrer en nous-mêmes. Aucune relation profonde avec Dieu n’est possible sans silence. Jésus l’a dit : « Si tu veux prier, va dans la pièce la plus reculée de ta maison. Là enferme-toi et adresse-toi à ton Père qui est dans le secret… Le silence étant le cadre privilégié de l’écoute de Dieu, Il travaille souvent pour en produire les conditions. Il nous fait sortir de notre train-train quotidien, nous force à l’isolement, nous conduit dans l’échec parfois pour que nous soyons plus réceptifs à sa parole. Dieu aime la joie, pais aussi le silence. Et le silence est le meilleur prélude à la joie qu’il veut nous donner !

2. le silence : un choix

Tout la Bible est l’expression de ce que Dieu a dit durant des siècles. Dieu a parlé de plusieurs reprises et de plusieurs manières, dit un auteur (voir article blog). Cette parole n’a pas été continue. Comme en musique, elle alterne avec des temps de pause, de silence qui lui donne son rythme. Il faut faire remarquer ici que, si Dieu parle, il ne nous dit que ce que nous avons besoin d’entendre, rien de plus. Nous aimerions parfois spéculer sur les silences de Dieu sur certains sujets. Acceptons le fait que, dans sa sagesse, Dieu sait ce qu’il fait. Ce que nous avons de Dieu suffit pour que nous lui fassions confiance au sujet de ce que nous ignorons.

Certains commentateurs hébreux de la genèse ont fait remarquer que le premier mot de la Bible commence par un B : Béréchit = au commencement. Avant le B, il y a le A de Alpha. Or, l’Alpha, c’est Dieu ! Si nous pouvons connaître les choses à partir du B, il y a une partie des choses qui touchent au A que nous ne pourrons jamais connaître. Elles font partie du silence de Dieu, un silence que nous devons respecter, le silence qui exprime et exprimera toujours l’infinie distance qui sépare la créature de son Créateur !

Dieu est un peu (avec tout le respect que je lui dois !) comme la lune. Il a une face lumineuse et une face cachée. Moïse nous précise la raison de cette ambivalence divine : les choses cachées sont à Dieu, les choses révélées sont à nous… pour que nous les mettions en pratique

3. le silence : un signe

Si la Parole de Dieu est, en majorité, signe d’espoir, le silence de Dieu est souvent signe de sa colère ou de son abandon. Dans la période du juge Samuel, la parole de Dieu était rare. C’était le temps où chacun faisait ce qui lui semblait bon… sans se soucier aucunement de ce que Dieu pensait. Si la plupart de nos contemporains n’entendent pas Dieu, la raison principale n’est-elle pas, qu’au fond d’eux-mêmes, ils n’ont aucune envie de l’entendre ?

Après avoir désobéi maintes fois, le roi Saül voulut consulter Dieu. Il utilisa tous les moyens à sa disposition pour cela. Mais Dieu ne répondit pas. Il y a un temps où Dieu parle, et on ne l’écoute pas. On passe allègrement sur ce moment qui nous invite à faire silence. Ce peut être la mort qui frappe de près, une souffrance qui nous déstabilise, quelque chose qui trouble notre paix et notre conscience… Vient le moment où, tout à coup, nous aimerions entendre Dieu… et nous n’entendons rien. Aujourd’hui, si tu entends sa voix, n’endurcis pas ton cœur !

Jamais cependant le silence de Dieu n’aura été plus dramatique dans l’histoire qu’au moment où Jésus est sur la croix. Alors que toute sa vie d’homme, un dialogue ininterrompu animait la relation entre le Père et le Fils (Jésus est appelé la Parole), le silence s’abattit soudain sur lui. Jésus, à la croix, dit Paul, incarne le péché, notre péché. La rupture est consommée. D’où la détresse du Fils se traduisant, face au silence du Père, par ce cri déchirant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M’as-Tu abandonné ? Maltraité, affligé, dit le prophète, il n’a pas ouvert la bouche ; semblable au mouton qu’on mène à l’abattoir, à une brebis muette devant ceux qui le tondent, il n’a pas ouvert la bouche. Le jugement qui devait tomber sur nous, à cause de notre rébellion, est tombé sur lui.

Le silence qui accompagna la mort de Jésus nous rappelle que la détresse la plus grande de l’homme sera de ne plus être au bénéfice d’une seule parole de Dieu. La mort, le lieu de l’éternité sans Dieu, est appelée dans la Bible la demeure du silence : un silence juste interrompu par les pleurs, les cris, le remords rongeur de ceux qui se souviendront de leur folie de ne pas avoir écouté en temps voulu… la parole qui voulait les sauver !

Bons luvres sur le sujet :
- l'exil de la parole : André Neher
- le silence dans la Bible : Luc Pelsy (les cahiers de "Christ seul")


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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