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samedi 31 juillet 2010

Le cas Duch

Le cas Duch

Qui suis-je, moi européen n’ayant jamais vécu dans les conditions d’une dictature pour juger de façon objective l’homme qui, cette semaine, a fait l’objet de la une médiatique : le tortionnaire Duch, responsable de la tristement célèbre prison S-21 où périrent sous la torture, pour un oui ou pour un non, au minima 15 000 cambodgiens au temps du terrible dictateur Kmehr rouge Pol Pot ? Car, comme le dit François Bizot, Directeur de l’Ecole française d’Extrême-Orient, ancienne victime de Duch, « il faut en finir avec cette sécurité qui nous fait mettre les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Et s’imaginer qu’en supprimant les méchants il ne restera que les bons. Ce qui était la démarche exacte des Kmehrs rouges. » A la question de savoir de ce qu’il pense de son bourreau, Bizot répondra : « Quand on prend conscience de cette terrible capacité qui nous habite tous… alors, on prend peur. Et c’est de soi-même qu’on a peur. » François Bizot ira témoigner au procès de Duch, mais pour dire sa conviction : les bourreaux ne sont pas différents de nous. David Chandler, un chercheur australien confirme : « Pour trouver la source du mal mis en œuvre chaque jour à S-21, nous ne devons pas finalement regarder plus loin que nous-mêmes. »

Duch, un autre homme

S’il est difficile pour le commun des mortels de croire qu’un homme comme Duch peut changer radicalement, combien davantage sans doute pour ses victimes. Pourtant, indéniablement, depuis sa conversion à Jésus-Christ, connue et reconnue par tous les médias, Duch n’est plus l’homme du passé. Les témoins de son audition lors de son procès en témoignent largement :

1.       Sur les cinq accusés du procès, Duch est le seul à plaider coupable. Alors que les autres s’enferment dans un mutisme pesant, Duch collabore. « Il s’est montré prêt à répondre aux questions et même à parler des heures, souligne le juge d’instruction Marcel Lemonde, alors que les autres refusent de s’expliquer."

2.       Alors que Ieng Thirith, ministre sous la dictature de Pol Pot, s’en est pris au n°2 du parti encore vivant, disant que « tout ce qui est arrivé est de sa faute », Duch reconnaît l’essentiel des faits, assure l’un de ses deux avocats, Me François Roux. Le témoignage de Nie Dunlop, photographe irlandais, qui a rencontré Duch, par hasard dans un camp d’aide aux réfugiés où il travaillait, le laissera à ce sujet pantois. « Bonjour, lui dira Duch, timide, courtois, je travaille dans le camp de réfugiés et je suis un enfant de Dieu. » A la question de savoir ce qu’est sa vie, Duch répondra : « Trois choses : mon travail, ma volonté de construire des écoles pour des enfants, et surtout Dieu. » Puis il confessera : « J’ai fait de très mauvaises choses auparavant dans ma vie. Maintenant est venue l’heure des représailles. Mon unique faute est de ne pas avoir servi Dieu. J’ai servi les hommes, j’ai servi le communisme. » Entendant l'Evangile parlant de l'offre de la grâce de Dieu faite en Jésus-Christ pour le pardon de nos fautes, Duch a saisi, avec d'autres anciens khmers rouges, que le sang versé par Jésus-Christ suffisait devant Dieu pour effacer le sang des crimes qu'il avait commis. Grâce incroyable et si merveilleuse, comme le dit le chant Amazing grace !

 
3.       En 2008, lors d’une reconstitution judiciaire à Tuo Sleng, l’ancien bourreau a versé des larmes. Duch s’est alors adressé aux trois survivants de S-21 présents : « Je vous demande pardon, a-t-il dit. Je ne vous demande pas de me pardonner maintenant, mais de laisser la porte ouverte. » « Ce sont des paroles que j’attendais depuis trente ans, je suis en paix maintenant, a répondu Chum Mey, supplicié pendant deux ans à Tuol Sleng.

4.       S’exprimant devant la Cour au sujet de la sentence qu’elle doit prononcer à son sujet, Duch a déclaré : « S’il y a une tradition cambodgienne, comme il en a existé dans le passé lorsque des gens ont jeté des pierres sur le Christ jusqu’à la mort, les Cambodgiens peuvent me faire cela. Je l’accepterai. J’accepterai tous les jugements qui seront décidés par cette chambre du Tribunal, le jugement pour mon rôle en tant que président de S-21, et pour tous les crimes commis là-bas… Je suis humble devant le peuple cambodgien. J’accepte tous ces crimes et je voudrais que le peuple cambodgien me condamne au plus strict niveau de punition. »

L’homme : un gant qu’une main habite…

Le cas déconcertant de Duch nous en apprend plus sur l’homme que toutes les théories édictées par les philosophes. La première vérité qu’il nous enseigne est que l’homme n’est souvent que le produit de ce qui le domine ou le manipule dans ses pensées. Nous sommes comme un gant qu’une main habite : soit la main d’un criminel qui détruit, soit celle du chirurgien qui sauve. Nous pouvons, à juste titre, être horrifiés par les crimes commis dans la prison S-21. Ils témoignent que, sous l’emprise d’une idéologie mensongère, nous sommes, en toute bonne conscience, capables du pire. Duch nous avertit des effets effrayants et effarants que peut exercer le mensonge sur nos esprits. Duch, dit-il, ne faisait qu’obéir aux ordres : une servilité dont, sous des formes bien plus douces, font aujourd’hui preuve tant de nos contemporains. Qu’en sera-t-il d’eux au jour où, comme il en a été pour Duch, la séduction idéologique toute puissante frappera à leurs portes. Oui ! Nous sommes tous des Duch potentiels.

Duch est l’illustration poignante d’un propos de Jésus. « Lorsqu’un homme fort et bien armé garde sa propriété, ses biens sont en sécurité. Mais si un plus fort que lui survient et le bat, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se fiait, et il peut distribuer le butin. » Jésus est l’homme fort qui est entré dans le for intérieur de Duch et qui a jeté dehors l’ancien maître qui s’y trouvait. Il est le seul qui avait le pouvoir de le faire. Duch, depuis, n’est plus le serviteur de l’indicible horreur. Il est le moyen par lequel Dieu témoigne du pouvoir qu’a sa grâce pour transformer un homme. S’il y a un espoir pour notre temps, c’est dans l’histoire incroyable de Duch qu’il se montre !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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