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samedi 31 octobre 2009

Calvin : 1509 - 2009 (10)



Retour à Genève


De retour à Genève, Calvin reprend son activité au point même où il l’avait laissé. Dans son premier sermon, il ne fait pas la moindre allusion au passé et poursuit très simplement la méditation sur le texte là où il s’était arrêté trois ans plus tôt. Il observe la même attitude à la présidence de la commission de pasteurs et conseillers chargés de rédiger le nouveau règlement religieux de la ville.

Organisation de la Réforme calviniste

C’est pendant les 23 ans de son second séjour à Genève que Calvin travaillera à organiser les Eglises réformées sur tous les plans :


1. Doctrine : la doctrine calviniste se distingue par son biblicisme et sa logique. Toute la théologie est basée sur la révélation de Dieu, dans l’Ecriture. lL souci fondamental de Calvin est de rendre à Dieu la gloire qui Lui est due. Calvin exalte la souveraineté de Dieu, son honneur. Il croit à la double prédestination des élus et des réprouvés, et en conséquence, il insiste sur l’assurance que le racheté peut avoir de son salut, tout entier dû à la grâce de Dieu. Calvin voit dans les sacrements les signes visibles d’une grâce invisible, mais réelle. Pour lui le Christ est présent, non pas matériellement, mais spirituellement dans la communion.



2. Les ministères. Calvin abolit l’épiscopat, et plus encore que Luther, il diminua la distance qui sépare le clergé des laïques. Les pasteurs sont chargés de la prédication et de l’administration des sacrements (Cène et baptême). Ils sont consacrés par leurs collègues et n’ont pas de supérieurs hiérarchiques. Les docteurs doivent instruire les enfants. Les anciens veillent à la discipline de l’Eglise. Les diacres s’occupent des pauvres et des malades.


3. Discipline. Relation avec l’Etat. Calvin était très désireux d’établir une discipline morale stricte dans l’Eglise. Il fit établir à cet effet une commission de 18 laïques et de 6 ecclésiastiques, appelée le Consistoire.. le Consistoire réprimandait les membres indignes et excommuniait les impénitents. Cette organisation donnait à l’Eglise une autorité indépendante de l’Etat. Calvin veut l’union de l’Eglise et de l’Etat, sans confusion, sans théocratie et surtout sans césaro-papisme. L’Etat doit protéger la prédication de l’Evangile, mais il n’a pas à donner d’ordre à l’Eglise. L’Eglise, de son côté, n’a pas à se mêler des affaires temporelles de l’Etat.


4. Le culte. La liturgie de l’Eglise de Genève imite celle de Strasbourg. Elle s’est maintenue presque sans changement dans les Eglises Réformées de France. Elle se distingue par sa gravité et sa simplicité. Le psautier de Strasbourg, corrigé et enrichi par Clément Marot sert de livres de cantiques. Calvin supprima presque toutes les fêtes catholiques. En revanche, il insistait avec force sur l’observation du dimanche.


Conflits

La ville de Genève où les gens frivoles étaient nombreux eut de la peine à accepter la discipline de Calvin. Aussi les conflits furent-ils nombreux. Tantôt il fallait éviter que des hérétiques propagent leurs doctrines, tantôt il fallait s’opposer aux initiatives du Conseil de la ville qui empiétait sur les prérogatives du Consistoire. Calvin tint bon, non sans difficultés. Pour finir, les partisans de la frivolité fomentèrent une émeute qui acheva de les discréditer. Leurs chefs furent exécutés ou bannis.


Le triomphe



Dès lors, Genève devint la ville modèle que Calvin désirait. Les dernières années du réformateur furent fécondes. En 1559, il publia la dernière édition latine, considérablement augmentée de son Institution chrétienne. Il fonda la même année le Collège et l’Académie avec un programme gradué très remarquable pour l’époque. il réunit pour leur création les sommes nécessaires par souscription. Le peuple entier y contribua. Le libraire Henri Estienne (éditeur de plusieurs ouvrages de Calvin) souscrivit 312 florins. Une modeste boulangère appelée Genon apporta 5 sols. Dès 1541, Calvin avait fait appeler pour enseigner son vénéré maître Mathurin Cordier. En 1559, pour diriger l’Académie, il fit venir Théodore de Bèze.


Vers Genève afflua alors la jeunesse studieuse du monde réformé. C’est là que venaient se former les futurs pasteurs des églises françaises. A la mort de Calvin, le Collège comptait 1 500 élèves.



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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