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samedi 27 juin 2009

Calvin : 1509 - 2009 (6)

Détour par l’Italie

Calvin désirait beaucoup voir l’Italie. Rappelons-nous que nous sommes à l’époque de la Renaissance et que c’est d’Italie qu’est venu le mouvement qui amorça les grands changements qui s’opéraient, entre autres dans les arts, en France. Une princesse d’origine française, Renée, duchesse de Ferrare, ville de naissance du bouillant Savonarole, qui avait fait trembler le royaume par ses prédications quelques décennies auparavant, était gagnée à l’Evangile depuis un certain temps déjà. Elle l’accueillit avec bienveillance et lui offrit l’hospitalité. Dans la suite, elle le considéra comme son conducteur spirituel. Mais le Duc était ennemi de " l’hérésie " et Calvin dut partir. Il passa par Aoste, le Saint-Bernard et arriva dans la ville de Genève où il pensait seulement passer une nuit et gagner ensuite Bâle.

Calvin rencontre Farel

Un réfugié huguenot le reconnut et signala sa présence à Guillaume Farel. Originaire de Gap, Farel est l’une des personnalités les plus fascinantes de la réforme francophone. Arrivé à Paris pour ses études, le jeune homme fit partie de l’équipe réformiste de l’évêque Briçonnet à Meaux. Passé dans le camp évangélique, il travailla d’abord en Guyenne, puis à Bâle et à Montbéliard. Sorte d’apôtre Paulo, il prêcha ensuite à Neuchâtel, qui adopta la Réforme, puis dans le Piémont et, enfin, à genève où sa fougue de prédicateur conduisit la ville à adopter la nouvelle foi en 1535.

Pour Farel, l’arrivée de Calvin à Genève ne relevait en rien du hasard. Il y vit au contraire une indication de Dieu. Après une vive discussion avec lui, Farel persuada Calvin d’arrêter là son voyage et de renoncer à ses études pour l’aider dans le travail qu’il avait entrepris. Se souvenant de cet épisode de nombreuses années plus tard, le réformateur écrira : " Finalement, maître Guillaume Farel me retint à Genève… comme si Dieu eût d’en-haut étendu sa main sur moi pour m’arrêter. "

La République de Genève

Au temps où Calvin arrive à Genève, la ville est en crise. S’étant rangé dans le camp évangélique, comme Zurich et berne, la ville est en état de siège, sous la menace des ducs de Savoie, bien décidés à la ramener sous leur emprise et à la foi catholique. Retranchée sur sa colline derrière des bastions construits à la hâte, privée de ressources, à moitié abandonnée (la messe y est interdite depuis le 10 août 1535), sans écoles, Genève et son gouvernement provisoire voient l’avenir d’un œil sombre. Pour la soutenir sur le plan spirituel, la ville n’a que les prédications de Farel et de ses amis. C’est pourtant en ces mois décisifs de son histoire que la ville va faire preuve de cet esprit d’indépendance et de résistance qui va la caractériser.

Deux décisions majeures sont prises par le peuple, désireux d’affirmer sa liberté, en 1536 :

. la 1ère consiste pour la jeune République à graver sa propre monnaie frappée de la devise " Post tenebras lux " : Après les ténébres, la lumière. La devise, née à Genève, sera ensuite reprise par toute la Réforme protestante. On peut la voir aujourd’hui encore gravée sur le Monument International de la Réformation à Genève et sur le Mémorial des Huguenots à Franschhoeck en Afrique du Sud.

. la seconde sera pour le peuple rassemblé devant la cathédrale le 21 mais 1536 de jurer de vivre selon l’Evangile

C’est dans le but d’atteindre cet objectif que les deux hommes vont désormais unir leurs efforts.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, les Genevois se sont battus pour acquérir leur liberté et choisir la République comme modèle de société. Ensuite Calvin est arrivé et s'est employé à éradiquer toute liberté dans la petite cité lémanique.Interdit les fêtes, la musique, la danse, le droit de penser, le droit de s'exprimer, le droit de contredire calvin, le droit de choisir ses amis, interdit d'être catholique, interdit d'être protestant sans être calviniste, interdit le droit de patiner, de banqueter, de jouer aux cartes,ou d'aller aux étuves en famille, les hommes et les femmes y étant désormais séparés.
Deux seules choses étaient permises : travailler et aller au culte. Pardon :aller au culte n'était pas un droit, c'était une obligation sous peine d'amende. Ò la belle petite "république"... Laissez les Genevois enterrer calvin tranquilles. Qu'il repose en paix à côté de tous les autres apôtres de la violence et de la contraite de son acabit.

Ichtus02 a dit…

Comme je l'ai écrit, l'objectif de Calvin de créer une sorte d'Eglise-cité était sans nul doute une utopie. Il faut cependant retenir que les esprits les plus brillants de l'époque, qui fuyaient les persécutions dues à l'intolérance de Rome, venaient se former à Genève. Et que la cité jouissait alors d'un rayonnement international Preuve que Genève était préférable à tout autre lieu est que Michel Servet lui-même crut y trouver un lieu d'exil (voir billet de novembre n°11)

Autre point : après avoir une première fois chassé Calvin, ce sont les genevois qui, ensuite, l'ont supplié de revenir de Strasbourg où il était. Si vivre sous Calvin était si terrible que cela, on se demande pourquoi !