samedi 8 mai 2010

La crise grecque à la lumière de vieux principes...


N°1 : la Grèce , n°2…

Alors que, à l’heure où j’écris ce texte, l’anarchie et le chaos s’installent en Grèce, et que les bourses européennes s'affolent, la question, angoissante et lancinante, se fait de plus en plus insistante dans la pensée de tous ceux qui, un tant soit peu, réfléchissent à ce que réserve l’avenir : se peut-il que ce que nous voyons en Grèce aujourd’hui soit demain ce qui va se produire au Portugal, puis en Espagne, puis en Finlande… puis en France… puis en Allemagne.

N’étant pas économiste, je me garderai ici de formuler les scénarios possibles du développement de la crise qui, vague après vague, s’attaquent aux fondements de notre stabilité. Un petit tour sur Internet suffit pour constater d’ailleurs que les experts eux-mêmes ne sont pas d’accord. Entre ceux qui se veulent rassurant en tablant sur un taux de croissance futur pour la zone euro et ceux qui, déjà, en annoncent la fin, il y a tant de marges et les arguments se veulent si convaincants d’un côté comme de l’autre que bien malin est celui qui peut prétendre savoir.

Mon propos se situera donc ailleurs, suscité par une parole de Jésus lue récemment dans l’évangile de Luc. Qu’est-ce que l’Evangile a donc à voir avec la crise financière actuelle ? En quoi une parole du Christ, vieille de 2 000 ans, peut-elle être d’actualité en ce qui concerne la tourmente que nous traversons ? Osons regarder !

L’effet domino

Alors que Jésus libérait certains hommes de son temps d’esprits mauvais qui les habitaient, ses adversaires, décidés malgré les évidences de nier l’origine divine de son pouvoir, se mirent à l’accuser d’être de connivence avec le prince des ténèbres. La mauvaise foi n’a pas de fin. La malhonnêteté intellectuelle fermant la porte, de facto, à toute discussion constructive, Jésus, s’il l’avait voulu, aurait pu passer son chemin et laisser ses opposants se débattre eux-mêmes dans l’avenir avec leurs contradictions. Il ne l’a pas fait, préférant les amener à réfléchir sur un principe de bon sens et de logique fondé sur l’observation des faits.

«Tout royaume, dit-il, divisé contre lui-même va à sa ruine ; les maisons y tombent les unes sur les autres. Si Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendrait-il ? »

Si Jésus montre l’absurdité des accusations dressées contre lui, ce qu’il nous faut retenir, et qui concerne de plein fouet le sujet qui nous préoccupe, est le principe que Jésus énonce. Ce que Jésus nous dit ici est simple à comprendre et facilement vérifiable. Jésus affirme ainsi que seule l’unité et la cohésion internes d’un ensemble ou d’un organisme sont en mesure d’en garantir la pérennité. A partir du moment où cette cohésion interne disparaît, il n’y a pratiquement nul besoin de la force d’éléments extérieurs pour que celui-ci s’effondre. La force autodestructrice de la division interne suffit à ce que « les maisons s’écroulent d’elles-mêmes les unes sur les autres. »

Avant même que l’on en parle comme on le fait aujourd’hui, Jésus énonçait le principe de l’effet domino comme cause première de l’effondrement de tout système. Comme la vie et la croissance, la mort et la destruction sont le produit de lois à la fois physiques et morales. Livré à lui-même sur la pente de la division, un système ne peut de fait que périr par implosion. Il y a ici loi de cause à effet, automatisme qui ne peut être enrayé que si une loi plus forte s’y insère.

Si Jésus a raison…

Pour revenir à la crise qui nous concerne, le principe qu’émet Jésus signifie deux choses :

1. Au vu des dissensions qui agitent la Maison Europe aujourd’hui, le scénario inévitable vers lequel nous nous dirigeons est celui de l’implosion. Prisonnier de l’effet domino inhérent à la division interne de l’organisme Europe, nous devons nous attendre, à plus ou moins long terme, que, selon la parole de Jésus, « les maisons qui composent le royaume s’écroulent les unes sur les autres. »

2. Une seule chose peut bloquer la marche en avant du processus : l’intrusion soudaine d’une loi plus forte ayant le pouvoir de l’enrayer. Cette loi plus forte pourrait être la naissance d’une entité qui englobe l’Europe et lui assure en quelque sorte sa sauvegarde. Quelle sera-t-elle ? Comment apparaîtra-t-elle ? Quels en seront les contours ? L’avenir le dira !

Notons pour finir que la Bible parle de manière précise de l’apparition à la fin des temps d’un système économique globalisé ayant à sa tête une sorte de génie perçu par les habitants de la terre comme le sauveur économique du monde. Ce génie est appelé « la bête » ou « l’antichrist. » Insensibles comme nous le sommes en Occident aux lois spirituelles, ils ne peuvent être considérés que comme des fous ceux qui lient les problèmes que nous connaissons à des questions de cet ordre. Pourtant… il est notable que le déclin de l’Occident sur tous les plans suit la parallèle du rejet de ce qui en a constitué l’essor : l’adoption des valeurs issues du christianisme : liberté d’entreprise, normes éthiques, respect de la vie, de la dignité humaine, etc… Après avoir rejeté et crucifié le Christ, il n’aura fallu pas plus d’une génération pour que la nation juive disparaisse. Nous ferions bien de prendre en compte l’avertissement !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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samedi 1 mai 2010

La chèvre de M Seguin : fin

La nuit arrive

Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c’était le soir.

- Déjà ! dit la petite chèvre, et elle s’arrêta fort étonnée.

En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d’un troupeau qu’on ramenait, et se sentit l’âme toute triste… Un gerfaut, qui rentrait, la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit… puis ce fut un hurlement dans la montagne :

- Hou ! Hou !… faisait le loup.

- Reviens ! reviens !… criait la trompe.

Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu’il valait mieux rester. La trompe ne sonnait plus…

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l’ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient. C’était le loup. Enorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu’il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.

- Ah ! ha ! la petite chèvre de M. Seguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d’amadou.

Blanquette se sentit perdue… Alors le monstre s’avança, et les petites cornes entrèrent en danse. Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon cœur ! plus de dix fois, je ne mens pas, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d’une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine… Cela dura toute la nuit…

L’une après l’autre, les étoiles s’éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents… Une lueur pâle parut à l’horizon… Le chant du coq enroué monta d’une métairie.

- Enfin !dit la pauvre bête, qui n’attendait plus que le jour pour mourir, et elle s’allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang…

Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.

Le seul critère fiable d’évaluation d’une vie

Il y a, dans la vie, plusieurs façons de considérer la valeur d’un parcours humain. Pour certains, la valeur d’une vie se juge aux exploits réalisés, aux oeuvres accomplies, à la réussite. Il n’est pas rare que, dans bon nombre d’endroits, soient élevés des mémoriaux pour nous rappeler les victoires militaires, la résistance héroïque, les batailles livrées et gagnées par ceux qui sont les grands noms de l’histoire humaine.

Pleine de sagesse, la Bible nous appelle à juger de la valeur d’une vie sous un seule angle : celui de sa fin. « Souvenez-vous de ceux qui vous ont dirigé, qui vous ont dit la parole de Dieu ; regardez l’issue de leur vie et imitez leur foi : épître aux hébreux, chapitre 13, verset 7.

Nous sommes dans un monde qui se cherche ! Désorientés, déçus, plus que jamais, les foules sont dans l’attente d’un leader, d’un maître à penser qui saura les conduire avec certitude sur les voies de la sécurité, de l’égalité, de la liberté ou de la prospérité. Plusieurs, comme Karl Marx, dans le passé se sont posés ou ont été perçus comme tels. Leur fin a été décevante : ils n’ont pas réalisé les promesses dont ils se disaient les porteurs.

Fin tragique inexorable…

L’histoire de la chèvre de M Seguin est naïve. Dans sa naïveté, elle nous a cependant rappelé quelle était la source première de ce parcours tragique de l’humanité qui, aujourd’hui, touche à sa fin. Il faut en effet faire preuve d’un grand aveuglement pour ne pas constater que, tout doucement, nous allons toucher le fond, nous arrivons au bout. Peut-être certains sont-ils encore dans l’euphorie et l’illusion, comme Blanquette dans sa montagne. Mais la nuit arrive. Le prédateur méchant vient chercher son butin. Il ne fera qu’une bouchée de sa présomptueuse victime.

La source première de tous nos malheurs vient d’une seule et même cause. Elle nous paraît lointaine et sans rapport avec ce que nous vivons. Mais les temps qui viennent, appelés les temps de la fin, vont nous la rappeler de façon cuisante : Cette cause est notre mépris de Dieu, de Son projet pour nous formulé dans Sa Parole. Alors que le monde entier est prêt à basculer dans l’horreur, Sa voix, lointaine, se fait encore entendre. « Reviens, reviens, crie-t-elle. Il n’est pas encore trop tard. Mais l’humanité continue à faire la sourde oreille. Certes, l’angoisse monte parmi les peuples. Mais on ne va pas renier ce qu’on a construit, revenir sur les conquêtes que nous ont acquises notre liberté et notre émancipation de Dieu !

Fin tragique inéluctable ? ?

Alors que personne n’est venu secourir la chèvre de M Seguin, la Bible nous dit qu’un sort autre que la ruine est possible pour chacun, comme pour le monde. Car, un fait qui n’existe pas dans l’histoire racontée par Alphonse Daudet, existe dans la Bible. Si M Seguin est seul, Dieu, notre Créateur, a un Fils. Décidés ensemble à sauver l’humanité, le Fils a été envoyé. Il est venu, s’est fait homme sous la Personne de Jésus-Christ. Ceci dans un seul but : entrer dans l’arène du monde et vaincre notre prédateur. Il a livré ce combat, nous relate la Bible, au péril de sa vie, allant jusqu’à la mort pour nous. Mais trois jours plus tard, Il s’est relevé. Pour tous ceux qui ont cru en Lui, l’horreur s’est alors transformée en joie !

Il y a deux parcours parallèles dans lesquels vous êtes engagés : votre propre destinée et celle du monde. Rien ne garantit pour le second que vous échapperez à l’horreur. La Bible montre que ce n’est que lorsque le monde sera à la limite de l’implosion que Jésus viendra pour établir le Règne de Dieu. Pour ce qui vous concerne cependant, il vous est possible déjà aujourd’hui d’échapper au souffle fétide et aux crocs acérés du prédateur de votre âme. Il vous suffit d’une chose : de reconnaître que votre prétention à la liberté fait de vous, dans les faits, un esclave. Puis, de faire appel à Jésus-Christ, à sa puissance de vie pour vous donner d’être un autre homme, une autre femme que celui ou celle que vous êtes aujourd’hui !

Tout est là, prêt et préparé pour votre salut. A vous de choisir ! Sachez cependant qu’une seule issue de secours existe pour échapper à la mort, l’horreur éternelle : Jésus-Christ !


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samedi 24 avril 2010

La chèvre de M Seguin (5)


Libre = enfin heureuse !

M Seguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour. Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut-il tourné, que la petite s’en alla…

Quand la chèvre arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n’avaient rien vu d’aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu’à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d’or s’ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu’ils pouvaient. Toute la montagne lui fit la fête.

Si notre chèvre était heureuse ! Plus de corde, plus de pieu… rien qui l’empêcha de gambader, de brouter à sa guise… C’est là qu’il y en avait de l’herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes… C’était bien autre chose que le gazon du clos !

La chèvre blanche, à moitié saoûle, se vautrait là-dedans les jambes en l’air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées des châtaignes… Puis, tout à coup elle se redressait d’un bond sur ses pattes. Hop ! la voilà partie, la tête en avant, à travers les maquis et les buissières, tantôt sur un pic, tantôt au fond d’un ravin, là-haut, en bas, partout…On aurait dit qu’il y avait dix chèvres de M. Seguin dans la montagne…

Une fois, s’avançant au bord d’un plateau, une fleur de cytise aux dents, elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Seguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.

- Que c’est petit !dit-elle ; comment ai-je pu tenir là-dedans ?

Pauvrette ! De se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde…

L’euphorie du péché

La désobéissance, la transgression des interdits n’auraient aucun attrait si, dans un premier temps, elles ne procuraient aucune jouissance, aucune euphorie. Pour chacun de nous, dans quelque domaine que ce soit, le fait d’oser franchir le pas qui mène du terrain du bien, du convenu au territoire de l’illicite provoque une excitation due au sentiment de liberté tout neuf qui résulte de l’expérience.

« Enfin, pensons-nous comme la chèvre de M Seguin, je sors du domaine de l’étroit et de l’étriqué. Il y avait à deux pas de moi une telle abondance de plaisirs et l’on voulait m’en priver ! »

Parallèle biblique

Le sentiment éprouvé par la chèvre de M Seguin me rappelle celui vécu par le fils prodigue de l’histoire racontée par Jésus. Se sentant étouffé dans la ferme de son père, celui-ci lui demanda sa part d'héritage. Le père n'était pas mort, mais le fils pensait que vivre près de lui, c’était déjà être mort. Sans dire mot, il prit donc ses cliques et ses claques et quitta la maison… oubliant tout ce que le père avait fait jusqu’alors pour lui. C’est bien connu : nul n’est plus oublieux des bienfaits reçus des autres que celui qui ne pense qu’à lui-même !

Extrait du giron familial, le fils prodigue connut (enfin, c’est ce qu’il pensait) la vraie vie. Beuveries, coucheries avec des prostituées, sorties avec des amis d’un soir, tout n’était que griserie sur griserie. « Si déjà on est sur terre, pensait-il, pourquoi donc ne pas en profiter, brûler la chandelle par les deux bouts : Mangeons et buvons, car demain nous mourrons : telle était sa devise ! »

La mort ne vint pas si vite ! Le lendemain s’avéra être, non pas l’entrée dans le repos éternel, mais celui de la gueule du bois… du porte-monnaie à sec… et de la disparition subite des amis éphémères de la veille….

Par quel bout de la lorgnette regardez-vous la réalité ?

Sans doute savez-vous ce qu’est une paire de jumelles. D’un côté, vous avez des lentilles grossissantes qui vous font voir la réalité des dizaines de fois plus grandes que ce qu’elle est. Si vous regardez par elles, c’est l’effet inverse qui se produit : la réalité est si petite qu’elle vous paraît éloignée de vous d’une distance qui ne vous permet plus de la toucher. Quoi qu’il en soit, quel que soit le côté par lequel vous regardez les choses, les jumelles déforment la réalité.

La liberté sans cadre est une paire de jumelles déformante. D’un côté, elle vous fait croire ce qui est faux. Elle vous fait goûter à une ivresse démesurée qui ne correspond en rien à la réalité. De l’autre, lorsque l’ivresse tombe, la réalité vous paraît soudainement si hors de portée qu’elle vous semble à jamais inaccessible.

La liberté est une arme à double tranchant qui, mal utilisée, finit toujours par blesser celui qui en fait mauvais usage. Est-ce votre cas ? Vous retrouvez-vous au bord de la route de la vie parce que vous vous êtes laissés séduire par les sirènes trompeuses de la liberté ?

La fin de l’histoire approche. Si celle de la chèvre de M Seguin est tragique, une autre issue est possible pour vous. Découvrez-la bientôt

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samedi 17 avril 2010

La chèvre de M. Seguin (4)

L’inconscience de la chèvre de M Seguin

M. Seguin s’apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c’était… Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :

- Ecoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.

- Ah ! mon Dieu !… Elle aussi ! cria M. Seguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle ; puis, s’asseyant dans l’herbe à côté de sa chèvre :

- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !

Et Blanquette répondit :

- Oui, monsieur Seguin.

- Est-ce que l’herbe te manque ici ?

- Oh ! non ! monsieur Seguin.

- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j’allonge la corde ?

- Ce n’est pas la peine, monsieur Seguin.

- Alors, qu’est-ce qu’il te faut ? Qu’est-ce que tu veux ?

- Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.

- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu’il y a le loup dans la montagne… Que feras-tu quand il viendra ?

- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Seguin.

- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m’a mangé des biques autrement encornées que toi… Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l’an dernier ? Une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s’est battue avec le loup toute la nuit… puis le matin, le loup l’a mangée.

La liberté qui mène à la mort !

S’il fallait l’identifier, qui soupçonnerait que ce soit dans le concept de la liberté que se trouve le plus grand danger d’aliénation et de mort pour l’homme ? La liberté n’est-ce pas la fin des entraves, l’envol vers le bien-être, l’épanouissement, l’accomplissement ? M. Seguin, qui sait très bien à quoi va aboutir, pour sa chèvre bien-aimée, cette aspiration à la liberté, a beau la prévenir : elle ne le croit pas et n’en démord pas !

Ils sont légion dans le monde ceux qui, à corps et à cris, se sont faits les apôtres de la libération de l’homme. Nous pouvons penser pêle-mêle aux marxistes, aux féministes, à la génération hippie, promotrice de la libération sexuelle… Que reste-t-il aujourd’hui des promesses dont se voulaient porteurs tous ces grand mouvements ? Le marxisme a-t-il produit une société libre, égalitaire ? Le féminisme, avec l’avortement comme revendication phare, a-t-il amélioré la cohésion du couple, de la famille, de la société ? La libération sexuelle, qui a banalisé la pornographie, le libre échangisme, a-t-elle produit une génération plus heureuse ?

Ils sont légion ceux et celles qui, ayant cru à ces mirages, gisent au bord de la route de la vie, amers, déçus, dépressifs, blessés… quand ce n’est pas morts, suicidés. La cause toute simple de ces lendemains qui déchantent n’est pas à chercher loin. Elle est dans l’oubli de ce dont M Seguin cherche à tout prix à faire prendre conscience à sa chèvre. La vraie liberté, celle qui consiste à faire tout ce que l’on veut sans en souffrir, n’existe pas. Si la chèvre refuse de vivre sous la coupe de M. Seguin, qu’elle perçoit comme l’obstacle majeur à son bonheur, c’est au loup qu’elle devra faire face. Certes, M Seguin tient sa chèvre par une corde. Il cadre et limite sa liberté. Mais l’amour est à la racine de sa motivation pour elle. Autre chose attend la chèvre lorsque, livrée à elle-même, elle devra affronter son ennemi !

Le prédateur des chèvres libérées

Nous devons le savoir : le monde est ainsi fait que la neutralité n’existe pas. Si nous ne voulons pas de Dieu, notre Propriétaire légitime, le Dieu de la Bible, inévitablement nous tomberons sous la coupe du prédateur d’hommes le plus terrible qui soit : le diable. Car, bien qu’invisible, le diable existe. Nous pouvons, comme la chèvre de M Seguin, l’ignorer ou le mépriser : cela ne change rien à la réalité.

Plus encore que l’aspiration à la liberté, il y a une chose qui effare M. Seguin. C’est le refus de sa chèvre d’apprendre de l’expérience et des leçons du passé. Elle n’est pas la première, dit-il, à aspirer à la liberté. De multiples chèvres connues, et bien plus robustes qu’elles, ont voulu suivre ce chemin. Il ne reste plus d’elles qu’un souvenir plein de tristesse.

La constatation de M Seguin vaut aussi pour nous ! Comme la chèvre de M Seguin, chaque génération qui naît est porteuse du même discours. Certes, beaucoup ont précédé cette génération, mais elle n’a rien à apprendre d’eux, de leurs erreurs. Ce qu’ils n’ont pas réussi, elle va l’accomplir. Un jour nouveau va se lever, porteurs de plus de liberté, de bien-être pour chacun…

Ce que nous devons apprendre de l’histoire est que, toujours, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le domaine du monde ne nous appartient pas : il est celui du grand prédateur. Or, celui-ci n’a pas d’amis : nous ne sommes pour lui que des proies qu’ils trompent et avec lesquelles il aime jouer jusqu’au moment où il leur porte le coup fatal.

Appel

Ecoutons les enseignements du Propriétaire. Il a de l’expérience. Il connaît « les chèvres » depuis le début. Il en a vu des milliers courir à leur perte, malgré les avertissements qu’il leur avait donné. Moi qui vit dans son enclos, attaché par la corde de ses commandements, je vous le dis : c’est ici que se trouve la vraie liberté, la vrais satisfaction. Ne croyez pas aux mensonges de votre cœur qui vous abuse. Le loup est tapi à la porte de la sortie de l’enclos prêt à vous dévorer !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 10 avril 2010

La chèvre de M Seguin (3)

Le mal de la chèvre de M Seguin !


Un jour, elle se dit en regardant la montagne :

- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !… C’est bon pour l’âne ou pour le bœuf de brouter dans un clos !… Les chèvres, il leur faut du large.

A partir de ce moment, l’herbe du clos lui parut fade. L’ennui lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare. C’était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte, en faisant Mê !… tristement.

Le mal qui ronge le monde

Le mal qui ronge l’intérieur de la chèvre de M Seguin est bien connu de la Bible. Il est celui qu’elle dénonce également comme l’origine de tous les maux qui, par lui, sont entrés dans l’humanité. Il a pour nom générique la convoitise, ce désir languissant qui nous fait perdre le goût de ce que nous avons pour envier, soupirer après ce que nous n’avons pas… et nous le faire passer comme l’ingrédient indispensable à notre bonheur.

D’où vient la convoitise ? De quel bois ce feu qui, soudain, s’est allumé dans l’humanité, se chauffe-t-il ? Réponse avec le premier texte de la Bible qui traite du sujet, le texte dit de la chute.

La contre-proposition

Nous avons vu que, pour leur bonheur, Dieu avait aménagé un espace idéal à nos premiers parents : un jardin dans lequel poussaient toutes sortes d’arbres bons à manger et à voir. Adam et Eve y étaient ensemble, avec comme seule contrainte un interdit qui avait pour but de mettre à l’épreuve leur liberté.

Nous ne savons pas quels choix auraient fait nos premiers parents s’ils étaient restés seuls dans le jardin. Vint un jour cependant où, sous une forme déguisée, un intrus y pénétra pour leur faire, face à la proposition de Dieu, une offre nouvelle. Prenons le texte tel qu’il nous est rapporté :

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a–t–il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal : La femme vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. : Genèse 3,1 à 6

Essayons de décortiquer les couches de ce fruit de la convoitise qui, tel l’oignon, produit tant de larmes lorsqu’on atteint son cœur !

L’oignon de la convoitise

1ère couche : le doute sur le Propriétaire et sa parole

Le premier mis en cause par l’intrus est Dieu, le Créateur, l’Auteur du projet de bonheur pour l’homme. Ce que l’intrus sème d’abord est le doute sur la parole de Celui-ci. Cette introduction en ouverture du dialogue est un préliminaire. Il a pour but de préparer le terrain à la proposition qui va être faite.

2ème couche : le doute sur le Propriétaire et ses intentions

Nous sommes ici au cœur de ce qui va décider du choix futur d’Eve et d’Adam. Après le doute sur la parole de Dieu, le soupçon se porte sur ses intentions. Dieu sait quelque chose sur ce qui pourrait procurer un bonheur encore plus grand aux hommes, mais il ne le dit pas. Au contraire, Il le cache !

Ce quelque chose de caché est comme la montagne qu’aperçoit la chèvre de M Seguin depuis son enclos. C’est l’inconnu, mais il est porteur de tant de promesses de liberté qu’il suffit, rien qu’à y penser, à faire détester à la chèvre sa condition présente. « Mon maître dit m’aimer, se dit-elle. Mais tout ce qu’il me donne en guise d’amour, c’est une prison dorée. »

Au cœur de toute convoitise se trouve toujours les mêmes éléments : le refus de la limite perçu comme une barrière, un obstacle au bonheur. Les bois auxquels se nourrit le feu de la convoitise portent toujours les mêmes noms. Ils se nomment indépendance, insoumission, autonomie… à l’égard de Dieu d’abord, perçu comme un être étriqué, un tueur de liberté, un gâcheur de fêtes...

3ème couche : l’insatisfaction, le mécontentement

Le feu de la convoitise, c’est le feu de l’envie, de l’insatisfaction, du mécontentement. Comme le feu qui, toujours, a besoin d’aliments, celui en qui il brûle ne dit jamais « Assez » mais « Encore ». Ce feu est également comparé dans la Bible à un ver rongeur, un ver intérieur dont l’action malfaisante a deux effets : le premier est qu’elle rend malade celui en qui il habite, le second est qu’elle ôte de sa bouche la saveur des meilleurs aliments. La chèvre de M Seguin en est le vivant exemple : alors qu’elle n’avait jusqu’alors rien à dire sur la qualité de l’herbe qui était dans son enclos, et qui était sa nourriture, la voici tout à coup qu’elle lui paraît fade, monotone, routinière. "C'est bon pour les aurtres, ces nuls que sont l'âne et le boeuf, de vivre dans un enclos, pas pour une chèvre." Au mépris du propriétaire, la convoitise conduit sa victime au mépris des autres "qui ne comprennent rien à la vie, qui sont nuls..."

Tel le feu qui dit toujours « Encore », la convoitise est le monde du besoin perpétuel de nouveauté, le monde du mécontentement, le monde de l’ennui et de la souffrance. Tout, par manque d’espace, devient alors trop petit, insuffisant, insupportable… Le problème apparaît alors clairement : il se situe non dans le changement des conditions extérieures, identiques à ce qu’elles étaient auparavant, mais intérieures. C’est l’attitude de la chèvre de M Seguin à l’égard de ce qu’elle a qui a changé, non l’enclos dans laquelle elle vit, qui est toujours largement suffisant pour elle et dont l’herbe est toujours aussi verte et fraîche.

La convoitise, c’est la fin du contentement et de la satisfaction. Pire, c’est la porte ouverte au malheur et à la mort…

Suite semaine prochaine !

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samedi 3 avril 2010

La chèvre de M Seguin (2)


Un espace aménagé pour son bonheur

M. Seguin avait derrière sa maison un clos entouré d’aubépines. C’est là qu’il mit la nouvelle pensionnaire. Il l’attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l’herbe de si bon cœur que M. Seguin était ravi.

- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s’ennuiera pas chez moi !

M Seguin se trompait, sa chèvre s’ennuya.

L’espace aménagé de Dieu pour l’homme

Comme M. Seguin pour sa chèvre, la Bible nous montre que, dès l’origine, le souci de Dieu était le bien-être de l’homme. Pour son confort, sa subsistance, sa joie, « l’Eternel Dieu, dit la genèse, planta un jardin en Eden du côté de l’Orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toutes espèces, agréables à voir et bons à manger. » L’espace aménagé par Dieu pour l’homme était totalement adapté à ses besoins et sa condition.

Il se peut qu’une des raisons de l’ennui de la chèvre de M. Seguin était la solitude. Sans doute avait-elle ce qu’il lui fallait, mais elle n’avait pas de vis-à-vis semblable à elle. Tel n’était pas le cas de l’homme. Créé, placé dans le jardin, Dieu remarqua et prit en compte la solitude de l’homme. « Dieu se dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui… L’Eternel Dieu fit alors tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. »

Se réveillant, nous entendons pour la première fois l’homme parler. Du contentement, il passe au ravissement. « Voyant la femme que Dieu lui avait donné, il dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! » Le texte original laisse entendre que nous trouvons ici la première forme de poème de l’humanité. Cette fois-ci, peut-on penser, il ne manque vraiment plus rien à l’homme. Dans les trois aspects de son être, spirituel, psychologique, physique, son bonheur est assuré ! Qu’est-ce donc qui va tout gâcher ? Où va commencer l’ennui ?

La corde

L’enclos aménagé par M Seguin pour sa chèvre était caractérisé par deux limites, imposées à la fois pour son bien, sa protection, mais aussi pour garantir la proximité que le propriétaire voulait avoir avec son animal. Ces deux limites étaient la haie d’aubépines et la corde qui la tenait attachée à un pieu. Il semble qu’à ses débuts, la chèvre ne voyait là rien qui soit une brimade à son bien-être. Mais, soudain, par on ne sait quel procédé mystérieux, l’ennui pénétra en elle (voir texte explicatif semaine prochaine).

Cette corde qui lie la chèvre de M Seguin par un pieu au centre du jardin, nous la retrouvons aussi dans la Bible sous la forme d’un commandement unique donné dès l’origine à l’homme. « L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. »

Si le bonheur de l’homme se trouve dans le cadre d’un espace aménagé, il est, dans la pensée de Dieu, également indissociable d’une liberté contrôlée. Non, il n’est pas possible pour l’homme de jouir pleinement de la vie sans qu’aucune limite n’encadre sa conduite. Si de multiples choses sont sources de bonheur effectives pour l’homme (le jardin était plein d’arbres agréables à voir et bons à manger) il y a clairement des choses qui n’apportent pas la vie, mais la mort. C’est la loi morale, définie par les commandements de Dieu, qui est pour nous la corde qui, dans l’espace aménagé où s’exprime notre liberté, en garantit l’usage pour notre bonheur. Au-delà de son rayon, le danger commence… "L'interdit instaure un espace de liberté et de confiance. Il crée la liberté (finalement illusoire) d'y désobéir et il autorise à manger de tous les autres arbres. En refusant l'interdit, Adam et Eve perdent la véritable liberté et ne répondent plus à la confiance que Dieu leur fait : Michel Sommer."

Toute l’histoire de l’humanité est jalonnée par la volonté humaine de braver les interdits. Par la modification des consciences et du sens des choses, opérée par une mystérieuse influence occulte, la marche humaine vers la transgression de tous les anciens repères est appelée progrès, libération. L’homme, la femme accomplis sont l’homme, la femme libérés auxquels sont opposés les « aliénés », esclaves de leur pudeur ou de leur tabous, prisonniers de leurs craintes et de leur conscience, les « intégristes » « conservateurs » et « fondamentalistes » figés dans leur posture archaïque, arc-boutés sur leurs valeurs dépassées…

Est-ce bien là la vérité ? Les femmes, les hommes libérés présentent-ils le visage d’être réellement épanouis ? Pourquoi donc se déchirent-ils alors autant ? Pourquoi remplissent-ils les cabinets des psychiatres hantés par leur culpabilité ou plongés dans la confusion la plus totale ? Comment se fait-il que, parmi eux, se trouve le plus grand nombre d’enfants traumatisés, déstabilisés détruits, en perte complète de repères et d’identité ? D’où vient-il que beaucoup, ayant brûlé la vie des deux côtés finissent, pour n’avoir pas voulu de la corde de Dieu, au bout de la corde de la mort ?

« Libérons-nous de la chaîne des contraintes morales des commandements de Dieu, pensaient-ils ! Jouissons pleinement de tout ce qui peut satisfaire notre égo ! » Les libérés ont oublié une seule chose : c’est l’application du principe incontournable qui est l’explication du comportement et de l’orientation que prend toute vie. Ce principe est que chacun de nous est esclave de ce qui triomphe de lui. La liberté sans frein mène à la mort ! Seule la liberté contrôlée produit la vie !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 27 mars 2010

La chèvre de M Seguin (1)


La chèvre de M Seguin

C’est à un certain Pierre Gringoire, poète lyrique à Paris que Alphonse Daudet destina, parmi les lettres de son moulin, la fameuse histoire de la chèvre de M Seguin. Dès le début, le but de la morale du récit est défini. Alors que Pierre Gringoire se voit offrir une place de chroniqueur dans un bon journal parisien, celui-ci, sous prétexte de liberté, se permet l’aplomb de refuser. Scandalisé par l’attitude de son ami (fictif ou réel), Daudet lui écrit l’histoire de la chèvre de M Seguin, pour que, face à sa stupidité, celui-ci voit ce que l’on gagne à vouloir vivre libre.

Au-delà de la simple leçon de morale, de nombreux parallèles peuvent être tirés entre l’épopée, les malheurs et la fin tragique de la chèvre de M Seguin et ceux de l’homme. La Bible comme le récit d’Alphonse Daudet mettent en relief les mêmes causes. Regard chrétien sur un récit parabolique dont, la longueur ne le permettant pas, je ciblerai des extraits choisis.

1. L’admiration de M Seguin pour sa chèvre

« Ah ! Gringoire, qu’elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! Qu’elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C’était presque aussi charmant que le cabri d’Esmeralda, tu te rappelles, Gringoire ? – et puis docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre... »

2. La haute opinion que Dieu a de la valeur de la vie humaine


Nous avons toujours l’impression, en pensant à Dieu, qu’il ne doit pas avoir une haute opinion de l’homme ! Détrompons-nous ! Pour Dieu, l’homme est la plus magnifique de ses créatures, son chef d’œuvre. Preuve en est par plusieurs indices qui nous sont donnés dans la Bible.

- Alors que Dieu crée l’univers, le soleil, la lune, les étoiles, la terre, la végétation, les poissons, les oiseaux, portant le regard sur toutes ces œuvres, Il conclut en se disant que tout cela est bon. Mais quand, au 6ème jour, il crée l’homme comme la couronne de sa création, son commentaire va de la satisfaction à l’extase. Dieu vit ce qu’Il avait fait et c’était très bon : Genèse 1,27. La seule présence de l’être humain a suffi pour transformer le qualificatif bon en très bon. S’il y a bien quelqu’un dans l’univers qui a une haute opinion de ce qu’est l’homme, c’est Dieu !

- A deux reprises au moins, dans ses psaumes, le roi David reviendra sur le sujet :

« Quand je regarde ton ciel, œuvre de tes mains, la lune et les étoiles que tu as mises en place, qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui, qu’est ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à un dieu, tu l’as couronné de gloire et de magnificence, tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds : Psaume 8, 4 à 7 »

« Je te célèbre car j’ai été fait de façon merveilleuse : Psaume 139,13. »

La haute valeur que Dieu donne à l’homme se voit aussi dans les lois qu’Il a prescrit pour sa protection. Aussitôt après le déluge, Dieu institue le ministère de la justice. L’objectif unique de cette institution est la préservation de la valeur de la vie humaine. La peine de mort est la sentence que mérite tout homme qui verse le sang de son prochain.

« Votre sang, qui est votre vie, j’en demanderai compte. J’en demanderai compte à tout animal qui aura tué un homme, comme à un homme qui aura tué son semblable. Je demanderai compte de la vie de l’homme. Celui qui répand le sang de l’homme, c’est par l’homme que son sang doit être répandu. Car l’homme a été fait à la ressemblance de Dieu : Genèse 9,5 et 6

Le premier malheur de ce monde n’est-il pas dans le fait que nous avons perdu le sens élevé de la valeur que le Créateur a donné à la vie humaine, devenue matière marchande, outil de production, amas de cellules dont on peut disposer comme il nous plaît ! Béni soit Dieu pour la valeur que j’ai pour Lui !


Suite semaine prochaine

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 20 mars 2010

Jacques Le-Febvre d'Etaples : un picard trop peu connu... (1)

Un homme trop méconnu

Jacques le-Fèvre d’Etaples devrait, au moins, être connu de tous les protestants français. Il occupe une telle place dans l’histoire de la révolution religieuse qui s’est produite au XVIème siècle qu’il apparaît comme un personnage incontournable. S’il n’est pas compté au nombre des réformateurs, il fût sans conteste l’un de ceux qui, par son influence, leur ouvrit la route.

Portrait

Jacques Le-Febvre naquit en 1455 à Etaples, petit bourg de Picardie. Pour les uns, sa famille était pauvre, pour d’autres aisée. Tous s’accordent à reconnaître cependant en lui, dès l’enfance, une belle intelligence, une âme noble, un cœur droit. Les détails sur ses premières années de vie nous manquent. Nous savons seulement qu’en 1490, il était à Rome où il séjourna jusqu’en 1492. C’est là qu’il étudia à la fois le latin et le grec, ce qui était rare à l’époque.

Le-Febvre s’était voué à l’état ecclésiastique par goût et aussi parce que c’était la seule ressource des roturiers qui désiraient s’instruire. De Rome il alla à Paris, où il fut nommé professeur de philosophie. Un auditoire nombreux se pressa autour de sa chaire, ravi d’entendre un homme qui savait rendre la science aimable et enseigner sans pédanterie. Pour ces raisons, au lieu d’admiration, il dut faire face à l’hostilité de ses collègues qui ne manquèrent pas de lui causer maintes tribulations qu’il supporta avec une patience admirable.

Un érudit

A cette époque, Le-Fèvre était connu sous le nom du docteur d’Étaples, par allusion au lieu de sa naissance. Son érudition était telle qu’il passait alors pour l’homme le plus savant et le plus éclairé de son temps. Le bon roi Louis XII l’honorait de son estime, ainsi que ses courtisans, fiers de posséder à Paris un homme d’un si grand mérite. Il dut à leur admiration de couler, pendant longtemps, des jours heureux, malgré les attaques de ses nombreux ennemis, qui ne lui pardonnaient pas sa gloire. Parmi ceux qui lui montrèrent une grande bienveillance, il faut placer en première ligne Guillaume Briçonnet, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et depuis évêque de Meaux. C’était un homme doux, aimable, pieux mais faible. Il s’attacha à Le-Fèvre et se déclara ouvertement son protecteur. Le prélat devint l’ami du docteur et l’appela dans son diocèse pour y exercer les fonctions de grand vicaire.

Situation religieuse de l’époque

Le-Febvre vivait à une époque où la foi chrétienne s’était perdue. Les prêtres étaient ignorants, les évêques corrompus, le peuple superstitieux, la Bible aussi inconnue que le Coran. A la place de cette belle Église primitive, si sainte, si éclairée, on avait une Église qui ne connaissait, ni le Christ, ni sa parole. Un culte matériel avait remplacé le culte en esprit et en vérité. Au milieu de ces épaisses ténèbres pénétra soudain un brillant rayon de soleil. Le printemps succéda à l’hiver, et l’on vit tout à coup se réveiller, en France, le goût des lettres, des arts et des sciences. L’imprimerie, qui venait d’être découverte, donna une vive impulsion à ce beau mouvement auquel on donna le nom de Renaissance.

Plus, et mieux qu’un autre, Le-Febvre devait se réjouir à la vue de cette jeunesse intelligente, studieuse, avide d’apprendre, et des rangs de laquelle sortirent ces lettrés, ces savants, et ces artistes, qui immortalisèrent le règne de François Ier. Au milieu d’eux, Le-Febvre était comme un père, il encourageait leurs efforts, et quoique très âgé, il était le premier, par le zèle, la science et la piété. Pendant longtemps cependant il ne put faire briller, devant eux, le flambeau de l’Évangile. Pour lui, comme pour tous ses contemporains, la vérité chrétienne était alors un trésor caché. Le-Febvre était donc catholique, un catholique pieux, sincère, droit. Comme il croyait que l’homme se sauve par ses œuvres, il s’efforçait de faire celles dont l’Église romaine fait dépendre le salut : chaque jour il disait dévotement sa messe, récitait les litanies des saints, se soumettait à de longs jeûnes, et s’administrait la discipline.

Tous ces exercices corporels ne lui donnaient pourtant pas la paix. Son cœur était donc plein de tristesse. mais Le-Febvre ne se décourageait pas. Il nourrissait l’espérance que Dieu aurait pitié de lui ; et Dieu, qui se révèle toujours à celui qui le cherche sincèrement, lui répondit. Attirant son regard sur la Bible, il trouva la source où le pécheur puise son salut.



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samedi 13 mars 2010

Dieu existe... et vous le savez !



L’instinct de Dieu

Il ne fait pas de doute que, de nature et d’instinct, les hommes ont en eux le sens du divin. Car, afin que nul ne puisse prétexter l’ignorance, Dieu a imprimé en nous le sentiment de son existence, qu’il nous rappelle sans se lasser. En sorte que, étant tous avertis qu’il y a un Dieu et qu’il nous a créés, notre propre témoignage nous accuse de ne pas l’avoir honoré et de ne pas lui avoir consacré nos vies… C’est Cicéron, un païen, qui dit qu’il n’y a pas de nation si barbare, ni de peuple si sauvage qu’ils n’aient, enracinés en eux, la certitude de l’existence de Dieu… Puisque, depuis le commencement du monde, il ne s’est trouvé aucun pays, aucun foyer sans nulle trace de religion, on voit bien que le sentiment du divin est inscrit dans tous les cœurs.

Absurdité des arguments contre l'existence de Dieu

Il est donc absurde de prétendre, comme le font certains, que la religion a été inventée par l’astuce et la finesse de quelques gens subtils pour exploiter la naïveté du peuple… Il est vrai que des gens fins et rusés ont introduit dans la religion des inventions grossières pour égarer la dévotion des gens simples, leur inspirer de la crainte et les rendre soumis. Mais ils ne seraient pas parvenus à leurs fins si le besoin d’adorer un Dieu n'avait été ancré dans l’esprit des gens… Car il ne s’agit pas d’une doctrine enseignée dans les écoles. Chacun possède cette connaissance dès le ventre de sa mère et, bien que beaucoup d’hommes fassent tous leurs efforts pour l’oublier, leur nature même les en empêche… Il n’y a que la religion qui nous rende supérieurs aux bêtes. C’est par elle que nous aspirons à l’immortalité.

Les vrais causes de l’athéisme

Quoique l’expérience montre qu’il y a une semence de religion dans le cœur de tous les hommes, il s’en trouvera à peine un sur cent qui s’efforcera de la faire germer et ils ne s’en trouvera pas un seul chez qui elle portera du fruit ou même se développera. Les uns se perdent en folles superstitions, les autres se détournent de Dieu de propos délibéré ; tous s’égarent loin de toute véritable connaissance de Dieu, en sorte qu’il ne reste aucune piété réelle dans le monde…

Nous en voyons beaucoup qui, pécheurs, audacieux et endurcis, s’efforcent rageusement de rejeter la pensée de Dieu, que leur instinct naturel ranime sans cesse en eux… Ils ne se soucient de Dieu que s’ils y sont forcés et ne s’approchent de lui que sous la contrainte. Ce qui les pousse alors, ce n’est pas une crainte volontaire inspirée par la majesté de Dieu, mais une peur servile, extorquée par le jugement de Dieu, qu’ils redoutent et haïssent à la fois, sachant qu’ils n’y peuvent échapper…

Ce sentiment de l’existence d’un Dieu, semence inarrachable, est toujours présent, mais cette semence est à ce point corrompue qu’elle ne produit que de mauvais fruits. Ce qui confirme ce que je soutiens : l’idée de Dieu est gravée dans le cœur des hommes, puisque la nécessité contraint les plus mauvais à la manifester. Tant qu’ils ont le vent en poupe, ils plaisantent et se moquent de Dieu, ils jurent, ils bravent son pouvoir ; mais quand le désespoir les presse ils cherchent secours en lui et il leur vient des bribes de prières. Il est bien clair qu’ils n’ignorent pas Dieu, et que ce qui aurait dû se manifester plus tôt a été réprimé par leur rébellion perverse.

Extrait de l’Institution chrétienne de Jean Calvin, réformateur.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 6 mars 2010

Peur de Jésus ? Il n'y a pas de raison !



Drôle de réaction

L’Evangile de Luc nous relate, parmi d’autres, une situation paradoxale qui m’a fait réfléchir. Alors que Jésus a débarrassé les gens d’une région d’un problème récurrent (un démoniaque indomptable qui habitait dans un cimetière), tout ce que les habitants trouvent à répondre pour le remercier est de lui dire de s’en aller. Jésus, apparemment, par le pouvoir dont il a fait preuve, les effrayait plus que le possédé. Jésus n’insistera pas. Pour autant, il ne laissera pas les habitants du lieu sans témoignage. Contre sa volonté, il renverra le possédé désormais libre au milieu d’eux avec une mission : dire à tous ce que Dieu, par Jésus, a fait pour lui. Une mission dont il s’acquittera avec zèle (lire Luc 8,26 à 39).

Parallèle

Il est étonnant de voir à quel point autour de nous le seul nom de Jésus peut faire peur. Pourtant, à l’évidence, les Evangiles sont unanimes : connaître Jésus ne peut apporter qu’un plus dans la vie, une sommes de bienfaits que personne d’autre dans le monde n’est en mesure d’apporter. La crainte qu’inspire Jésus ne peux, par conséquent, provenir que de deux choses :

1. la première est un malentendu sur lui. Je ne sais pas ce que les habitants de la région, de laquelle Jésus a libéré le possédé, se sont mis dans la tête à son sujet. Mais nul doute que leur opinion au sujet de Jésus était fausse. Aussi, vous qui lisez cet article, avant de rejeter Jésus, permettez-moi de vous poser la question : sur quoi repose votre opinion de Jésus ? Sur quoi se fondent les craintes que vous sentez monter en vous rien qu’à l’évocation de son nom ? A quoi dans votre esprit associez-vous le nom de Jésus ? Pour être sûrs de la justesse de vos pensées, permettez-moi de vous recommander d’aller au-delà de vos impressions toutes faites. Prenez le temps de découvrir Jésus tel qu’Il est. Cela fait plus de trente ans que je le côtoie. Ce qui m’effraie aujourd’hui n’est pas d’être ou de m’approcher de Lui. C’est bien plutôt d’en être séparé !

2. la seconde ne peut provenir que d’un mensonge auquel vous avez cru à son sujet. Il y a tant de choses, d’idées, d’actes honteux, malheureux, scandaleux qui, dans l’histoire, se sont réclamés du label Jésus que je comprends votre frayeur. Ceux qui en sont les auteurs devront en rendre compte un jour face à lui, le vrai Jésus. Alors que des hommes voulaient rapidement régler le cas Jésus, quelqu’un d’honnête s’est levé pour dire : Notre loi nous permet-elle de condamner un homme sans l’avoir entendu et sans savoir ce qu’il a fait de mal ? (Jean 7,51). Sachez-le : le mal n’existe pas chez Jésus. Votre réticence à son égard vient, soit du fait que l’on vous a fait croire des choses fausses à son sujet… soit peut-être que vous préférez vivre dans le mal plutôt que dans le bien. Dans ce cas, votre rejet de Jésus n’est pas motivé par une fausse pensée à son sujet… mais par la vérité… Un choix dans lequel vous choisissez de vous condamner vous-mêmes…

Jésus sous une autre forme

Puisque son nom effraie, Jésus a choisi de se montrer, à ceux qui le rejetteraient sur la base d’un malentendu, d’une autre manière : sous la forme de ses témoins. Ses témoins, c’est, par exemple, moi et tous ceux qui, dans leurs vies, ont fait l’expérience de son action bienfaisante. Au moins ici, vous ne risquez pas d’être effrayé. Car moi je suis comme vous, un mélange de bon et de mauvais sans prétention, avec, à peu de choses près, la même histoire. Sans doute ne me connaissez-vous pas. Mais ceux qui m’ont connu ne peuvent le nier : je ne suis plus le même homme que dans le passé depuis que je connais Jésus. Ceux qui sont honnêtes, de plus, ne peuvent que le reconnaître : non seulement je ne suis plus le même homme, mais le changement que le Christ Jésus a opéré en moi n’a été que bénéfice. C’est vrai : il arrive parfois que des résidus de l’ancien être se montrent encore dans ma vie. Je ne suis ni très beau, ni fréquentable à ce moment-là. Ces résidus sont là pour m’aider à m’imaginer (et aider ceux qui me connaissent) ce que je serais ou aurait pu devenir sans Jésus. Je n’ose y penser !

A vous qui me lisez, je le redis une dernière fois : ce qui est effrayant, ce n’est pas de vivre dans ce monde avec Jésus, mais bien sans !


 
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus