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mercredi 6 février 2013

Arguments en faveur de l'existence de Dieu


Pour une foi réfléchie
La théologie n’est peut-être pas votre tasse de thé ! Elle vous paraît compliquée, indigeste, d’une autre époque. Cela tombe bien ! Un livre peut vous aider à vous en faire une amie. Ecrit à plusieurs mains, sous la direction d’Alain Nisus, l’ouvrage s’intitule « Pour une foi réfléchie »,  (Editeur Maison de la Bible).Pour vous donner l’envie de le lire, je vous propose dans ce billet un extrait. Commençant par le thème de Dieu, les auteurs récapitulent les arguments de réflexion qui plaident en faveur de l’existence de Dieu. Ces arguments ne sont pas d’hier. Ils datent de plusieurs siècles et ont été formulés par plusieurs penseurs.

L’argument ontologique
Le mot ontologique vient de ontos : forme du participe du verbe être en grec. Résumé de l’argumentation de Anselmede Cantorbéry (1033 – 1104)

1.       Même l’insensé (qui nie l’existence de Dieu) accepterait de définir Dieu comme celui dont on ne peut pas penser (ou concevoir) de plus grand.
2.      L’être tel que rien ne peut être pensé de plus grand existe dans la réalité et pas seulement dans l’intelligence, sinon il serait moins que l’être tel que rien ne peut être pensé de plus grand.
3.      Donc Dieu, l’être tel que rien ne peut être pensé de plus grand, existe dans la réalité.
Descartes : extrait des Méditations métaphysiques
1.  Il s’agit de trouver une forme claire et distincte que je n’aurais pas pu construire moi-même. Cette forme, c’est l’infinie perfection, c’est Dieu. Je n’ai jamais vu Dieu et je n’ai pas pu créer en moi l’idée d’infinie perfection.
2.      L’idée d’infini est claire et distincte, et pourtant me dépasse.
3.      Seul un être effectivement infini (cause) peut produire cette idée en moi qui suis un être fini. Il faut donc qu’elle ait une réalité objective.


 Les arguments thomistes

Thomas d’Aquin (1224 – 1274) a développé 5 arguments qui reposent non sur la connaissance, mais sur l’expérience :

L’argument du mouvement

1.       Tout dans notre monde est en mouvement.
2.      On ne peut pas remonter à l’infini, il doit exister un être immobile capable de communiquer le mouvement aux autres, un moteur immobile initial.
3.      Donc Dieu doit exister en tant que moteur immobile initial

L’argument de la causalité

1.       Tout est soumis à la causalité : tout ce qui arrive a une cause efficiente, il existe un enchaînement de causes à effets dans la nature.
2.      On ne peut pas remonter à l’infini, il doit exister une cause première.
3.      Donc Dieu doit exister en tant que cause première.

L’argument de la contingence

1.       Les êtres de notre univers sont contingents, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune nécessité à leur existence. Ils existent pourtant : c’est qu’un autre être, lui-même contingent, les a amenés à l’existence. L’ensemble des êtres contingents est lui-même contingent.
2.      On ne peut pas remonter à l’infini : il doit exister dans l’univers un être dont l’existence est nécessaire, sinon, rien n’existerait.
3.      Donc Dieu doit exister en tant que seul être dont l’existence est nécessaire et qui existe par lui-même.

L’argument de la perfection (repris de Platon)
1.       Il y a des perfections dans les êtres et les choses, mais à des degrés différents.
2.    Il faut nécessairement qu’il y ait un être qui possède ces perfections à un degré maximum, puisque dans la nature toutes les perfections sont limitées.
3.      Donc Dieu doit exister en tant qu’être absolument parfait, le plus haut degré de perfection.
 
L’argument téléologique :

L’argument repose sur le constat d’une finalité du grec telos : un des sens du mot
1.       On observe que les choses privées de connaissance comme les corps naturels agissent    en  vue d’une fin ; toujours, ou le plus souvent, ils agissent de la même manière de façon à réaliser le meilleur.
2.      Ce n’est pas par hasard, mais en vertu d’une tendance déterminée qu’ils parviennent à leur fin : ce qui est privé de connaissance ne peut tendre à une fin que dirigé par un être connaissant et intelligent, comme la flèche par celui qui la lance.
3.      Il y a donc un être intelligent, par lequel toutes les choses naturelles sont orientées vers leur fin. Cet être, c’est Dieu.

Autres arguments

L’argument cosmologique

 1.       On observe que le monde est caractérisé par un ordre précis.
2.   L’expérience commune montre que le hasard est un mauvais maître d’oeuvre ; seule l’intelligence est capable d’organiser, d’ordonner.
3.      Il ya donc un être intelligent, par lequel tout est ordonné, un ordonnateur. Cet être, c’est Dieu.

L’argument anthropologique

C’est l’argument centré sur l’être humain (en grec anthrôpos)
1.       On observe que l’être humain a des caractéristiques telles que l’amour, la rationalité, la motivation par un but qui le mettent à part des éléments purement matériels.
2.      Si l’univers était entièrement impersonnel, il ne pourrait pas nous avoir créés, car il ne nous correspondrait pas. Ce serait comme si la nature accouchait d’un poisson alors qu’elle ne contient pas d’eau.
3.      Il y a donc un être personnel à l’origine des autres êtres personnels. Cet être, c’est Dieu.

L’argument moral

1.       On observe que l’être humain a un sens moral, une conscience du bien et du mal.
2.      La reconnaissance de normes et de concepts moraux ne peut pas être attribuée à un processus évolutif quelconque
3.      Il y a donc un être à l’origine du sens moral. Cet être, c’est Dieu.
Reproduit avec l’autorisation de l’Editeur.

samedi 15 septembre 2012

Bible et sexualité


La tyrannie du plaisir

Dans « La tyrannie du plaisir » un livre très documenté, Jean-Claude Guillebaud a voulu faire le point, quelques décennies plus tard, sur les fruits qu’a portés dans notre société la révolution sexuelle. Le but de cet article n’est pas de donner un résumé de son analyse. Il est de considérer l’un des points à partir duquel il l'a construit : la vision judéo-chrétienne de la sexualité.

Prologue à la réflexion

Sur ce sujet, il faut faire le pari de garder la tête froide et l’esprit calme. C’est posément, sans hâte ni parti-pris, qu’on doit examiner cette grande question du judéo-christianisme et de la sexualité. Rien n’est plus difficile aujourd’hui…

« De nos jours en Occident, souligne Evelyne Sullerot, c’est toujours à la tradition judéo-chrétienne qu’on s’en prend : on lui attribue systématiquement, sans le moindre examen, tout ce qui paraît défavorable à la femme. Sans doute cette hâte irréfléchie est-elle due au fait qu’on ne raisonne plus que selon une seule catégorie : la sexualité ! On juge de la liberté, de l’égalité, des droits, etc.., uniquement en fonction des biens matériels ou de la liberté sexuelle. Les religions monothéistes apparaissent comme les grands systèmes esclavagistes de la femme. »

Cette fixation antireligieuse participe d’un réflexe contemporain dont il faudrait souligner l’extravagance. Car enfin… des peuples entiers auraient vécu deux millénaires durant dans la névrose, le malheur, la frustration ! L’Occident dans son ensemble aurait cheminé deux mille ans sous la férule de désirs bridés et de liberté asservie ! Et aujourd’hui seulement, nous, individus émancipés de la société industrielle, serions fondés à désigner ces ancêtres comme autant d’enfants persécutés par le prêtre et le théologien ; comme des passagers enchaînés à fond de cale, en partance vers un monde de liberté atteint : le nôtre.

« Il faut se garder, écrivait Michel Foucault, de schématiser et de ramener la doctrine chrétienne des rapports conjugaux à la finalité procréatrice et à l’exclusion des plaisirs. En fait, la doctrine sera complexe, sujette à discussion, et elle connaîtra de nombreuses variantes. John Boswell, militant homosexuel, ouvre sa longue étude sur l’homosexualité dans l’histoire médiévale par ces mots : « Le présent volume vise expressément en bien des pages à réfuter l’idée que l’intolérance envers les homosexuels trouve son origine dans les croyances religieuses – chrétiennes ou autres. »

La position de Paul

Pharisien juif d’origine, l’apôtre Paul est souvent présenté comme le premier responsable du prétendu ascétisme catholique… Il est cependant incontestable que bien des textes de Paul ont été déformés et surtout instrumentalisés après la mort de leur auteur. A ce sujet, Laure Aynard se pose la question : « On peut présumer que saint Paul eut été fort étonné (et, espérons-le, navré) de savoir que les consignes de bonne tenue qu’il donna un jour face à l’indiscrétion de quelques dames corinthiennes pourraient servir, au long de 19 siècles, de justification théologique à la situation inférieure d’une moitié de l’humanité dans l’ensemble du monde occidental. »

En réalité, de la conversion de Paul jusqu’à son martyre dans une geôle romaine, vers l’an 67, toute sa vie apparaît plutôt sur cette question de la sexualité, comme la recherche inlassable d’un compromis entre l’extrémisme des encratistes (les adeptes de l’abstinence sexuelle) et la modération des communautés et familles païennes de l’Asie Mineure occidentale en voie de conversion au christianisme.

De même, on prendra l’habitude d’oublier que Paul, notamment lorsqu’il aborde la question de la continence, s’exprime toujours dans une perspective apocalyptique. Paul est convaincu de l’imminence d’événements décisifs, c’est-à-dire de la venue du Royaume, qu’il s’attend à connaître de son vivant.

Pour le reste, les spécialistes contemporains ont beau jeu de dénoncer les mille et une approximations, voire les manipulations qui ont permis de faire apparaître Paul comme le lugubre inventeur du puritanisme. Les phrases de Paul que l’on monte en épingles sont données dans un contexte de réponses à des questions posées. Il a, en outre, en face de lui, de jeunes Corinthiens dont certains font l’éloge de la prostitution et d’autres manifestent une tolérance pour l’inceste. D’autres encore sont illuminés ou encratistes. Sa réponse consiste à condamner l’encratisme, tout en manifestant qu’il y a quelque vérité en celui-ci. Il répond en substance à ses interlocuteurs : qui veut faire l’ange fait la bête.

Phrases de Paul

Il est préférable de ne pas se marier : Paul dit cela en raison des temps difficiles que les chrétiens vivent.

 
S’ils ne savent pas garder la continence, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler (en désirs inassouvis)

 
S’il faut avoir sa propre femme, c’est pour éviter l’impureté (le vagabondage sexuel)

 
Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière.

 
Que le mari s’acquitte de son devoir envers sa femme et pareillement la femme envers son mari. La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme. Ne vous refusez pas l’un à l’autre.

 
Celui qui est marié se soucie des moyens de plaire à sa femme. Celle qui est mariée se soucie des moyens de plaire à son mari.

 
Les quelques lignes de Paul ont nourri des bibliothèques entières… L’interminable exégèse, poursuivie de siècle en siècle, des mêmes cent ou cent cinquante mots tirés des épîtres de Paul a eu pour triple résultat de les obscurcir en les privant de leur portée spirituelle, de leur enlever toute réelle consistance, de donner des allures de dogme à ce qui n’était –parfois – que simples conjectures délibérément apaisantes. Sans compter que le message de Paul fut quelquefois, au cours des siècles, déformé volontairement dans une intention, disons, moralisatrice.

 Sources :
Evelyne Sullerot : Quels pères, quels fils ?
Michel Foucault : Histoire de la sexaulaité
John Boswell : Christianisme, tolérance sociale et homosexualité
Laure Aynard : la Bible au féminin
 
Visitez : www.gillesgeorgel.com

samedi 18 février 2012

La nef des fous



La nef des fous

La nef des fous
C’est en février 1494 durant le Carnaval – la saison des fous – que parut à Bâle « La nef des fous » du strasbourgeois Sébastien Brant. Le succès fut foudroyant et durable. Jamais depuis l’invention de l’imprimerie, un livre en langue allemande n’avait connu pareil succès.

Brant, dominé par l’idée que les malheurs des hommes résultent de leurs péchés, entreprend de leur montrer la laideur de leurs vices et de leurs folies. « Les rues grouillent de fous qui battent la campagne, dit-il, mais nul ne reconnaît qu’il mérite ce nom. C’est pourquoi en ce jour, je cherche à équiper toute une armée navale pour les embarquer tous… car une seule nef ne suffirait jamais à les entasser tous, tant sont nombreux les fous. »

Rien n’échappe à la rigueur impitoyable de Brant dénonçant la foile des hommes : l’orgueil, la fraude, le blasphème, l’usure, mais aussi la manie des voyages, la désobéissance au médecin, les sérénades nocturnes, le bavardage incessant… Tout et tout le monde y passe.

L’écrit date de plusieurs siècles, mais il n’a rien perdu de sa modernité et de son actualité.



Extraits !

De la cupidité

C’est absurde folie
d’entasser des richesses
et de ne pas jouir
de la vraie joie de vire,
le fou ne sachant pas
à qui servira l’or
qu’il a mis de côté,
le jour où il devra
descendre dans la tombe.
Mais plus fou est encore
celui qui dilapide
sans rime ni raison
les dons que Dieu confie
afin qu’ils fructifient,
car un jour il faudra
rendre un compte fidèle,
sous peine de devoir
perdre bien plus encore
que la main et le pied.
Le fou veille à l’argent
Qu’il laisse aux héritiers, 
mais ne se soucie pas
Du salut de son âme,
Car il n’a pas le temps
 De se préoccuper
De son éternité.

2. De l’éducation des enfants

Il est complètement
Aveugle de folie
Celui qui ne voit pas
Qu’il devrait élever
Et dresser son enfant ,
Et s’attacher surtout
A ne pas le laisser
A ses égarements
Sans jamais le punir
Tout comme des brebis
Se perdant sans berger…

Du mépris des Saintes Ecritures

Qui ne croit aux Saints Livres
Promettant le salut
Et pense avoir raison
De vivre a sa façon, se moquant bien de Dieu,
Et même de l’enfer,
Est de dernier des fous,
Qui méprise le prêche
Ainsi que la doctrine,
A croire qu’il serait
Sans yeux et sans oreilles.
Si un mort revenait,
On accourait de loin
Pour entendre conter
Ce qu’on voit en enfer,
Si l’on s’y presse en foule
Et si le vin y coule
Pour y faire ribote,
Et autres singeries.
Partout sont répandues
Les Saintes Ecritures :
Nul n’a besoin pour vivre
D’un autre témoignage
Que les deux Testaments,
L’Ancien et le Nouveau…

Nul ne peut servir deux maîtres

Il est bien fou celui
Qui voudrait servir Dieu
De même que le monde.
Quand il faut que deux maîtres
Partagent leur valet,
Il ne pourra servir
A la fois tous les deux.
Souvent un artisan
Se ruine en exerçant
Plusieurs métiers ensemble.
Celui qui veut courir
En même temps deux lièvres
Mais n’aurait qu’un seul chien
En rapporte au plus un
Ou reviendra bredouille,
Même s’il est agile.
Celui qui veut tirer
A plusieurs arcs d’un coup
Ne pourra bien viser
Qu’exceptionnellement.
Qui cumule à la fois
Plusieurs charges diverses
N’arrivera jamais
A se donner à toutes.
S’il faut qu’il soit ici
Il ne peut être là ;
Jamais on ne le trouve
Là où il devrait être…

De murmurer contre Dieu

Comment peux-tu, ô fou,
Oser critiquer Dieu
Alors que ton savoir
Est pour lui dérisoire ?
Laisse donc Dieu agir
Selon sa volonté,
Que ce soit pour bénir,
Pour venger ou punir ;
Laisse-le déchaîner
La tourmente et l’orage,
Laisse-le tout dorer
Et faire voir en beau,
Tu aurais beau crier
Rien ne viendra plus vite,
Tes désirs seuls sont cause
Du mal que tu ressens
Et te rendent coupable
De pécher gravement,
Mieux vaudrait donc pour toi
Garder le silence…

Les sujets sont multiples, des plus banaux aux plus graves. Nul doute que si la nef des fous passait aujourd'hui, tous, tôt ou tard, monterions à bord…



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samedi 17 septembre 2011

ISCH2 : L'homme qui voulait sauver l'humanité !

Un nouveau livre !

Il vient juste de paraître à la Maison de la Bible !

Entrez dans l'intrigue qui se joue derrière l'histoire de l'humanité et découvrez-y le personnage central !

Un récit métaphorique d'une actualité permanente...

Un monde de brouillard où tout est gris... Et ses habitants qui semblent s'en satisfaire! Comment est-ce possible? Il faut reprendre l'histoire au tout début pour le savoir. Découvrir un magnifique jardin dont le propriétaire a dû interdire l'accès, parce que ses occupants ont prêté l'oreille aux mauvais discours. Découvrir le plan mis en oeuvre par ce propriétaire pour renouer la relation. Et si cette histoire était un peu la nôtre, celle d’une humanité en quête de sens? - 104 pages






A lire et faire lire sans plus tarder....

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samedi 23 juillet 2011

La nouvelle christianophobie

Editorialiste à France Soir, Alexandre del Valle vient de publier Pourquoi on tue les chrétiens dans le monde, la nouvelle christianophobie (éditions Maxima, 360 p., 23,80 €). Il y analyse un phénomène qu’il reconnaît peu admis dans la liste des martyrologies reconnues. Entretien.

Qu’est-ce qui a déclenché votre désir d’écrire sur le sujet de la persécution anti-chrétienne ?
Quand j’étais au Liban, il y a vingt ans, je me suis penché sur le sort des chrétiens du pays. J’ai rencontré beaucoup d’assyro-chaldéens qui déjà fuyaient l’Irak, et étaient accueillis en Turquie, en Jordanie et au Liban. On sentait déjà à l’époque la détérioration de la perception des chrétiens. On voyait surgir dans les populations ce que j’appelle « l’ enseignement du mépris », qui assimilait les chrétiens à des agents de l’étranger, de l’Occident. Ce constat m’a indigné. Ça a été mon premier sujet d’étude. En commençant ce livre qui était tout d’abord dédié aux chrétiens d’Orient, je me suis rendu compte qu’il fallait élargir le sujet, et que l’islamisme n’avait pas le triste monopole de la persécution des chrétiens. L’idéologie du communisme ou l’extrémisme hindou en fait tout autant.
D’où provient cette nouvelle christianophobie ?
On assimile le chrétien à l’Occident honni. Ça n’a plus rien à voir avec le christianisme. Je pense que l’enseignement du mépris, lorsqu’il devient systématique, obsessionnel et médiatique, est dangereux, et peut préparer à de nouvelles solutions finales. Le chrétien doit s’attendre à des persécutions de plus en plus massives, voire à des phénomènes de génocide comme on a pu le voir au Soudan ou au Nigeria. Plus le chrétien est éloigné du pouvoir, plus il devient cet élément persécuté, soupçonnable de ne pas être un bon citoyen. Le chrétien est en quelque sorte la nouvelle figure du mauvais patriote. Il est la victime favorite du totalitaire. Il est dissident par nature.
Selon vous, pourquoi la christianophobie apparaît-elle moins condamnable que les autres «phobies» ?
Parce que le christianisme est considéré comme la religion des croisades, de la colonisation, de l’impérialisme, même si c’est faux. La christianophobie en Europe est logique. Elle est le fait de gens qui ont un complexe parce qu’ils ont intériorisé l’idée selon laquelle le christianisme est la pire des religions, parce qu’elle serait celle au nom de laquelle l’homme blanc a dominé. L’antichristianisme est très lié au sanglot de l’homme blanc. L’Occident qui persécute littéralement son histoire chrétienne et qui déteste son christianisme ne peut être que complice des civilisations qui veulent en finir avec le christianisme. C’est hélas trivial, mais c’est quelque chose que l’on constate : le silence de l’Occident vis-à-vis du drame subi par les chrétiens partout dans le monde. Cela est choquant.
Quel est le remède à cela ?
Ce pourrait être ce qu’un de mes amis, Magdi Cristiano Allam, propose en Italie. C’est un musulman égyptien converti au christianisme, qui a été directeur adjoint du Corriere della sera. « Je ne demande pas à tout le monde d’être chrétien. C’est un choix personnel. Mais je demande la thérapie de l’amour », affirme-t-il. Personnellement, j’aime à évoquer le patriotisme intégrateur. Je pense que l’unique remède à tout cela, à toutes les phobies et aux risques de fractures nationales et sociales, c’est l’amour. Je pense que les valeurs chrétiennes sont universelles. Tout le monde peut y adhérer dans leurs versions temporelles, sans pour autant avoir la foi.
Le tableau dressé par votre ouvrage semble bien sombre : quelle est votre espérance ?
J’ai paradoxalement une très grande espérance, quand je vois le nombre de conversions en Afrique ou en Asie en général. Même si la foi baisse partout dans un Occident matérialiste, on constate que le christianisme est la religion qui progresse le plus. Comment ne pas être optimiste à l’échelle de la planète, même si cela est difficile à l’échelle européenne ? Notons aussi que lorsque Nicolas Sarkozy ose dire ce que la France doit à ses racines chrétiennes, c’est presque révolutionnaire. Peut-être, depuis le film sur les moines de Tibhirine, faut-il voir une petite renaissance ?
Qui sont vos lecteurs ?
Mon lecteur est le défenseur des droits de l’homme. J’apostrophe ceux qui veulent s’indigner. Je veux montrer que les médias sont remplis de causes « bien-pensantes » et que celle des chrétiens persécutés n’est pas assez défendue. Il existe de nombreuses martyrologies homologuées. Mais il faut garder une capacité d’indignation pour les innombrables victimes chrétiennes dont on ne parle pas.
propos recueillis par Raphaelle Autric




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samedi 18 juin 2011

Demain...

Anticipation

Cela fait cette année 35 ans que je suis chrétien. Au cours des trois décennies écoulées, j’ai eu l’occasion d’entendre beaucoup d’orateurs de qualité s’exprimer, Bible en main, sur la vision qu’ils avaient de la fin des temps. J’ai aussi eu l’occasion de lire plusieurs livres d’auteurs sur le sujet. Je voudrais citer parmi ceux qui m’ont paru les plus fondés et les plus imprégnés de la vision biblique du sujet : René Pache et son livre : le retour de Jésus-Christ, John H. Alexander et son commentaire verset par verset de l’Apocalypse et Ralph Shallis. Leurs projections ont largement nourri ma compréhension des choses.

Si, longtemps, leur enseignement comportait une part d’anticipation, nous sommes arrivés aujourd’hui au point où ce qui relevait de la prédiction est sur le point de s’accomplir. J’en prends pour preuve deux livres que j’aimerais vous présenter. Ces ouvrages ne sont pas le fait de prophètes bibliques illuminés, mais de penseurs connectés à la réalité du monde tel qu’il est. Le fait que ces deux livres soient à cette heure sur le marché actualise l’idée que ce qui était l’objet de la réflexion des visionnaires d’hier (les 3 auteurs dont je parle ne sont plus de ce monde), est devenu le sujet de méditation des analystes d’aujourd’hui. Le temps a donc avancé et, inexorablement, il nous précipite vers l’accomplissement de ce qui, il y a longtemps, a été écrit.

1er livre : Demain, qui gouvernera le monde ?

Son auteur, Jacques Attali, n’est plus à présenter. Il suffit pour le décrire de se reporter aux nombreux liens attachés à son nom sur le Web. D’entrée l’ouvrage se construit sur un postulat. La question n’est plus de savoir s’il est bon ou pas que le monde ait à sa tête un gouvernement mondial. L’existence future d’un tel gouvernement est inévitable. La question est de savoir qui sera à même de le diriger : quelle puissance, quelle coalition, de quelles institutions internationales il sera doté ?

Construit sur une analyse historique des tentatives passées de gouvernement du monde, par les dieux, puis par les hommes-dieux, par la religion, par les marchands, etc…, l’auteur nous conduit pas à pas vers les étapes qui ont amené le monde de plus en plus à se doter d’instances internationales dans tous les domaines.

La conviction de l’auteur est que « ni un empire, ni le marché ne pourront maîtriser les immenses problèmes qui attendent le monde. Il faudra pour cela un gouvernement mondial. Ce gouvernement revêtira une forme assez proche des régimes fédéraux d’aujourd’hui : l’Union européenne en constituera sans doute le meilleur laboratoire… Ce gouvernement mondial naîtra à l’issue dun gigantesque chaos économique, monétaire, militaire, écologique, démographique, éthique, politique ; ou, moins probablement, en lieu et place d’un tel chaos. Il prévaudra comme une thérapie de choc ; ou bien il adviendra peu à peu, dans les interstices de l’anarchie, par accumulation de réseaux tissés par les Etats, les entreprises, les syndicats, les partis politiques, les ONG, les individus. Il sera totalitaire ou démocratique selon la façon dont il s’instaurera. »

N’étant qu’au début du livre, il est probable que je revienne dans un autre article sur son contenu global. Ce qui me frappe cependant est la convergence de vue entre ce que Jacques Attali propose comme chemin inéluctable et la prédiction apocalyptique de la venue du règne global de l’Antichrist. La différence repose essentiellement sur la nature de ce règne. Attali se montre très optimiste sur les capacités de ce gouvernement mondial. « Un jour, dit-il, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité. » C’est, je crois, faire preuve de peu de connaissance de la nature humaine. La Bible prédit que le dernier gouvernement du monde, avant celui du Christ, sera le plus terrible, le plus sanguinaire, le plus meurtrier, le plus insensible au droit de la personne qui existera.

2ème livre : la fin du dollar
Son auteur est Myret Zaki, journaliste économique d’origine égyptienne rédactrice en chef adjoint du magazine suisse Bilan. La démonstration de son livre est simple. Ce qui va mourir demain, dit-elle, n’est pas l’euro, mais le dollar. Menant une enquête approfondie sur le billet vert et les dérives du système financier américain, l’auteur est convaincue que la situation budgétaire des Etats-Unis est de loin le plus grand danger actuel au monde. « Bien sûr, dit-elle, qu’une faillite de la Grèce serait grave en soi, surtout pour ses habitants. Mais la Grèce ne pèse même pas 2% de la zone euro. Voulez-vous connaître un vrai danger dont personne ne parle ? La faillite de l’Etat de Californie, 7ème puissance économique mondiale et qui affiche un taux d’endettement de 90% de son PIB »

Poursuivant sa réflexion, l’auteur souligne que de nombreux états dans le monde anticipe avec elle la chute des Etats-Unis. La Chine, la Russie, l’Amérique latine et même, depuis le Printemps arabe, les pays producteurs de pétrole ne veulent plus tout payer en dollars. Dans leurs échanges, la Russie et la Chine ont abandonné le billet vert pour recourir au rouble et au remimbi. Les anciens alliés de Washington prennent eux aussi de plus en plus leurs distances avec le billet vert. Tous savent que le dollar est devenu la plus grande bulle spéculative de l’histoire.

Depuis 1913, le dollar n’est plus adossé à aucune valeur tangible, tel l’or. Il a perdu 97% de sa valeur. A chaque bulle spéculative, la Réserve fédérale réagit par le même procédé : imprimer, imprimer encore et toujours du papier. Les Etats-Unis ne produisent pratiquement plus rien et vivent de plus en plus à crédit. Le pays a besoin de 6 dollars pour produire un dollar de richesse. Tout compris, le trou des Etats-Unis avoisine les 200 000 milliards de dollars. La fin du dollar roi, c’est pour quand ? 2014, prédit Myret Zaki. Voltaire l’avait déjà dit : Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro.

Conclusion :

Les deux livres ci-dessus sont complémentaires. Le second nous montre le chemin par lequel le rêve présenté dans le premier pourrait se réaliser. Une réorganisation complète du monde est à notre porte. Le rêve pressenti risque bien cependant de se transformer en cauchemar… jusqu’à ce vienne et règne le véritable Prince de la paix, Jésus-Christ.

Source pour Myret Zaki : Site : Le matin.ch


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 21 mai 2011

Le paradis perdu : suite et fin

7ème livre :

A la demande d’Adam, l’ange Raphaël poursuit le récit des choses qui se sont passées au Ciel avant la création de l’homme. Il raconte à Adam comment et pourquoi ce monde a été créé. Dieu, ayant expulsé Satan et ses anges de son ciel, déclara que son plaisir était de créer un autre monde et d’autres créatures pour y habiter. Il envoie son Fils dans la gloire avec un cortège d’anges pour accomplir l’œuvre de la création en 6 jours. Les anges célèbrent par des cantiques cette création et le retour dans la gloire du Fils après sa victoire sur les forces célestes rebelles à Dieu.

8ème livre :

Adam continue à interroger Raphaël sur diverses choses de la création. Raphaël l’incite à chercher à connaître des choses plus dignes d’être connues. La simple curiosité ne doit pas être le but de l’intérêt d’Adam pour les choses qui l’entourent. Adam comprend. Il témoigne à Raphaël de ce dont il se souvient depuis sa propre création : son premier regard sur le monde dans lequel il venait d’arriver, le dialogue avec Dieu sur la solitude qu’il éprouvait et le besoin d’une vis sociale différente, sa première rencontre et ses noces avec Eve… Le soir venu, Raphaël quitte Adam, non sans lui avoir répété auparavant avec insistance des avertissements sur le danger qui le guette.

9ème livre :

Satan, ayant parcouru la terre avec une fourberie méditée, revient de nuit comme un brouillard dans le Paradis. Il entre dans le serpent endormi. Le matin, Adam et Eve sortent pour vaquer à leurs occupations. Eve propose à Adam de diviser le travail en parts et de se séparer. Adam n’y consent pas. Il craint que l’ennemi profite de la solitude d’Eve pour la tenter. Eve s’offense du manque de confiance d’Adam en elle. Adam cède. Voyant Eve seule, le serpent s’approche d’elle et la flatte. Eve s’étonne d’entendre l’animal parler. Le serpent lui dit qu’en goûtant un certain fruit, il avait acquis de nouvelles capacités : la parole et la raison. Eve lui demande de le conduire à l’arbre en question. Elle voit qu’il s’agit de l’arbre défendu. Devenu plus hardi, le serpent, à coup d’astuces et d’arguments, l’engage à goûter du fruit. Il lui assure qu’il n’y a là rien de mortel, lui-même étant plus vivant que jamais. Eve goûte : le fruit lui semble délicieux. Elle délibère pour savoir si elle en donnera à Adam. Elle lui porte du fruit. Adam est consterné. Mais, la voyant perdue, il se résout, par amour pour elle, à se perdre avec elle. Il goûte aussi du fruit. Les effets sur les deux sont immédiats. A la vue de leur nudité, la honte s’empare d’eux. Ils tombent en désaccord et commencent à s’accuser l’un l’autre de ce qu’ils viennent de faire.

10ème livre :

La transgression d’Adam et Eve connue, les Anges qui gardaient le Paradis retournent au ciel pour justifier leur vigilance. Ils sont approuvés. Dieu envoie Son Fils pour juger les transgresseurs. Il descend et leur fait connaître la sentence de leur péché. Par pitié pour eux, il les revêt d’habits de peaux.

Le PECHE et la MORT, assis aux portes de l’enfer, sentent que leur père Satan a réussi son coup dans le nouveau monde. Il quitte le lieu où ils se trouvent pour rejoindre le monde des hommes. Pour aller d’un lieu à l’autre (l’Enfer – le monde) ils construisent un immense pont au-dessus du Chaos en suivant la première trace de Satan. Ils le rencontrent en cours de route, lui revenant vers l’Enfer. Ils se félicitent mutuellement. Arrivé au lieu où sont les esprits précipités dans l’Abîme, Satan raconte son succès sur l’homme. Au lieu d’applaudissements, il est accueilli par des sifflements stridents. Tous sont transformés subitement en serpent rampants selon la sentence prononcée par le Fils dans le Paradis.

Dieu prédit la victoire finale de Son Fils sur les puissances mauvaises. En attendant, il ordonne à ses anges divers changements dans les Cieux et les Elements. Adam, profondément affligé, refuse les consolations qu’Eve lui offre. Elle persiste et finit par l’apaiser. Ils parlent ensemble des solutions éventuelles qui s’offrent à eux, comme le suicide… Adam se souvient de la promesse du Fils : sa race, un jour, se vengera du serpent. Adam exhorte Eve à chercher avec lui la réconciliation de la Divinité offensée par le repentir et la prière.

11ème livre :

Le Fils de Dieu présente à son Père les prières de nos premiers parents repentants. Il intercède pour eux. Dieu les exauce, mais il déclare qu’ils ne pourront plus habiter longtemps dans le Paradis. Il envoie Michel avec une troupe de Chérubins pour les en déposséder et pour révéler à Adam ce qui doit arriver par la suite. Eve s’effondre en entendant l’arrêté de Dieu ordonnant leur expulsion. Adam s’excuse, mais se soumet. L’Ange le conduit au sommet d’une haute colline, et lui découvre, dans une vision, ce qui arrivera jusqu’au déluge.

12ème livre :

L’Ange Michel continue de raconter à Adam ce qui arrivera à la suite du déluge. Parlant d’Abraham, il explique par degrés qui sera celui de la race de la femme qui accomplira la promesse faite par Dieu. Il parle de son incarnation, de sa mort suivie de sa résurrection et de son ascension. Il lui rapporte ce que sera l’Eglise dans son développement et évoque le retour final du Fils à la fin des temps. Adam est satisfait et rassuré par les récits de l’ange et les promesses entendues. Il redescend de la montagne et retrouve Eve qui avait dormi pendant ce temps. Des anges, par des songes paisibles, l’avaient tranquillisée. Michel les conduit tous deux par la main hors du Paradis. Des Chérubins se postent à l’entrée armés d’épées flamboyantes, pour en interdire désormais l’accès. Le Paradis est perdu, mais Adam et Eve ne partent pas seuls : une promesse de salut, inscrite dans leurs cœurs, les accompagne désormais !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus