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vendredi 20 juin 2014

L'Eglise selon Jésus

Dans le monde sans en être…

L’Eglise chrétienne vit sa propre vie au milieu du monde et, par tout son être, par toute son action, rend à chaque instant témoignage de ce fait que « la figure de ce monde passe », que le temps est court, et le Seigneur proche. Cela la remplit de la joie la plus intense. Le monde devient trop petit pour elle. Elle marche encore dans la chair, mais son regard est dirigé vers les cieux d’où reviendra celui qu’elle attend.
Ici, en pays étranger, elle est comme une colonie loin de la patrie, une communauté d’exilés qui profite de l’hospitalité du pays dans lequel elle vit, qui obéit à la loi de ce pays et en respecte l’autorité. Elle use avec reconnaissance de ce qui fait partie des besoins du corps et de la vie, en toutes choses elle se montre honnête, juste, pure, douce, tranquille et prête à servir. A tous les hommes, elle manifeste l’amour de son Seigneur « et surtout envers les frères dans la foi ».

Elle est patiente et joyeuse dans la souffrance, et se fait gloire de l’affliction. Elle vit sa vie propre sous une autorité et une juridiction étrangères. Elle prie pour toute autorité et, ce faisant, elle lui rend le plus beau des services. Mais elle n’est là que comme en passant. A chaque instant peut retentir le signal donnant l’ordre de poursuivre la marche. Alors, elle plie bagage, et abandonne toue amitié, toute parenté de ce monde pour suivre uniquement la voix qui a lancé l’appel. Elle abandonne le pays étranger, et fait route vers sa patrie, le ciel.

Le sel de la terre

Ils sont pauvres, affligés, affamés et altérés, débonnaires et miséricordieux, pacifiques, persécutés et outragés dans le monde, et, pourtant, c’est à cause d’eux seuls que le monde est maintenu encore. Ils préservent le monde du jugement et de la colère de Dieu. Ils souffrent pour que le monde puisse encore vivre sous le régime de la patience divine. Ils cherchent les choses qui sont en haut etnon celles qui sont sur la terre.

Car leur véritable vie n’a pas encore été manifestée, elle est encore cachée avec le Christ en Dieu. Ils ont là devant les yeux le reflet de ce qu’ils seront. Ici, seule leur mort apparaît, leur mort secrète et quotidienne au vieil homme, et leur mort publique devant le monde. De même, ils sont encore cachés à leurs propres yeux. La main gauche ne sait ce que fait la main droite. C’est précisément en tant qu’Eglise visible qu’ils se demeurent totalement inconnus à eux-mêmes. Ils ne regardent qu’à leur Seigneur. Lui est au ciel, en lui se trouve la vie qu’ils attendent. Mais lorsque le Christ, leur vie, paraîtra, eux aussi paraitront avec lui dans la gloire.

Une gloire cachée bientôt visible

« Ils avancent sur terre et vivent aux cieux. Ils sont sans force et protègent le monde. ils goûtent la paix au milieu du tumulte. Ils sont pauvres et ont pourtant ce qui leur plaît. Ils sont dans la souffrance et demeurent dans la joie. Ils semblent morts aux sens extérieurs et vivent intérieurement la vie de la foi. Lorsque le Christ, leur vie, paraîtra, lorsqu’un jour il se présentera dans la gloire, avec lui, princes de la terre, ils paraîtront aussi, glorieusement, à l’étonnement du monde. Ils régneront, triompheront. Tels de somptueux luminaires, ils orneront les cieux. Alors on pourra ressentir la joie révélée.[1] »

C’est l’Eglise de ceux qui ont été appelés, l’ecclesia, le corps du Christ sur terre, ceux qui suivent la voie de l’obéissance à Jésus, ses disciples.

Tiré de « le prix de la grâce » : Dietrich Bonhoeffer



[1] Extraits de La joie intérieure des chrétiens resplendit de Chr. Fr. Richter


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mardi 20 mai 2014

Appel à la résistance !

134 ans et pas une ride !

Le texte ci-dessous date de 134 ans. Il est un appel adressé à l’Eglise de Jésus-Christ à se préparer à affronter une persécution universelle. L’auteur pensait qu’elle allait se produire à son époque. C’est dire que les mots qu’il emploie sont particulièrement d’actualité. L’appel nous invite à nous assembler pour que la riposte que l’Eglise met en œuvre soit à la hauteur de la haine dont elle sera l’objet. C’est une riposte à la ressemblance de celle de Jésus sur la croix ! Lisez et gardez précieusement ce message ! Il se pourrait qu’il vous serve bientôt !

Appel divin à la résistance

Les commandements de l’amour du prochain et de l’absence de vengeance (Matthieu 5,43 à 48)

apparaîtront, dans le combat de Dieu vers lequel nous allons – et dans lequel nous sommes en partie déjà engagés depuis des années – avec une netteté particulière là où combattront d’un côté la haine, d’un autre côté l’amour. Il faut que, de toute urgence, chaque chrétien s’adapte sérieusement à ce fait. Le temps approche où quiconque confesse le Dieu vivant sera non seulement un objet de haine et de fureur – nous en sommes presque déjà arrivés là – mais où, uniquement à cause de cette confession, on l’exclura de la « société des hommes », comme on dit, où on le chassera de place en place, où on s’en prendra physiquement à lui, le maltraitant et, éventuellement, le mettant à mort… Une persécution universelle de tous les chrétiens approche, et, en fait, c’est là le véritable sens de tous les mouvements et de tous les combats de notre époque.

Les adversaires qui visent à l’anéantissement de l’Eglise et de la foi chrétienne ne peuvent coexister avec nous, parce que, dans chacune de nos paroles et de nos actions – bien qu’elles ne soient pas dirigées contre eux – ils voient, à juste titre, une condamnation de leurs paroles et de leurs actions ; cependant bien qu’ils sentent bien que nous ne nous informons absolument pas de la condamnation qu’ils prononcent à notre endroit, parce qu’il leur faut reconnaître eux-mêmes que cette condamnation est totalement impuissante et nulle, que nous ne nous situons donc nullement sur un plan de discussion et de querelle réciproques avec eux.

Comment mener ce combat ? Le temps approche où ce n’est plus comme individus isolés, mais ensemble en tant qu’Eglise de Dieu, que nous élèverons nos mains pour prier, où c’est par légions – même s’il s’agit de légions relativement bien petites, comparées aux millions d’apostats - que nous confesserons et glorifierons à haute voix le Seigneur, qui a été crucifié et est ressuscité, et son retour. Et quelle prière est-ce, quelle confession, quel hymne de louange !

C’est justement une prière d’amour profond, précisément pour ces hommes perdus qui nous entourent en nous regardant de leurs yeux exorbités de haine qui, peut-être, ont déjà levé la main pour nous porter le coup mortel ; c’est une prière en faveur de la paix de ces âmes égarées et bouleversées, troublées et dévastées, une prière pour qu’ils obtiennent le même amour et la même paix que ceux dont nous jouissons ; une prière qui pénétrera de force jusqu’à leur âme, se forcera un passage jusqu’à leur cœur d’une poigne autrement puissante que celle avec laquelle, poussant leur haine à fond, ils parviennent à se forcer un passage jusqu’à nos cœurs.

L’Eglise qui attend réellement son Seigneur, qui comprend le temps, avec les signes de la séparation finale qu’il comporte, doit aussi se lancer dans cette prière de l’amour, de toutes les forces de son âme, de toutes les forces réunies de sa sainte vie !


Tiré du livre : le prix de la grâce de Dietrich Bonhoeffer ! Citation de August Friedrich Christian Vilmar, théologien néo-luthérien allemand en 1880

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vendredi 28 février 2014

La réussite des méchants (4)

Réponses partielles

Nous avons vu les réponses qu’Asaph, Habakuk et Jérémie ont reçues de la part de Dieu au dilemme que
représentait pour leur foi la réussite des méchants. Utiles, ces réponses ne sont pourtant que partielles. Elles sont comme des traits de lumière qui sont donnés à ces hommes de foi jusqu’au moment où doit venir Celui qui est la lumière : Jésus-Christ ! Par Lui, tout l’éclairage dont nous avons besoin sur toutes les questions existentielles nous est donné. Les plus grands mystères nous sont dévoilés. Nous comprenons pourquoi nous sommes créés, pour quoi et pour qui Jésus a dû mourir, quel est le projet qui est poursuivi par Dieu derrière la rédemption… Nous comprenons aussi le caractère temporaire, arrêté, compté de la royauté du mal dont la vanité devra s’effacer pour toujours devant le règne éternel et lumineux de Dieu.

Pierre d’angle

Alors que l’hostilité des autorités religieuses était grandissante envers Jésus, celui-ci leur raconta une parabole qui n’allait pas arranger les choses. C’est la parabole des mauvais vignerons que voici :

Ecoutez une autre parabole. Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, y creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Lorsque le temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le produit de sa vigne. Les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre, et lapidèrent le troisième. Il envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers ; et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin, il envoya vers eux son fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais, quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage. Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent : Matthieu 21,33 à 39.

L’intention de Jésus est ici très claire. Il veut montrer à ses auditeurs que ce qui se passera bientôt  avec lui, sa condamnation suivie de son exécution, n’est rien d’autre que la continuité de l’histoire. En tout temps, le même scénario s’est répété. Aucun des prophètes que Dieu n’a envoyé n’a été populaire, bien reçu. Il en sera de même pour lui, le Fils.

Jésus ne terminera pas cette parabole sur cette simple analogie. Il la conclura par le rappel d’une vérité affirmée par les Ecritures :

Jésus leur dit : N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ; C’est du Seigneur que cela est venu, Et c’est un prodige à nos yeux ? : Matthieu 21,42

Jésus souligne ici un paradoxe, démontré lui aussi tout au long de l’histoire. Alors que le mal, et les opposants à Dieu semblent triompher, en réalité, à long terme, ce sont ceux qu’ils ont rejetés qui deviennent la pierre d’angle de l’histoire. La preuve la plus évidente en sera apportée par la résurrection de Jésus. Les autorités religieuses penseront s’être débarrassées définitivement de Jésus en le mettant à mort. Elles en seront pour leur frais. Une génération plus tard, Israël s’écroulait, tandis que l’Eglise, le peuple-témoin de Jésus se multipliait et envahissait le monde. La pierre d’angle de l’histoire était la pierre rejetée par les constructeurs.

Nuit ou lumière éternelle

C’est toujours le cas aujourd’hui. Le temple qui demeure, traverse le temps, résiste à toutes les agressions et subsiste pour l’éternité dans la gloire, est le temple de Dieu. Il est composé de toutes les pierres vivantes de la vie de Dieu, pierres souvent rejetées, mises de côté, inintéressantes pour le monde, mais précieuses et aimées de Dieu, dont Jésus, le Christ est le type par excellence. Les méchants peuvent aujourd’hui être plein d’arrogance. Celui qui est leur prince sait que ses jours sont comptés. Il sait qu’il n’en a plus pour très longtemps à parader. Ses jours sont pesés, comptés, comme les jours du système qu’il a bâti depuis des siècles. Le feu d’artifice final est prêt d’être tiré. Il laissera ceux qui se seront laissés éblouir par lui devant le silence d’une nuit éternelle.

Toute autre sera la réalité que partageront ceux qui auront le privilège d’être au bénéfice de la vie de Dieu. Cette vie, ils ne l’auront pas produite. Ils l’auront reçue ici-bas gratuitement, en réponse à leur foi. Ils n’ont pas aimé leur vie terrestre au point de craindre la mort. Sauvés par le Fils de Dieu, ils sont devenus ses frères, membres de sa famille. Ils partagent en éternité sa joie, sa vie, sa proximité avec Dieu, son Père. Ils ne sont plus habités par autre chose que la plénitude, l’émerveillement, un bonheur et une unité absolus. Tous les souvenirs désagréables ont disparu. Le mal n’a même plus sur leur être la force d’une cicatrice. Ils sont immergés en Dieu et leur esprit et leur cœur ne connaissent plus ni déchirement, ni vide, ni langueur. Ils sont entrés dans une communion ininterrompue avec l’Absolu, un état dans lequel la vie, la joie, la connaissance se multiplient de manière incessante dans des dimensions aux possibilités infinies. Ils sont rendus semblables à Dieu. Ils le voient face à face tel qu’Il est ! Ils sont en Lui totalement, définitivement !


Que représentent le mal et ses succès ? Une vapeur qui paraît pour un peu de temps et qui disparaît pour
toujours ! Quelle folie de s’y attacher, de le préférer à la grâce, l’amour rédempteur gratuit de Dieu manifesté en Jésus-Christ ! Heureux dès à présent ceux qui ont cru et meurent dans le Seigneur ! Ils entrent pour toujours dans le repos ! Ils ont part à l’arbre de vie duquel ils ont goûté le fruit déjà par l’Esprit qui était en eux ! Notre cœur aspire à les rejoindre et laisser là la pâle et triste imitation que la folie du monde voudrait offrir en échange ! Que Ton règne vienne bientôt, ô Dieu ! Que Ta volonté soit faite sur la terre comme dans les cieux !

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samedi 30 octobre 2010

De l'influence historique de l'Islam sur le christianisme

Jacques Ellul

Jacques Ellul (1912 – 1994), docteur en droit fut révoqué par le régime de Vichy et participa activement à la Résistance. Philosophe, théologien, Jacques Ellul est un penseur incontournable du XXème siècle, dont la lucidité est à redécouvrir. Dans son livre « la subversion du christianisme », il aborde un sujet peu étudié, celui de l’influence de l’Islam sur le christianisme dans l’histoire. Loin de l’optimisme béat de nos philosophes actuels sur la bonne influence que pourrait avoir un Islam intégré à nos sociétés, Ellul nous ramène aux fondamentaux de l’Islam et nous démontre de manière magistrale, au travers des faits de l’histoire, leur incompatibilité avec le judéo-christianisme qui a forgé les valeurs de l’Occident. Extraits !

Religion-politique-droit

Je crois qu’en tout point l’esprit de l’Islam est contraire à celui de la Révélation de Dieu en Jésus-Christ. Déjà le fait fondamental : Dieu ne peut pas être incarné. Dieu ne peut pas être autre chose que le juge souverain qui ordonne à sa volonté toute chose. Et puis l’intégration absolue de « religion-politique-droit. » L’expression de la volonté de Dieu se traduit inévitablement dans du droit. Il n'y a pas de droit qui ne soit religieux, inspiré par Dieu, et réciproquement, toute volonté de Dieu doit se traduire en termes juridiques.

Le fait que, dans l’Islam, le juriste soit théologien, va donner une impulsion énorme à la juridicisation de la chrétienté. Le droit canon se multiplie à l’image de ce qui se faisait en Islam. Et si tout n’a pas été absorbé, c’est que les féodaux, les rois, restaient très hostiles à cette croissance du pouvoir de l’Eglise. Mais l’esprit juridique pénètre fondamentalement l’Eglise, et j’affirme que c’est à la fois sous l’influence de l’Islam et en réponse à ce droit religieux islamique… Or, ceci est bien connu en Europe, la prétention du roi ou de l’empereur, dès ce moment, sera d’être non plus le bras séculier de l’Eglise, mais le titulaire du pouvoir spirituel… Le pouvoir royal devient religieux non seulement par alliance avec l’Eglise mais par influence de cet Islam, qui est encore beaucoup plus une théocratie que ne le fut jamais l’Occident.

La guerre sainte

Doublant cette importance majeure du pouvoir politique, il y a bien entendu l’importance, la glorification de la guerre pour répandre la foi. Cette guerre est un devoir de tout musulman. Il faut que l’Islam devienne l’Universel. Il faut étendre non pas tellement son pouvoir mais la vraie foi à tous les peuples en les contraignant par tous les moyens, et forcément la guerre… La guerre est inhérente à l’Islam. Elle est inscrite dans sa doctrine, elle est tantôt un fait de civilisation, tantôt un fait religieux mais ne peut pas en être séparée.

Quand l’Empire devient chrétien, la guerre est mal tolérée par les chrétiens. Elle reste, quoique menée par un empereur chrétien, douteuse et mal jugée. Elle est souvent condamnée… Pratiquement, les chrétiens vont rester critiques à l’égard de la guerre, jusqu’à la pénétration flamboyante de guerre sainte. Autrement dit, quelles que soient les atrocités qui se sont produites dans les guerres menées par des nations dites chrétiennes, la guerre est toujours en contradiction essentielle avec l’Evangile, et les chrétiens le savaient toujours, plus ou moins…

La fameuse histoire de Charlemagne convertissant par la violence et à peine de mort les saxons n’est que l’exacte imitation de ce que l’Islam faisait depuis deux siècles… L’idée de guerre sainte est directement issue du Djihad musulman… la croisade est l’exacte imitation du Djihad. Y compris, par exemple, le salut garanti, assuré ; celui qui meurt dans le Djihad va tout droit au Paradis. Et ceci sera repris par les Croisés. Ce n’est pas une coïncidence, c’est une très exacte identification… Lorsqu’on lutte contre un mauvais adversaire avec les mêmes armes, les mêmes moyens que lui, on s’identifie forcément à lui. La juste cause est inévitablement corrompue par de mauvais moyens.

De la condition de la femme

Des Islamistes modernes affirment que la femme est totalement l’égale de l’homme, qu’elle est totalement libre, que l’Islam a été un mouvement de libération de la femme. Toutefois on peut dire quand même que nulle part la femme n’a été plus asservie qu’en terre musulmane. Les mariages arrangés pour des petites filles, la femme réduite à être l’esclave de l’homme dans les familles pauvres, la femme dans le harem chez les riches, la femme sans aucun droit, n’ayant aucun bien : tout cela est indiscutable. Par ailleurs la fameuse question de savoir si la femme a une âme, est une question posée en réalité par des théologiens musulmans. Avant la question soulevée par des théologiens arabes, il n’a jamais été question de cette affaire dans le christianisme.

Esclavage

Les musulmans ont déporté vers l’Orient beaucoup plus d’esclaves noirs que les Occidentaux. Au XIème siècle, il y avait quinze grands marchés d’esclaves établis par les Arabes en Afrique noire, descendant à l’Est jusqu’en face de Madagascar, et à l’Ouest jusqu’au Niger. La principale marchandise de tout le commerce musulman, c’est l’esclave du Xème au XVème siècle. En outre, ils avaient commencé à pratiquer la politique, dont les marchands européens ont profité, consistant à dresser les chefs africains les uns contre les autres, pour qu’un chef fasse des prisonniers chez ses voisins et les revende comme esclaves aux marchands arabes. C’est en utilisant cette pratique établie depuis des siècles que les marins occidentaux ont obtenu aisément des esclaves. Bien entendu, le fait en lui-même est affreux et anti-chrétien, mais nous sommes bien en présence d’une influence directe de l’Islam sur la pratique d’Occidentaux qui n’avaient plus de chrétiens que le nom

Colonisation

Depuis une trentaine d’années on a attaqué le christianisme comme inspirant la colonisation, on a fait grief aux chrétiens d’avoir couvert l’invasion du monde, d’avoir justifié les pratiques capitalistes, et la formule selon laquelle le missionnaire ouvrait la porte aux marchands est devenue traditionnelle. Sans aucun doute, on a raison. Sans aucun doute, jamais des chrétiens conscients et sérieux n’auraient dû accepter l’invasion des peuples du « tiers-monde », l’appropriation de leurs terres, leurs réduction en semi-esclavage (ou leur extermination), la destruction de leur culture.

Mais qui a inventé la colonisation ? L’Islam. Indiscutablement. La colonisation est la pénétration par d’autres voies que militaires, la réduction des peuples soumis par une sorte de traité de façon à ce qu’ils fassent exactement ce que le dominant attendait. Pour l’Islam, il y a deux voies de pénétration, la commerciale et la religieuse. Exactement comme cinq cent ans plus tard les Occidentaux.

Conclusion

Pour terminer, précisons bien, pour qu’il n’y ait pas de malentendu. Je n’ai pas du tout cherché à excuser ce que les Européens ont fait. Je n’ai jamais cherché à faire retomber « la faute » sur quelqu’un d’autre, et à dire que « les coupables », ce sont les musulmans et non les chrétiens. Il s’agit d’expliquer un certain nombre de perversions dans la conduite chrétienne. J’en ai trouvé le modèle dans l’Islam. Ce ne sont pas les chrétiens qui ont inventé la guerre sainte ou le trafic d’esclaves. Leur immense culpabilité a été d’imiter l’Islam. Il s’agissait tantôt d’une imitation directe (on suivait l’exemple de l’Islam), tantôt d’une imitation inverse, c’est-à-dire que l’on faisait la même chose que l’Islam, mais pour le combattre (par exemple la croisade). Dans ces deux cas, le drame a été l’oubli complet de la vérité de l’Evangile, le renversement de l’éthique chrétienne, au profit d’un comportement qui paraissait de toute évidence plus efficace.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 20 mars 2010

Jacques Le-Febvre d'Etaples : un picard trop peu connu... (1)

Un homme trop méconnu

Jacques le-Fèvre d’Etaples devrait, au moins, être connu de tous les protestants français. Il occupe une telle place dans l’histoire de la révolution religieuse qui s’est produite au XVIème siècle qu’il apparaît comme un personnage incontournable. S’il n’est pas compté au nombre des réformateurs, il fût sans conteste l’un de ceux qui, par son influence, leur ouvrit la route.

Portrait

Jacques Le-Febvre naquit en 1455 à Etaples, petit bourg de Picardie. Pour les uns, sa famille était pauvre, pour d’autres aisée. Tous s’accordent à reconnaître cependant en lui, dès l’enfance, une belle intelligence, une âme noble, un cœur droit. Les détails sur ses premières années de vie nous manquent. Nous savons seulement qu’en 1490, il était à Rome où il séjourna jusqu’en 1492. C’est là qu’il étudia à la fois le latin et le grec, ce qui était rare à l’époque.

Le-Febvre s’était voué à l’état ecclésiastique par goût et aussi parce que c’était la seule ressource des roturiers qui désiraient s’instruire. De Rome il alla à Paris, où il fut nommé professeur de philosophie. Un auditoire nombreux se pressa autour de sa chaire, ravi d’entendre un homme qui savait rendre la science aimable et enseigner sans pédanterie. Pour ces raisons, au lieu d’admiration, il dut faire face à l’hostilité de ses collègues qui ne manquèrent pas de lui causer maintes tribulations qu’il supporta avec une patience admirable.

Un érudit

A cette époque, Le-Fèvre était connu sous le nom du docteur d’Étaples, par allusion au lieu de sa naissance. Son érudition était telle qu’il passait alors pour l’homme le plus savant et le plus éclairé de son temps. Le bon roi Louis XII l’honorait de son estime, ainsi que ses courtisans, fiers de posséder à Paris un homme d’un si grand mérite. Il dut à leur admiration de couler, pendant longtemps, des jours heureux, malgré les attaques de ses nombreux ennemis, qui ne lui pardonnaient pas sa gloire. Parmi ceux qui lui montrèrent une grande bienveillance, il faut placer en première ligne Guillaume Briçonnet, abbé de Saint-Germain-des-Prés, et depuis évêque de Meaux. C’était un homme doux, aimable, pieux mais faible. Il s’attacha à Le-Fèvre et se déclara ouvertement son protecteur. Le prélat devint l’ami du docteur et l’appela dans son diocèse pour y exercer les fonctions de grand vicaire.

Situation religieuse de l’époque

Le-Febvre vivait à une époque où la foi chrétienne s’était perdue. Les prêtres étaient ignorants, les évêques corrompus, le peuple superstitieux, la Bible aussi inconnue que le Coran. A la place de cette belle Église primitive, si sainte, si éclairée, on avait une Église qui ne connaissait, ni le Christ, ni sa parole. Un culte matériel avait remplacé le culte en esprit et en vérité. Au milieu de ces épaisses ténèbres pénétra soudain un brillant rayon de soleil. Le printemps succéda à l’hiver, et l’on vit tout à coup se réveiller, en France, le goût des lettres, des arts et des sciences. L’imprimerie, qui venait d’être découverte, donna une vive impulsion à ce beau mouvement auquel on donna le nom de Renaissance.

Plus, et mieux qu’un autre, Le-Febvre devait se réjouir à la vue de cette jeunesse intelligente, studieuse, avide d’apprendre, et des rangs de laquelle sortirent ces lettrés, ces savants, et ces artistes, qui immortalisèrent le règne de François Ier. Au milieu d’eux, Le-Febvre était comme un père, il encourageait leurs efforts, et quoique très âgé, il était le premier, par le zèle, la science et la piété. Pendant longtemps cependant il ne put faire briller, devant eux, le flambeau de l’Évangile. Pour lui, comme pour tous ses contemporains, la vérité chrétienne était alors un trésor caché. Le-Febvre était donc catholique, un catholique pieux, sincère, droit. Comme il croyait que l’homme se sauve par ses œuvres, il s’efforçait de faire celles dont l’Église romaine fait dépendre le salut : chaque jour il disait dévotement sa messe, récitait les litanies des saints, se soumettait à de longs jeûnes, et s’administrait la discipline.

Tous ces exercices corporels ne lui donnaient pourtant pas la paix. Son cœur était donc plein de tristesse. mais Le-Febvre ne se décourageait pas. Il nourrissait l’espérance que Dieu aurait pitié de lui ; et Dieu, qui se révèle toujours à celui qui le cherche sincèrement, lui répondit. Attirant son regard sur la Bible, il trouva la source où le pécheur puise son salut.



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 2 mai 2009

Les nouveaux martyrs

Sonnette d'alarme

C’est sous la plume de Raphaël Delpard que vient de sortir aux Editions Michel Lafon un livre alarmant sur un phénomène quasiment ignoré de la presse internationale : la persécution des chrétiens aujourd’hui dans le monde. « En actionnant la sonnerie, dit l’auteur, je n’agis pas par militantisme chrétien : je suis athée, mais poursuis un combat commencé avec d’autres livres en faveur des droits de l’homme et de la préservation de la dignité des individus… Devant l’importance du problème, l’ampleur du drame qui se joue sous ses yeux, le peuple occidental, avec toutes ses composantes religieuses et politiques devraient être debout, uni dans le même combat, laissant pour une fois clivages et rivalités de côté. Parce qu’il y va de notre salut à tous. Nous taire et ne pas agir, c’est accepter l’effacement des chrétiens de certains pays comme s’il s’agissait d’un événement inévitable ; or nous devons le savoir : leur disparition pourrait entraîner aussi, et d’une façon irréversible, celle de l’Occident tout entier. C’est l’objectif revendiqué par les islamistes. L’enjeu est donc de taille, et le défi important à relever.»

La carte de la persécution

Selon l’Association Portes Ouvertes, qui œuvre depuis des décennies au service de l’Eglise persécutée, 150 millions de chrétiens de différentes confessions seraient victimes, à des degrés divers, de persécutions dans le monde. Le palmarès des 10 pays les plus violents et les plus hostiles au christianisme s’établit comme suit : vient en tête la Corée du Nord suivie de l’Arabie Saoudite, de l’Iran, l’Afghanistan, la Somalie, les Maldives, le Yémen, le Laos, l’Erythrée et l’Ouzbékistan. Pour la petite histoire, un reportage a montré que plusieurs des réfugiés qui occupent la « jungle » de Calais sont des chrétiens érythréens qui ont fui leur pays d’origine à cause de leur foi. Il devrait être normal qu’un pays de droit comme la France leur accorde au moins l’asile politique.

Des violences extrêmes

Même si c’est au régime mégalomane de Corée du Nord que la palme de la persécution revient, de manière générale, il apparaît que ce sont les chrétiens d’origine musulmane qui souffrent le plus. Des rapports effrayants et quotidiens font ainsi état partout dans le monde d’une recrudescence sans pareille de viols, de violences et d’enlèvements destinés à forcer ces convertis à leur foi d’origine. Citons quelques cas relevés par Raphaël Delpard :

« Au Nigeria, une institutrice chrétienne est lapidée jusqu’à la mort devant l’école où elle enseignait, accusée par une élève d’avoir touché son cartable dans lequel se trouvait un exemplaire du Coran… Le 7 avril 2007, la jeune Doua al-Aswad, jeune adolescente kurde, est assassinée sur ordre d’un tribunal et avec le consentement de ses parents pour s’être convertie au christianisme. L’exécution de la sentence par des hommes fous qui continueront à s’acharner sur son corps mort sera filmée et fera, par Internet, le tour de la terre… En Egypte, l’appartenance à la religion fait partie des éléments devant figurer sur la carte d’identité. Plusieurs jeunes filles chrétiennes témoignent qu’il leur est impossible de suivre des cours universitaires pour la seule raison qu’elles ne sont pas musulmanes… »

Les pays islamistes n’ayant guère envie que les organisations attachées aux droits de l’homme se penchent sur la persécution des chrétiens, tentative a été faite lors de la dernière conférence de Genève sur le racisme (Durban II) d’imposer, pour cause de discrimination, une clause de délit de diffamation des religions. Plusieurs ONG de défense des chrétiens persécutés ont profité des moments informels pour alerter les membres présents du vécu des minorités chrétiennes dans le monde et, plus particulièrement, en terre islamique. Sensible à la cause des nouveaux martyrs, je ne peux que me réjouir du fait que, malgré les pressions, ce nouveau délit de diffamation des religions n’ait pas été retenu.

Le Soudan

Je ne peux terminer cet article sans évoquer le cas particulier du Soudan, relevé aussi par le livre de Raphaël Delpard. Un élément méconnu d’importance est, en effet, la plupart du temps occulté par les commentateurs du drame du Darfour, élément pourtant relevé à maintes reprises par des organisations telles que l’UNICEF ou la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Cet élément fondamental est d’ordre religieux. Il est dans l’expression de haine viscérale que vouent les Arabes blancs musulmans du Darfour envers les Arabes soudanais chrétiens et noirs. De 2000 à 2007, un flux important de migrants a ainsi quitté le pays pour frapper à la porte d’Israël, via l’Egypte, posant à l’état hébreu un véritable problème d’accueil pour tous ces demandeurs d’asiles.

De façon inquiétante, l’agressivité de l’islamisme se conjugue avec la souffrance de nouveaux martyrs. Manifestement, les leçons de l’histoire, plus particulièrement celles vécues du temps de l’empire romain, n’ont pas été apprises. Selon l’expression célèbre de Tertullien, un des pères de l’Eglise, « le sang des martyrs est toujours quelque part une semence de chrétiens. » En témoigne, par exemple, Mosab Hassan Youseb, ancien membre du Hamas, devenu chrétien réfugié aux Etats-Unis, qui a définitivement tourné le dos à l’Islam, écoeuré par les atrocités commises par ses anciens coreligionnaires. Tous les jours, bravant les menaces, de nouvelles personnes, partout dans le monde, continuent à adhérer au christianisme. Pour autant, cela ne dédouane ni les coupables d’atrocités envers les chrétiens, ni le silence passif de nos démocraties qui, la plupart du temps, font comme si de rien n’était.



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 25 avril 2008

Parabole

Faible commencement

Sur une côte dangereuse où les naufrages sont fréquents, il y avait un petit poste de sauvetage rudimentaire. La construction n’était qu’une hutte, et il n’y avait qu’un seul canot, mais les quelques sauveteurs dévoués y surveillaient constamment la mer et partaient inlassablement sur les flots à la recherche des naufragés. Bien des vies furent sauvés par ce merveilleux petit poste.

Extension

Certains de ceux qui avaient été sauvés voulurent s’associer au poste pour en soutenir le travail en lui consacrant leur temps, leur argent et leurs efforts. On acheta de nouveaux canots et on forma de nouveaux équipages. Le petit poste de sauvetage se développa.

Amélioration

Certains sauveteurs attachés au poste se désolaient que le bâtiment fût si rudimentaire, et si pauvrement équipé. Ils estimaient qu’un endroit plus confortable devait servir de premier refuge aux naufragés arrachés à la mer. Ils remplacèrent donc les couchettes de fortune par des lits et garnirent d’un meilleur mobilier le bâtiment agrandi.

Désormais le poste de sauvetage devint un lieu de réunion assidûment fréquenté par les membres, comme une sorte de club. Il y avait moins de membres désireux de prendre la mer pour des missions de sauvetage, et ils louèrent les services d’autres équipages de sauveteurs pour faire ce travail.

Tenue correcte exigée

Vers cette époque, un grand navire fit naufrage au large de la côte, et les sauveteurs loués ramenèrent à terre des canots chargés de gens frigorifiés, trempés, à demi noyés. Ils étaient sales et malades. Le beau club tout neuf était en plein chaos. Aussi le comité de gestion immobilière fit-il construire des bains-douches à l’extérieur du club, où les naufragés pouvaient se nettoyer avant d’entrer.

Division

Au cours de la réunion suivante, une scission se produisit entre les membres du club. La plupart voulaient mettre fin aux activités de sauvetage du club, qu’ils jugeaient désagréables et gênantes pour la vie sociale normale du club.

Quelques membres insistèrent pour que le sauvetage fût maintenu comme étant leur but primordial. Ils firent observer que leur établissement était toujours appelé un poste de sauvetage. Mais ils n’étaient qu’une minorité et on leur dit que, s’ils tenaient à sauver toutes les victimes des naufrages, ils n’avaient qu’à créer leur propre poste de sauvetage plus loin sur la côte. C’est ce qu’ils firent.

Histoire sans fin

Au fil des ans, ce nouveau poste subit les mêmes changements que le premier. Il se transforma en club, et un troisième poste de sauvetage fut fondé. L’histoire continua à se répéter, et, si vous visitez aujourd’hui cette côte, vous y trouverez une série de clubs très chics le long du rivage. Les naufrages sont fréquents dans ses eaux, mais la plupart des naufragés se noient...

Explication

Lisez l’histoire de l’Eglise (voir libellé Eglise) à la lumière de l’histoire du poste de sauvetage et vous comprendrez l’une des raisons de son fractionnement historique !





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lundi 26 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Actes 4


Le protestantisme (suite)

Le protestantisme, soulignons-le, n’a jamais eu comme but au départ de former une Eglise concurrente à l’église catholique. Tous les réformateurs, malgré leurs discours vigoureux, gardaient l’espoir de réformer l’Eglise et de redonner à la Bible sa place centrale dans la foi. C’est le refus obstiné des autorités ecclésiastiques, soucieuses de conserver leurs privilèges et leur pouvoir sur les âmes qui consommèrent la rupture. Nous pouvons nous poser la question de ce que serait devenu le christianisme sans ces mouvements permanents de protestation qui mirent l’Ecriture Sainte à la portée de tous.

Le protestantisme sur le plan politique et social est le mouvement qui a le plus contribué aux libertés dont nous jouissons encore aujourd’hui. Défenseur dès avant l’heure de la séparation des pouvoirs spirituels et temporels (de l’Eglise et de l’Etat), il est porteur en son sein de la liberté de conscience et de pensée propre à chaque individu. Son fractionnement en multiples branches qui, de l’extérieur, peut paraître regrettable, témoigne de la liberté d’interprétation des textes qui l’anime. De la liberté d’interprétation est née la liberté d’action qui donna naissance à de nombreux mouvements de charité et de contestation pacifiques :

- abolition de l’esclavage (William Wilberforce)
- Armée du salut (William Booth),
- orphelinats (Georges Mûller), Croix Rouge (Henri Dunant),
- égalité des races (Matin Luther King).

Si les œuvres du croyant ne sauraient suffire pour lui assurer son salut, elles témoignent par contre de l’amour qu’Il a reçu du Christ et qui le porte à aimer son prochain. L’évangélisation, la mise à la portée de tout homme du message de l’Evangile reste la priorité des mouvements missionnaires protestants et évangéliques aujourd’hui dans le monde (Société Biblique, Ligue pour la lecture de la Bible, Mission Wyclif pour la traduction de la Bible…).

4ème période : 1792 à nos jours : l’Eglise missionnaire

Les traductions et l’impression de la Bible en langue populaire ne cessant de grandir, de nombreux réveils spirituels se produisirent un peu partout en Europe et propulsèrent l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre, accomplissant ainsi l’ordre dernier du Christ à Ses disciples :

Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit, et enseignez-leur tout ce que je vous ai prescrit.

On estime aujourd’hui que seulement 3 % des hommes de la planète n’ont pas la possibilité de lire la Bible dans leur propre langue. Après l’Europe et l’Amérique, l’Afrique et l’Asie sont aujourd’hui les continents où l’Evangile progresse le plus vite.

Conclusion :

1. La norme de l’Eglise, c’est la Bible
2. Dans la Bible, nous ne trouvons que des églises de professants (de personnes qui adhèrent avec leur cœur au Christ et le reconnaissent comme leur Sauveur)
3. Les églises de multitude sont liées au système constantinien (à l’empereur Constantin qui voulut imposer le christianisme comme la religion de l’empire)
4. L’ère de la chrétienté est révolue : finie l’adhésion au christianisme par contrainte
5. Les églises restées fidèles au système multitudiniste ne peuvent qu’aller de crise en crise
6. C’est au travers des églises de professants qu’au cours des siècles le flambeau de l’Evangile s’est transmis de générations en générations
7. A l’aube du XXIème siècle, l’Eglise se retrouve dans les conditions semblables à celles du 1er siècle, c’est-à-dire face à une population et une civilisation non-chrétienne
8. L’Eglise ne disparaîtra jamais de ce monde… tant que le Christ ne reviendra pas pour chercher les Siens
9. Plus le temps avancera, plus se fera la distinction entre les vrais et les faux croyants, entre les chrétiens de nom et ceux de cœur, entre la fausse église que la Bible appelle "la grande prostituée" et l'Eglise véritable, l'Epouse du Christ.

Jésus préférait de beaucoup un petit noyau d’hommes affermis dans la foi, et résolus d’accepter les renoncements qu’elle impose, à ces multitudes dont le lien avec Lui n’était qu’apparent : Frédéric Godet


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mardi 20 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Acte 3




3ème période : L’Eglise en crise : la Réforme

1) les précurseurs :

Pendant 12 siècles, l’Eglise catholique connaît des heurs et des malheurs nombreux. Rome est la capitale chrétienne du monde connu et régente plusieurs royaumes au monde. Sa puissance est énorme et son hégémonie incontestable. Une succession de papes scandaleux suscite une importante vague d’indignation (on parle au Xème siècle de « pornocratie » pour décrire l’état de la chrétienté). Mais, solidement ancrée dans de puissantes familles d’Europe, l’administration romaine ne chancelle pas. Il faudra la convergence de plusieurs évènements historiques pour entraîner un mouvement qui allait redonner au christianisme primitif ses lettres de noblesse. 3 hommes sont reconnus comme les précurseurs principaux de la Réforme :

a) Pierre Valdo :

Riche marchand de Lyon, il découvre la Bible et se convertit de façon radicale à Jésus-Christ en 1175. Dès lors, il partage ses biens et se consacre à la traduction de la Bible en français. Il finance des copies et se fait prédicateur pèlerin. Il rassemble des disciples dans un large mouvement appelé vaudois. Il est excommunié lors du concile de Vérone en 1184.

b) John Wyclif :

C’est un théologien enseignant à Oxford. En 1370, il développe ses idées selon lesquelles Dieu exerce directement, sans l’intermédiaire du pape, son droit éminent sur la terre. Les rois ont des comptes à rendre à Dieu et non au pape. L’Eglise ne peut être pour lui un royaume ou un système de ce monde. Elle est invisible « dans les cœurs des chrétiens en état de grâce. » Bien avant Luther, il s’indigne contre le trafic des indulgences qui permet de monnayer sa place au ciel. Pour lui, le péché est payé au travers de l’expiation du Christ, et seul Dieu pardonne. Après sa mort naturelle, le pape Martin V condamnera les écrits de Wyclif le déclarant hérétique et fera exhumer en 1428 ses ossements pour les brûler.

c) Jan Hus :

Admirateur de Wyclif, il travaille à réformer l’Eglise catholique en restaurant l’esprit évangélique chez les chrétiens. Ordonné prêtre en 1400, il est un brillant prédicateur qui attire des foules. Il dénonce la richesse corrompue de l’Eglise qu’il oppose à la pauvreté du Christ. Pour lui, l’Evangile est la seule règle infaillible et suffisante de la foi. Il entreprend de traduire la Bible en tchèque pour que chacun ait accès au texte sacré. Cité à comparaître devant le concile de Constance, il est arrêté dès son arrivée, emprisonné puis torturé. Refusant de renoncer à ses idées, il est finalement brûlé vif en 1415. Ses cendres sont jetées dans le Rhin.

2) les deux grandes figures de la Réforme :

Les 3 idées majeures des précurseurs : traduire la Bible en langue vulgaire, minimiser le pouvoir clérical, retourner à la simplicité évangélique, vont trouver d’autres lieux et d’autres hommes pour les porter.

a) Martin Luther : 1483 –1546

Issu d’une famille modeste du milieu paysan, Martin Luther connaît une enfance rude et tumultueuse. Studieux, il sait ce qu’est l’effort et la valeur du travail pour arriver à la réussite. Un jour, surpris par un orage très violent, il fait vœu à Dieu de Le servir s’Il le protège. Après l’orage, Luther tient parole et se fait moine dans l’ordre mendiant des ermites de Saint-Augustin (1505). La règle est sévère et le jeune homme s’y plie. Pour combattre ses instincts et ses pulsions d’homme, il se mortifie. A 24 ans, il célèbre sa première messe et à 29 ans il devient docteur en théologie dans l’université de Wittenberg.

La crise de Luther vient au moment où il enseigne à ses étudiants l’épître de Saint Paul aux romains. Taraudé par la réalité du péché et de sa nature mauvaise malgré les privations, jeûnes, mortifications, prières qu’il s’impose, il trouve la réponse à son angoisse en Romains 3,21 à 24 : Dieu rend gratuitement les hommes justes à Ses yeux par la foi en Jésus-Christ ! Luther délivré va redonner vie à cette vérité centrale de l’Evangile longtemps mise sous le boisseau : le salut n’est pas une question de mérite du chrétien, mais un geste gratuit offert par Dieu à quiconque reconnaît en Jésus-Christ son Sauveur qualifié.

Mais l’inutilité des œuvres du croyant pour son salut est un message que l’Eglise ne veut pas entendre. Tout son pouvoir est édifié sur les actions des croyants dont elle bénéficie et sur les dons qu’elle réclame aux fidèles pour leur salut. Justement en 1517, une nouvelle campagne de vente de lettres d’indulgence est organisée par le pape dans tous les pays d’Europe pour collecter des fonds. Le moine Tetzel, envoyé du Vatican, arrive en Allemagne. Il spolie les plus pauvres sous prétexte que l’argent donné peut faire sortir plus vite les âmes emprisonnées au purgatoire (qui bibliquement n’existe pas). Scandalisé, Luther affiche sur la porte du château de Wittenberg le 31 Octobre 1517 ses 95 thèses sur les vertus des indulgences et se lance dans une discussion publique à ce sujet.

Ces thèses font l’effet d’une bombe ! L’affichage a eu lieu la veille de la Toussaint, jour où le duc de Wittenberg expose des reliques qu peuvent aussi accorder des indulgences à ceux qui viennent les voir. Deux camps se forment : un pour le pape, l’autre pour les idées de Luther. Convoqué par le pape, sommé de se rétracter, Luther dira : « Je suis dominé par les Saintes Ecritures et ma conscience est liée par la Parole de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il est dangereux d’agir contre sa conscience. » Luther brûle à l’entrée de la ville la bulle papale qui l’excommunie. Enlevé par l’électeur de Saxe pour le protéger, il va développer et répandre de plus en plus ses idées grâce notamment à l’imprimerie qui vient juste d’être découverte. Il enseigne :
- l’intelligibilité immédiate de la Bible pour les cœurs bien disposés et le droit d’interprétation pour tout chrétien
- le caractère invisible de l’Eglise véritable ; elle ne peut être un système de pouvoir politique du monde
- la fausseté du célibat des prêtres (imposé en 1074 pour des raisons financières). Luther se mariera avec Catherine von Bora, ex sœur d’un couvent.
- L’abolition des sacrements. La Cène est commémorative.
- L’autorité unique de la Bible en matière de foi. (Sola scriptura)

b) Jean Calvin : 1509 – 1564

Né à Noyon en Picardie, Calvin fait déjà partie de la 2ème génération du protestantisme. Il adhère aux idées de la Réforme avec beaucoup d’autres étudiants très cultivés. Evangéliste et communicateur hors pair, Calvin a le don inné de rendre claire les vérités théologiques les plus difficiles. Sa formation de juriste sera des plus adaptées pour plaider la vérité biblique. Il rédige pour son ami Nicolas Cop, recteur d’université à la Sorbonne, un discours audacieux qui l’oblige à quitter Paris pour se réfugier à Bâle.

De 1535 à 1559, il rédigera l’Institution chrétienne, l’œuvre magistrale de sa vie qu’il dédie à François 1er. Pressé par Guillaume Farel de venir à Genève, il y restera 20 ans pendant lesquels il va fonder la réforme calviniste. Sa doctrine s’attache à la Bible seule, révélation de Dieu écrite. Il insiste sur la grâce de Dieu et sur le fait que tout chrétien peut avoir maintenant l’assurance de son salut. Il abolit la hiérarchie épiscopale. L’église est administrée par un conseil d’anciens. Il retire du calendrier les fêtes catholiques pour ne garder que les célébrations véritablement chrétiennes : Noël, Pâques, Pentecôte et le dimanche. Il écrira de multiples commentaires sur le Nouveau Testament et sur certains livres de l’Ancien. Il meurt épuisé par le travail à 55 ans, sans laisser d’héritier ni fortune personnelle. Nul ne sait où il est enterré.

3) les conséquences de la Réforme :

La Réforme ne divise pas seulement la chrétienté en deux camps, mais également les nations européennes jusqu’alors toutes catholiques. L’Allemagne, l’Ecosse, la Suisse, l’Angleterre, les pays scandinaves, une partie de l’Europe centrale et de la noblesse française se démarquent de plus en plus de l’autorité souveraine de Rome. Paul III convoque un concile à Trente en Italie du Nord. Le pape est prêt d’entreprendre une réforme de la discipline et des mœurs au sein de l’église. Mais le concile refuse de revenir sur la doctrine de l’Eglise catholique. Il interdit la lecture de la Bible en langue vulgaire, proclame le principe de la justification par les œuvres, confirme la doctrine du purgatoire, le culte des saints, des images et des reliques, sans oublier l’usage des indulgences. Le pape se proclame autorité ultime en matière de foi et de décision sur l’Eglise. Ce sera le début des guerres de religion, marquées en France par l’affreux massacre de la nuit de la Saint-Barthélémy, les dragonnades, les tribunaux de l’Inquisition, l’assassinat de Henri IV et la Révocation de l’Edit de Nantes. Les temples sont détruits, le culte protestant interdit. Les protestants s’exilent, sont envoyés aux galères ou en prisons. Des milliers fuient vers la Hollande, l’Angleterre, la Suisse et l’Allemagne provoquant la plus grande saignée intellectuelle et économique de l’histoire de la France (on estime que 48% de la population était alors protestante).

La radicalisation de l’Eglise catholique va avoir une autre conséquence fâcheuse pour le protestantisme de Luther. Le triomphe politique de ses idées va le pousser à maintenir le principe de l’union de l’Eglise et de l’Etat comme moyen approprié de convertir ou punir ceux qui refusent la nouvelle autorité ecclésiastique. Luther revient dans sa vieillesse sur plusieurs positions prises au début de la Réforme. Il conserve le principe de la régénération par le baptême des enfants, dispensant les âmes de la nécessité de la foi individuelle. L’église de professants redevient de plus en plus une église de multitude, ce qui va provoquer la montée en puissance d’un nouveau mouvement : les anabaptistes, ancêtres des évangéliques.

4) La Réforme dite dissidente :

Des compagnons de la 1ère heure des réformateurs en Suisse conçurent le plan de fonder une église totalement séparée de l’Etat. Ils s’opposent par conséquent au baptême des enfants et rebaptisent leurs adhérents à l’âge adulte, en pleine connaissance de cause (d’où leur nom anabaptistes ou rebaptiseurs). Persécutés à la fois par les catholiques et les protestants, ils se multiplient pourtant en Suisse, Allemagne et en Bohëme. Leur théologien le plus célèbre à l’époque sera Menno Simmons, ancien prêtre converti. Ils forment, avec les luthériens et les réformés calvinistes, la 3ème composante du protestantisme et celle qui se développe le plus rapidement aujourd’hui.



L'hérétique n'est pas celui qui se sépare de l'Eglise établie, mais celui qui s'écarte de l'Evangile : Jean Calvin, réformateur français picard

Bibliographie : ouvrages consultés
- Oui, nous sommes protestants : Eric denimal : Presses du Chatelet
- Précis de l'histoire de l'Eglise : Jules-Marcel Nicole : Institut Biblique de Nogent
- L'Eglise ignorée : E.H Broadbent : Collection Chrétien d'or



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mardi 13 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Actes 2



2ème période : l’Eglise dominatrice : 313 à 1517

Jusqu’en 313, l’Eglise a quelquefois été tolérée tacitement, mais elle était toujours menacée de persécutions, et souvent persécutée. L’hostilité entre elle et le monde était visible. Dès 313, les persécutions cessent. L’Eglise sera favorisée par l’Etat, puis unie à ce dernier. Jusqu’en 313, l’Eglise se composait d’adhérents librement convaincus. Dès 313, l’Eglise étant unie à l’Etat, on aura tout avantage à entrer dans l’Eglise. Bientôt, il sera même dangereux de ne pas en faire partie. Aussi l’Eglise cesse d’être une église de professants, et devient une église de multitude. Du même coup, les erreurs et les pratiques dangereuses de l’époque précédente s’accentuent et se développent.

Ainsi, bien que les points principaux de la doctrine chrétienne au sujet du Christ sont maintenus au milieu de controverses incessantes par des hommes d’exceptionnelles qualités (Saint-Augustin, Jérôme, Athanase, Basile le Grand…), la lumière du simple Evangile est de plus en plus obscurcie :


- de nombreuses idées des cultes païens envahissent l’Eglise : pèlerinages, processions, reliques, culte païen de la Mère et de l’enfant (en Baylonie Sémiramis et son fils Nimrod ; en Inde, Isi et son fils Iswara ; en Egypte, Isis et son fils Osiris ; en Asie mineure, Cybèle et son fils Decius, en Grèce, Irène et son fils Plutus ; à Rome, Fortune et son fils Jupiter Puer), etc


- l’autorité de la Bible est obscurcie par celle de l’Eglise. Bientôt les fidèles n’ont plus accès au texte sacré. Seul le clergé possède la connaissance juste. On enseigne alors que « hors de l’église catholique, il n’y a pas de salut. » La confession de ses péchés aux prêtres remplace la confession directe à Dieu.


- la doctrine de la grâce obtenue par la foi seule est obscurcie par la notion du mérite des œuvres et de la valeur des sacrements


- la notion de la médiation unique du Christ-Jésus pour arriver à Dieu est obscurcie par le culte des saints.


- la spiritualité chrétienne personnelle est obscurcie par une liturgie et un faste de plus en plus pompeux


- partout la moralité baisse et les ambitions personnelles et la soif de pouvoir priment.

C’est l’époque de l’essor de la papauté à laquelle Saint-Augustin lui-même, considéré comme le père de l’église catholique, cherchera à mettre un frein : « Emportons du milieu de nous, dira-t-il, tous nos papiers et tous nos livres et que le livre de Dieu seul s’avance. Quelqu’un me demandera-t-il : Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que l’on prouve quoi que ce soit par des documents humains, mais par des oracles de Dieu. Il ne faut pas penser comme les évêques catholiques s’ils pensent quelque chose qui soit contraire aux Ecritures canoniques de Dieu. »



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mercredi 7 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : acte 1


1ère Période : L’Eglise persécutée : de 30 à 313

1) L’Eglise primitive :

C’est l’Eglise née à la Pentecôte, constituée de tous ceux qui, après avoir cru en Jésus comme leur Sauveur personnel devant Dieu, ont reçu le Saint-Esprit. Son message est simple et on le retrouve présent dans tous les discours des apôtres dans les Actes.


"Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié : Actes 2,36
Le salut ne se trouve en aucun autre que Jésus-Christ, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés : Actes 4,12
Tous les prophètes Lui rendent ce témoignage : quiconque met sa foi en Lui reçoit par son nom le pardon des péchés Actes 10,43 »

Pour les premiers chrétiens, il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme, celui qui est à la fois Dieu et homme, Jésus-Christ. Le moyen de salut est lui aussi unique. Il est un don que Dieu fait gratuitement à chacun par Jésus-Christ. Il ne peut être ni gagné, ni mérité, mais reçu uniquement au moyen de la foi.

La procédure pour entrer dans l’Eglise est toujours la même. Il y a :


- la prédication qui suscite la foi : Romains 10,17 : la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole du Christ. La foi est la réponse personnelle de l’homme à l’offre d’amour et de grâce que Dieu lui fait en Jésus-Christ. Elle inclut la repentance, qui est le fait de se détourner de son ancienne vie sans Dieu et de se tourner vers le Christ pour vivre une vie nouvelle.
- l’Esprit-Saint est donné à chaque croyant en retour de la foi : Actes 10,44. Pierre était encore en train de parler quand l’Esprit-Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la Parole (ce qu’on appelle la nouvelle naissance : Jean 3,3)
- Les nouveaux croyants sont baptisés au nom de Jésus-Christ (ou de la Trinité), en guise de témoignage et d’affirmation de leur foi. Actes 10,47 : Peut-on refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit-Saint comme nous ?

Il est à noter ici
- que jamais une seule fois la Bible ne mentionne un baptême pour des nourrissons ou des enfants qui ne sont pas en âge de saisir les réalités spirituelles qu’il signifie.
- que jamais une seule fois le baptême ne précède la compréhension des vérités qui suscitent la foi.

L’organisation de l’église est des plus simples. Elle s’organise :


- dans les maisons des particuliers : Romains 16,5 : saluez l’église qui est dans leur maison. L’église est l’assemblée des fidèles, pas un bâtiment.
- Localement : il n’y a aucune centralisation. Les assemblées entretiennent des liens fraternels de solidarité et d’échange de serviteurs de Dieu, mais ont leur autonomie propre : Colossiens 4,16 ; 2 Corinthiens 8,1
- Elles fonctionnent sous la direction d’anciens (évêques), choisis par les fidèles pour leurs qualités spirituelles et morales, obligatoirement mariés et pères de famille : 1 Timothée 3,1 à 7, par l’exercice de ministères reconnus par tous : Ephésiens,11 ouverts, pour certains, aux femmes : diaconesses, prophétesses… Romains 16,1 ; Actes 21,9
- La Cène, repas commémoratif de la mort de Jésus, est prise lors de repas fraternels d’abord chaque fois que les croyants se retrouvent, puis tous les dimanches.

C’est ce modèle que les églises évangéliques d’aujourd’hui veulent suivre.

P.S : C’est à Antioche que, comme un sobriquet, on donnera pour la 1ère fois aux disciples du Christ le nom de chrétiens : Actes 11,26

Combats :

Dès l’origine du christianisme et alors même que les apôtres de Jésus sont toujours là, apparaissent déjà les premières hérésies : fausses idées sur le Christ (Sa Personne, Sa résurrection, l’époque de Son retour glorieux…) auxquelles s’ajoutent des luttes de personnes (exemple : 3 Jean v 9 et 10) et de nombreuses situations de désordre moral. Elles susciteront de la part des apôtres une abondante correspondance vers les églises locales nouvellement implantées dont les textes majeurs ont été retenus dans le canon de l’Ecriture et forment le Nouveau testament.

2) L’Eglise des martyrs :

Alors que l’Eglise ne cesse de se développer sous l’impulsion des missionnaires et des témoins du Christ, 10 empereurs romains au moins persécuteront les chrétiens et les livreront à la mort. Les martyrs sont nombreux, mais comme le dira Tertullien : notre sang est une semence de chrétiens. Ailleurs encore il écrira : « Nous ne sommes que d’hier, et nous remplissons tout, vos villes, vos îles, vos châteaux, vos bourgades, vos conseils, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum : nous ne vous laissons que vos temples. »

Le II et le IIIème siècle voient la naissance de plusieurs tendances qui se confirmeront par la suite et formeront ce que l’on pourrait appeler le catholicisme primitif :
- renforcement du rôle de l’évêque de Rome
- naissance du clergé cultivé et enseignant en opposition avec la masse inculte des fidèles
- vénération de Marie
- baptême des enfants

Il y a dès lors dans l’Eglise deux réalités d’autorité qui cohabiteront :
- l’attachement exclusif à ce que le Christ et les apôtres ont dit
- et ce qui n’a pas été dit par le Christ et les apôtres mais ajouté par la suite et que l’on consignera plus tard sous l’appellation « Tradition ».
Avec l’inévitable question qui s’ensuit : quelle autorité finale va décider de ce qui doit être cru : la Bible, Parole de Dieu seule et suffisante, ou la Parole revue et interprétée par la tradition ?



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