samedi 13 mars 2010

Dieu existe... et vous le savez !



L’instinct de Dieu

Il ne fait pas de doute que, de nature et d’instinct, les hommes ont en eux le sens du divin. Car, afin que nul ne puisse prétexter l’ignorance, Dieu a imprimé en nous le sentiment de son existence, qu’il nous rappelle sans se lasser. En sorte que, étant tous avertis qu’il y a un Dieu et qu’il nous a créés, notre propre témoignage nous accuse de ne pas l’avoir honoré et de ne pas lui avoir consacré nos vies… C’est Cicéron, un païen, qui dit qu’il n’y a pas de nation si barbare, ni de peuple si sauvage qu’ils n’aient, enracinés en eux, la certitude de l’existence de Dieu… Puisque, depuis le commencement du monde, il ne s’est trouvé aucun pays, aucun foyer sans nulle trace de religion, on voit bien que le sentiment du divin est inscrit dans tous les cœurs.

Absurdité des arguments contre l'existence de Dieu

Il est donc absurde de prétendre, comme le font certains, que la religion a été inventée par l’astuce et la finesse de quelques gens subtils pour exploiter la naïveté du peuple… Il est vrai que des gens fins et rusés ont introduit dans la religion des inventions grossières pour égarer la dévotion des gens simples, leur inspirer de la crainte et les rendre soumis. Mais ils ne seraient pas parvenus à leurs fins si le besoin d’adorer un Dieu n'avait été ancré dans l’esprit des gens… Car il ne s’agit pas d’une doctrine enseignée dans les écoles. Chacun possède cette connaissance dès le ventre de sa mère et, bien que beaucoup d’hommes fassent tous leurs efforts pour l’oublier, leur nature même les en empêche… Il n’y a que la religion qui nous rende supérieurs aux bêtes. C’est par elle que nous aspirons à l’immortalité.

Les vrais causes de l’athéisme

Quoique l’expérience montre qu’il y a une semence de religion dans le cœur de tous les hommes, il s’en trouvera à peine un sur cent qui s’efforcera de la faire germer et ils ne s’en trouvera pas un seul chez qui elle portera du fruit ou même se développera. Les uns se perdent en folles superstitions, les autres se détournent de Dieu de propos délibéré ; tous s’égarent loin de toute véritable connaissance de Dieu, en sorte qu’il ne reste aucune piété réelle dans le monde…

Nous en voyons beaucoup qui, pécheurs, audacieux et endurcis, s’efforcent rageusement de rejeter la pensée de Dieu, que leur instinct naturel ranime sans cesse en eux… Ils ne se soucient de Dieu que s’ils y sont forcés et ne s’approchent de lui que sous la contrainte. Ce qui les pousse alors, ce n’est pas une crainte volontaire inspirée par la majesté de Dieu, mais une peur servile, extorquée par le jugement de Dieu, qu’ils redoutent et haïssent à la fois, sachant qu’ils n’y peuvent échapper…

Ce sentiment de l’existence d’un Dieu, semence inarrachable, est toujours présent, mais cette semence est à ce point corrompue qu’elle ne produit que de mauvais fruits. Ce qui confirme ce que je soutiens : l’idée de Dieu est gravée dans le cœur des hommes, puisque la nécessité contraint les plus mauvais à la manifester. Tant qu’ils ont le vent en poupe, ils plaisantent et se moquent de Dieu, ils jurent, ils bravent son pouvoir ; mais quand le désespoir les presse ils cherchent secours en lui et il leur vient des bribes de prières. Il est bien clair qu’ils n’ignorent pas Dieu, et que ce qui aurait dû se manifester plus tôt a été réprimé par leur rébellion perverse.

Extrait de l’Institution chrétienne de Jean Calvin, réformateur.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

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