samedi 28 juillet 2012

Le témoignage des pierres

 Les pierres parlent

Je vous le dis : Si mes disciples se taisent, les pierres crieront : Jésus : Luc 19,40.

Le numéro de mai 2012 du magazine « Sciences et avenir » signalait qu’un fragment de papyrus aurait été authentifié comme étant un fragment de l’Evangile selon Marc. D’après les paléographes qui l’ont étudié, il daterait d’avant l’an 100 de notre ère, et serait donc le plus ancien témoin du Nouveau Testament découvert ce jour. Il détrônerait un fragment de l’Evangile selon Jean, découvert en Egypte en 1920, et daté entre 100 et 150.

L’archéologie est une science récente. Elle a cependant grandement contribué à authentifier le texte biblique. Des noms de lieux et de personnages, la mention de batailles dont la Bible parle ont été retrouvé gravés dans la pierre. Leur découverte atteste que la Bible n’est pas un récit légendaire. Les faits rapportés se sont produits. Job, Abraham, Moïse, Ponce Pilate et toutes les personnes présentes dans le Livre ont existé. Certes, tout n’est pas dit de chacun. Les auteurs inspirés n’ont retenu de leurs vies que ce qui était utile pour notre instruction, et en lien avec le dessein de Dieu dans l’histoire. Mais le doute n’est aujourd’hui plus permis sur la véracité du texte biblique. La Bible est, de loin, le texte le plus authentifié de tous les écrits anciens. Il est pourtant en même temps d’une actualité stupéfiante. Avez-vous déjà lu la Bible ? Si ce n’est fait, ne reportez pas une fois de plus ce projet ! Lire la Bible, au moins une fois dans sa vie, est la moindre des choses !

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samedi 21 juillet 2012

Humanisme ou théocratie : quel modèle ?

 
Fracture

Une fracture de plus en plus nette apparaît dans notre monde entre les peuples. D’un côté, il y a les peuples qui se disent laïcs et démocratiques ; de l’autre, les peuples qui revendiquent leur identité à partir d’un héritage religieux. Un mur les sépare ! Tandis que les uns voient dans la sanction de la peine de mort une mesure de protection contre la banalisation du mal, les autres ont fait de l’abolition de la peine de mort la preuve ultime du progrès de la civilisation. Qui a raison, qui a tort ? La réflexion que je vais mener sur le sujet ne prétend pas apporter toutes les réponses. J’espère qu’elle aura le mérite de débroussailler le terrain pour y voir un peu plus clair.

Le bien et le mal

Suivant que l’on soit dans un régime démocratique ou théocratique, le mal et le bien ne sont pas du tout perçus de la même manière. Dans le régime démocratique, l’homme et ses droits ont la primauté. Ils sont le point de référence ultime à partir duquel sont élaborés les concepts qui définissent ce qui est bien et mal pour la communauté. L’homme démocratique est autonome. Il n’est pas le produit d’un Créateur et n’a donc pas à se référer à une instance supérieure ou extérieure à lui pour statuer sur le bien et le mal. Suivant l’évolution du temps et des mœurs, l’homme démocratique autonome a la liberté de faire bouger les frontières séparant le bien et le mal ou d’en changer les définitions. Le site de l’éditeur du dictionnaire Larousse en est la démonstration. Jusqu’au 6 juillet, la définition que Larousse donnait de l’homosexualité était la suivante : "Homosexualité : nom féminin. Déviation du désir vers le même sexe, tant dans les fantasmes que dans la relation corporelle." Face à l’avalanche de protestations, Larousse s’est confondu en excuse. L’éditeur a fait savoir que la définition proposée est désormais obsolète et que la version 2013 du dictionnaire la rectifiera. Lorsque l’homme démocratique autonome évolue dans ses mœurs, la définition de ce qui est bien et mal à ses yeux évolue avec lui.

Toutes autres sont les considérations qui entrent en ligne de compte dans l’évaluation de ce qui est bien et mal dans une société théocratique. Ici, ce n’est pas l’homme qui a la primauté, mais Dieu, sa dignité, sa sainteté, le respect de sa personne. L’homme n’y est pas absent pour autant. Mais il est perçu comme créature de Dieu, appelée à l’honorer par sa conduite. Aussi, les crimes les plus graves sont ceux qui portent préjudice à l’honneur de Dieu. De multiples exemples de cette priorité dans le degré de gravité des délits nous sont fournis dans l’Ancien Testament. Tout homme qui voulait rendre un autre culte qu’à Dieu devait être lapidé. Cette mesure extrême ne servait pas qu’à châtier le coupable, mais à « ôter le mal du milieu d’Israël. » Parce que Dieu est Dieu, il ne pouvait y avoir cohabitation entre Lui et des rivaux. Telle la pourriture dans un fruit, le mal, perçu d’abord comme une atteinte à la dignité de la Personne sacrée de Dieu, devait, sous peine de contamination de toute la société, être éradiqué de la façon la plus radicale. On le savait : il ne fallait qu’un peu de levain pour lever toute la pâte… Nul doute qu’une telle radicalité ne peut être perçue par l’homme démocratique autonome que comme la forme la plus poussée de l’intolérance. Dans la société nivelée dans laquelle il vit, où personne n’a le droit de juger ce que fait autrui, il n’y a plus ni hauteur, ni profondeur. Ni le sacré, ni la noblesse n’existent. Il y a juste chacun avec sa propre conscience et, pour vivre ensemble, la tolérance devenue le nouvel absolu auquel chacun doit se soumettre.

Dans la société théocratique, les absolus qui définissent le bien et le mal sont ailleurs. Ils sont dans le caractère de Dieu qui, par nature, est immuable. Ceci étant, il est impossible, pour ceux qui vivent sur la base de ce concept, de dire que ce qui était déviation hier est normal aujourd’hui. L’homme démocratique autonome et laïc doit faire l’effort de le comprendre. En changeant la définition de ce qui a trait à la morale et à la conduite, il heurte inévitablement tous ceux qui pour qui le sacré définit ce qui est bien et mal. La fracture ne se fait pas seulement entre les peuples qui ont des conceptions différentes, mais dans les peuples. Le chrétien que je suis ne voit pas l’homme comme un être autonome, libre d’agir à sa guise pour faire ce qui lui semble bon. Je crois que ce n’est pas l’homme qui, ultimement, sait ce qui est bien et mal pour lui, mais Celui qui l’a conçu et pensé, Dieu, à qui il doit son existence. Il y a donc des limites que l’homme ne doit pas franchir, sous peine de finir par se détruire lui-même.

Extrémisme religieux

Des deux côtés, il apparaît que l’extrémisme est dangereux. Du côté de ceux qui se réfèrent à un héritage religieux, le danger se trouve dans une conception fausse, partielle, caricaturale ou déséquilibrée de Dieu. Dieu, le Dieu de la Bible, est, certes, un Dieu saint. Mais c’est aussi un Dieu de grâce, qui pardonne et donne la possibilité d’un nouveau départ à qui a failli. A une femme adultère que les chefs religieux voulaient lapider, Jésus a proposé que celui qui n’avait jamais fauté lance contre elle la première pierre. Ses accusateurs partis, il lui dira : Je ne te condamne pas ; mais va, et ne pèche plus. Il n’y a ici pas de contradiction entre Jésus et l’Ancien Testament. Jésus n’a pas estimé que les accusateurs de la femme avaient tort de vouloir lui appliquer la sentence prévue par la loi. Sa faute était grave. Il lui a juste offert la possibilité de s’amender, de repartir à zéro en changeant d’attitude : une façon d’agir conforme elle aussi à la nature de Dieu.

J’aime beaucoup ici l’attitude de Jésus. Il donne à tous ceux qui vivent sur la base du concept théocratique la ligne à suivre. Jésus fait nettement la distinction entre le péché et le pécheur. Jésus n’a jamais eu aucune faiblesse, ni fait preuve d’aucun relativisme envers le péché. « Celui hait son frère est l’égal de celui qui commet un meurtre. Celui qui convoite une femme dans son cœur a déjà commis l’adultère avec elle. » Le mal est mal et continuera à l’être. Le mal ne peut changer et être adouci ou minimisé suivant l’époque. Mais le pécheur ne doit pas être haï avec son péché. Il doit y avoir pour lui possibilité de changer, de s’amender, de repartir dans une vie nouvelle. Jésus seul a le pouvoir d’en donner la force.

Dans la société laïque dans laquelle nous vivons, l’homme démocratique autonome et laïc ne doit pas s’étonner de voir le croyant choqué, indigné contre des ordonnances qui touchent au caractère sacré des choses. Le croyant que je suis dira et continuera à dire que la vie est sacrée et l’avortement un crime, que le mariage entre un homme et une femme est la norme. Pour autant, ma condamnation ne porte pas sur les personnes qui enfreignent ses lois que j’estime absolue. Mon discours est de dire qu’avec le pardon et la force de Dieu, il est possible d’être libre de tout ce qui nous aliène dans notre nature. Un nouveau départ est possible pour tous. Jésus est venu ici-bas dans ce but.

Extrémisme laïc

Il est de bon ton pour l’homme démocratique autonome et laïc de fustiger les extrémistes religieux, leur obscurantisme et leur morale moyenâgeuse. La question se pose : la liberté à laquelle souscrivent les militants de l’humanisme a-t-elle rendue la société meilleure ? Y a-t-il moins de crimes, de gens blessés, de suicides, d’enfants martyrs, de femmes bafouées ? Y a-t-il plus de sécurité, de solidarité, de cellules familiales solides ? La réponse nous est donnée tous les jours par les médias : notre société se dégrade à la vitesse grand V. Les crimes les plus horribles se perpétuent au grand jour. Les prisons sont pleines à craquer et les gouvernants dépassés par la situation. Quels aspects de notre liberté peuvent-ils vraiment être présentés comme un modèle à suivre ?

L’extrémisme n’existe pas seulement dans les sociétés théocratiques. Il existe évidemment de ce côté-ci aussi. Il n’est pas moins grave ou moins porteur de mauvais fruits. Paradoxe : la tolérance est une valeur portée à un si haut niveau qu’elle rend intolérant au plus haut point ceux qui s’en réclament. Quiconque ose dire désormais que telle chose est mauvaise et telle autre bonne est un intégriste. Le premier qui dit que la vérité existe sera exécuté. On ne parle pas comme cela, voyons : ce n’est pas bien. Cela risque de faire mal aux autres, de les juger.

Le pauvre peuple, lui, ne voit rien. Il sait seulement que, dans les sociétés théocratiques, la liberté n’existe pas et que le pouvoir est tenu par des groupuscules qui agissent dans l’ombre, au plus haut sommet des Etats. Comme s’il en était autrement dans notre société ! Comme si les lois que l’on nous propose n’étaient pas d’abord travaillées et élaborées dans des clubs fermés, des loges et des sociétés secrètes à laquelle sont affiliées les plus hautes autorités ! Ne soyons pas naïfs : d’un côté comme de l’autre, il y a des gardiens du temple… qui pensent pour vous et contrôlent le système…

Conclusion

Que retenir en conclusion ? La première chose est que l’évaluation de la gravité d’un mal dans une société est toujours liée à la valeur ultime à laquelle elle se réfère : soit Dieu, soit l’homme. Tant que nos sociétés ne l’auront pas compris, elles continueront à se jeter des pierres et à se diaboliser mutuellement. 

La seconde conclusion est une constatation. Nous pouvons courir le monde entier. Nous ne trouverons pas meilleur que Jésus comme point d’équilibre entre la théocratie et l’humanisme. A la question de savoir quel était le plus grand commandement, Jésus répondra : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. C’est là le grand commandement, le premier. Un second cependant lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendant toute la loi !

Jésus est venu dans ce monde pour deux raisons : défendre la cause de Dieu devant les hommes, et défendre la cause des hommes devant Dieu. Personne plus que lui n’a autant aimé Dieu et les hommes. Personne n’a été aussi radical que lui envers le mal et aussi compatissant envers ceux qui le commettent. C’est de sa sagesse et de son exemple que nos sociétés, laïques et religieuses, ont besoin !

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samedi 14 juillet 2012

Sauvetage illégal

 
Thomas Lopez n’en est toujours pas revenu. Sauveteur affecté à une portion de plage en Floride, il s’est vu licencié  pour avoir sauvé de la noyade un homme qui se trouvait hors de sa juridiction. Son employeur a estimé qu’il a fait une faute technique. L’acte avait beau être héroïque, rien n’y a fait. Une personne n’oubliera pas ce qu’a fait Thomas Lopez : celle qu’il a sauvée d’une mort certaine. Le prix de l’engagement de Thomas Lopez lui a coûté son emploi. Mais il a gagné en contrepartie la gratitude éternelle de celui qui, aujourd’hui, vit grâce à lui.

L’histoire de Thomas Lopez me rappelle celle de Jésus. S’il y a quelqu’un qui, en principe, ne devait pas venir nous sauver, c’est Lui. Jésus n’est pas de notre juridiction. Il n’était pas homme à l’origine, mais Fils de Dieu. Du haut des cieux, il a vu la situation sans issue dans laquelle nous nous trouvions. Il a franchi l’espace qui nous séparait de lui et pénétré dans notre sphère. Il s’est fait homme. Devenu tel, il est venu jusqu’à nous, là où nous sommes, empêtrés dans nos fautes. Or, le salaire que réclame le péché est unique : c’est la mort. Jésus choisira donc de mourir, volontairement. Légalement, il aurait pu ne pas le faire. Il n’aurait été coupable de rien. Seul l’amour a fait de lui notre Sauveur, mon Sauveur ! Le monde a beau le railler ou le mépriser. Ma gratitude envers lui et son engagement sera éternelle !

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samedi 7 juillet 2012

Aujourd'hui est le jour du salut !

Texte biblique :

Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche...L’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous !  Mais l’autre le reprenait, et disait : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ?  Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes ; mais celui-ci n’a rien fait de mal. Et il dit à Jésus : Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis : Evangile selon Luc, chapitre 23, versets 33.39 à 42

Les deux brigands !

Le texte de l’Evangile ci-dessus nous place face à trois personnes qui sont en fin de vie. Il y a Jésus au centre et deux malfaiteurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
Aussi pénible et douloureux que soit le face à face avec la mort, ce face à face est toujours pour chacun un moment de vérité. La mort est partout autour de nous et, souvent, nous n’y prêtons pas attention. Mais lorsqu’elle touche un proche, elle nous secoue, nous bouscule et nous sort de notre torpeur. Elle nous oblige alors à la réflexion : le temps de quitter ce monde viendra aussi pour moi. Qu’ai-je fait de ma vie, cette vie dont je ne suis pas le propriétaire, et qui m’a été donnée par Dieu ?
Nul doute que les deux brigands placés à côté de Jésus y pensent. Ils sont aussi proches de Lui sur le plan de la distance (quelques mètres), qu'ils sont éloignés l’un de l’autre sur le plan de l’attitude et du comportement.
Le premier, celui de gauche, injurie Jésus. S’il se trouve là, dans cette situation, ce n’est pas de sa faute. Il est une victime et il peste contre Jésus qui ne bouge pas le petit doigt pour le sortir de là. Le second, celui de droite, le reprend. Il lui fait part du caractère insensé de sa révolte. « Pour nous, dit-il, ce n’est que justice. Nous recevons ce qu’ont mérité nos actes. » Il se place, non du côté de la victime, mais du coupable.
Au milieu des deux, il y a Jésus qui, au départ, ne dit rien. Tout cependant témoigne dans son attitude que ce n’est pas à cause d’un crime ou d’un forfait qu'Il se trouve là en compagnie des brigands. Jésus est innocent. Il est même, dit la Bible, le seul homme juste que la terre ait porté.
Une question se pose à chacun de nous à la lecture de ce texte ? Dans lequel des deux brigands nous retrouvons-nous ? Sommes-nous comme le brigand de gauche, prétextant que nous n’avons rien fait de mal, que nous ne sommes que des victimes, que notre malheur n’est pas dû à nos choix, à nos fautes, mais aux autres ? Où plutôt comme le brigand de droite qui, se connaissant, sait que s’il devait se présenter à Dieu en l’état, il n’aurait aucune chance d’être déclaré juste !
Que fait ici Jésus ?

Si Jésus se trouve là au milieu des brigands, c’est nous dit la Bible, qu’il est venu, non pour des justes, mais pour des pécheurs, des coupables, des gens qui ont failli… et qui sont prêts à le reconnaître.
7 siècles avant sa venue, le prophète Esaïe a dit par avance de Jésus : « Ce sont nos souffrances qu’il a porté ; c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé… Il a été blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités. Le châtiment qui nous donne la paix (la paix avec Dieu) est tombé sur lui : Esaïe 53,4-5.
Alors que les deux brigands sont aux portes de la mort, une seule question se pose. Que vont-ils faire de la main tendue de Dieu qui se trouve juste à côté d’eux ? Cette main, certes, est crucifiée. Mais elle l’est parce que c’était la seule solution qui existait pour que la pardon des péchés et la réconciliation avec Dieu se fasse. Il fallait que le Juste paye pour les injustes que nous sommes !
Le brigand de gauche a refusé la main tendue de Dieu. Il n’a plus injurié Jésus, mais il ne s’est pas non plus adressé à Lui pour lui dire qu’il regrettait sa conduite. Le brigand de droite, comprenant qui est vraiment Jésus, le Fils de Dieu, a mis toute sa confiance en Lui pour son salut, le salut éternel de son âme.
La réponse de Jésus à sa prière fut claire, précise, immédiate et sans ambigüité : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis : Luc 23,43.
Enseignements :

De l’histoire que nous avons lu, je retiens 4 leçons :
1ère leçon : Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement : Hébreux 9,27
2ème leçon : Il n’y a pas de juste, pas même un seul. Même si nous n’avons pas commis de crimes, aucun de nous n’atteint le niveau de justice requis par la loi de Dieu. Tous nous avons péché, failli.
3ème leçon : Il n’y a de salut en aucun autre que Jésus. Sous le ciel, dit l’apôtre Pierre, Dieu n’a donné aucun autre nom par lequel les hommes puissent être sauvés : Actes 4,12. Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, dit l’apôtre Paul, Jésus-Christ qui s’est donné pour nous : 1 Timothée 2,5
4ème leçon : c’est aujourd’hui, maintenant le jour du salut. Aujourd’hui, dit la Bible, si vous entendez la voix de Dieu, son appel, n’endurcissez pas votre cœur. Aujourd’hui, je peux décider de placer ma confiance en Jésus pour mon salut éternel.
Que Dieu, en ce jour, nous donne à nous, vivants, de nous préparer pour notre rencontre avec Lui !

samedi 30 juin 2012

Tour de France de la Bible

Tour de France cycliste

Du samedi 30 juin au dimanche 22 juillet, la "Grande Boucle" reprend. C'est cette année le 99ème Tour de France, l'épreuve reine du cyclisme. Une épreuve dont le prologue partira de Liège en Belgique et qui emmènera les concurrents sur 3 479 kms de routes jusqu'à l'arrivée à Paris. Ce qui fait le charme du Tour de France n'est pas la course seulement, mais l'évènement populaire qu'il représente. Chaque année des millions de spectateurs sont massés au bord des routes, sans compter les millions d'autres devant leur écran à la maison. Le caractère festif du Tour est amplifié par la caravane publicitaire qui précède les coureurs.

Tour de France de la Bible

Au sein de la caravane, une voiture insolite. Elle ne présente pas un produit commercial, mais se veut être le promoteur du best-seller mondial, la Bible. L'idée folle de faire connaître la Bible par le moyen du Tour de France est venue en 2004 à Eugène Rard, croyant convaincu. Il nous livre dans la vidéo ci-dessous son témoignage enthousiaste. Alors, si cet été, le Tour de France croise votre chemin, pourquoi pas se joindre pour un temps à cette équipe originale ?




Eugène Rard et son épouse ont dernièrement été interviewé par Zemag, la télévision chrétienne par Internet. Pour écouter leurs témoignages, rendez-vous sur le lien ci-dessous !

http://www.zebuzztv.com/?buzz=ze-mag&item=1174



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samedi 23 juin 2012

Europe, où vas-tu ? (2)


La source historique de la pensée unique

Dans le précédent billet, nous nous posions la question de savoir où va l’Europe. Plus que jamais, avons-nous constaté, l’Europe est exposé au danger du totalitarisme. L’idéologie émergente qui le sous-tend semble être celle de la pensée unique. La pensée unique, ainsi que la plupart de ses composantes, trouve sa source historique principalement dans la philosophie des Lumières. Cette dernière est essentiellement fondée sur la raison, saluée comme la faculté suprême de l’homme. L’indépendance de l’homme vis-à-vis du Dieu créateur constitue le cœur de l’humanisme issu des Lumières. Jean Brun, philosophe chrétien, a essayé dans ses ouvrages d’en décrire le drame : « Le drame est que ce nouveau dieu (l’homme) décide, en tant que dieu, que tout lui est permis, puisque rien ne saurait se trouver au-dessus de lui, et qu’il est le libre créateur de normes toujours en devenir. On ne peut donc lui parler de Mal, non seulement parce que tout « a droit » à la différence, mais parce que le Mal doit être angélisé et perçu comme un facteur de progrès. »

Nul, mieux que Nietzsche, a anticipé les conséquences inéluctables de ce remplacement de Dieu par l’homme. « Le plus grand des événements récents, dit-il – la « mort de Dieu », le fait, autrement dit, que la foi dans le dieu chrétien a été dépouillée de sa plausibilité – commence déjà à jeter ses premières ombres sur l’Europe… Tout va s’effondrer maintenant que se trouve minée cette foi qui était la base, l’appui, le sol nourricier de tant de choses : toute la morale européenne entre autres détails. Nous devons désormais nous attendre à une longue suite, à une longue abondance de démolitions, de destructions, de ruines et de bouleversements. » La preuve de ce qu’a annoncé Nietzsche se trouve aujourd’hui sous nos yeux. Les implications du refoulement et de l’évacuation de Dieu sont évidentes et dramatiques. Elles n’en finissent pas de corroder les piliers de la civilisation occidentale et, plus particulièrement, de l’Europe.


Le totalitarisme européen à la lumière des prophéties bibliques


Nos sociétés gagnées par l’anarchie morale et par la confusion des valeurs montrent à l’évidence que leur désintégration s’accélère. Il n’est peut-être plus éloigné le temps où l’on pourra dire de l’Europe entière ce que Machiavel disait de l’Italie : « A bout de souffle, elle attend celui qui pourra guérir ses blessures… la voilà prête à suivre un drapeau, pourvu qu’il se trouve quelqu’un qui veuille le saisir. »

 Sans ambiguïté aucune, la Bible proclame que l’Histoire de l’humanité, entendue au sens du concept « temps des nations », prendra fin dans le cadre d’un régime politique totalitaire universel. Dans le livre de l’Apocalypse, on peut lire que « remplie d’admiration, la terre entière suivit la bête : Apocalypse 13,3." Est mise en relief la séduction qu’exercera le dernier grand dictateur de l’Histoire sur les masses. L’Ecriture souligne ensuite le caractère mondial de cette emprise profondément funeste : « Il fut donné à la bête autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation : Apocalypse 13,7. Plus loin encore, l’apôtre Jean écrit : La bête fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom : Apocalypse 13,16-17.

 Le dernier totalitarisme dont parlent les Ecritures présentera, comme tous ceux qui l’ont précédé, une dimension historique, donc spatiale. Il surgira d’un espace donné avant de s’étendre au monde entier. Il trouvera sa genèse intellectuelle dans une culture dont tout donne à penser qu’elle sera animée de ce que l’Ecriture appelle « l’apostasie », et  « l’esprit de l’Antichrist », expressions traduisant l’inversion du bien et du mal. L’Europe représente, selon nous, le Continent le plus en osmose avec ce que l’on peut qualifier « de culture de la fin des temps ». En dépit de la puissance technologique, économique et militaire des Etats-Unis, en dépit de la volonté farouche des islamistes les plus radicaux de mener une guerre contre la chrétienté et les Juifs, c’est donc bien de l’Europe que risque de jaillir le dernier totalitarisme, parce que c’est sa culture qui est le plus en adéquation avec celle de la fin des temps.


Antisémitisme croissant


Si l’on retient l’un des plus grands schémas d’interprétation des prophéties bibliques, il apparaît qu’à la fin des temps, le dernier totalitarisme mondial témoignera d’une hostilité sans précédent à l’égard de toute personne ou de toute pensée qui pourraient se réclamer du Dieu de Jésus-Christ, mais aussi à l’égard du peuple d’Israël, progressivement restauré dans son statut d’héritier de promesses spécifiques de l’alliance éternelle du Dieu de l’Histoire. Or il est évident que les germes les plus virulents de cette hostilité sont bien plus présents en Europe, dont 59% des habitants estiment qu’Israël constitue la plus grande menace de paix du monde.


 Le destin européen


 De nombreux auteurs et hommes politiques assignent à l’unification européenne le destin et le dessein de préfigurer et de préparer l’unification du monde et l’avènement d’un gouvernement mondial. Denis de Rougemont, l’un des pères de la construction européenne, a dit, qu’il nous « faut faire l’Europe, parce qu’il faut faire le monde, et que seule l’Europe peut le faire. » En 1948, il disait déjà : « L’heure est venue de rallier pour ce nouveau destin (l’Union européenne) tous les peuples du continent… en une fédération qui sera le premier pas vers la fédération mondiale. » Il conclut sur ce point par cette très forte affirmation : « Il n’y a pas de fédération européenne imaginable qu’en vue d’une fédération mondiale. »

 Le livre du prophète Daniel contient une fresque exceptionnelle de l’histoire de l’humanité. Cette description grandiose de l’Histoire nous apprend que le monde a été et sera dominé successivement par quatre grandes entités politiques : Babylone, les Mèdes et les Perses, la Grèce d’Alexandre le Grand et l’Empire romain. Au sujet de l’Empire romain, l’Ecriture affirme qu’il disparaîtra provisoirement pour laisser place à un temps d’évangélisation du monde par l’Eglise. Il doit renaître à la fin des temps afin de servir de cadre institutionnel à l’émergence du dernier totalitarisme féroce que connaîtra l’humanité : celui de l’Antichrist, dictateur universel régnant sans partage sur le monde entier. Cet Antichrist sera anéanti par le Christ lors de son avènement. C’est alors que le Fils de Dieu établira son Royaume et régnera au nom de son Père sur une humanité enfin délivrée du Mal. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, cet Empire romain renaissant pourrait bien être l’Europe en voie d’unification.



Tiré et adapté d’un article de J-P Graber, docteur ès sciences politiques, auteur de la thèse intitulée « Les Périls totalitaires en Occident » (La Pensée universelle : 1983). Paru dans le magazine Promesses en 2007. Avec autorisation.




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samedi 16 juin 2012

Europe, où vas-tu ? (1)

Le choix primitif de l’Europe

C’est à l’évidence Dieu qui a choisi l’Europe plutôt que l’Asie pour que l’Evangile s’y implante. L’apôtre Paul, qui se proposait d’aller en Asie, vit se fermer la porte devant lui. La vision surnaturelle d’un Macédonien qui faisait appel à lui, l’orienta définitivement vers l’Europe : Actes 16,6 à 15.
Cet aiguillage imposé aboutit au fait que l’Europe devint le pôle fondamental autour duquel s’articule l’histoire des nations depuis deux millénaires. Le christianisme prit essor en Europe alors qu’il disparut presque partout ailleurs, y compris dans les régions du monde qui l’avaient reçu avant lui. Une place particulière est donc assignée à l’Europe dans l’histoire.

Les 5 unifications historiques de l’Europe

Au cours de sa longue existence, l’Europe a déjà été unifiée à 5 reprises. Ces 5 unifications ont évidemment revêtu des extensions territoriales, des natures et des formes différentes. Elles ont eu pour théâtre l’Empire romain, l’Empire de Charlemagne, le Saint Empire romain germanique sous Charles Quint, l’Empire napoléonien et finalement le IIIème Reich. L’intégration européenne de notre temps constitue la 6ème tentative d’unification du Vieux Continent.
L’Europe d’aujourd’hui trouve son origine institutionnelle dans le Traité de Rome, signé le 25 mars 1957. Il a donné naissance à la CEE (Communauté économique européenne), dont est issu l’UE (L’Union Européenne). L’UE compte aujourd’hui 27 états membres. Le 1er janvier 2002, 15 états de l’UE ont perdu une part importante de leur souveraineté par la création d’une monnaie unique : l’euro. Avec la nouvelle Constitution européenne, la politique étrangère des Etats perd de plus en plus son autonomie au profit d’une politique étrangère européenne globale.

Le sens de l’Histoire

Le christianisme biblique révèle très clairement un sens de l’Histoire. Nous croyons, en tant que chrétiens, que l’élan actuel pour une intégration européenne des états qui composent l’Europe en fait partie. L’intégration est irréversible. Elle n’est pas une fatalité, mais les mentalités collectives actuelles ainsi que l’évolution de l’économie, de la politique, de la science des technologies ne peuvent qu’y conduire. « Certes, nous restons libres de choisir, écrivait, il y a 22 ans, Jean-Claude Casanova, éditorialiste à l’Express… Mais l’issue est si évidente aujourd’hui que l’on peut dire que notre liberté n’est que la conscience de sa nécessité. »

Les risques totalitaires en Europe

Le totalitarisme procède de la convergence de trois phénomènes fondamentaux clairement présents dans l’Europe contemporaine :

1.       Le développement de structures  qui lui sont favorables

La démocratie et les libertés individuelles ne se décrètent pas. Elles forment un régime politique ultimement issu du christianisme et de la Réforme. La démocratie et les libertés individuelles ne peuvent être maintenues qu’accompagnées d’importantes conditions protectrices telles que l’existence d’Etats-nations, la limitation du pouvoir étatique, la propriété privée, la liberté économique, le secret bancaire, le pluralisme et l’absence de surveillance électronique excessive des personnes. Or, en Europe, quelques-unes de ces conditions protectrices de la démocratie et des libertés individuelles sont en train de s’effriter dangereusement.

2.       La désagrégation de l’Etat-nation

Parmi les digues protectrices de la démocratie et des libertés individuelles, l’Etat-nation est aujourd’hui l’une des plus menacée en Europe. Ce phénomène est inquiétant. L’existence de nations, séparées les unes des autres principalement par les langues, procède de la volonté de la grâce commune et du dessein historique de Dieu. Elles ont été instituées pour entraver la formation d’un empire universel qui serait par essence totalitaire : voir Genèse 11,1 à 9. La division du monde en Etats-nations représente bien un principe de division salvateur, pour le temps et non pour l’éternité, en vue de préserver l’humanité des totalitarismes planétaires. La nature humaine étant ce qu’elle est, les mouvements trop unificateurs sont toujours tyranniques. Il n’y a pas de démocratie durable sans diversité protégée par des institutions substantiellement souveraines, distinctes les unes des autres. « Je suis convaincu, disait Goebbels en 1942 que dans 50 ans, les gens ne penseront plus en terme de pays. » Il ne s’est guère trompé !

3.       L’effritement d’autres écrans protecteurs des libertés individuelles


La plupart de ces écrans ne disparaissent pas qu’en Europe, mais dans le monde entier. L’extension technologique et spatiale rapide rend le contrôle des activités et des pensées humaines de plus en plus effectif. Toutes les tendances vont vers  l’affaiblissement de l’autonomie matérielle et spirituelle des individus. Le remplacement des billets de banque par des cartes bancaires comme moyen de paiement va dans le sens de la prophétie biblique apocalyptique sur le contrôle économique global exercé par la bête : Apocalypse 13,16-17. Toutes les évolutions montrent que les écrans protecteurs des libertés individuelles tels que la distance, la possibilité d’échapper à un œil inquisiteur et l’inviolabilité de la sphère privée régressent fortement depuis 25 ans. La possibilité, et plus encore, l’effectivité d’une surveillance électronique mondiale des personnes apparaissent dès lors comme un coup très grave porté à la pérennité des libertés individuelles qui ont fait la grandeur et la spécificité des démocraties occidentales.

Orientation

Tous les totalitarismes modernes de réfèrent à une conception du monde, une idéologie. Le totalitarisme soviétique s’inspira du marxisme, le totalitarisme nazi du racisme. Evidemment, ces idéologies apparaissent et se développent dans les sociétés libres avant que ces dernières ne deviennent totalitaires. Quelle idéologie, déjà présente dans notre Europe encore substantiellement démocratique, pourrait-elle bien constituer le noyau d’un futur totalitarisme européen ? Beaucoup d’experts et d’esprits lucides la discernent dans « la pensée unique ». Cette pensée unique, de plus en plus contraignante, paraît s’articuler autour des aspirations, des croyances, des mythes, des attitudes et des valeurs qui suivent.

Suite au prochain billet

Tiré et adapté d’un article de J-P Graber, docteur ès sciences politiques, auteur de la thèse intitulée « Les Périls totalitaires en Occident » (La Pensée universelle : 1983). Paru dans le magazine Promesses en 2007. Avec autorisation.

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samedi 9 juin 2012

Les voies étranges du bien et du mal (2)

Nous avons vu dans le dernier post le paradoxe étrange des voies parallèles que suivent le bien et le mal. Quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

1ère leçon

La première leçon que je retiens de ce constat est qu’il n’est facile pour personne de distinguer en toutes choses la nature de ce qui se produit. Ronald Dunn qui a perdu un fils par suicide le dit dans son livre remarquable « Quand le ciel est silencieux » : « Le bien et le mal empruntent des voies parallèles et aboutissent souvent ensemble. » Un fait anodin, vécu il y a quelque temps, l’illustre. J’avais placé sur le trottoir qui se situe devant notre lieu de culte un présentoir avec de la littérature et des bibles. Chacun était invité à se servir gratuitement. Un groupe de jeunes garçons turbulents passa et renversa volontairement le présentoir. Il y eut un peu de casse de matériel. Pendant que je ramassais les livres éparpillés, deux jeunes filles s’approchèrent et se mirent à m’aider. Je ne les connaissais pas. Le travail fini, je les remerciai en leur donnant un DVD du film Jésus et un Nouveau Testament qu’elles prirent avec joie. Le bien et le mal avaient emprunté des voies parallèles, certes, sans se toucher, mais dans une proximité et une ressemblance étonnantes.
2ème lecon

La seconde leçon que je retiens de ce constat est que le mal n’est jamais éloigné du bien et vice-versa. La haine, dit-on aussi, est proche de l’amour, comme le verso d’une pièce n’est jamais loin de son recto. Il y a toujours peu de marge ou de distance pour qu’un bien se transforme en mal, s’il n’est pas vécu ou reçu comme il le devrait. Tel homme reçoit un héritage important qui pourrait assurer son avenir, mais il le dilapide de manière insensée. Tel couple commence sur de bonnes bases… jusqu’à ce que l’un trahisse l’autre en le trompant. L’inverse aussi peut se produire. L’histoire de Joseph, trahi et vendu par ses frères en Egypte, l’illustre parfaitement. Devenu, après des années de galère et suite à l’action mystérieuse de Dieu, premier ministre du Pharaon d’Egypte, il sera l’instrument qui sauvera de la famine et de la mort toute sa famille. « Vous aviez médité de me faire du mal, dira-t-il à ses frères. Dieu l’a changé en bien pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux : Genèse 50,20. »

Cette proximité et, parfois, cette ressemblance étrange entre le bien et le mal doivent nous interpeller. Elles nous invitent à deux choses. La première consiste à être vigilant. Le bien ne reste le bien que s’il ne se dénature pas. Dévier une chose de son sens, du but pour laquelle elle a été faite, et le bien se change immédiatement en mal. La seconde consiste à ne jamais désespérer. La Bible est le livre par excellence des échecs transformés en réussite. La croix de Jésus-Christ, crime suprême de l’humanité, en est la plus forte démonstration. Tous, d’une manière ou d’une autre, nous portons la responsabilité de la mort du Fils de Dieu. Car, tous, nous reproduisons les attitudes et nous cultivons les raisons qui ont poussé ceux qui l’ont condamné à l’exécuter. Crime commis par les hommes, la crucifixion de Jésus, son Fils, est cependant le moyen que Dieu utilise pour nous offrir le pardon. Car, au-delà des hommes, c’est de manière volontaire et en accord avec son Père que Jésus meurt en portant lui-même dans son corps le poids de nos fautes. Le paradoxe est si étrange qu’il fera dire, au jour de la Pentecôte, à l’apôtre Pierre dans la même phrase : « Que toute la maison d’Israël le sache : Dieu a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié : Actes 2,36.

Conclusion

La dernière leçon que je retiens de cette proximité du bien et du mal, de la mort et de la vie est qu’il n’est pas nécessaire de courir les mers et les océans pour la connaître. Elle se trouve là dans notre cœur. Ici, au plus profond de chacun, se trouve l’aiguillage qui le mènera dans l’éternité aux antipodes de l’une ou l’autre des destinées qu’il choisira. A la croisée des chemins, il suffit d’un oui ou d’un non prononcé à une certaine heure et à un certain endroit pour que se décide pour toujours un sort définitif.


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samedi 2 juin 2012

Les voies étranges du bien et du mal (1)

Bien et mal

Il est habituel, dans la pensée courante, de séparer et d’opposer de manière radicale le bien et le mal. Effectivement, qu’y a-t-il de commun entre le gant dont se sert le meurtrier pour ne laisser aucune trace permettant de l’identifier, et celui du chirurgien qui opère en vue de sauver la vie de son patient ? Mis à part l’accessoire qui habille la main de l’un et de l’autre, rien ne les regroupe. Dans la vie de tous les jours cependant, on constate déjà que le mal et le bien ne sont pas toujours si éloignés que cela. Croyant faire le bien, il arrive qu’on fasse mal et que la situation soit pire qu’avant. Victime d’un mal, on voit parfois la situation se retourner à notre avantage. Du mal qui nous a atteints est finalement sorti un bien.

Ce lien étrange qui semble tenir le bien et le mal dans une certaine cohabitation n’est pas étranger à la Bible. De plusieurs manières, l’Ecriture situe le bien et le mal dans une proximité et une ressemblance étonnantes. Quelques exemples nous en convaincront :

Cohabitation

Commençons avec la genèse, le 1er livre de la Bible, celui des commencements. Après la création de la terre, des cieux, du monde végétal, animal et de l’homme, nous sommes projetés dans une vision du paradis. Le paradis est un jardin rempli d’arbres magnifiques de toute espèce. L’auteur ne nous décrit aucun d’entre eux. Il s’attarde plutôt sur deux arbres, l’arbre de la vie, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal situé tous deux au centre du jardin. Le premier, l’arbre de vie, a pour objet de conférer à l’humanité, si elle choisit l’obéissance à Dieu, la vie éternelle. Le second, l’arbre de la connaissance du bien et du mal, nous est présenté comme le danger maximal auquel ont à faire face nos premiers parents. Dieu est clair à son sujet : pour qui prend et goûte à son fruit, c’est la mort assurée.

Quel manque de sagesse de la part de Dieu, pourrait-on penser ! Si l’arbre de la connaissance du bien et du mal est si dangereux, pourquoi donc le mettre au centre, si près de l’autre arbre. Ne valait-il pas mieux le reléguer dans le coin le plus obscur du jardin pour le soustraire à tout regard ? La proximité de la mort et de la vie, au centre du jardin, est pourtant la marque de la volonté délibérée de Dieu. Oui ! Dieu le veut : les questions qui touchent au bien et au mal, à la vie et à la mort, doivent être au centre de la préoccupation de chaque vie !

Comme dit plus haut, la proximité entre le bien et le mal n’est pas le seul élément troublant. Il y a encore la ressemblance. Alors que le roi Salomon écrit ses proverbes, il a à cœur d’utiliser une métaphore pour décrire ce que sont la sagesse et la folie. Il compare ainsi la sagesse à une femme assise sur les hauteurs de la ville et qui invite les stupides à entrer chez elle pour manger de son pain et boire de son vin. Puis, décrivant la folie, il lui donne les traits d’une femme bruyante assise devant sa maison et hélant les passants en disant : « Que celui qui est stupide entre ici ! Les eaux dérobées sont douces et le pain du mystère est agréable ! » Même apparence et, à s’y méprendre, quasiment même message !

Un autre exemple de cette proximité et de cette ressemblance entre le vrai et le faux nous est donné par Jésus lui-même. Parlant de ce que va devenir le christianisme qu’il est venu fonder, Jésus utilise une parabole. Il raconte que le royaume de Dieu dans ce monde ressemble à un champ dans lequel a été semé deux semences : du blé (par le propriétaire du champ) et de l’ivraie (par un ennemi). Au début, personne ne voit rien. Mais lorsque les épis se mettent à pousser, les serviteurs s’aperçoivent du coup tordu fait au propriétaire. Le problème est que, non seulement l’ivraie et le blé se ressemblent, mais que leurs racines sont si entremêlées les unes aux autres qu’il est impossible d’arracher la mauvais plante sans déraciner la bonne. La seule solution est d’attendre la moisson où, pour toujours, blé et ivraie seront séparés.

Quelles leçons tirer de cet étrange paradoxe entre le bien et le mal, la vie et la mort ? C’est ce que nous verrons la semaine prochaine !

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