samedi 2 juillet 2011

EX-OTAGES LIBRES !

LIBRES !

La bonne nouvelle est arrivée jeudi après-midi. Elle a surpris tout le monde, y compris ceux qui, depuis le début, se sont investis pour qu’elle se produise. Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, les deux journalistes de France Télévision retenus en otages en Afghanistan depuis 18 mois, sont libres. La nouvelle suscita aussitôt l’explosion de joie. Pleurs, embrassades, soulagement… Enfin, le combat mené pour la libération est fini. Joie de voir les prisonniers libérés, de les entendre, satisfaction pour le bon combat mené, récompense pour tous les moments de lutte difficiles, pendant lesquels l’espoir du salut s’effaçait pour faire place à l’incertitude de l’attente.

Cette joie, ces pleurs vus sur les visages m’ont évoqué une autre joie, explosive elle aussi. Cette joie nous est inconnue. Mais celui qui en parle sait de quoi il parle. Cette joie est la joie du ciel, lorsque, dit Jésus, un pécheur quitte la prison du péché dans laquelle il était enfermé pour goûter à la joie de la liberté que Dieu seul peut donner. « Oui, dit Jésus, il y a de la joie dans le ciel, devant les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui se repent : Luc 15,10. » La joie du ciel ressemble fort à celle des membres du comité de soutien des deux journalistes. Ce comité avait fait de cette cause leur priorité. Le ruban bleu qu’il s’était attaché sur le bras témoignait du fait que, tant que leurs deux amis ne seraient pas libres, eux aussi, en quelque sorte, ne l’étaient pas. Nous n’imaginons pas à quel point, dans le ciel, notre situation spirituelle affecte Dieu et les esprits fidèles qui le servent. Dieu, s’il ne retenait sa colère, nous aurait déjà jugé depuis longtemps. Il patiente, dit l’apôtre Pierre, ne souhaitant pas qu’un seul se perde, mais que tous arrivent à la repentance. Dieu aimerait que chaque homme soit un sujet de joie pour le ciel !

RANCON ?

Alain Juppé, le ministre des Affaires Etrangères, l’a certifié : aucune rançon n’a été versée pour la libération des otages. Si tel était le cas, la raison d’Etat ferait que, de toutes façons, nous ne le saurions pas. Qui sommes-nous d’ailleurs pour juger de l’inconvenance d’un tel procédé ? La vie d’un homme ne vaut-elle pas bien plus que des millions d’euros ?

Si nous ne savons rien au sujet d’une rançon éventuelle payée par la France, la Bible nous dit clairement que notre libération a coûté cher à Dieu. La rançon versée a été le prix de la mort de son Fils unique et éternel en échange de notre liberté. De libre qu’il était, sans péché, Jésus s’est en quelque sorte volontairement constitué prisonnier pour nous. Il a été fait péché pour nous, dit l’apôtre Paul : 2 Corinthiens 5,21. Il a accepté de subir à notre place à chacun la sentence liée au péché : la mort. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle : Jean 3,16.

CHOIX DE L’EPILOGUE

Imaginez l’histoire ! Après 18 mois, on annonce aux deux journalistes détenus qu’ils peuvent partir. Ils sont libres. Le premier se lève, sourire aux lèvres, et crie sa joie. Le second ne bouge pas. Incrédule, il ne croit pas la chose possible. Pire, il décide que, finalement, il va en rester là, demeurer avec ses geôliers, finir ses jours dans l’étroite et sombre cellule dans laquelle il est. Le premier, voyant cela, est presque fou. Il le secoue, l’exhorte, le supplie de croire à la bonne nouvelle. En vain ! Il repartira seul !

Cet épilogue incroyable est celui qui, chaque jour, se produit à la face du ciel. Alors que, depuis des siècles, la bonne nouvelle de notre salut, acquis par Jésus-Christ, retentit, des hommes, consciemment, choisissent de rester prisonniers de leurs péchés et de celui que la Bible dénonce comme le plus grand preneur d’otages spirituels : le diable.

Moi aussi, il y a des années, j’étais son prisonnier. Puis quelqu’un est venu me parler, me dire que ma servitude était finie, que mes péchés avaient été expiés, que je pouvais, doté d’une nouvelle force, vivre une vie nouvelle. La nouvelle était incroyable. Mais je l’ai cru, saisie à plein cœur et à pleines mains. J’ai fait depuis l’expérience de sa réalité. Depuis, je n’ai qu’un vrai fardeau : la faire connaître aux autres, à ceux qui, encore, gémissent dans leurs liens. Pour aussi incroyable qu’elle soit, une chose ne lasse pas de m’étonner. Au lieu d’ouvrir leurs yeux, leurs oreilles à la bonne nouvelle, la plupart de ceux qui l’entendent n’en veulent pas. Ils préfèrent, disent-ils, rester comme ils sont, dans les limites étroites de leurs petites vies égoïstes, sans avenir, sans espérance, avec pour seul horizon, la mort.

Il y a sans doute de nombreux fous sur terre. Mais, il n’y a pas à dire : le plus grand de tous est bien celui qui refuse la main tendue de Dieu pour son salut !

samedi 25 juin 2011

Sécheresse

Signes de Dieu

La sécheresse est un thème très présent dans la Bible. Habitué que nous sommes au cycle des saisons, nous avons perdu de vue que les éléments qui font notre climat sont porteurs de messages de la part du Créateur envers ses créatures. Jésus le rappelle : Dieu, dans le ciel, dit-il, fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait pleuvoir sur les justes et les injustes : Matthieu 5,45. C’est ce qu’on appelle en théologie la grâce commune, une faveur que Dieu accorde à tous sans distinction.

Ayant fait alliance avec Israël, la grâce commune se transforme en signes de la bénédiction de Dieu ou de Sa réprobation. Plusieurs textes le soulignent vivement :

« L’Eternel t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains : Deutéronome 28,12. » Le ciel ouvert, déversant la pluie, est signe de bénédiction. A l’inverse, le ciel fermé est signe de réprobation :

Si Israël s’avise à se détourner de Dieu pour se tourner vers les idoles, Moïse avertit : « La colère de l’Éternel s’enflammerait alors contre vous ; il fermerait les cieux, et il n’y aurait pas de pluie ; le sol ne donnerait plus ses productions, et vous péririez promptement dans le bon pays que l’Éternel vous donne : Deutéronome 11,17.

Les prophètes

S’appuyant sur Moïse, les prophètes qui lui ont succédé ont suivi la même ligne. L’un des plus connus, Elie, qui exerçait son ministère sous le règne du roi impie Achab, le prend à témoin. « L’Éternel est vivant, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens ! Il n’y aura ces années–ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole : 1 Rois 17,1. Trois ans et demi passeront, suite à la parole du prophète, avant que la terre d’Israël reçoive à nouveau de l’eau ! Le ciel fermé, la sécheresse, étaient le signe concret de la rupture entre Dieu et son peuple, une façon pratique utilisée par Dieu pour dire sa réprobation.

Après Elie, d’autres prophètes reprennent la thématique. Le plus descriptif de la souffrance qu’engendre la sécheresse est Jérémie :

Parole de l’Éternel qui fut adressée à Jérémie à l’occasion de la sécheresse : Juda est dans le deuil, Ses villes sont épuisées, sombres, (abattues) par terre, et les cris de Jérusalem s’élèvent. Les puissants envoient les petits chercher de l’eau, ceux–ci vont aux citernes, ne trouvent pas d’eau et retournent avec leurs cruches vides ; dans leur honte et leur confusion ils se voilent la tête. En effet, la terre est crevassée, parce qu’il n’y a plus eu de pluie dans le pays, alors les laboureurs dans leur honte se voilent la tête. Même la biche dans la campagne met bas et abandonne (sa portée), parce qu’il n’y a pas de verdure. Les ânes sauvages se tiennent sur les crêtes, aspirant l’air comme des chacals ; leurs yeux languissent, parce qu’il n’y a point d’herbe : Jérémie 14,1 à 6

Remarquons ici que Dieu ne laisse pas souffrir son peuple et subir le fléau qui le frappe sans explication. La suite du chapitre énumère les nombreuses raisons qui ont poussé Dieu à prendre cette mesure à l’égard d’Israël.

Aujourd’hui

L’alliance de Dieu avec Israël est unique. Il ne serait pas juste de plaquer la réalité décrite dans ce cadre à toutes les situations. Il n’en demeure pas moins vrai pour autant que les éléments célestes restent porteurs de messages pour les hommes. Dieu fait toujours pleuvoir sur les justes et les injustes : il manifeste sa bonté envers tous sans distinction. Jésus avertit aussi que plus la lumière de l’Evangile éclairera le monde, plus celui-ci devra compter avec les jugements de Dieu s’il la repousse. Dans sa célèbre prophétie sur les temps derniers, Jésus dit : Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, par endroit, des famines et des tremblements de terre : Matthieu 24,7. Jésus ne parle pas ici de sécheresse, mais de famines. Or, la famine a souvent pour cause les aléas climatiques. Tremblements de terre, famines, guerres incessantes seront le commencement des douleurs d’un monde nouveau qui mettra un terme à l’ancien ordre.

Terminons en rappelant une dernière prophétie énoncée dans l’Apocalypse. Elle concerne la partie finale de l’histoire. Deux anciens prophètes vont réapparaître à Jérusalem, causant un trouble immense parmi les nations. «Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe pas de pluie pendant les jours de leur prophétie, et ils ont le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toute espèce de plaie, chaque fois qu’ils le veulent : Apocalypse 11,6. Ils nous font immédiatement penser à Elie et Moïse, les représentants de la loi et des prophètes dans l’Ancien Testament. Ils vont rappeler au monde de manière ultime que tout ce que nous avons, tout ce dont nous jouissons, de la plus simple chose à la plus précieuse, nous vient de Dieu. Puissions-nous nous en souvenir chaque jour !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 18 juin 2011

Demain...

Anticipation

Cela fait cette année 35 ans que je suis chrétien. Au cours des trois décennies écoulées, j’ai eu l’occasion d’entendre beaucoup d’orateurs de qualité s’exprimer, Bible en main, sur la vision qu’ils avaient de la fin des temps. J’ai aussi eu l’occasion de lire plusieurs livres d’auteurs sur le sujet. Je voudrais citer parmi ceux qui m’ont paru les plus fondés et les plus imprégnés de la vision biblique du sujet : René Pache et son livre : le retour de Jésus-Christ, John H. Alexander et son commentaire verset par verset de l’Apocalypse et Ralph Shallis. Leurs projections ont largement nourri ma compréhension des choses.

Si, longtemps, leur enseignement comportait une part d’anticipation, nous sommes arrivés aujourd’hui au point où ce qui relevait de la prédiction est sur le point de s’accomplir. J’en prends pour preuve deux livres que j’aimerais vous présenter. Ces ouvrages ne sont pas le fait de prophètes bibliques illuminés, mais de penseurs connectés à la réalité du monde tel qu’il est. Le fait que ces deux livres soient à cette heure sur le marché actualise l’idée que ce qui était l’objet de la réflexion des visionnaires d’hier (les 3 auteurs dont je parle ne sont plus de ce monde), est devenu le sujet de méditation des analystes d’aujourd’hui. Le temps a donc avancé et, inexorablement, il nous précipite vers l’accomplissement de ce qui, il y a longtemps, a été écrit.

1er livre : Demain, qui gouvernera le monde ?

Son auteur, Jacques Attali, n’est plus à présenter. Il suffit pour le décrire de se reporter aux nombreux liens attachés à son nom sur le Web. D’entrée l’ouvrage se construit sur un postulat. La question n’est plus de savoir s’il est bon ou pas que le monde ait à sa tête un gouvernement mondial. L’existence future d’un tel gouvernement est inévitable. La question est de savoir qui sera à même de le diriger : quelle puissance, quelle coalition, de quelles institutions internationales il sera doté ?

Construit sur une analyse historique des tentatives passées de gouvernement du monde, par les dieux, puis par les hommes-dieux, par la religion, par les marchands, etc…, l’auteur nous conduit pas à pas vers les étapes qui ont amené le monde de plus en plus à se doter d’instances internationales dans tous les domaines.

La conviction de l’auteur est que « ni un empire, ni le marché ne pourront maîtriser les immenses problèmes qui attendent le monde. Il faudra pour cela un gouvernement mondial. Ce gouvernement revêtira une forme assez proche des régimes fédéraux d’aujourd’hui : l’Union européenne en constituera sans doute le meilleur laboratoire… Ce gouvernement mondial naîtra à l’issue dun gigantesque chaos économique, monétaire, militaire, écologique, démographique, éthique, politique ; ou, moins probablement, en lieu et place d’un tel chaos. Il prévaudra comme une thérapie de choc ; ou bien il adviendra peu à peu, dans les interstices de l’anarchie, par accumulation de réseaux tissés par les Etats, les entreprises, les syndicats, les partis politiques, les ONG, les individus. Il sera totalitaire ou démocratique selon la façon dont il s’instaurera. »

N’étant qu’au début du livre, il est probable que je revienne dans un autre article sur son contenu global. Ce qui me frappe cependant est la convergence de vue entre ce que Jacques Attali propose comme chemin inéluctable et la prédiction apocalyptique de la venue du règne global de l’Antichrist. La différence repose essentiellement sur la nature de ce règne. Attali se montre très optimiste sur les capacités de ce gouvernement mondial. « Un jour, dit-il, l’humanité comprendra qu’elle a tout à gagner à se rassembler autour d’un gouvernement démocratique du monde, dépassant les intérêts des nations les plus puissantes, protégeant l’identité de chaque civilisation et gérant au mieux les intérêts de l’humanité. » C’est, je crois, faire preuve de peu de connaissance de la nature humaine. La Bible prédit que le dernier gouvernement du monde, avant celui du Christ, sera le plus terrible, le plus sanguinaire, le plus meurtrier, le plus insensible au droit de la personne qui existera.

2ème livre : la fin du dollar
Son auteur est Myret Zaki, journaliste économique d’origine égyptienne rédactrice en chef adjoint du magazine suisse Bilan. La démonstration de son livre est simple. Ce qui va mourir demain, dit-elle, n’est pas l’euro, mais le dollar. Menant une enquête approfondie sur le billet vert et les dérives du système financier américain, l’auteur est convaincue que la situation budgétaire des Etats-Unis est de loin le plus grand danger actuel au monde. « Bien sûr, dit-elle, qu’une faillite de la Grèce serait grave en soi, surtout pour ses habitants. Mais la Grèce ne pèse même pas 2% de la zone euro. Voulez-vous connaître un vrai danger dont personne ne parle ? La faillite de l’Etat de Californie, 7ème puissance économique mondiale et qui affiche un taux d’endettement de 90% de son PIB »

Poursuivant sa réflexion, l’auteur souligne que de nombreux états dans le monde anticipe avec elle la chute des Etats-Unis. La Chine, la Russie, l’Amérique latine et même, depuis le Printemps arabe, les pays producteurs de pétrole ne veulent plus tout payer en dollars. Dans leurs échanges, la Russie et la Chine ont abandonné le billet vert pour recourir au rouble et au remimbi. Les anciens alliés de Washington prennent eux aussi de plus en plus leurs distances avec le billet vert. Tous savent que le dollar est devenu la plus grande bulle spéculative de l’histoire.

Depuis 1913, le dollar n’est plus adossé à aucune valeur tangible, tel l’or. Il a perdu 97% de sa valeur. A chaque bulle spéculative, la Réserve fédérale réagit par le même procédé : imprimer, imprimer encore et toujours du papier. Les Etats-Unis ne produisent pratiquement plus rien et vivent de plus en plus à crédit. Le pays a besoin de 6 dollars pour produire un dollar de richesse. Tout compris, le trou des Etats-Unis avoisine les 200 000 milliards de dollars. La fin du dollar roi, c’est pour quand ? 2014, prédit Myret Zaki. Voltaire l’avait déjà dit : Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro.

Conclusion :

Les deux livres ci-dessus sont complémentaires. Le second nous montre le chemin par lequel le rêve présenté dans le premier pourrait se réaliser. Une réorganisation complète du monde est à notre porte. Le rêve pressenti risque bien cependant de se transformer en cauchemar… jusqu’à ce vienne et règne le véritable Prince de la paix, Jésus-Christ.

Source pour Myret Zaki : Site : Le matin.ch


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samedi 11 juin 2011

Il a pris ma place

Salle d’attente

Un chrétien anglais convaincu se rendit chez son médecin de bonne heure pour arriver le premier. Lorsqu’il arriva, la salle d’attente était déjà quasi pleine. Il s’assit au bout de la rangée en dernière position. Lorsqu’on criait : Suivant ! chacun se déplaçait en avançant d’une chaise. Après une longue attente, il se trouva enfin assis sur la chaise la plus proche du cabinet de consultation. Entre-temps les chaises derrière lui s’étaient remplies.

Une dame entra tout à coup dans la salle d’attente en proie à une souffrance évidente. Elle se dirigea vers l’avant comme pour entrer la première. Une voix s’éleva pour lui dire sèchement :

- Madame, prenez votre place comme tout le monde, en queue de file.

Se tournant vers le chrétien, la femme lui demanda !

- Monsieur, je suis dans un tel état de souffrance, puis-je entrer à votre place ?

Le chrétien se leva de son siège et lui dit :

- Certainement, Madame, je vous en prie !

A ce moment précis, la porte du cabinet s’ouvrit et l’on cria : Suivant ! La dame entra en jetant à notre ami un regard de gratitude.

Quand il voulut reprendre sa place, le chrétien faillit s’asseoir sur les genoux du suivant. Le chrétien s’étant levé, tous les patients s’étaient déplacés d’un siège. La même voix qui avait parlé d’un ton cassant lui dit :

- Monsieur, vous avez donné votre place à cette femme, prenez maintenant la sienne !

Pendant quelques secondes, il resta sans réaction. Puis se ressaisissant, il dit :

- C’est juste, elle a pris ma place, je dois prendre la sienne au dernier rang.

Comme il n’était pas ce genre de chrétien qui cache son drapeau, il ajouta en s’adressant à tous ceux qui étaient là :

- C’est exactement ce que Jésus-Christ a fait pour moi. A cause de mes péchés, je méritais la condamnation, la mort et la séparation d’avec Dieu. Mais Jésus-Christ est venu : mes manquements, mes faillites, mes péchés lui ont été attribués parce qu’Il prenait ma place. Et parce qu’Il me remplaçait, sa justice, son excellence ont été mis sur mon compte. Sur la croix, Jésus a occupé la place qui était le mienne. Et moi, maintenant, j’occupe devant Dieu la place qu’Il occupait avant qu’Il prenne la mienne !


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samedi 4 juin 2011

DSK : Radiographie d'une chute

Chuter

Qui dit chute dit auparavant hauteur. Une chute ne se comprend que par la perte de la position élevée que l’on occupait. Plus la position était élevée, plus la chute à des effets dramatiques, catastrophiques, ruineux, pour celui qui en est l’objet. Si en escalade, on peut chuter par accident, nos chutes dans la vie ont d’autres causes. Au-delà de la souffrance qu’elle entraîne chez ceux qu’elle concerne, la chute d’un être est peut-être la chose la plus triste de la création. Certes, toutes les chutes ne sont pas les mêmes. Elles n’ont pas toutes la même portée. Nous chutons tous fréquemment et de plusieurs manières. Avec l’aide de Dieu, nous verrons qu’on peut s’en relever. La chute peut être une chance, une opportunité, l’occasion unique de prendre acte d’une faiblesse, puis d’apprendre… Il y a cependant des chutes dont on ne se relève pas. Elles sont irréversibles, de l’ordre du suicide. C’est de ce type de chute dont j’aimerais parler.

Anatomie de la chute

La chute a pour première cause un mensonge auquel on a cru. Qui a vécu sait à quel point l’homme peut se tromper, s’illusionner sur lui-même… au point où il en devient complètement aveugle. Le piège est là, tendu sous ses pieds. Mais il a tellement pris l’habitude de minimiser, banaliser sa conduite dangereuse qui l’amène à marcher de plus en plus près du bord du précipice, qu’un jour il chute. C’est un fait réel que, à force de justifier et d’excuser le mal, notre conscience s’émousse. La chute mortelle ne se produit pas du premier coup. Elle est souvent précédée de multiples autres pour lesquelles on a tiré aucune leçon. Certes, le relativisme ambiant n’aide pas. « Les autres le font bien », pense-t-on ou, « après tout, ce n’est pas si grave ». Petit à petit, insidieusement, le mensonge gagne du terrain. Il conquiert l’une après l’autre les positions de défense de l’être… jusqu’au jour où les portes lui sont grandes ouvertes. De maître du jeu, l’homme passe alors à jouet de ses propres passions…

La chute est un renversement. Pas seulement physique ou social, mais, plus encore, un renversement du bon sens. Alors que le bon sens nous dit que la position de hauteur que nous occupons est le privilège le plus grand que nous possédons dans la vie, un renversement se produit. Tous les atouts, toutes les richesses que celui-ci nous octroie sont soudainement éclipsés pour une seule chose qui, plus qu’obsédante, nous hypnotise. Comme un fou qui a perdu la raison, nous fonçons et nous plongeons. Tous les scénarios de chute évoqués dans la Bible se ressemblent. Ils ont tous conduits ceux qui les ont suivis au même choix : brader l’excellent au profit du moindre ou du médiocre… dont ils n’ont d’ailleurs jamais pu jouir vraiment.

La première chute remonte à loin, avant que l’homme soit né. C’est la chute de l’ange magnifique, l’ange de lumière, Lucifer. Non satisfait de la gloire et du rang que Dieu lui avait donné, il voulut plus. Il convoita la gloire qui appartenait à Dieu. Il a tout perdu : son rang, sa beauté, son bel esprit pour un destin où il finira comme ruine. Puis, il y a la chute de nos premiers parents, Adam et Eve. Placés dans le jardin d’Eden, environnés d’arbres avec toutes sortes de fruits, ils se sont laissé séduire par le serpent infernal. Ils n’ont plus vu que le fruit défendu, à leurs yeux plus beau et meilleur que tous les autres. Ils ont cru accéder à une plus grand liberté et sont devenus déchus. Il y a Judas, choisi entre tous comme compagnon par Jésus. Mais Judas avait un autre dieu : l’argent. Il trahit son Ami pour 30 pièces d’argent… pour se suicider quelques heures plus tard. Le scénario de toutes les chutes se recoupent : foi en un mensonge, aveuglement et choix qui s'incarne dans un acte mortel.

Radiographie de la chute

La chute ne se produit pas par hasard. Elle révèle au grand jour ce qui jusque là était caché. Elle est comme la pointe de l’iceberg qui ne représente que la plus petite partie de la réalité. La chute met à jour le véritable visage de l’homme. Elle le défigure aux yeux de ses amis médusés. Tout bûcheron le sait : l’arbre finit par chuter du côté où il penche. La chute est le résultat d’un penchant non combattu, mais entretenu. Si l’homme est seul à chuter, ses proches, loin s’en faut, ne sont pas toujours innocents de ce qui se produit. On a bien vu le penchant invétéré, mais on a rien dit. On s’en est amusé… jusqu’au jour où la plaisanterie s’est transformée en drame. Jusque là, l’homme debout, qui penchait dangereusement, était respecté. Maintenant qu’il est à terre, ses amis, l’un après l’autre, l’abandonnent.

Je m’interroge et me permet de vous interroger. Dans quel domaine de ma vie suis-je fragile ? Ai-je un ami à qui je peux en parler ? Suis-je prêt à me faire « soigner », accompagner ? Est-ce que je reconnais le danger auquel ma faiblesse m’expose ? Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber, dit la Bible.

Relèvement

S’il y a des chutes irréversibles, sans retour, il y en a d’autres, très nombreuses qui sont salvatrices. Qui chute en montagne se montre plus vigilant dans la suite de sa randonnée. Il fait plus attention là où il pose son pied. Il apprend de sa chute. Si la Bible montre l’homme tel qu’il est, elle révèle aussi quelle personne est Dieu. Dès le début, elle le présente comme le Dieu qui a compassion de l’homme à terre, qui le secourt et le relève. Pour être au bénéfice de la main salvatrice de Dieu, plusieurs conditions sont à remplir :

1. Ne pas se chercher d’excuse, mais reconnaître sa pleine responsabilité dans l’état dans lequel nous sommes. Qui se justifie n’a pas appris la leçon. C’est comme responsable et coupable qu’on se présente à Dieu. Toute autre posture nous disqualifie pour le relèvement. La chute est l’occasion unique qui nous est offerte pour ouvrir les yeux sur la bêtise de notre autosuffisance, de notre orgueil ou de notre égoïsme. D’aveugle que nous étions, elle nous rend de nouveau lucide. Nous revoyons les choses dans leur juste perspective et, non plus, d’après le point de vue formé par l’invasion de nos convoitises.

2. Faire appel à la grâce de Dieu. la grâce n’a d’efficacité que pour les coupables. Dieu peut l’octroyer à tout homme qui se reconnaît tel qu’il est devant Dieu. La grâce de Dieu ne consiste pas simplement à passer l’éponge ou fermer les yeux sur le mal commis. Elle n’est possible que parce que la sanction méritée pour la faute a été portée par Jésus-Christ, le Fils de Dieu sans faute. Par Lui, Dieu offre à chaque être déchu de commencer une histoire nouvelle, d’écrire un nouveau livre de vie.

3. Inviter Jésus-Christ à prendre désormais les rênes de sa vie. Il est celui, dit la Bible, qui peut nous préserver de toute chute. L’apprentissage sera peut être long. Mais quiconque vit et marche avec Jésus-Christ dans sa vie fait l’expérience d’une force qu’il ne possédait pas. C’est elle qui oriente nos désirs vers des choses nouvelles, nobles, élevées et nous soutient, lorsque harcelés par le monde environnant ou notre propre nature, nous risquons de glisser. Qui a Jésus-Christ dans sa vie ne combat plus seul contre lui-même. Il n’a d’ailleurs plus besoin de combattre, mais de s’attacher à développer ce qu’il a reçu.

Mis à part Judas, Pierre, un autre compagnon de Jésus, l’a renié. La chute de Pierre n’a pas fini par la mort. Elle a été le tremplin qui l’a propulsé dans les hauteurs d’une vie nouvelle, spirituelle. Si Judas est dans le gouffre insondable de la perdition, Pierre est dans la présence de Dieu dans les lieux très hauts. Que son sort puisse aussi être le vôtre !



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samedi 28 mai 2011

The Tree of Life : décryptage

The Tree of Life

Heureuse et légitime surprise ! La palme d’or du festival de Cannes 2011 revient à l’excellent film de Terrence Malick « The Tree of life », l’Arbre de Vie. Au beau milieu de l’actualité glauque du moment, où la seule préoccupation des journalistes est de savoir s’il y avait du sperme d’un « présumé » violeur sur le chemisier de sa « présumée » victime, le film est un vrai bol d’oxygène.

Au travers d’un mari et de sa femme, le film expose les deux voies par lesquelles le genre humain fonde son existence. La 1ère, la voie naturelle, est la voie du mérite. La réussite dans la vie, l’acceptation des autres, tout passe par là. Sa place dans l’histoire, l’estime dans le cœur des autres, se gagnent à la force des poignets. Telle est la voie à laquelle croit le père et dans laquelle il éduque ses enfants. Exigence et rigueur sont donc les mots d’ordre de la voie naturelle. Les règles sont strictes, les conventions obligatoires ! La seconde est la voie de la grâce, de l’amour inconditionnel, incarnée par la femme !

Loi et grâce

La faille de la voie naturelle est très visible dans le film. Elle est double ! Dans la vie de celui qui l’incarne et dans celles à qui il l’impose. Elle souligne, mieux que tout discours, où aboutit la loi simplement appliquée. La loi sans amour est une trique qui blesse. Elle est sans pitié, sans indulgence, sans discernement. Elle fait fi de l’ingrédient principal qui noue toute relation : l’amour. Pire, elle le simule. Exemple est donné quand le père force son fils à l’embrasser, à lui dire « je t’aime ». Les mots, les gestes y sont, mais le cœur est froid. La loi montre ce qui devrait être fait. Mais elle ne communique aucune force, puissance, aucun désir, aucune motivation stimulante pour faire. Plus grave ! Elle conduit celui qui l’applique à des extrêmes tels que le bon sens et la conscience suffisent pour le condamner. Un homme peut être religieux, il reste incapable par lui-même d’aimer. La voie naturelle du mérite et de l’effort déshumanise, car elle ôte à l’homme ce qui fait de lui sa beauté d’homme : la grâce !

Cette beauté humaine est incarnée par la femme dans le film. La grâce ne se voit pas seulement dans le visage de l’épouse. Elle est surtout présente dans ses attitudes. Loin du père autoritaire, elle offre la liberté d’être aux enfants. Quand la loi n’est plus là, la vie jaillit. L’amour inconditionnel règne alors ! Les enfants rient, chantent, jouent avec la mère sans crainte. Le père de retour, la vie, immédiatement, se crispe, se fige.

Autant que les enfants, la mère souffre de la tyrannie qu’exerce le père. Grâce et loi ne peuvent faire bon ménage ! Quand la loi régit les comportements, la grâce est étouffée, elle se tait ! Elle pleure, prie, souffre. Car la loi ne produit qu’une chose : la colère. Plus le temps passe, plus elle gronde, mûrit… jusqu’au jour où elle explose en haine. Haine du fils contre le père, qui se transforme en haine contre tout, Dieu, la vie, le frère… Effet pervers : alors qu’elle devait mener au bien, la loi produit le mal. Que faudra-t-il pour que les choses changent ? Le film le montre !

Le malheur

Le malheur qui frappe ! Aveugle, inexplicable, en sens contraire de la logique. Il tue l’enfant, le second, le soumis. Déraillés de leur logique, le père, le fils rebelle sont désorientés. La mère est brisée. Malheur salutaire ! Le père comprend que Dieu ne suit pas les schémas de la loi. Le malheur frappe le méchant comme le bon. Il ne s’enquiert pas des mérites, de la valeur.

Mais le malheur interroge ! Il questionne ! Il place chacun face à lui-même, réduit à néant les logiques qu’il a suivies. Il oblige aussi à découvrir Dieu. Ce Dieu si puissant qui, de rien a fait l’univers, n’a-t-il pas le pouvoir d’empêcher le malheur ? Bien sûr qu’il l’a ! Et s’il l’a, pourquoi ne le fait-il pas ?

La fin du film renvoie à la seule réponse recevable pour nous les hommes. C’est dans la grâce et la bonté de Dieu, au-delà du malheur et de l’incompréhensible, que l’homme doit mettre sa foi ! La grâce est la seule source d’espérance que nous ayons dans ce monde. Or l’espérance ne trompe pas ! Si, ici-bas, elle est une promesse dont la foi se saisit, son objet est certain. Il se réalisera dans la résurrection !

Le film ne dit jamais le nom de Jésus. La musique et les chœurs entendus l’évoquent. Il est celui par qui la grâce nous est donnée. Contre toute logique, il nous dit que Dieu nous aime, nous reçoit, nous pardonne indépendamment de ce que nous avons produit. Jésus met fin à la tyrannie de la loi naturelle. En Lui se trouve « The Tree of Life », l’Arbre de Vie ! Quelle grâce !


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samedi 21 mai 2011

Le paradis perdu : suite et fin

7ème livre :

A la demande d’Adam, l’ange Raphaël poursuit le récit des choses qui se sont passées au Ciel avant la création de l’homme. Il raconte à Adam comment et pourquoi ce monde a été créé. Dieu, ayant expulsé Satan et ses anges de son ciel, déclara que son plaisir était de créer un autre monde et d’autres créatures pour y habiter. Il envoie son Fils dans la gloire avec un cortège d’anges pour accomplir l’œuvre de la création en 6 jours. Les anges célèbrent par des cantiques cette création et le retour dans la gloire du Fils après sa victoire sur les forces célestes rebelles à Dieu.

8ème livre :

Adam continue à interroger Raphaël sur diverses choses de la création. Raphaël l’incite à chercher à connaître des choses plus dignes d’être connues. La simple curiosité ne doit pas être le but de l’intérêt d’Adam pour les choses qui l’entourent. Adam comprend. Il témoigne à Raphaël de ce dont il se souvient depuis sa propre création : son premier regard sur le monde dans lequel il venait d’arriver, le dialogue avec Dieu sur la solitude qu’il éprouvait et le besoin d’une vis sociale différente, sa première rencontre et ses noces avec Eve… Le soir venu, Raphaël quitte Adam, non sans lui avoir répété auparavant avec insistance des avertissements sur le danger qui le guette.

9ème livre :

Satan, ayant parcouru la terre avec une fourberie méditée, revient de nuit comme un brouillard dans le Paradis. Il entre dans le serpent endormi. Le matin, Adam et Eve sortent pour vaquer à leurs occupations. Eve propose à Adam de diviser le travail en parts et de se séparer. Adam n’y consent pas. Il craint que l’ennemi profite de la solitude d’Eve pour la tenter. Eve s’offense du manque de confiance d’Adam en elle. Adam cède. Voyant Eve seule, le serpent s’approche d’elle et la flatte. Eve s’étonne d’entendre l’animal parler. Le serpent lui dit qu’en goûtant un certain fruit, il avait acquis de nouvelles capacités : la parole et la raison. Eve lui demande de le conduire à l’arbre en question. Elle voit qu’il s’agit de l’arbre défendu. Devenu plus hardi, le serpent, à coup d’astuces et d’arguments, l’engage à goûter du fruit. Il lui assure qu’il n’y a là rien de mortel, lui-même étant plus vivant que jamais. Eve goûte : le fruit lui semble délicieux. Elle délibère pour savoir si elle en donnera à Adam. Elle lui porte du fruit. Adam est consterné. Mais, la voyant perdue, il se résout, par amour pour elle, à se perdre avec elle. Il goûte aussi du fruit. Les effets sur les deux sont immédiats. A la vue de leur nudité, la honte s’empare d’eux. Ils tombent en désaccord et commencent à s’accuser l’un l’autre de ce qu’ils viennent de faire.

10ème livre :

La transgression d’Adam et Eve connue, les Anges qui gardaient le Paradis retournent au ciel pour justifier leur vigilance. Ils sont approuvés. Dieu envoie Son Fils pour juger les transgresseurs. Il descend et leur fait connaître la sentence de leur péché. Par pitié pour eux, il les revêt d’habits de peaux.

Le PECHE et la MORT, assis aux portes de l’enfer, sentent que leur père Satan a réussi son coup dans le nouveau monde. Il quitte le lieu où ils se trouvent pour rejoindre le monde des hommes. Pour aller d’un lieu à l’autre (l’Enfer – le monde) ils construisent un immense pont au-dessus du Chaos en suivant la première trace de Satan. Ils le rencontrent en cours de route, lui revenant vers l’Enfer. Ils se félicitent mutuellement. Arrivé au lieu où sont les esprits précipités dans l’Abîme, Satan raconte son succès sur l’homme. Au lieu d’applaudissements, il est accueilli par des sifflements stridents. Tous sont transformés subitement en serpent rampants selon la sentence prononcée par le Fils dans le Paradis.

Dieu prédit la victoire finale de Son Fils sur les puissances mauvaises. En attendant, il ordonne à ses anges divers changements dans les Cieux et les Elements. Adam, profondément affligé, refuse les consolations qu’Eve lui offre. Elle persiste et finit par l’apaiser. Ils parlent ensemble des solutions éventuelles qui s’offrent à eux, comme le suicide… Adam se souvient de la promesse du Fils : sa race, un jour, se vengera du serpent. Adam exhorte Eve à chercher avec lui la réconciliation de la Divinité offensée par le repentir et la prière.

11ème livre :

Le Fils de Dieu présente à son Père les prières de nos premiers parents repentants. Il intercède pour eux. Dieu les exauce, mais il déclare qu’ils ne pourront plus habiter longtemps dans le Paradis. Il envoie Michel avec une troupe de Chérubins pour les en déposséder et pour révéler à Adam ce qui doit arriver par la suite. Eve s’effondre en entendant l’arrêté de Dieu ordonnant leur expulsion. Adam s’excuse, mais se soumet. L’Ange le conduit au sommet d’une haute colline, et lui découvre, dans une vision, ce qui arrivera jusqu’au déluge.

12ème livre :

L’Ange Michel continue de raconter à Adam ce qui arrivera à la suite du déluge. Parlant d’Abraham, il explique par degrés qui sera celui de la race de la femme qui accomplira la promesse faite par Dieu. Il parle de son incarnation, de sa mort suivie de sa résurrection et de son ascension. Il lui rapporte ce que sera l’Eglise dans son développement et évoque le retour final du Fils à la fin des temps. Adam est satisfait et rassuré par les récits de l’ange et les promesses entendues. Il redescend de la montagne et retrouve Eve qui avait dormi pendant ce temps. Des anges, par des songes paisibles, l’avaient tranquillisée. Michel les conduit tous deux par la main hors du Paradis. Des Chérubins se postent à l’entrée armés d’épées flamboyantes, pour en interdire désormais l’accès. Le Paradis est perdu, mais Adam et Eve ne partent pas seuls : une promesse de salut, inscrite dans leurs cœurs, les accompagne désormais !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 14 mai 2011

Le paradis perdu

Le paradis perdu

L’épopée que raconte John Milton commence au moment où, précipités des cieux après sa révolte contre Dieu, Satan se retrouve avec la bande d’anges qui l’a suivi, couché sur un lac brûlant, évanoui. Revenant à lui, le bel ange défiguré voit à côté de lui, Béelzébuth, méconnaissable. Dès lors, Satan n’aura plus qu’un but : tirer vengeance de sa défaite et récupérer son trône. Les douze livres, qui composent le paradis perdu, nous racontent cette épopée fantastique dont l’action se déroule avant la création et jusqu’au 3ème chapitre de la genèse.

1er livre :

Réveillé et souffrant, Satan se lève du lieu où il a atterri. Il réveille avec lui toutes ses légions, confondues et amoindries comme lui. Elles se lèvent. Ensemble, ils essaient de trouver un endroit où la souffrance est moindre. Chose faite, Satan leur adresse un long discours. Il leur fait part de son espérance de gagner à nouveau le ciel. Surtout, il leur parle d’une nouvelle espèce de créatures qui doivent un jour être formées. Les esprits tiennent conseil pour savoir ce qu’il convient de faire.

2ème livre :

La délibération du conseil donne lieu à plusieurs propositions. Quelques-uns pensent qu’il faut livrer une nouvelle bataille pour retrouver le ciel. D’autres les dissuadent. Satan suggère plutôt de s’enquérir sur la réalité de la prophétie parlant de la création imminente d’un autre monde. Sa proposition est retenue, mais une question demeure : qui essaiera, à ses risques et périls, de s’échapper de l’Abîme ? Satan, étant le chef, se propose. Il est acclamé et applaudi. Prenant son envol, il finit après un long voyage par arriver aux portes de l’Enfer. Il les trouve fermées et gardées par la MORT et son fils PECHE. Reconnaissant en Satan leur père, la MORT lui ouvre les portes. Dirigé par le CHAOS, il parvient à la vue du monde nouveau qu’il cherchait.

3ème livre :

Dieu, siégeant sur son trône, voit Satan qui vole vers ce monde nouvellement créé. Il le montre à son Fils bien-aimé qui siège à sa droite. Il prédit le succès de Satan qui pervertira l’espèce humaine, bien qu’il ait créé l’homme libre et capable de résister au Tentateur. Il déclare sa volonté de faire grâce à l’homme qui ne tombera pas de sa propre méchanceté, mais suite à la séduction de Satan. Dieu ajoute cependant que sa Justice nécessite la mort de l’homme pour sa faute. Le Fils de Dieu s’offre volontairement comme rançon de l’homme. Le Père l’accepte, ordonne l’Incarnation, et commande à tous les anges de l’adorer. Ils obéissent et chantent en chœur les louanges du Père et du Fils.

Arrivé aux portes du Ciel, Satan prend la forme d’un ange inférieur. Il rencontre l’ange Uriel, à qui il prétexte le pieux désir de contempler la nouvelle création et l’homme que Dieu y a placé. Uriel lui communique tous les renseignements dont il a besoin.

4ème livre :

A la vue d’Eden, Satan est agité de plusieurs passions : frayeur, envie, désespoir. Il se confirme dans le mal et s’avance vers le Paradis. Il en franchit les limites et s’installe, sous la forme d’un cormoran, sur l’arbre le plus haut du jardin, l’arbre de vie. Satan découvre Adam, le premier homme, et Eve, la première femme. Il s’étonne de l’excellence de leur forme et de leur heureux état. Plus que jamais, il est résolu à travailler à leur chute. Il les écoute et apprend, par leur discours, qu’il leur est interdit sous peine de mort de manger du fruit de l’arbre de la science. Il projette de fonder sa tentation sur le sujet.

Voyant Satan partir, Uriel se rend compte de sa méprise. Il avertit Gabriel, gardien des portes du Paradis. Celui-ci dépêche des légions pour trouver Satan. Le soir, alors qu’Adam et Eve sont endormis, Satan s’approche d’Eve pour lui suggérer de mauvaises pensées. Deux anges le découvrent et l’obligent à le suivre jusqu’à Gabriel. Celui-ci l’interroge, mais Satan ne lui répond que par le mépris. Satan est chassé du Paradis.

5ème livre :

Eve raconte le mauvais rêve qu’elle a eu à Adam. Adam la console. Puis ils sortent ensemble pour leurs travaux du jour. Dieu, afin de rendre l’homme inexcusable, envoie vers eux Raphaël. Raphaël descend au Paradis et exhorte Adam et Eve à l’obéissance. Il les prévient du danger qui les guette en leur révélant qui est Satan. Il leur raconte la genèse de sa révolte. Elle commença le jour où Dieu établit Son Fils chef de toute la création et jura par lui-même que tout genou devait se plier devant lui. Ange supérieur, Lucifer le prit mal. Se retirant dans le Nord avec ses légions, il incite les anges à la rébellion. Il discourt si bien qu’un seul, parmi ceux qui l’écoutent, s’oppose à lui : Abdiel, le séraphin. Il quitte la troupe des conjurés et part vers le Ciel.

6ème livre

Averti de la révolte de Satan, Dieu envoie Michel et Gabriel combattre contre lui et ses anges. Satan perd la première bataille. Il se retire avec les siens en conseil. Ils inventent des machines diaboliques. Les anges fidèles à Dieu sont surpris lors de la seconde bataille par les stratagèmes de Satan. Le combat est rude entre les deux camps. Le 3ème jour, Dieu décide d’envoyer son Fils. Arrivé sur place, il ordonne aux légions d’anges fidèles de rester sur place. Puis, il se précipite avec son char et ses armes au milieu de ses ennemis, incapables de lui résister. Tous sont précipités vers la muraille du Ciel. Le Ciel s’ouvre et les esprits rebelles tombent en bas. Avec horreur et confusion, ils sont jetés après 9 jours de chute au lieu du châtiment préparé pour eux dans l’Abîme. Le Fils retourne triomphant vers son Père.

Suite du récit la semaine prochaine…



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 7 mai 2011

Les silences de Dieu

Le silence de Dieu

Jean-Paul Sartre disait : Dieu se tait, donc il n’existe pas pour l’homme. Si la parole de Dieu peut être dérangeante, son silence, pour certains, l’est davantage encore. Le silence de Dieu, à leurs yeux, le rend coupable. Comment Dieu peut-il se taire alors que tant d’horreurs se passent sur notre terre ? Comment peut-il rester muet alors que ceux qui se revendiquent comme étant son peuple sont mis à mal, persécutés, tués dans le monde entier ? Le silence de Dieu justifie l’athéisme des hommes, disait Sartre ! Que dire, que penser du silence de Dieu ?

Tout parle de Lui !

La 1ère chose que la Bible dit est que, sans parole, la perception de qui est Dieu se voit à travers sa création. Le ciel (le cosmos, l’infini) raconte la gloire de Dieu, dit le roi David. Depuis la création, ajoute l’apôtre Paul, les œuvres de Dieu parlent à la pensée et à la conscience des hommes de ses perfections invisibles. Certes, il n’y a là ni parole, ni langage. Mais le sens esthétique, la diversité, l’originalité de chaque création, l’intelligence, l’ordre : tout cela témoigne des attributs du concepteur.

Chacun de nous sait que les mots ne sont pas la seule forme de communication entre les êtres. La musique, la peinture, le mime, des gestes, le comportement, le visage sont autant de révélateurs expressifs de ce qui habite les humains. Dieu a donné dans ses œuvres suffisamment de lumière pour ceux qui veulent le voir, mais aussi assez d’obscurité pour ceux qui ne le veulent pas. Je ne poursuivrai pas ma réflexion sur les autres moyens par lesquels Dieu parle. Un autre article du blog traite le sujet. J’aimerais plutôt revenir sur le silence de Dieu. Il est une réalité biblique comme sa parole. Pour trois raisons, Dieu privilégie par moments le silence à la parole!

Le choix du silence

1. le silence : un cadre

La première raison est que le silence offre souvent le meilleur cadre pour entendre Dieu. Alors que le prophète Elie était sur le mont Horeb, découragé, il eut droit à la visite de Dieu. la Bible raconte qu’un grand violent, suivi d’un puissant tremblement de terre et d’un feu passa devant lui. Mais, dit le texte, Dieu n’était pas dans ces élément puissants et bruyants. Puis Elie entendit un murmure léger, le bruissement du silence. Et il entendit la parole de Dieu.

Nous n’aimons pas, en général, le silence. Nous lui préférons le bruit qui nous empêche de faire silence pour entrer en nous-mêmes. Aucune relation profonde avec Dieu n’est possible sans silence. Jésus l’a dit : « Si tu veux prier, va dans la pièce la plus reculée de ta maison. Là enferme-toi et adresse-toi à ton Père qui est dans le secret… Le silence étant le cadre privilégié de l’écoute de Dieu, Il travaille souvent pour en produire les conditions. Il nous fait sortir de notre train-train quotidien, nous force à l’isolement, nous conduit dans l’échec parfois pour que nous soyons plus réceptifs à sa parole. Dieu aime la joie, pais aussi le silence. Et le silence est le meilleur prélude à la joie qu’il veut nous donner !

2. le silence : un choix

Tout la Bible est l’expression de ce que Dieu a dit durant des siècles. Dieu a parlé de plusieurs reprises et de plusieurs manières, dit un auteur (voir article blog). Cette parole n’a pas été continue. Comme en musique, elle alterne avec des temps de pause, de silence qui lui donne son rythme. Il faut faire remarquer ici que, si Dieu parle, il ne nous dit que ce que nous avons besoin d’entendre, rien de plus. Nous aimerions parfois spéculer sur les silences de Dieu sur certains sujets. Acceptons le fait que, dans sa sagesse, Dieu sait ce qu’il fait. Ce que nous avons de Dieu suffit pour que nous lui fassions confiance au sujet de ce que nous ignorons.

Certains commentateurs hébreux de la genèse ont fait remarquer que le premier mot de la Bible commence par un B : Béréchit = au commencement. Avant le B, il y a le A de Alpha. Or, l’Alpha, c’est Dieu ! Si nous pouvons connaître les choses à partir du B, il y a une partie des choses qui touchent au A que nous ne pourrons jamais connaître. Elles font partie du silence de Dieu, un silence que nous devons respecter, le silence qui exprime et exprimera toujours l’infinie distance qui sépare la créature de son Créateur !

Dieu est un peu (avec tout le respect que je lui dois !) comme la lune. Il a une face lumineuse et une face cachée. Moïse nous précise la raison de cette ambivalence divine : les choses cachées sont à Dieu, les choses révélées sont à nous… pour que nous les mettions en pratique

3. le silence : un signe

Si la Parole de Dieu est, en majorité, signe d’espoir, le silence de Dieu est souvent signe de sa colère ou de son abandon. Dans la période du juge Samuel, la parole de Dieu était rare. C’était le temps où chacun faisait ce qui lui semblait bon… sans se soucier aucunement de ce que Dieu pensait. Si la plupart de nos contemporains n’entendent pas Dieu, la raison principale n’est-elle pas, qu’au fond d’eux-mêmes, ils n’ont aucune envie de l’entendre ?

Après avoir désobéi maintes fois, le roi Saül voulut consulter Dieu. Il utilisa tous les moyens à sa disposition pour cela. Mais Dieu ne répondit pas. Il y a un temps où Dieu parle, et on ne l’écoute pas. On passe allègrement sur ce moment qui nous invite à faire silence. Ce peut être la mort qui frappe de près, une souffrance qui nous déstabilise, quelque chose qui trouble notre paix et notre conscience… Vient le moment où, tout à coup, nous aimerions entendre Dieu… et nous n’entendons rien. Aujourd’hui, si tu entends sa voix, n’endurcis pas ton cœur !

Jamais cependant le silence de Dieu n’aura été plus dramatique dans l’histoire qu’au moment où Jésus est sur la croix. Alors que toute sa vie d’homme, un dialogue ininterrompu animait la relation entre le Père et le Fils (Jésus est appelé la Parole), le silence s’abattit soudain sur lui. Jésus, à la croix, dit Paul, incarne le péché, notre péché. La rupture est consommée. D’où la détresse du Fils se traduisant, face au silence du Père, par ce cri déchirant : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi M’as-Tu abandonné ? Maltraité, affligé, dit le prophète, il n’a pas ouvert la bouche ; semblable au mouton qu’on mène à l’abattoir, à une brebis muette devant ceux qui le tondent, il n’a pas ouvert la bouche. Le jugement qui devait tomber sur nous, à cause de notre rébellion, est tombé sur lui.

Le silence qui accompagna la mort de Jésus nous rappelle que la détresse la plus grande de l’homme sera de ne plus être au bénéfice d’une seule parole de Dieu. La mort, le lieu de l’éternité sans Dieu, est appelée dans la Bible la demeure du silence : un silence juste interrompu par les pleurs, les cris, le remords rongeur de ceux qui se souviendront de leur folie de ne pas avoir écouté en temps voulu… la parole qui voulait les sauver !

Bons luvres sur le sujet :
- l'exil de la parole : André Neher
- le silence dans la Bible : Luc Pelsy (les cahiers de "Christ seul")


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 30 avril 2011

L'oeil de Dieu

Un regard satellite

Les systèmes de positionnement par satellites actuels sont, dit-on, d’une précision si remarquable qu’ils permettent de donner la position géographique de leurs récepteurs à quelques mètres près. Preuve en est les GPS qui, guidés du haut du ciel, nous indiquent avec exactitude notre position sur la route. Si l’utilisation de cette technique a des avantages qui facilitent la vie quotidienne, elle interroge également. Chacun de nous, qu’il en soit conscient ou pas, est suivi à la trace. Vous pouvez nier vous être rendu à tel ou tel endroit… sauf que votre position a été trahie d’en haut.

Dieu, dit la Bible, regarde du ciel. Il voit tous les humains : Psaume 33,13. Il est fort possible que, dans quantité de situations, vous pensiez être seuls. Vous n’êtes pas fiers de ce que vous avez fait et, s’il y a une chose que vous espérez, c’est que personne ne le sache. « Ni vu, ni connu, vous rassurez-vous ! » Détrompez-vous ! L’œil de Dieu voit tout.

Alors qu’il venait de faire la connaissance de Jésus, Philippe rencontra un ami, Nathanaël. Enthousiaste, il lui dit d’emblée sa certitude que Jésus était le Messie annoncé et attendu par les prophètes. Nathanaël est sceptique ! Philippe ne cherche pas à le convaincre davantage. Il l’invite à faire lui-même la connaissance de Jésus. A peine Nathanaël arrive-t-il que Jésus fait l’éloge de sa droiture de cœur. Nathanaël s’étonne : d’où me connais-tu, demande-t-il ! Jésus lui répond : Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ! Convaincu, Nathanaël se met à son tour à suivre Jésus.

Que faisait Nathanaël sous son figuier ? L’Evangile ne nous le dit pas ! Ce qui est certain est qu’il était seul à ce moment-là. Ce qui s’était fait sous le figuier était un secret pour Nathanaël seul. Peut-être, celui-ci était-il en train de prier, de demander à Dieu quelque chose de précis ? Peut-être était-il en train de méditer et de prendre devant Dieu une décision solennelle ? Ou de penser à quelque chose de bon qu’il allait faire pour son prochain ? Nathanaël était un homme droit. Quoi qu’il en soit, il n’a pas pu garder son secret pour lui seul. Avant même qu’il connaisse Jésus, celui-ci l’a vu. Du premier coup d’oeil, il fut capable de dire tout ce qui était en lui.

La question se pose : sous quel figuier suis-je ? Et que fais-je sous ce figuier ? Le fait que Dieu connaisse tout de moi peut, d’une part, être rassurant. Dieu connaît ce que les autres ne voient pas : mes motivations, le bien que je peux faire incognito… Mais Dieu sait aussi tout ce que je fais de mal, de mensonger, d’inique en secret. Il connaît les pensées qui m’habitent, les projets que je conçois, les magouilles et les coups bas dans lesquels je trempe ! La précision du regard de Dieu dépasse de loin celle des satellites. Ceux-ci peuvent me situer physiquement. Ils ne peuvent deviner ce qui se trame en moi.

S’il est effrayant pour le pécheur, l’œil de Dieu est, par contre, toujours rassurant, pour le juste. Dans le même psaume, il est dit : l’œil du Seigneur est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui attendent sa fidélité, afin de les délivrer de la mort et de les faire vivre pendant la famine : Psaume 33,17-18. Celui qui veut marcher dans la vérité, la droiture, la justice ou l’intégrité doit le savoir : Dieu le voit. Comme pour le méchant, l’œil de Dieu le suit à la trace. Cette hyper surveillance de Dieu sur le juste a un but : lui assurer toute la protection et le soutien dont il a besoin dans l’effort qui le porte.

Quel sentiment provoque en vous l’idée que Dieu vous voit, qu’il connaisse exactement votre position à cet instant ? Plus encore, qu’il connaisse vos états d’âme, vos pensées, ce que vous mûrissez au plus profond de vous-mêmes ? Les yeux de l’Eternel sont en tout lieu, observant les méchants et les bons, dit Salomon : Proverbes 15,3. Que cette conscience du regard pénétrant de Dieu vous pousse à reconnaître vos fautes devant Lui ! Il vous dira alors ce que Jésus a dit lorsqu’il a vu la femme adultère : Je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus : Jean 8,11 !


La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,

Echevelé, livide au milieu des tempêtes,

Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,

Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva

Au bas d'une montagne en une grande plaine ;

Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine

Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »

Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.

Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,

Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,

Et qui le regardait dans l'ombre fixement.

« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.

Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,

Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.

Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.

Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,

Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,

Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève

Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.

« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.

Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »

Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes

L'oeil à la même place au fond de l'horizon.

Alors il tressaillit en proie au noir frisson.

« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,

Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.

Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont

Sous des tentes de poil dans le désert profond :

« Etends de ce côté la toile de la tente. »

Et l'on développa la muraille flottante ;

Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :

« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,

La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;

Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »

Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs

Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,

Cria : « je saurai bien construire une barrière. »

Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.

Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »

Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours

Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.

Bâtissons une ville avec sa citadelle,

Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »

Alors Tubalcaïn, père des forgerons,

Construisit une ville énorme et surhumaine.

Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,

Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;

Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;

Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.

Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,

On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,

Et la ville semblait une ville d'enfer ;

L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;

Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;

Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »

Quand ils eurent fini de clore et de murer,

On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;

Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !

L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.

Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »

Alors il dit: « je veux habiter sous la terre

Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;

Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »

On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »

Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.

Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre

Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,

L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

VICTOR HUGO



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus