samedi 30 janvier 2010

L'injustice de Dieu


A-t-on le choix ?


Quelqu’un m’a dernièrement fait part du sentiment qui l’animait à l’égard de Dieu, et de la proposition de salut, énoncée dans l’Evangile, qu’il nous fait. Ayant trouvé la réflexion humainement pertinente, j’ai pensé qu’elle valait bien un travail de réflexion et une réponse. La réflexion était la suivante : Si nous refusons le salut de Dieu révélé en Jésus-Christ, la seule option qui nous reste est, selon l’Evangile, la perdition éternelle. Si telle est la réalité, a-t-on le choix ? Dieu ne nous contraint-il pas, par cette option à adhérer dans la crainte à son salut ? Si tel est le cas, où se trouve alors l’amour, puisque la seule chose qui nous attend, si l’on tourne le dos à Dieu est le rejet et la souffrance ?

Je voudrais dire ici que, à partir de la seule vue humaine des choses, je comprends que l’on raisonne de la sorte. Comme tout ce qui semble incohérent et contradictoire, nous devons seulement nous garder de penser que notre raisonnement, apparemment logique, soit juste. Comme c’est souvent le cas, en approfondissant les choses, on s’aperçoit vite que l’on a qu’une vue partielle de la réalité. De nouveaux paramètres découverts et intégrés, on réalise alors que notre raisonnement était biaisé parce que reposant sur des bases trop incomplètes. Le raisonnement ci-dessus correspond tout à fait à cette grille de lecture.

Paramètres de bases

La 1ère chose qu’il nous faut prendre en compte, lorsqu’on se permet de convoquer Dieu au banc des accusés, est que, de façon évidente, nous inversons de manière outrageante la vérité. Un livre de la Bible exprime de la manière la plus aiguë cette réalité : le livre de Job. Alors que Job, homme intègre et juste, est frappé de manière incompréhensible, ceci à tel point que ses amis pensent qu’il a dû commettre une faute grave, le livre se termine par la confusion pour tous les détracteurs de Dieu (Job compris). Ce qui est arrivé à Job sortait de tous les cadres de raisonnement humain. Le livre se termine en condamnant les jugements partiels et hâtifs et en justifiant Dieu. Apprenons du livre à être d’une extrême prudence lorsque nous faisons procès à Dieu. Il se peut bien que nous n’ayons pas tout compris et qu’à la fin, comme Job et ses amis, nous ayons à nous frapper la poitrine pour nos paroles insensées !

La seconde chose qu’il nous faut prendre en compte est le caractère insensé du procès dressé à Dieu. Dès l’origine, de manière évidente, Dieu avait le meilleur des projets pour l’homme, un projet qui n’avait comme raison d’être que l’amour gratuit de Dieu et comme finalité le bonheur absolu. Certes, en-dehors de ce projet, il n’existe rien d’autre dans l’univers. Dieu n’avait qu’un projet, et non deux. Il n’a pas prévu de bonheur éternel 1ère classe et 2ème classe. Seule la 1ère classe était dans ses vues, ce qui signifie que si l’on entre pas dans le projet, on rate tout. Accuser Dieu est quelque part le soupçonner de mauvaises intentions. Or, sans tout connaître et comprendre de Dieu, ce que nous en savons suffit pour nous assurer que seule la bienveillance est à l'origine de ses actes et de ses motivations. Si tel n'était pas le cas, aucun de nous n'existerait plus depuis fort longtemps !

Maintenant, de quoi accuse-t-on Dieu ? Est-ce du fait de nous avoir trop aimé, d’avoir visé trop haut pour nous, de ne pas être satisfait de nous offrir quelque chose de moyen ? Et que signifierait ce quelque chose de moyen dans le monde de Dieu où tout est parfait et excellent ? S’il n’y a pas d’autre option que celle que Dieu nous propose, cela tient à une chose : c'est le fait que, compte tenu de la nature de Dieu, il lui est impossible d’offrir à ses créatures autre chose que le summum. Dieu, rappelons-le, l’offrait au départ (et encore maintenant) gratuitement, sans exigence aucune de mérite. Le procès qui est ici fait à Dieu est donc le suivant : il est un procès à sa nature et à sa bonté. Un procès qui ne date pas d’hier, Jésus s’étonnant déjà de voir ceux qui l’écoutaient, et qui trouvaient injuste de gratifier de la même rétribution ceux qui avaient beaucoup ou peu travaillé pour lui en termes de durée, juger d’un mauvais œil qu’il soit bon envers tous !

L’injustice de Dieu

Dieu, accuse-t-on, n’est pas juste. C’est vrai et j’aimerais, en soutien de cette proposition, en donner les raisons. "Oui ! Dieu, ce n’est vraiment pas juste de ta part de nous aimer autant. Pourquoi donc nous as-tu destiné à un avenir de félicité si glorieux ? Pourquoi donc, toi qui nous aime, ne te satisfais-tu pas de nous voir nous vautrer dans l’écume de nos impuretés? Vraiment Dieu, tu n’es pas juste !  Nous t’avons tourné le dos. Nous avons laissé le prince des ténèbres prendre l’ascendant sur nos vies. Depuis, à bien des égards, notre vie est un enfer. Nous n’avons comme perspective que la mort dont nous essayons, par tous les moyens, de retarder l’échéance. Mais voilà que toi, tu ne te satisfais pas de la situation. Tu choisis, la mort dans l’âme, de venir dans la Personne de ton Fils, à qui tu nous destinais de ressembler, sur terre. Et là, au lieu d’utiliser tes pouvoirs pour te venger de nous, tu ne trouves rien de mieux à faire que de prendre sur toi le poids de tous nos forfaits pour les payer. Dieu, vraiment, ton injustice dépasse toutes les limites !"

Et la crainte ?

Certes, je l’accorde ! D’une certaine façon, on peut concevoir qu’il reste quelque part un élément de crainte dans la décision qui pousse un homme à se tourner vers Jésus-Christ pour son salut ! Et alors ! Qui, parmi ceux qui viennent de se faire vacciner peut dire que cette motivation n’a pas joué. La crainte, loin de là, n’est pas que négative. Elle peut être salutaire. Elle peut amener, par exemple, le skieur passionné à une forme de sagesse au regard des conditions météorologiques douteuses. Si les craintes s’avéraient fondées, qui pourrait l’accuser de les avoir écoutées. « Par certaines épreuves, disait un prédicateur, Dieu ne fait pas autre chose que pousser ses enfants à entrer dans son royaume à coups de fouet. » C’est, j’en conviens, un langage peu moderne pour notre temps qui se fait une gloire de la tolérance et du respect de la liberté de chacun. Il est, reconnaissons-le, cependant des situations dans lesquelles ce respect se traduit en fait comme de la non-assistance à personne en danger. Si d’aucuns trouvent Dieu trop pressant, soyons certains que personne, au ciel, ne lui reprochera  d'avoir fait, en termes de persuasion, tout ce qui était en son pouvoir pour nous éviter le pire.

Alors que Sodome et Gomorrhe allaient être détruites, l’on assiste à une scène des plus pathétiques. Un ange, envoyé par Dieu, presse Loth, qui traîne des pieds, à sortir au plus vite de la ville. Malgré la patience, on sent chez l’ange un certain agacement. Comment Loth peut-il tergiverser alors qu’il est au bord d’un si grand danger ! C’est pour l’habitant du ciel, chose incompréhensible. A vous qui me lisez, je le dis : ne lâchez pas la proie pour l’ombre ! Dieu appelle chacun de nous à entrer gratuitement dans Son royaume. Jésus-Christ, par sa mort, a payé le prix fort et nécessaire pour qu’un tel accès soit possible pour chacun. Que personne parmi vous, pour des considérations philosophiques sans substance, ne vienne trop tard !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 23 janvier 2010

6ème Marche pour la Vie !


18 000 marcheurs pour la Vie


Nous étions environ 18 000 ce dimanche 17/01 à battre le pavé entre la place de la République et celle de l'Opéra. 18 000 venant de toutes les régions de France : Bretagne, Midi-Pyrénées, Alsace, Picardie, Champagne-Ardennes... mais aussi, par délégations, de plusieurs pays européens : Pologne, Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Roumanie, Angleterre, Suisse...

18 000 pour dire une fois de plus notre refus de l'inacceptable, pour crier que, en France et partout dans le monde, l'IVG est une calamité. Une calamité pour les vies sans défense qu'elle supprime. Une calamité pour les femmes qu'elle abîme, physiquement, psychiquement, spirituellement... Une calamité pour les couples qu'elle disloque, les conjoints se retrouvant après l'acte comme étrangers l'un à l'autre, ne pouvant plus se regarder dans les yeux. Une calamité pour la nation qui se trouve privée de 7 millions de talent sdepuis 1975. Une calamité pour l'esprit de la nation qui valide, entérine, se fait l'apologète d'une culture de mort. Une calamité pour Dieu qui compte les crimes et, un jour, soyons-en certains, nous redemandera compte du sang innocent versé.

18 000 personnes à battre le pavé : un flot grossissant chaque année. Un flot dont le bruit, la revendication, mais aussi l'enthousiasme dûs à la justification de la cause défendue font contraste avec le silence assourdissant des médias. Parmi les 18 000, notons la présence de soignants, médecins, infirmières de France et d'ailleurs réclamant une clause de conscience leur permettant de refuser la prescription de cette non-solution qu'est l'avortement. Notons la présence pour la 1ère fois de militants socialistes équipés de pancartes portant des slogans d'ordre plus politique qu'éthique. Qu'importe ! "Le but est d'ouvrir le débat à gauche, pour que l'on ne pense pas que ce n'est qu'une préoccupation de gens de la droite ou l'extrême droite" On verra ce que cela donnera.

Le représentant de la délégation suisse nous a exhorté à militer pour que soit enrayé le cycle infernal des cascades de la mort. La Suisse se prépare à voter une loi d'assistance au suicide... Quand on commence à marcher sur la tête, plus rien ne doit étonner. Mais si ceux qui marchent pour la mort sont sur la tête, nous qui marchions pour la Vie étions debout, dans le bon sens, sur nos pieds !


Qu'on se le dise ! Aussi longtemps que le souffle de vie nous anime, il n'est pas question pour nous de nous taire. Le témoignage des femmes qui sont passés par là nous l'interdit. Les cris silencieux des embryons que l'on tue dans le ventre de leurs mères nous l'interdit. Notre conscience le réprouve ! "Délivre ceux qu'on traîne à la mort, ceux qui, en vacillant, vont à la tuerie, épargne-les ! Si tu dis : "Nous ne savions pas !" Celui qui pèse les coeurs ne le comprend-il pas ? Ne rendra-t-il pas à chacun selon son action ?", dit un proverbe biblique.

Nous le savons tous ! Avant d'être ce que nous étions, nous aussi, nous étions des embryons ! Pourquoi ceux d'aujourd'hui aurait-il moins le droit à la vie que ceux d'hier. ?Aidons les femmes en détresse ! Dépensons sans compter pour les soutenir ! Mais refusons la solution diabolique du court terme et de la facilité... qui, à long terme, n'engendre que difficultés. Marchons, marchons ! Qu'un sang impur, le sang du  massacre des innocents, ne remplisse plus nos sillons !




Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 16 janvier 2010

Dictionnaire amoureux de la Bible




Didier Decoin et la Bible


Chez cet écrivain passionné, ce livre n'est pas un coup de coeur soudain. La Bible, il la fréquente depuis son enfance au sein d'une famille croyante. Dans sa maturité, il a décidé d'en parler, entre amis, sans prétendre convertir quiconque. En parler comme on le fait d'une ville dont on a apprécié les beautés, ou même d'une bonne bouteille. Decoin veut simplement partager, dire ses émotions et son bonheur, son angoisse et sa piété, telles qu'elles lui viennent quand il ouvre le Livre. Mais comment faire pour transmettre ? Il y a tant de choses dans la Bible, et des choses si diverses en interprétations et en conséquences.

.C'est ici qu'intervient l'idée d'un dictionnaire, et même d'un "dictionnaire amoureux" comme ceux que propose une collection bien installée. Une idée parfaitement adaptée à ce que souhaite l'auteur. Présenter la Bible comme un buffet garni ; révéler ses préférences personnelles, puis laisser les invités picorer à leur guise. Vous aimez les grandes scènes théâtrales ? C'est par ici. Vous préférez la réflexion intérieure ? Goûtez-moi ça. De la méditation ? Un peu d'histoire ? Un peu d'alphabet hébreu ? Servez-vous, à petites doses ou à pleines rasades : il en restera toujours pour les autres. Nous avons même quelques scènes assez lestes, pour les amateurs.

Extrait d’interviews

Quand êtes-vous tombé amoureux de la Bible ?


J'avais 8 ans quand on m'a mis entre les mains un mince petit ouvrage cartonné, L'Histoire sainte, à la couverture d'un bleu triste. Ce condensé de la Bible racontait des histoires extraordinaires. Cela m'enchantait. C'était du « super-Tintin », je croyais que tout était vrai. J'allais aussi au caté, mais le curé nous enseignait relativement peu la Bible, se limitant au Nouveau testament et aux quatre évangiles.

Enfant, vous étiez fasciné. Aujourd'hui, quel est votre regard d'homme sur la Bible ?

La Bible fut écrite il y a 5 000 ans, c'est la datation que l'on donne en général. Cette très vielle histoire reste d'une étonnante modernité, avec des prolongements contemporains. Que serait le jazz sans la Bible, les gospels n'existeraient pas ! Que serait le cinéma sans la Bible ? Tout un pan du cinéma hollywoodien, Ben Hur, Les dix Commandements, n'existeraient pas ! Que serait la littérature ? La peinture ? « La Bible reste la plus grande source de poésie de tous les temps », disait Marc Chagall.

Quels personnages bibliques vous marquent le plus ?

Abraham, Job, Joseph, Caïn... me font beaucoup réfléchir. Prenez Caïn et Abel, ce premier meurtre sert de référence à tous les affrontements fraternels, qu'ils soient le fait d'individus, de groupes, de sociétés, de nations. Au-delà de ces personnages, la Bible n'est pas un truc ringard. Il y a à gratter quelque chose qui donne du sens à la vie des hommes d'aujourd'hui.

Le conteur que vous êtes rend la Bible extraordinairement vivante. En quoi continue-t-elle de parler aux hommes d'aujourd'hui ?

Au contraire du Coran, dans lequel l'islam entend la parole même d'Allah, scrupuleusement transcrite par Mahomet, la Bible n'a pas été écrite par Dieu sauf, à la rigueur, la Loi « dictée » à Moïse. En fait, la Bible est un livre profondément humain, écrit par des hommes à l'intention d'autres hommes. Les Evangiles eux-mêmes, qui sont les textes sans doute les plus exactement proches de la parole de Dieu, n'en sont pas moins l'œuvre d'êtres humains. Je trouve bouleversant que Dieu nous ait confié la responsabilité inouïe de « Le » raconter et de « Le » faire parler, sous son inspiration, sous sa « rédaction en chef ».

Quel est son enseignement le plus actuel ?

Peut-être le rappel insistant que l'être humain n'a de sens (et donc d'existence) que relié à d'autres hommes. Au fond, l'aventure inouïe que relate la Bible commence par une condamnation sans appel de la solitude : «Le Seigneur Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je vais lui faire une aide qui sera son vis-à-vis» (Gn 2, 18). Ce mot de « vis-à-vis » est pour moi une des clés de la Bible.

Quel est le livre biblique qui vous touche le plus ?


Sans hésitation, le livre de Job, parce qu'il pose la question lancinante par excellence, celle qui résonne à travers toute l'histoire humaine : pourquoi la souffrance du juste, de l'innocent ? Ce livre entrouvre une porte : la réponse existe, quelqu'un la connaît, et ce quelqu'un est Dieu. Cette idée est clairement exprimée à la fin du livre, lorsque YHWH « engueule » Job dont les plaintes sont apparemment autant d'insultes à la toute-puissance du Créateur. Et Dieu de rappeler à Job les merveilles de sa Création, depuis les plus vertigineuses - les mystères de l'Univers - jusqu'aux plus attendrissantes, la naissance des faons, leurs premières gambades dans les prés.

Vos pages les plus personnelles concernent Jésus. Pourquoi vous touche-t-il autant ?

Ce passage est celui qui m’a donné le plus de mal. Je ne savais pas comment en parler, comment parvenir à faire comprendre que, pour moi, Jésus est vraiment fils de Dieu, donc Dieu. Un jour, dans une émission de radio, j’ai eu une prise de bec avec Pasolini car il avait terminé son film « L’Evangile selon saint Matthieu » sur la crucifixion. Or, on ne peut pas arrêter la vie de Jésus comme s’achèverait celle d’un homme. Il faut montrer, à travers cet homme, la puissance de Dieu. C’est ce que j’essaie de faire. Jésus est unique, essentiel. Et je sais qu’un jour j’aurai rendez-vous avec lui.




Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 9 janvier 2010

Au revoir, mon frère...


Un jour comme les autres...

Ce lundi 21 décembre 2009 s'annonçait pour Jean-Marie comme les autres. Il ne faisait pas très chaud dehors. Une petite couche de neige blanchissait la campagne. Je ne sais quand il l'a remarqué. Mais  Jean-Marie sentit une douleur persistante vers le cou. "Cela doit être un torticoli, dit-il à son épouse Véronique. Je vais aller voir le médecin. " "Demande lui plutôt de passer à la maison, répondit Véronique." "Non! Je ne vais pas le déranger pour si peu. Je vais au cabinet. A tout à l'heure !"

Vu les difficultés pour sortir la voiture du garage, Jean-Marie partit à pied. Le cabinet était à plusieurs centaines de mètres de la maison. Arrivé dans la salle d'attente, Jean-Marie salua les personnes présentes et s'assit, attendant son tour. Quand tout à coup, les visiteurs le virent s'affaisser puis s'effondrer sur son siège. Un patient, qui connaissait les premiers gestes de secours, entreprit de le réanimer. En vain ! Les pompiers furent appelés et, pendant 3/4 d'heure, on essaya de faire revenir Jean-Marie. Tous les efforts furent inutiles : son heure était venue !

Parcours

C'est dans les années 80, peu de temps après son second mariage avec Véronique que j'ai connu Jean-Marie. Un ami, qui passait aux portes pour parler de l'Evangile, l'avait rencontré. Jean-Marie avait posé beaucoup de questions et il m'avait demandé de l'accompagner. Nous fûmes tous deux bien reçus. Il se trouvait dans la maison, en plus du couple, une petite fille Cathy, atteinte d'un cancer. Animée d'une grande vivacité, Jean-Marie nous parla du traitement que Cathy suivait régulièrement à Nancy.

Les détails de nos conversations d'alors se sont perdus dans le temps. Mais il ne fallut pas longtemps à Jean-Marie pour comprendre l'Evangile, et les enjeux qui y étaient liés. En recherche spirituelle, Jean-Marie avait dans sa bibliothèque beaucoup d'ouvrages ésotériques, à couverture noire et à caractère occulte. Un combat spirituel s'engagea dès lors entre les forces de la lumière et celle des ténèbres. Jean-Marie nous rapporta ainsi qu'à chaque lendemain de nos visites, Cathy faisait une rechute subite de globules blancs. Il fallait aussi vite que possible se rendre à Nancy. Je fis remarquer à Jean-Marie la nécessité de couper avec l'occultisme. Je lui lus le passage des Actes où suite à la prédication de l'apôtre Paul, des personnes qui avaient trempé dans les sciences occultes brûlèrent les livres qu'elles possédaient pour être libre du pouvoir de Satan. Je dis à Jean-Marie que le jour où il serait prêt, je le ferais avec lui.


La semaine suivante, j'eus la surprise de ne plus voir aucun livre ténébreux chez Jean-Marie. A la place, il y avait un tas de cendres dans son jardin. Jean-Marie avait choisi. Il ne m'avait pas attendu. Il avait renoncé aux ténèbres et s'était tourné vers la lumière, et Jésus-Christ pour être pardonné et libéré de ses péchés. Le Seigneur marqua son engagement par un grand acte de fidélité. Cathy n'eut plus besoin de retourner à Nancy. Elle fut guérie. Elle est aujourd'hui mariée, attachée au Seigneur, et maman ! Véronique mit un peu plus de temps que Jean-Marie, mais elle aussi se tourna vers Christ un peu plus tard.

Ennui de santé

La vie de Jean-Marie ne fut pas un long fleuve tranquille pour autant. Il essaya à bien des reprises de témoigner de sa foi aux enfants issus de son premier mariage. Il était de ceux qui ne cachait pas le drapeau de leur foi dans la poche. Il ne reçut pas toujours un accueil favorable. Véronique et Jean-Marie eurent 3 autres filles après Cathy : Sylvie, Sara et Justine.En 1989, à l'âge de 43 ans, Jean-Marie subit un pontage coronnarien grave et urgent. L'opération même était risquée. A partir de ce moment, Jean-Marie se considéra comme sursitaire de la vie. Ayant bénéficié d'une retraite anticipée, il passa ses dernières années, entre autres, à lire et méditer la Parole de Dieu. Homme de confiance et de relation, il fut désigné par ses frères dans la foi comme président de l'association des Amis du Charpentier, l'église locale dans laquelle lui et son épouse étaient intégrés. Jean-Marie était un enseignant apprécié, souvent sollicité. "Je me régale, disait-il, en préparant les prédications qu'il allait donner." Il s'en était d'ailleurs fait un stock important qu'il n'aura pas eu le plaisir de toutes délivrer.

Réflexion

Le départ subi de Jean-Marie a été un choc, même si, il y a quelques mois, il connut plusieurs alertes. Jean-Marie a achevé la course, il a gardé la foi. Son histoire nous rappelle qu'il y a dans la vie des jours cruciaux, déterminants, des rendez-vous qu'il ne faut pas manquer. Jean-Marie a fait le choix, après avoir reçu la lumière de l'Evangile, de se séparer des ténèbres. Il se savait prêt à affronter la mort. Sur l'avis de décès paru sur le journal à son sujet, on peut lire : "Ne me cherchez pas, non, je ne promène pas mon chien, non, je ne suis pas dans le jardin. Je suis parti retrouver mon Seigneur, mon sauveur. Au revoir à ceux qui m'ont connu. Car Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle : Evangile selon Jean, chapitre 3, versets 16.

Vous qui lisez ces lignes, avez-vous la paix et les certitudes de Jean-Marie ? Au revoir, mon frère...

Ci-joint le témoignage de Jean-Marie écrit par lui-même : http://vienssuismoi.e-monsite.com/rubrique,temoignage-de-jean-marie,328703.html



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vendredi 1 janvier 2010

Confidences de bougies...

4 bougies allumées discutaient ensemble. On était à la fin d’une année et à l’aube d’une nouvelle. La 1ère qui s’appelait « Paix » dit aux autres :



- On ne cesse de parler de moi dans le monde. Mais je n’entends parler que de guerres et de bruits de guerre. Même celui qui a reçu le Prix qui porte mon nom n’a rien fait de mieux, l’année écoulée, que d’envoyer 30 000 soldats se faire tuer sur une terre étrangère pour défendre les intérêts de son pays. La ville qui porte mon nom, Jérusalem, est divisée. Elle est menacée par un autre pays qui travaille à se forger des armes nucléaires pour la détruire. Et s’il n’y avait que cela. Mais partout, dans les familles, dans les cœurs, ce n’est que conflits d’intérêts, passions, tumultes, déchirements. Je pense que le mieux pour moi est de m’éteindre.

Là-dessus, Paix s’éteignit. La seconde bougie prit la parole :

- Moi, je m’appelle « Foi ». Beaucoup dans le monde se revendiquent de moi. Mais la plupart des gens me confondent avec croyance ou fanatisme. Pour moi, à cause de moi, certains vont jusqu’à se tuer en tuant les autres. Tous ceux-là qui se disent habités par moi, me désolent. Il y a très longtemps quelqu’un a parlé de moi et de cette époque. Il s’est demandé si la foi existerait encore ici-bas en ce temps. Pour ma part, je me sens de plus en plus faible. Je pense que je vais m’éteindre.

Là-dessus, Foi s’éteignit. La 3ème bougie prit la parole :
- Moi, je suis Amour. Que n’a-t-on pas dit et écrit sur moi. Si toi, Foi, on te confond avec croyance ou fanatisme, que dirais-je pour ma part. Tout ce à quoi on pense en m’évoquant est l’érotisme, la sensualité. On m’associe à toutes sortes de vices, de travers. Il suffit que quelqu’un aime quelque chose pour qu’aussitôt il m’associe à ses turpitudes. J’en suis dégoûté. La caricature qu’on fait de moi n’a plus rien à voir avec moi. Je ne reconnais plus aucun de mes traits : fidélité, respect de l’autre, don de soi… Qu’est-ce donc qui pourrait sauver l’amour ? Je me meurs…

Là-dessus, Amour s’éteignit. La 4ème bougie prit alors la parole :

- Mes amies, je suis Espérance. Tant que je suis là, l’espoir est possible… pour chacune d’entre vous. Je ne vis pas par moi-même. Je suis relié à Celui qui est la Vie. Il a triomphé de tout ce qui vous a éteint. La mort même a perdu la bataille qu’elle a livrée contre Lui. Il est revenu à la vie. Il est l’Avenir, le sûr. Un jour, Il reviendra et éteindra les fureurs de la guerre, de toutes les guerres. Toi, Paix, tu seras avec Lui. Un jour, toutes les promesses qu’Il a faites en quittant ce monde se réaliseront. Toi, Foi, tu pourras être fière. Tout ce que tu nous as demandé de croire se manifestera comme vérité. Un jour, Il règnera et fera disparaître toutes les animosités, les querelles, les haines. Toi, Amour, tu partageras alors le trône avec Lui. Relevez-vous, mes amies : Il est à la porte, Il arrive !



Là-dessus, Espérance se leva. Elle mit sa mèche brûlante au contact de la mèche éteinte d’Amour, de Foi et de Paix. Les 4 bougies brillaient alors de tous leurs feux ! Elles veulent le faire aussi dans vos cœurs. Faites la paix avec Dieu. Croyez à Jésus-Christ. Recevez Son amour qui L’a poussé à donner Sa vie pour vous. Et soyez remplis d’espérance. Il vient bientôt !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 26 décembre 2009

Jésus, fils de Joseph, Fils de Dieu

QUI EST JESUS ?




Une des plus grosses difficultés que Jésus rencontra, au moment où Il commença Son ministère, fut qu’Il se heurta très rapidement à l’incrédulité des gens de Son entourage. Jésus était bien le Fils de Dieu, mais pour tous ceux qui vivaient autour de Lui et qui L’avait vu grandir, Il était à ce qu’on pensait ou selon ce qu’on estimait, dit Luc, le fils de Joseph.

Fils de Joseph, pouvait-on dire, était l’identité que Jésus avait en apparence. Tout, en effet, sur le plan extérieur, plaidait en ce sens. Marie, très jeune, s’était trouvée enceinte et avait épousé Joseph. Puis Jésus était né. Nous ne savons pas qui, parmi les proches de Jésus et Marie, avaient été mis dans la confidence quant à l’origine miraculeuse de la grossesse de Marie, mais, semble-t-il, très peu de gens.

Né dans le foyer de Marie et Joseph, Jésus y grandit aussi et y resta même jusqu’à l’âge adulte. Nous ne lisons en effet nulle part quelque chose qui nous ferait croire, qu’à un moment donné, Jésus aurait pris son indépendance et aurait habité hors de la maison familiale. Au contraire, Jésus, renforçant encore la similitude entre Lui et Joseph, apprit à ses côtés, le même métier que lui, charpentier. Cette imitation entre Jésus et Joseph fut si forte que, dans l’esprit même de la population, on en était venu, semble-t-il, à identifier l’un avec l’autre :

Alors qu’en Matthieu 13,55, Matthieu rapporte les propos incrédules des gens de Nazareth disant : « N’est-ce pas là le fils du charpentier ? », Marc rapporte sur le même sujet, une interrogation quelque peu différente. Marc entendit les gens dire, non pas : « N’est-ce pas le fils du charpentier ? », mais, carrément, « N’est ce pas le charpentier ? Marc 6,3. » Dans l’esprit des gens, Jésus et Joseph ne faisaient pratiquement qu’un !

Si l’apparence pouvait laisser croire que Jésus était le fils de Joseph, en réalité, nous le savons, Il était le Fils de Dieu. Au fond, nous pouvons dire avec Jean que tout l’objectif de l’Evangile se résume en un seule chose : établir, démontrer, attester de manière irréfutable que Jésus, le fils de Joseph, est autre chose que ce que l’apparence tend à montrer à son sujet. Il est le Fils de Dieu : Jean 20,31.

Peut-être nous arrive-t-il de penser que devenir chrétien devait être plus facile pour les proches de Jésus que pour nous. Rien n’est moins sûr ! Pour les proches de Jésus, en particulier ses frères et sœurs, qui avaient grandi, joué avec lui, passer de la connaissance qu’ils avaient de lui, sans doute garçon parfait, animé d’une vraie piété, à celle où ils reconnaissaient en Lui le Fils de Dieu, demandait un pas de foi et, une conviction beaucoup plus forte que pour nous.

Tout l’Evangile témoigne en fait de la réticence que ses frères avaient à franchir ce pas (un peu comme celle qu’avaient, dans la genèse, les frères de Joseph, lorsqu’il leur parlait des rêves qu’il faisait) : Jean 7,2 à 5. Cette réticence des frères de Jésus témoigne au moins d’une chose : c’est que, mis à part l’épisode du temple à l’âge de 12 ans, où Jésus rappela à Marie et Joseph, sa vraie filiation par ces paroles : ne faut-il pas que je m’occupe des affaires de mon Père : Luc 2,49, rien, dans ses actes et son comportement, contrairement à ce que prétendent certains évangiles apocryphes qui racontent les miracles que Jésus enfant aurait fait, ne montrait qui Il était en réalité !

Si j’ai pris, en cette période de Noël, dans laquelle on se souvient de l’arrivée de Jésus dans ce monde, autant de temps, pour parler de ce sujet, c’est que, quelque part, nous sommes confrontés, nous croyants, au même dilemme que connut Jésus. Nous sommes, comme Jésus, rattachés à deux identités : la première, celle dont notre entourage n’a aucun doute : c’est l’identité sous laquelle nous sommes connus en apparence (notre filiation naturelle) ; la seconde est celle que nous savons posséder, mais que nous aimerions que les autres reconnaissent aussi : notre identité réelle, celle que nous avons reçue par notre filiation spirituelle si, du moins, comme le dit Paul, nous avons reçu l’Esprit du Fils : Rom 8,9. Si quelqu’un n’a pas reçu l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas !

Comment faire pour que, nous connaissant sous l’une, les gens apprennent à voir aussi l’autre ? C’est toute la suite que j’aimerais donner à ce message !


D’UNE IDENTITE A L’AUTRE :


Pour que, de fils de Joseph, Jésus soit reconnu comme Fils de Dieu, il était nécessaire qu’Il fasse preuve de plusieurs choses qui, pourrait-on dire, sortaient de l’ordinaire ou étaient hors du commun, des choses qu’on ne rencontrait pas ailleurs, mais qui se trouvaient uniquement chez Lui, et chez Lui seul :


a. 1ère chose : une autorité supérieure :


Dès le début de Son ministère, ce qui frappa immédiatement l’auditoire qui écoutait Jésus était l’autorité avec laquelle Il s’exprimait : Luc 4,31-32 : Il descendit à Capernaüm, ville de la Galilée ; il enseignait le jour du sabbat. Ils étaient ébahis de son enseignement, car sa parole avait autorité. Matthieu, dans son évangile, nous précise pour quelles raisons l’autorité de Jésus frappait ceux qui l’écoutaient. « Jésus, dit Matthieu, instruisait les foules avec autorité, et non pas comme les scribes : Matthieu 7,29

La 1ère chose donc qui distinguait Jésus de la masse de ceux qui enseignaient aussi la Parole de Dieu en son temps était l’autorité avec laquelle Il le faisait. Cette autorité n’était pas due au hasard. Elle était, comme le dira Jésus plus tard pour expliquer la raison du manque d’autorité des scribes, le résultat de la parfaite cohérence qui existait entre Ses paroles et Ses actes !

« Les scribes et les pharisiens, dit Jésus, se sont assis dans la chaire de Moïse. Faites et observez donc tout ce qu’ils vous diront, mais n’agissez pas selon leurs œuvres, car ils disent et ne font pas : Matthieu 23,3. »

Si nous voulons, en tant qu’église ou chrétien, être reconnu comme fils et filles de Dieu, il est absolument nécessaire, indispensable que nos actes soient la démonstration vivante de nos paroles. Rien ne porte autant préjudice à l’autorité de notre témoignage, et à sa crédibilité, que d’affirmer être quelque chose tout en en apportant la preuve inverse par sa vie.


b. 2ème chose : des œuvres d’une puissance supérieure



Pour que, de fils de Joseph, Jésus soit reconnu comme Fils de Dieu, Il dut accomplir des choses que nul, hors Lui, n’était capable de faire. Alors que Jean-Baptiste, au fond de sa prison, doutait et se demandait si Jésus était bien le Messie attendu, c’est par le rappel des œuvres qu’Il avait accompli que Jésus lui répondit : Matthieu 11,2 à 6. «Moi, disait Jésus, à ses contradicteurs, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; en effet, les œuvres que le Père m’a données à accomplir, ces œuvres mêmes que je fais, me rendent témoignage et attestent que le Père m’a envoyé.

Nous ne sommes pas Jésus et Il n’est pas nécessairement dans la volonté de Dieu que chaque chrétien témoigne de sa filiation divine avec le Père par les œuvres miraculeuses qu’il accomplirait. Il y a cependant un domaine dans lequel Jésus nous dit que nous pouvons faire preuve d’une puissance extraordinaire, supérieure à ce qu’on trouve dans le monde : c’est le domaine de l’amour : Matthieu 5,43 à 48.

Pour nous, qui sommes disciples de Christ, le signe par lequel le monde peut reconnaître que nous sommes enfants de Dieu n’est pas le miracle, mais, Jésus l’a dit très clairement, c’est l’amour : Jean 13,34-35. En termes de défis à relever pour être crédible, l’amour qui, chez Jésus, se concrétise par le don de soi, l’humilité et le service, est la priorité première à laquelle nous sommes invités.


c. 3ème chose : la puissance de la résurrection



Pour que, de fils de Joseph, Jésus soit reconnu comme Fils de Dieu, Il dut passer par la mort et vivre la résurrection. La résurrection est la preuve irréfutable que Jésus est bien ce qu’Il a dit être, et non le simple fils de Joseph : Romains 1,3-4.

Le même principe, explique Paul, doit s’appliquer à la vie chrétienne pour que, de personne connue selon la chair, quelqu’un puisse démontrer par sa vie qu’il n’est plus cette personne là, mais une autre : Philip 3,4 à 8. Toutes les choses qui, autrefois, faisaient Saul, sont désormais du passé. Elles ne comptent plus. Ce qui fait L’homme nouveau qu’est Paul est ce qu’il a reçu de Christ. Si Paul existe, il n’est en rien le produit de l’effort ou des qualités naturelles de Saul. Au contraire ! Pour que Paul naisse, il a fallu que Saul meurt !

C’est seul le fait d’être en Christ, c’est-à-dire, de vivre d’une puissance de vie qui ne vient pas de nous, qui fait de nous et atteste que nous sommes de nouvelles créatures, non plus des fils et des filles de Joseph, mais de Dieu.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 19 décembre 2009

Calvin : 1509 - 2009 (12)



Dédicace

Dédicace prononcée par le pasteur Ruben Saillens en 1909 lors du 400ème anniversaire de la naissance de Calvin


Laissez dormir en paix ce géant solitaire !



Il savait la valeur des gloires de la terre,


Et voulut le silence autour de son tombeau.


Pour l’honorer, tenons élevé le flambeau


Que sa puissant main secoua sur le monde :


La Parole de Dieu !






Cette lueur féconde


Fit naître en tout pays des héros de la foi


Qui ne redoutaient point ni le pape ni le roi,


Etant prêtres et rois par la grâce divine…


Calvin les nourrissait de la pure doctrine,


Et les désaltérait au fleuve de l’Esprit


Qui jaillit du côté percé de Jésus-Christ.


Sa raison s’inclinant devant les saints oracles,


Contemplait le reflet de Dieu dans ses miracles ;


Il adorait le Fils qui, des cieux descendu,


Pour sauver le pécheur que l’orgueil a perdu,


Rencontra le Malin dans sa force usurpée,


Le vainquit par le Livre, et n’eut pas d’autre épée !


Il disait que l’Esprit est unique Docteur,


Qu’il faut, pour le comprendre, être serviteur,


Et que la grâce seule, et non pas le génie,


Révèle aux cœurs brisés ta gloire, ô croix bénie !


Le secret, disait-il, de toute liberté


Est dans l’obéissance, et si la vérité,


Daigne aux yeux des mortels se montrer toute entière,


C’est lorsqu’ils sont voilés des pleurs de la prière.


Ecolier passé maître à l’école de Dieu,


Il proclamait ses droits sur tout homme, en tout lieu :


Le droit de condamner le rebelle indomptable,


Celui de pardonner librement le coupable..


Il disait : « l’Eternel a parlé, taisons-nous !


Heureux qui, devant lui, sait ployer les genoux !


Il se redressera devant la tyrannie :


Par la crainte de Dieu, toute crainte est bannie ! »


Ainsi parlait Calvin et, d’un peuple ignorant,


Il fit, en peu de jours, le peuple le plus grand


Que l’Europe ait connu…

Lire la suite : http://shdbf.hautetfort.com/media/02/02/268403013.jpg

L'année Calvin se poursuivant jusqu'en juin 2010, de nouveaux articles tirés de la pensée de Calvin exprimée dans son oeuvre magistrale "l'Institution chrétienne" seront rapportés dans les prochains mois sur ce blog !

Visitez : http://georgelbooks.blogspot.com/



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 12 décembre 2009

Pourquoi suis-je sur terre ?

1. INTRODUCTION


Je pourrais répondre à la question en disant tout simplement : parce que je ne suis par sur Mars. Mais je suppose que ce n’est pas pour entendre cela que vous êtes venus.


Pourquoi suis-je, sommes-nous sur terre ? Autrement posée, la question revient à se dire : quel sens, quelle raison d’être profonde a ma (notre) vie ici-bas ?

Pour y répondre, j’aimerais l’aborder successivement sous 3 angles :

1er angle : c’est celui qui s’attache au lieu dont nous parlons : la terre : Pourquoi suis-je sur terre ?

2ème angle aborde l’un des aspects du Pourquoi : ce que j’appellerais les raisons supérieures. Pour quelles raisons supérieures, premières suis-je sur terre ?

3ème angle aborde l’autre aspect du Pourquoi : ce que j’appellerais les raisons inférieures. Pour quelles raisons inférieures, secondes, suis-je sur terre ?


2. SUR TERRE…


Un premier constat que nous sommes tous amenés un jour ou l’autre à faire en réfléchissant à notre raison d’être sur terre est la brièveté, le caractère passager, éphémère de notre passage sur cette planète.

Moïse lui-même s’en fait l’écho dans le psaume 90 : « La durée de nos jours, dit-il, s’élève à 70 ans, et pour les plus vigoureux à 80 – et l’orgueil qu’ils en tirent n’est que peine et misère. Car cela passe vite, et nous nous envolons ! » Psaume 90,10

L’apôtre Jacques, le frère de Jésus, fait plus tard le même constat : « Qu’est-ce que votre vie, demande-t-il ? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps et qui ensuite disparaît ! » Jac 4,14.

Ce constat doit immédiatement nous amener à une première conclusion. S’il y a un sens profond à trouver à notre existence sur terre, ce n’est pas à la terre seule que ce sens doit se limiter.

La vie est bien trop brève, les peines, déceptions et les malheurs trop grands pour limiter notre réflexion sur notre raison d’être ici-bas aux seules années que l’on vivra sur terre.

Un 2ème constat que l’Ecclésiaste (que l’on pense être Salomon) fait, est que si l’on s’en tient aux véritables satisfactions que l’on peut tirer de la vie ici-bas, c’est à se poser s’il vaut la peine de tant travailler et s’investir pour tenter de réussir quoi que ce soit.

« Moi, dit l’Ecclésiaste, j’ai été roi sur Israël à Jérusalem. J’ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c’est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l’homme. J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et voici, tout est vanité (ou futilité) et poursuite du vent. »

En se limitant donc, dit l’Ecclésiaste, à regarder uniquement ce qui fait sous le soleil, aucun sens profond et réel à la vie ne peut être découvert !

Si donc, et j’en viens à mon 2ème angle, nous ne trouvons pas des raisons supérieures à notre existence ici-bas, il apparaît que celle-ci reste incompréhensible.

3. RAISONS SUPERIEURES


La raison supérieure que nous donne la Bible, quant à notre raison d’être ici-bas, tient au fait que selon elle, ce n’est pas la terre, mais le ciel qui est le but, la destination finale de notre cheminement ici-bas.


Parlant d’Abraham, le père des croyants, la Bible dit : « Par la foi, Abram quitta sa patrie et habita sous des tentes, car, est-il écrit, il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur : Hébreux 11,10. »

Pour Abraham donc, il était clair que la vie ici-bas, et les avantages que l’on pouvait en retirer, ne répondait pas à la question profonde du sens de la vie et de notre raison d’être ici-bas. Si tel n’est pas le cas, la question cependant demeure : qu’est ce qui y répond ?

J’aimerais, pour répondre à cette question, utiliser une image ou une illustration. Imaginez que je vienne ce soir devant vous avec une machine compliquée que vous n'avez jamais vu. Puis, vous la présentant, je vous pose la question : à quoi sert-elle ? N’ayant jamais vu la machine, vous faites, par analogie avec ce que vous connaissez, quelques propositions auxquelles je réponds à toute par la négative.

La seule possibilité qui nous reste en fin de course, pour répondre à la question du sens, de la raison d’être de la machine, est finalement de faire appel à son créateur. Lui seul, parce qu’il sait pour quel but il l’a créé, est en mesure de répondre à la question de son sens.

Pour trouver un sens à notre vie, il nous faut en premier sortir de la logique infernale « du hasard et de la nécessité » dans laquelle on nous a enfermé depuis que l’on prêche que nous ne sommes que le produit d’une évolution.

Si vous vous posez la question de votre raison d’être ici-bas, c’est d’abord et avant tout parce que Quelqu’un d’intelligent vous a fait et a inscrit en vous le besoin de trouver une réponse satisfaisante à cette question. Toute autre conception de votre origine ne peut aboutir qu’à l’impasse quant à la question du sens.

Si nous existons donc, notre vie n’a de sens qu’en lien avec le projet initial auquel le Créateur, Celui qui nous a fait, a pensé en nous concevant. Or, clairement ce projet n’est pas lié à la terre, mais au ciel, le Royaume ou le monde qui est celui de Dieu !

Pourquoi donc suis-je sur terre ? La réponse peut, en ce qui concerne les raisons supérieures, être résumée en deux propositions :

1. Je suis sur terre pour me préparer à rencontrer Dieu et à Lui rendre compte de ce que j’ai fait du capital Vie qu’Il m’a confié

2. Je suis sur terre pour profiter du temps qu’Il me donne pour en faire une occasion d’être en paix avec Lui.

Car ce qui fait l’absurdité première de notre vie est que, par le péché (et nos péchés) nous sommes tous séparés de Lui. Nous devons donc à tout prix nous empresser, pendant que nous en avons le temps et la possibilité, de saisir la possibilité de la grâce qu’Il nous offre par Jésus-Christ du pardon de toutes nos fautes et de la transformation de notre être qui en est la conséquence !


4. RAISONS INFERIEURES


La raison supérieure définie, il nous reste à parler des raisons inférieures. Car même si notre destination finale est le ciel, il nous faut vivre quand même quelques années sur terre. Les raisons inférieures sont multiples. Aussi vais-je citer celles qui me semblent les plus importantes par ordre de priorité :

a. Nous sommes là pour laisser un témoignage, une marque, une empreinte servant de leçon à ceux qui nous entourent ou nous suivent. Notre passage sur terre ne se limite pas à deux dates inscrites sur une plaque de marbre. Il est fait d’images, de souvenirs, d’enseignements pour ceux qui nous suivront. Quelle marque sera celle que je laisserai ?

b. Nous ne sommes pas d’abord là pour nous-mêmes, mais pour les autres. Dans une société où l’épanouissement personnel est présenté comme le but ultime de la vie, il n’est pas étonnant que tant de personnes soient si peu satisfaites de leurs vies. Car la vraie joie, a dit Jésus, consiste non pas à recevoir, mais à donner (et se donner, comme Il l’a fait).

c. Nous sommes là pour assumer les responsabilités qui sont liées à notre existence. Sauf cas de force majeure, il n’est pas dans la pensée de notre Créateur que nous vivions de l’assistance des autres. C’est l’ouvrier qui mérite son salaire et c’est celui qui veut travailler qui peut manger.

Pour chacun de nous, plus la vie avancera, plus le domaine de nos responsabilité s’étendra : travail, mariage, vie de famille, transmission du savoir, d’un héritage, être grands-parents… Les raisons de trouver un sens à chacune de nos journées ne manqueront pas.


Les choses sont-elles si sérieuses qu’il n’y a pas de place pour la joie dans la pensée de Dieu ? Non !

d. la dernière raison que je citerais quant à notre raison d’être ici-bas est que nous sommes là pour nous réjouir des dons et des cadeaux que Dieu nous fait.

Parmi eux, l’Ecclésiaste cite le mariage, le manger, le boire (avec modération) la sexualité dans le cadre du mariage, l’acquisition de la connaissance, l’amitié, le travail…

Apprendre ainsi à voir la vie comme un cadeau que Dieu nous fait est l’un des secrets du bonheur !

Ce billet est le texte de la réflexion menée sur la question lors de la soirée Véritas organisée par les GBU au Bar l'Equitable à Douai le 1 décembre.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 5 décembre 2009

Pourquoi tant de souffrances ?

1. INTRODUCTION


Suite à la naissance en 1990 de Florine, notre fille myopathe, nous avons eu, en tant que parents, l’occasion de nous pencher, non pas simplement de manière théorique, mais, je dirais, de manière existentielle sur le sujet de la souffrance.

La question de fond qui s’est posée à nous, et qui se pose inévitablement derrière celle qui nous occupe ce soir est : Comment rendre compatible la réalité de la souffrance avec celle de Dieu, en particulier avec l’idée d’un Dieu à la fois bon et tout-puissant ?

Ce Dieu bon ne pouvait-il pas éviter à l’humanité de vivre et de connaître les drames qui engendrent tant de souffrances en son sein ?

Ce Dieu Tout-Puissant ne pouvait-il pas faire que la souffrance n’existe pas ? En quoi la toute-puissance de Dieu peut-elle nous être utile dans la souffrance ?

C’est à ces 3 questions que je vais tenter en 12 mn de répondre ce soir !


2. CONSTAT :

Si la souffrance apparaît dans notre monde comme une anomalie, une sorte d’intrus, sachons bien qu’elle l’est tout autant dans le monde de Dieu. La souffrance qui se déroule dans ce monde ne plaît pas plus à Dieu que le handicap n’est agréable à vivre pour ma fille.


C’est pourquoi je le dis, et c’est la 1ère réponse que je tiens à faire au sujet de ce problème épineux de la souffrance présente dans le monde : la souffrance est un intrus dans le monde de Dieu.

Qui dit intrusion dit deux choses :

- La 1ère est qu’il y a dans l’existence de la souffrance quelque chose que Dieu n’a pas voulu, mais qui s’est imposé par une volonté extérieure à la sienne. Un intrus, comme je le fais remarquer dans mon livre, n’est pas un invité désiré. C’est quelqu’un qui, sans que vous donniez votre avis, arrive chez vous et vous oblige, que vous y soyez favorable ou non, à une cohabitation forcée.

Croyons bien (et si vous ne pouvez retenir qu’une seule chose ce soir de la question de la souffrance, c’est celle-ci), qu’il en est pour Dieu de la question de la souffrance exactement ce que j’en dis ici : elle n’est pas le fuit du désir et de la volonté de Dieu, mais elle s’impose à lui comme une cohabitation forcée.

- La 2ème chose que le terme d’intrusion suppose est que, si l’intrus n’est pas un invité désiré, alors sa présence signifie qu’elle est le résultat d’une volonté mauvaise et hostile à celui à qui elle s’impose.

Alors que beaucoup d’hommes lèvent le poing contre Dieu à cause de la souffrance, il apparaît que c’est vers le péché, et derrière le péché, la présence d’un esprit mauvais, que la Bible pointe le doigt pour identifier l’origine de la souffrance. Le péché, c’est la volonté de la créature se mettant en travers de celle du Créateur. Or, dès l’origine, il apparaît que péché et souffrance sont liés, l’un engendrant l’autre et l’autre étant inséparable du premier.

Quand je dis que la souffrance résulte du péché, il ne faudrait cependant pas croire (ce serait mal comprendre la chose) que tous ceux qui souffrent doivent leur souffrance directement à leurs péchés. Jésus, parlant d’un aveugle né, s’est d’ailleurs clairement inscrit en faux par rapport à cette pensée.

Ce que je veux dire, c’est que le péché étant entré dans le monde, inévitablement la souffrance a suivi : qu’elle soit d’ordre physique, mentale ou spirituelle. De même que, d’après la genèse, les chardons et les épines apparurent sur la terre après la révolte de nos premiers parents, la souffrance est le chardon et l’épine que l’homme a récolté en lui-même en voulant s’affranchir de Dieu.


3. DIEU ET LA SOUFFRANCE

A partir de là, deux questions se posent :

- la 1ère : pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché l’intrus de pénétrer dans ce monde pour le détruire et y imposer la souffrance

- la seconde : qu’est ce que Dieu va faire maintenant que la souffrance est là ?

Si Dieu n’a pas empêché l’irruption de la souffrance, vous allez peut-être trouver la réponse dérangeante, c’est tout simplement qu’il ne le pouvait pas ! Si je dis qu’il ne le pouvait pas, il ne faut cependant pas comprendre cette incapacité en termes de moyens. Quant aux moyens, Dieu aurait pu le faire.

S’il ne l’a pas fait, c’est qu’il y avait en lui une impossibilité de le faire liée à Sa nature.

Car Dieu, montre la Bible, n’est pas comme nous, qui sommes si souvent changeants. Dieu, dit la Bible, est quelqu’un d’immuable, qui ne change pas. Aussi ne peut-Il pas, après avoir décidé d’une chose, changer d’avis et se montrer autre si la chose qu’Il a décidé ne fonctionne pas comme il le souhaitait.

Il nous est impossible de comprendre les raisons pour lesquelles Dieu n’a pas empêché la souffrance, si nous ne comprenons pas quels ont été les principes qui été ceux de Dieu au moment où Il choisit de créer le monde (et plus particulièrement l'homme et la femme).

Ce principe était celui de créer l’homme et la femme à son image, à sa ressemblance, des êtres dotés d’une personnalité et d’une capacité d’auto détermination. Si c’est à l’homme lui-même qu’il revient de décider de ce que sera sa vie et son parcours, soit en accord avec Dieu, soit en opposition à Lui, Il n’était pas possible à Dieu d’éviter à l’homme la souffrance, fruit de son mauvais choix

Les choses étant ainsi, il nous faut encore répondre à la seconde question : que Dieu va-t-Il et que peut-Il faire maintenant que la souffrance est là ?

Pour y répondre, j’aimerais l’expliquer par une image qu’il sera facile de comprendre pour tous : celle de l’huître perlière. On retrouve en effet, pour la fabrication des perles de nacre par une certaine espèce d’huître, le même principe que celui que j’ai développé au sujet de Dieu quant à la souffrance.

C’est par l’intrusion, contre sa volonté, d’un grain de sable qui le fait souffrir que commence, chez l’huître, le processus qui va la conduire à créer une perle. Incapable de se débarrasser de l’intrus, l’huître a trouvé un moyen simple pour atténuer la blessure et la gêne que provoque en elle ce corps étranger. Au fil des ans, elle le recouvre, par un processus qu’elle seule connaît, de carbonate de calcium, qui cristallise ensuite sous forme d’aragonite, pour finir par donner une perle.


Toute l’histoire de ce grain de sable, à l’origine intrus et auteur de la souffrance de l’huître, devenant par un procédé chimique miraculeux perle précieuse et magnifique, résume le procédé de Dieu pour vaincre le mal. La politique de Dieu à l’égard du mal, et de la souffrance qui l’accompagne, n’est pas de l’éradiquer brutalement du monde, mais de l’anesthésier par la puissance du bien et de son amour.

Jésus-Christ en est la preuve majeure. Alors que c’est le péché qui fait venir Jésus dans ce monde, en mourant pour le péché, Jésus libère Sa vie qui agit, dans le cœur de tous ceux qui croient, comme le carbonate de calcium autour du grain de sable de l’huître. Couche après couche, grâce après grâce, le cœur est guéri de la souffrance occasionnée par le péché… en attendant qu’un jour le corps y soit aussi !


Ce billet est le texte de mon intervention lors de la soirée Véritas, organisée par les GBU, du lundi 30 Novembre au Bar l'Equitable de Douai

INFO :  le livre "je vis avec cet intrus, le handicap" sera vendu au profit du Téléthon dans la librairie Cognet 21, rue Victor Basch à Saint-Quentin les 4,5 et 6 décembre. Dédicace de l'auteur sur place.

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samedi 28 novembre 2009

Calvin : 1509 - 2009 (11)

Une tache…


En cette année d’hommage rendu à Calvin, il ne serait pas honnête de taire ce qui, au temps de la gloire de la Genève réformée, reste dans l’histoire comme l’une de ses plus vilaines taches. Cette tache nous rappelle que, quelle que soit par ailleurs l’excellence d’une œuvre humaine issue d'une communion avec Dieu, les hommes qui en sont les outils restent des hommes. La Bible elle-même en rend compte, n’hésitant pas à parler de l’adultère d’un David, des excès d’impatience d’un Moïse ou de l’égoïsme d’un Ezéchias, tous, par ailleurs, désignés comme des hommes de Dieu. Un seul dans ce monde, rappelons-le, fera un parcours sans faute, sans tache. C’est Jésus-Christ, le Fils de Dieu ! S’il nous faut chercher à comprendre ce qui fait qu’un homme de Dieu puisse commettre de lourdes fautes, soyons assez humbles pour laisser à Dieu l’appréciation finale sur ces actes. Car Lui seul, qui connaît les cœurs, sait les tenants et les aboutissants réels de toute affaire.


L’affaire Servet (1)



Servet est un médecin espagnol, un esprit libre et aventureux. Il nie dans ses écrits la Trinité, et revendique une foi panthéiste. Il provoque Calvin à plusieurs occasions et lui répond en écrivant un livre : "La restitution chrétienne". Pourquoi Servet est-il venu le narguer à Genève, alors qu’il est déjà condamné en France d’où il vient de s’échapper ? Nul ne le sait. Reconnu, il est arrêté, emprisonné, jugé et finalement brûlé vif en octobre 1533. Genève voulait prouver par cette condamnation à l’Eglise catholique qu’elle savait elle aussi punir un « hérétique » .Elle avait par ailleurs peur d’une doctrine novatrice qui risquait de troubler l’ordre social existant. Elle voulait enfin faire de cette condamnation un signe d’exemplarité. Ce faisant, elle s’est discréditée et a montré que la nouvelle Eglise pouvait n’être pas meilleure que celle qu’elle combattait.

Contexte

Il est impossible aujourd’hui d’excuser ce meurtre. Il est injustifiable. Mais il ne faut pas non plus commettre d’anachronisme, et juger d’un événement qui eut lieu au 16ème siècle à partir de catégories de pensée d’aujourd’hui. Si l’on resitue cette condamnation dans son histoire, elle apparaît hélas dans la logique de cette époque : quelqu’un qui pensait aussi différemment ne pouvait être qu’un traître et devait être puni de mort. L’idée de tolérance n’était pas encore répandue au 16ème siècle. Elle ne fut largement diffusée qu’un siècle plus tard par un autre protestant –lui aussi persécuté – le philosophe Pierre Bayle.


Faits

Rappelons simplement quelques faits liés à ce tragique événement :

1) Servet fut d’abord emprisonné à Vienne, interrogé puis condamné par l’inquisition catholique. Il réussit à s’enfuir de France, mais est brûlé en effigie avec tous les volumes de ses œuvres par le tribunal français, sous pression de l’Eglise romaine. L’Eglise romaine aurait donc tort de reprocher à Calvin la mort de quelqu’un qu’elle avait déjà fait mourir elle-même symboliquement peu de temps avant.


2) Le martyre de Servet fut la tache noire de la réforme de Calvin, mais ce fut la seule. En même temps que Genève envoyait un homme au bûcher, le Royaume de France brûlait 1 000 « luthériens ».


3) C’est un adversaire de Calvin qui rédigea l’acte d’accusation. Calvin aurait souhaité une mort moins affreuse : ce n’est pas directement Calvin qui condamne Servet, mais le Magistrat, c’est-à-dire l’Etat, même si Calvin n’a rien fait pour s’opposer à cette condamnation.


Notre connaissance de l’affaire Servet est de surcroît tributaire de l’interprétation erronée qu’en a faite, plus tard, Voltaire. Le philosophe des Lumières, qui avait des problèmes de cohabitation avec les pasteurs de Genève, a fait de Calvin, dans son Essai sur les mœurs, un assassin assoiffé de violence : « Calvin fit brûler Servet et jouit de son supplice, lui qui, s’il eut mis le pied en France, eût été brûlé lui-même, lui qui avait élevé si fortement la voix contre toutes les persécutions. » Mais Voltaire commet un anachronisme : il parle deux siècles plus tard, après que l’idée de tolérance soit apparue en France. Il fait de surcroît de Calvin l’accusateur principal alors qu’il était beaucoup moins libre d’agir que ce que Voltaire suppose.

Leçon


Celui qui eut raison, à l’époque de cette condamnation tragique, est un ancien disciple et ami de Calvin, Sébastien Casteillon. Désapprouvant cette condamnation, il a écrit : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une idée, c’est tuer un homme. »


(1) L’article à partir d’ici est tiré du livre de Jérôme Cottin : Jean Calvin et la modernité de Dieu : Editions du Signe


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus