samedi 28 juin 2008

Martin Luther King : hommage

Martin Luther King

Le 4 avril 1968, le Dr Martin Luther King mourait assassiné à Memphis dans le Tennessee. La veille de son assassinat, il avait prononcé un discours aux accents prémonitoires. "Ce qui va m’arriver maintenant m’importe guère, avait-il dit, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne et j’ai vu la terre promise… " Martin Luther King n’était pas qu’un défenseur des droits de la minorité noire. C’était d’abord et avant tout un disciple de Jésus-Christ. Je vous propose pour lui rendre hommage la lecture d’un extrait de son livre " La force d’aimer ", paru en France en 1965 aux Editions Castermann. Il y témoigne de la foi et des convictions qui l’habitent. Martin Luther King est mort. Mais sa foi et ses convictions sont toujours présentes. Elles sont toujours aussi malvenues et dérangeantes. En témoigne aujourd’hui encore la mort silencieuse des milliers de martyrs de la même foi. Cependant, le monde passera. Mais l’objet de notre espérance, lui, soyons-en certains, se réalisera !

La faillite de l’Eglise institutionnelle

Nulle part le tragique tendance au conformisme n’est plus évidente que dans l’Eglise, une institution qui a souvent servi à cristalliser, conserver et même bénir les conceptions de l’opinion majoritaire. La reconnaissance par l’Eglise autrefois de l’esclavage, de la ségrégation raciale, de la guerre et de l’exploitation économique témoigne du fait qu’elle a prêté l’oreille à l’autorité du monde plutôt qu’à l’autorité de Dieu. Appelée à être la gardienne morale de la communauté, l’Eglise a parfois préservé ce qui était contraire à la morale. Appelés à combattre les maux sociaux, elle est restée silencieuse derrière ses vitraux. Appelée à conduire les hommes sur les grandes routes de la fraternité et à les inviter à dépasser les bornes étroites de race et de classe, elle a énoncé et pratiqué l’exclusivisme racial.

Complaisance des prédicateurs

Nous, les prédicateurs, nous avons aussi été tentés par le culte séduisant du conformisme. Séduits par les symboles du succès selon le monde, nous avons mesuré nos réalisations à la taille de notre personnage. Nous sommes devenus des shomen pour plaire aux fantaisies et aux caprices de la foule. Nous prononçons des sermons rassurants ; nous évitons de dire du haut de nos chaires ce qui pourrait troubler les vues respectables des membres confortables de nos communautés. Ministres de Jésus-Christ, avons-nous sacrifié la vérité sur l’autel de l’intérêt personnel et, comme Pilate, aligné nos convictions sur les demandes de la foule ?

Retour aux origines

Il nous faut retrouver la flamme évangélique des premiers chrétiens, qui furent non-conformistes au sens le plus vrai du mot et refusèrent de régler leur témoignage sur les perspectives du monde. Volontairement, ils sacrifièrent réputation, fortune, vie même à cause à une cause qu’ils savaient être juste. Petits par le nombre, ils furent des géants par la qualité. La puissance de leur évangile mit fin à des plaies barbares comme l’infanticide et les combats sanglants des gladiateurs. Finalement, ils gagnèrent à Jésus-Christ tout l’empire romain…

Les piliers de l’avenir du monde

L’espoir d’un monde sûr et où il fait bon vivre repose sur des non-conformistes disciplinés, donnés à la justice, à la paix, à la fraternité. Les pionniers en liberté humaine, académique, scientifique et religieuse ont toujours été des non-conformistes. En tout ce qui regarde le progrès de l’humanité, faites confiance aux non-conformistes !

Dans son essai Self-Reliance, Emerson a écrit : " Qui veut être un homme doit être non conformiste. " L’apôtre Paul nous rappelle que qui veut être chrétien doit aussi être non conformiste. Tout chrétien qui aveuglément accepte les opinions de la majorité et suit par crainte et timidité un sentier d’opportunisme et d’approbations sociale est un esclave mental et spirituel. Notez bien ces mots de la plume de James Russel Lowell :

" Esclaves ceux qui craignent de parler
pour le tombé et pour le faible ;
Esclaves ceux qui refusent de choisir
Haine, raillerie et injure
Plutôt que de ses détourner en silence
d’une vérité qui s’impose ;
Esclaves ceux qui n’osent pas
Etre dans le droit avec deux ou trois. "

Bon et mauvais non-conformisme

En lui-même pourtant le non-conformisme n’est pas nécessairement bon et il ne jouit parfois d’aucun pouvoir de transformation et de rédemption. Il n’a pas de valeur salutaire et peut en certain cas ne représenter guère qu’une forme d’exhibitionnisme. Dans sa lettre aux romains, Paul nous présente une formule de non-conformisme constructif : " Transformez-vous par le renouvellement de votre esprit. " le non-conformisme est créateur lorsqu’il est contrôle et dirigé par une vie transformée ; il est constructif lorsqu’il comporte une nouvelle vision mentale.

Le secret du vrai non-conformisme

En ouvrant nos vies à Dieu dans le Christ, nous devenons des créatures nouvelles. Cette expérience, dont Jésus parle comme d’une nouvelle naissance, est essentielle si nous devons être des non-conformistes transformés et exempts de cette justice et de cette rectitude si froides qui trop souvent caractérisent le non-conformiste… Ce n’est que par une transformation spirituelle intérieure que nous pouvons obtenir la force de combattre avec rigueur les maux du monde dans un esprit d’humilité et d’amour…


Conclusion

Cette heure de l’histoire demande un groupe engagé de non-conformistes transformés. Notre planète tremble au bord de l’annihilation atomique ; de dangereuses passions d’orgueil, de haine, d’égoïsme sont installées dans nos vies ; la vérité gît prostrée sur les collines raboteuses de calvaires sans nom ; et les hommes se prosternent devant les faux dieux du nationalisme et du matérialisme. Notre monde sera sauvé du sort qui le menace non par l’adaptation complaisante de la majorité conformiste, mais par l’inadaptation créatrice de la minorité non-conformiste.










ASSASSINAT: Martin Luther King
envoyé par hopto



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 21 juin 2008

La signature de Dieu

Cristaux de neige !

Mr A.J. Pace, portraitiste, raconte un de ses entretiens avec un microphotographe, Wilson J. Bentley, expert dans l'art de photographier à travers un microscope.

Pendant plus d'un tiers de siècle, ce technicien photographia des cristaux de neige. De l'observation de ses milliers de clichés photographiques se dégagèrent trois constantes mystérieuses tout autant que fascinantes :

- Jamais il ne trouva deux cristaux de glace identiques : chacun d'eux se distinguait nettement des autres par le jeu de ses curieuses pointes, de ses boucles, de ses délicates ciselures ou de ses bords biaisés.

- Tous, cependant possédaient cette même beauté vertigineuse de complexité géométrique.

- Il nota enfin leur parfaite symétrie de construction, toujours se développant en six branches à partir d'un axe central.

Explication

S'expliquait-il ces phénomènes ? : "Naturellement, personne ne le peut, excepté Dieu, mais voici ma propre théorie. Comme vous le savez, les cristaux de neige sont formés de vapeur d'eau à une température au-dessous du point de congélation. L'eau est composée de molécules de 3 atomes, 2 d'hydrogène combinés avec un d'oxygène. Chacune de ces molécules est chargée d'électricité positive et négative dont la tendance est de se polariser aux côtés opposés. Le nombre 3, vous le voyez, entre en action dès le départ. "

Mais comment expliquer toutes ces constantes, demanda Mr Pace ?

Wilson Bentley haussa les épaules : "Seul l'Artiste qui leur a attribué un but et les a façonnées ainsi sait comment".

Géométrie

Sa remarque sur le nombre 3 me laissa pensif. Se pouvait-il qu'après avoir modelé sa création, Dieu eût voulu y apposer sa signature, comme le ferait un artiste dans son oeuvre. ? Le Dieu de la Trinité signerait-il sa création dans les fragiles étoiles des cristaux de neige ?

On constate que le réseau directeur de la constitution du cristal de glace est celui de l'hexagone, figure à six côtés. C'est une figure unique dans tout le royaume de la géométrie par le fait que le rayon de la circonférence est exactement de la même longueur que chacun des six côtés de l'hexagone.

Ainsi, disposons-nous de six triangles, parfaitement équilatéraux, dont les sommets se touchent au point central et dont tous les angles sont de soixante degrés, un tiers de toute l'étendue d'un côté d'une ligne droite. Quel excellent symbole d'une unité divine en trois personnes. Ici, l'unité est présente - le triangle, - mais associée à trois lignes, chacune essentielle à l'intégrité du tout.

Bible et symétrie

Par curiosité, je m'employai à examiner dans la Bible les références concernant les cristaux de glace. Comment Dieu, dans sa Parole, employait-il sa signature ?

Basant mes recherches sur le mot neige, je découvris la même unité de base 3 !

- L'Ancien Testament contient 21 (3 x 7) références au mot neige.
- Le Nouveau Testament : 3.
- Par 3 fois, le terme est associé à la " lèpre blanche comme la neige ". Ex, 4.6
- Par 3 fois, le terme est comparée à la neige qui purifie du péché.
- Par 3 fois, il s'agit de vêtements ayant " la blancheur de la neige ".
- Par 3 fois encore, c'est l'apparence du Fils de Dieu qui est associée à la blancheur de la neige.

De curiosité en curiosité, il me fut donné d'aller plus loin dans ma connaissance biblique du chiffre 3.

C'est un fait généralement peu connu que les Hébreux et les Grecs, ne possédant pas de chiffres, se servaient des lettres de leur alphabet en guise de nombres. Le mot que l'hébreu utilise pour le concept de neige est sheleg :

- La première lettre du mot, correspondante à notre SH est en hébreu utilisée pour désigner le nombre 300.

- La deuxième consonne L a la valeur décimale de 30.

- La troisième correspondant à notre G vaut... 3.

Additionnez ces trois nombres et vous obtenez 333.

Curieux, n'est-ce pas, cette façon qu'a la boucle de se boucler ?

Les prodiges de Dieu

Pourquoi ne pourrions-nous pas attendre une exactitude mathématique dans un ensemble de livres s'ils sont pleinement inspirés et merveilleux comme le monde que Dieu a créé ? Il est dit de Dieu : "Il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas. Il dit à la neige : Tombe sur la terre !" Job 37 : 5-6.

J'ai tenté pendant deux jours entiers de dessiner d'après son modèle six cristaux de neige avec une plume d'encre et je me suis affreusement fatigué. Combien Il fait tout facilement ! " Il DIT à la neige ". Il parle et c'est fait !

Imaginons les millions de milliards de cristaux de neige qui tombent sur un arpent de terre en une heure de temps.

Imaginons, si nous le pouvons, le fait étourdissant que chaque cristal est une individualité propre, un modèle unique, sans duplicata dans cette tempête ou dans une autre.

Imaginons combien éphémères sont ces oeuvres.

Imaginons leur invisibilité.

Comment concevoir que l'ultime but de cet impensable exploit est de créer de la Beauté, dans ce qu'elle a de plus idéal, de plus pur, de plus offert à l'homme. " Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. " Psaume 139 : 6.

En réfléchissant à un tel aboutissement, multiplié en d'innombrables variations, peut-on circonscrire l'existence et l'ouvrage d'un Auteur dont les capacités se mesurent seulement par l'infini ? Un Dieu qui peut faire cela peut tout faire, même façonner et modeler nos vies, pour en faire des créations de beauté et d'harmonie.


(d'après Myer Pearlman, "Aux sources de la vérité biblique" p.42-44, 1937, Traduit par les éditions "Les Assemblées de Dieu", Bruxelles,1967)



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 14 juin 2008

Jusques à quand ?


Jusques à quand ?

La première personne à laquelle je pense en lien avec cette expression est Ingrid Bettancourt. Jusques à quand les Farc, qui la retiennent prisonnière, feront-ils preuve d’inhumanité envers elle, et tous ceux et celles qui, dans la jungle, sont captifs comme elle ? L’expression " jusques à quand " n’est pas banale. C’est toujours une expression qui traduit une souffrance où se mêlent à la fois lassitude, sentiment d’injustice, colère… C’est une expression qu’il faut entendre car, trop prolongée, elle est l’antichambre du suicide.
Certains " jusques à quand " sont d’autant plus difficile à supporter que l’on sait qu’il ne suffit que d’un acte de bonne volonté de certaines personnes pour qu’ils s’arrêtent. Je pense à nouveau à Ingrid Bettancourt, mais aussi aux victimes de régimes autoritaires. Jusques à quand la junte militaire birmane au pouvoir va-t-elle refuser l’accès à l’aide internationale pour les victimes du cyclone Nargis, se sont demandées bien des ONG ! Jusques à quand Kim Jong-Il, le tyran qui est à la tête de la Corée du Nord, va-t-il écraser son peuple, le priver de la liberté, enfermer les opposants dans des camps, faire régner la terreur sur son pays… Il y a là plus qu’une honte, mais un crime lorsque, possédant les moyens de mettre fin aux souffrances de ceux qui crient " jusques à quand ", celui qui le peut refuse de le faire !

Et Dieu… ?

" Et Dieu, pourquoi ne fait-il rien ? S’il a tout pouvoir, pourquoi n’agit-il pas pour mettre un terme à l’injustice, l’oppression, la souffrance gratuite ? N’entend-il pas le soupir, le cri, les " jusques à quand " de ceux qui souffrent ? " La question est légitime et, souvent, crûment posée à ceux qui disent avoir foi en sa bonté. " Si Dieu est bon, pourquoi ne met-il pas un terme aux jusques à quand de ceux qui gémissent et qui aimeraient tant aussi avoir droit au repos, au bonheur, à la tranquillité…

Je ne veux pas me faire ici l’avocat de Dieu. On connaît la stratégie des avocats. Leur but est de minimiser la souffrance des victimes en vue de disculper les accusés. Telle ne sera pas ma démarche. Je veux, par contre, avec son aide, essayer de trouver dans la révélation qu’Il nous a donné de lui dans la Bible, les pistes de réflexion aidant à comprendre le dilemme dans lequel Dieu se trouve face à la réalité du mal.

Si Dieu est bon…

Oui, il l’est, répond Jésus sans ambiguïté. Il répond même que Lui seul l’est réellement, authentiquement ! Premier constat étonnant : dans l’esprit de Jésus, la vue de la souffrance ne contredit ou n’altère en rien l’idée que Dieu est totalement bon. Si telle est la réalité, ce qui cloche alors n’est pas le témoignage que rend la Bible au sujet de la nature de Dieu, mais notre façon de voir les choses rendant irréconciliables le fait de voir se côtoyer la bonté de Dieu et la souffrance injuste. Si la bonté de Dieu n’est pas remise en question face à la souffrance, qu’est ce qui doit l’être pour que la vue des deux réalités soient compatibles ? Telle est la vraie question que nous devons nous poser !

Si Dieu est bon, pourquoi…

Nous arrivons au cœur du problème. Pour comprendre où il se trouve vraiment, on pourrait formuler la question autrement. Si Dieu est bon, pourquoi n’agit-il pas… comme nous estimons qu’il devrait agir dans la situation ? La question exprimée de la sorte, nous comprenons que le nœud du problème ne se trouve pas dans le fait que Dieu soit bon, mais qu’à partir de ce fait, nous tirons au sujet de Dieu des conclusions que lui ne tire pas ! Ce qui nous sépare avant tout de Dieu est une façon de penser, non la réalité. Dieu voit, côtoie la même souffrance que nous. Plus que nous, il est indigné, scandalisé par les injustices, l’oppression, l’arrogance, la cruauté dont font preuve des hommes envers d’autres hommes. A un degré infiniment supérieur au nôtre, il entend et compatit aux cris de ceux qui soupirent " Jusques à quand ? " Mais Dieu ne réagit pas comme nous pensons qu’il devrait réagir. Pourquoi ?

Un Dieu anti réactionnaire

La première chose que nous constatons lorsqu’on fait connaissance avec le Dieu de la Bible est qu’il n’est pas un Dieu réactionnaire. Dieu est capable des mêmes émotions que nous. Mais jamais, nous ne le voyons agir sous le coup d’une impulsion incontrôlée. Il est, nous dit la Bible, un Dieu lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, d’une patience infinie. Heureusement pour nous qu’il en est ainsi !

Car, réfléchissons bien. Si toute injustice devait entraîner une réaction de sanction immédiate de la part de Dieu, qui d’entre nous serait épargné ? Certes, les tueurs, les violeurs, les bourreaux commettent des crimes horribles. Mais combien d’horreurs Dieu ne voit-il pas dans les cœurs de chacun. Jésus l’a dit : la loi condamne l’homme qui a commis l’adultère. mais, je vous dis : quiconque regarde une femme de façon à la désirer a déjà commis adultère avec elle dans son cœur… La loi dit : tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre sera passible de jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible de jugement…

Jésus met le doigt sur l’une des réalités (peut-être la principale) qui sépare la façon de penser de Dieu de la nôtre à l’égard de la réalité du mal. Une différence d’appréciation énorme existe entre notre façon d’évaluer la gravité d’un acte et la sienne. Dieu ne voit pas seulement le mal qui se commet. Il voit aussi celui qui est conçu, pensé secrètement. Il discerne derrière les sourires et les façades, l’abîme de corruption, de haine, d’impuretés qui nous habite tous. S’il ne se retenait pas et laissait libre cours à sa colère, aucun de nous ne subsisterait !

Un Dieu de grâce

Aussi la patience de Dieu à l’égard de ce qui se passe dans le monde n’est due qu’à une seule cause. Il ne souhaite pas, dit la Bible, que quelqu’un se perde, mais que tous accèdent à la repentance, ce changement de mentalité suivi d'un changement de comportement. Cependant que le méchant ne se méprenne pas ! Qu’il n’interprète pas cette patience de Dieu comme de l’insensibilité à l’égard du mal commis. Dieu prévient : " J’ai gardé le silence et tu t’es imaginé que j’étais comme toi ! Mais je vais te faire des reproches et tout exposer sous tes yeux ! " Dieu connaît la fin des choses. Il sait où mène le chemin de celui qui persiste dans le mal, la dureté de son cœur. Il sait que se trouve au bout de cette voie une souffrance infinie, insoutenable, éternelle… Aussi se retient-il d’exercer son jugement légitime. Il patiente, mettant tout en œuvre pour que le mauvais, qui est aussi une victime, revienne de ses mauvaises voies, s’amende, change.

Non ! Face à la présence et à la réalité du mal, Dieu n’est pas resté inactif. Sous les traits de l’homme Jésus, Il est Lui-même entré dans le monde. Son objectif était double. Il voulait en premier signaler et signifier par ses actes la compassion l’intérêt de Dieu envers ceux qui souffrent. Tous ceux qui ont été au bénéfice de son passage en ont témoigné : Il a ôté leur douleur, leur a rendu la liberté. Venez a moi, disait Jésus, vous tous qui êtes fatigués de ployer sous un lourd fardeau et je vous donnerai mon repos. Si nous voulons savoir de quel côté se tient Dieu, sachons-le : il est toujours du côté de celui qui souffre, humilié !

Mais là ne s’arrêtait pas la mission de Jésus ! Plus que la compassion, Jésus est venu apporter de la part de Dieu le pardon. A tous, car aucun de nous ne peut prétendre s’en passer. L’homme Jésus, le juste, est la victime innocente qui, au tribunal de Dieu, prend à son compte la culpabilité et le châtiment mérité par tous les auteurs du mal qui se fait dans ce monde. Car Lui seul n’en fait pas partie…

Jusques à quand ?

Jusques à quand, se demande Dieu ? Jusques à quand devrais-je patienter ? Jusques à quand devrais je retenir cette colère qui monte en moi et que je contiens depuis tant de siècles ? Jusques à quand, toi lecteur, refuseras-tu la main d’amitié et de réconciliation que Dieu te tend, main percée de Jésus-Christ ? Jusques à quand ?

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 7 juin 2008

Le discours de Harvard

Le discours de Harvard

Le 8 juin 1978, il y a tout juste 30 ans, Alexandre Soljenitsyne, expulsé 4 années plus tôt de l’Union Soviétique, suite à la publication de son livre " l’Archipel du goulag " où il dénonce les abus du système concentrationnaire soviétique, va prononcer un discours resté mémorable dans les murs de la prestigieuse université américaine d’Harvard, haut lieu de la formation des élites du monde entier. Ce discours aux accents prophétiques n’a rien perdu de son actualité. Jugez-en plutôt à la lecture de ces extraits !

Le déclin du courage

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place….

Le bonheur triste

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies. Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel. L'indépendance de l'individu à l'égard de nombreuses formes de pression étatique a été garantie ; la majorité des gens ont bénéficié du bien-être, à un niveau que leurs pères et leurs grands-pères n'auraient même pas imaginé ; il est devenu possible d'élever les jeunes gens selon ces idéaux, de les préparer et de les appeler à l'épanouissement physique, au bonheur, au loisir, à la possession de biens matériels, l'argent, les loisirs, vers une liberté quasi illimitée dans le choix des plaisirs. Pourquoi devrions-nous renoncer à tout cela ? Au nom de quoi devrait-on risquer sa précieuse existence pour défendre le bien commun, et tout spécialement dans le cas douteux où la sécurité de la nation aurait à être défendue dans un pays lointain ? Même la biologie nous enseigne qu'un haut degré de confort n'est pas bon pour l'organisme. Aujourd'hui, le confort de la vie de la société occidentale commence à ôter son masque pernicieux….

De la difficulté à promouvoir le bien

Aujourd'hui la société occidentale nous révèle qu'il règne une inégalité entre la liberté d'accomplir de bonnes actions et la liberté d'en accomplir de mauvaises. Un homme d'Etat qui veut accomplir quelque chose d'éminemment constructif pour son pays doit agir avec beaucoup de précautions, avec timidité pourrait-on dire. Des milliers de critiques hâtives et irresponsables le heurtent de plein fouet à chaque instant. Il se trouve constamment exposé aux traits du Parlement, de la presse. Il doit justifier pas à pas ses décisions, comme étant bien fondées et absolument sans défauts. Et un homme exceptionnel, de grande valeur, qui aurait en tête des projets inhabituels et inattendus, n'a aucune chance de s'imposer : d'emblée on lui tendra mille pièges. De ce fait, la médiocrité triomphe sous le masque des limitations démocratiques…

Du mauvais usage de la liberté

D'un autre côté, une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films tout pleins de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder et de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...) L'évolution s'est faite progressivement, mais il semble qu'elle ait eu pour point de départ la bienveillante conception humaniste selon laquelle l'homme, maître du monde, ne porte en lui aucun germe de mal, et tout ce que notre existence offre de vicié est simplement le fruit de systèmes sociaux erronés qu'il importe d'amender. Et pourtant, il est bien étrange de voir que le crime n'a pas disparu à l'Ouest, alors même que les meilleurs conditions de vie sociale semblent avoir été atteintes. Le crime est même bien plus présent que dans la société soviétique, misérable et sans loi. (...)

L’Occident : un modèle.. ? De quoi ?

Il est universellement admis que l'Ouest montre la voie au monde entier vers le développement économique réussi, même si dans les dernières années il a pu être sérieusement entamé par une inflation chaotique. Et pourtant, beaucoup d'hommes à l'Ouest ne sont pas satisfaits de la société dans laquelle ils vivent. Ils la méprisent, ou l'accusent de plus être au niveau de maturité requis par l'humanité. Et beaucoup sont amenés à glisser vers le socialisme, ce qui est une tentation fausse et dangereuse. J'espère que personne ici présent ne me suspectera de vouloir exprimer une critique du système occidental dans l'idée de suggérer le socialisme comme alternative. Non, pour avoir connu un pays où le socialisme a été mis en oeuvre, je ne prononcerai pas en faveur d'une telle alternative. (...)

Mais si l'on me demandait si, en retour, je pourrais proposer l'Ouest, en son état actuel, comme modèle pour mon pays, il me faudrait en toute honnêteté répondre par la négative. Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales, par l'abrutissement télévisuel, et par une musique intolérable.

Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point.

La vraie cause du déclin de l’Occident :

Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout.

Historiquement, il est probable que l'inflexion qui s'est produite à la Renaissance était inévitable. Le Moyen Age en était venu naturellement à l'épuisement, en raison d'une répression intolérable de la nature charnelle de l'homme en faveur de sa nature spirituelle. Mais en s'écartant de l'esprit, l'homme s'empara de tout ce qui est matériel, avec excès et sans mesure. La pensée humaniste, qui s'est proclamée notre guide, n'admettait pas l'existence d'un mal intrinsèque en l'homme, et ne voyait pas de tâche plus noble que d'atteindre le bonheur sur terre. Voilà qui engagea la civilisation occidentale moderne naissante sur la pente dangereuse de l'adoration de l'homme et de ses besoins matériels. Tout ce qui se trouvait au-delà du bien-être physique et de l'accumulation de biens matériels, tous les autres besoins humains, caractéristiques d'une nature subtile et élevée, furent rejetés hors du champ d'intérêt de l'Etat et du système social, comme si la vie n'avait pas un sens plus élevé. De la sorte, des failles furent laissées ouvertes pour que s'y engouffre le mal, et son haleine putride souffle librement aujourd'hui. Plus de liberté en soi ne résout pas le moins du monde l'intégralité des problèmes humains, et même en ajoute un certain nombre de nouveaux.

Perte de la valeur fondamentale originelle

Et pourtant, dans les jeunes démocraties, comme la démocratie américaine naissante, tous les droits de l'homme individuels reposaient sur la croyance que l'homme est une créature de Dieu. C'est-à-dire que la liberté était accordée à l'individu de manière conditionnelle, soumise constamment à sa responsabilité religieuse. Tel fut l'héritage du siècle passé. Toutes les limitations de cette sorte s'émoussèrent en Occident, une émancipation complète survint, malgré l'héritage moral de siècles chrétiens, avec leurs prodiges de miséricorde et de sacrifice. Les Etats devinrent sans cesses plus matérialistes. L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.

Effets et développements historiques de l’humanisme

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que " le communisme est un humanisme naturalisé. " Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre. A première vue, il s'agit d'un rapprochement honteux : comment, il y aurait des points communs entre la pensée de l'Ouest et de l'Est aujourd'hui ? Là est la logique du développement matérialiste. (...)

L’illusion de l’humanisme

Il est une catastrophe qui pour beaucoup est déjà présente pour nous. Je veux parler du désastre d'une conscience humaniste parfaitement autonome et irréligieuse. Elle a fait de l'homme la mesure de toutes choses sur terre, l'homme imparfait, qui n'est jamais dénué d'orgueil, d'égoïsme, d'envie, de vanité, et tant d'autres défauts. Nous payons aujourd'hui les erreurs qui n'étaient pas apparues comme telles au début de notre voyage. Sur la route qui nous a amenés de la Renaissance à nos jours, notre expérience s'est enrichie, mais nous avons perdu l'idée d'une entité supérieure qui autrefois réfrénait nos passions et notre irresponsabilité. Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. A l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule aux pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en soient atteints d'une maladie analogue. Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.

Ultimatum pour un changement profond

Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde.

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ? Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas maudite, comme elle a pu l'être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme il le fut à l'ère moderne. Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 30 mai 2008

Confusion

Mairie de Bègles

La scène se déroule à la mairie de Bègles, en Gironde, où le mariage homosexuel a été légalisé. L'officier d'état civil appelle les couples candidats au mariage :
- Au suivant, s’il vous plaît !
- Bonjour. Nous voudrions nous marier.
- Comment vous appelez-vous ?
- Jean et Jacques Durand.
- Durand ? Vous êtes de la même famille ? Vous vous ressemblez.
- En effet, nous sommes frères.
- Quoi, vous êtes frères ? Alors, vous ne pouvez pas vous marier.
- Et pourquoi pas ? Vous autorisez bien les personnes de même sexe à se marier, non ?
- Oui, très souvent. Mais pas des frères ou des sœurs. C’est de l’inceste !
- De l’inceste ? Mais non, nous ne sommes pas homos.
- Pas homos ? Alors, pourquoi voulez-vous vous marier ?
- Pour les avantages financiers, bien sûr. Et puis, nous nous aimons. D’ailleurs, nous n’avons personne d’autre en perspective.
- Mais nous ne marions que les couples homos et lesbiens qui souffrent de discrimination illégale. Si vous n’êtes pas homo, vous n’avez qu’à épouser une femme.
- Non mais attendez un instant. Un homo a autant le droit d’épouser une femme que moi. Mais ce n’est pas parce que je suis hétéro que je veux épouser une femme. Je veux épouser Jacques.
- Et je veux épouser Jean. Vous n’allez quand même pas nous faire subir une discrimination simplement parce que nous ne sommes pas homos ?
- D’accord, d’accord. Je vous autorise à vous marier.

Au suivant !

- Salut. Nous sommes ici pour nous marier.
- Comment vous appelez-vous ?
- Bernard Martin, Jeanne Dupont, Robert Lebeau et Marie Lallemand.
- Qui se marie avec qui ?
- Nous voulons tous nous marier ensemble.
- Mais vous êtes quatre !
- C’est vrai. Nous sommes, voyez-vous, bisexuels. Moi, j’aime Jeanne et Robert, Jeanne aime Marie et moi, Marie aime Robert et Jeanne et Robert aime Marie et moi. Nous marier tous ensemble est notre seule possibilité pour exprimer nos préférences sexuelles dans le mariage.
- Mais nous ne marions que les couples homos et lesbiens.
- Quoi, vous faites donc de la discrimination contre les bisexuels !
- Non, c’est juste que, enfin, la conception traditionnelle du mariage est qu’il est réservé aux couples.
- Depuis quand vous vous intéressez à la tradition ?
- Eh bien, il faut bien que nous fixions une limite.
- D’où sortez-vous cela ? Il n’y a aucune raison pour laquelle on réserverait le mariage aux couples. Plus on est nombreux, plus on s’amuse. De toute façon, nous réclamons nos droits ! Le maire a dit que les droits de l’homme interdisaient toute forme de discrimination légale. Vous devez nous marier !
- D’accord, d’accord.

Au suivant !

- Bonjour, j’aimerais me marier.
- Comment s’appellent les futurs mariés ?
- David Boulanger.
- Et l’autre homme ou femme ?
- C’est tout. Je veux me marier avec moi-même.
- Vous marier avec vous-mêmes ? Mais qu’est-ce que cela signifie ?
- Eh bien, voilà, mon psychiatre m’a dit que j’ai une double personnalité, alors je veux que mes deux personnalités se marient ensemble. Peut-être que je pourrais alors obtenir deux parts quand je ferai ma déclaration d’impôt sur le revenu.


L'officier d'état civil craque: " Ca suffit ! J’arrête ! Tous autant que vous êtes, vous ridiculisez le mariage! "

Borne dépassée...

Ce n’est pas en vain que la Bible dit : Ne déplace pas la borne ancienne que tes pères ont posée : Proverbes 22,28. A vouloir partout déplacer les frontières séculaires posées par Dieu en ce qui concerne le bien et le mal, le vrai et le faux, le droit et le tordu, le moral et l'immoral, le juste et l'injuste, le normatif et l'anormal, le légal et l'illégal, ne nous étonnons pas si notre société sombre dans la confusion la plus totale. Bien souvent, lorsqu’un homme pense qu’il a l’esprit de plus en plus large, ce n’est que sa conscience qui s’élargit ! C'est en déplaçant les bornes qu'on les dépasse !






Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 23 mai 2008

Un monde uni : secret d'avenir !

Récapitulatif

Nous avons vu dans le billet précédent que c’est à l’extérieur de l’homme, dans la Personne de Dieu, que se trouve le point d’équilibre de l’univers, point sur lequel repose le principe unificateur de l’humanité. Fort de cette constatation, la question se pose de savoir qui est ce Dieu duquel dépend l’équilibre de tant de choses. Quelles qualités possède-t-Il ce Dieu pour que Sa Personne seule (et les qualités qui la caractérise) suffise pour garantir l’unité et la cohésion de tout ? Pour le savoir, il nous faut nous tourner non vers l’intelligence et les déductions philosophiques de l’homme, mais vers la connaissance mise à notre portée par la Révélation. Comme nous l’avons déjà dit, la révélation que Dieu nous donne de Lui-même n’est pas une option, mais une nécessité pour Le connaître. Nous pouvons spéculer autant que nous le voulons sur qui pourrait être Dieu. Tant que Lui ne parle pas et ne se révèle pas, ce n’est qu’à tâtons que nous avançons dans cette entreprise.

Vision
Le désir de voir Dieu est un désir récurrent de l’humanité. Dès les temps anciens, il a été formulé par les plus grandes figures spirituelles que compte l’humanité. Parmi elles, la Bible mentionne Moïse, le conducteur d’Israël, et Elie, la tête des prophètes. A tous deux, il a été répondu que voir Dieu face à face leur était impossible. Moïse dut, pour voir la gloire de Dieu passer devant lui, se cacher dans le creux d’un rocher. Puis, au moment où cette gloire passa, Dieu dut cacher de sa main Moïse. Ce n’est que lorsque l’Eternel sera passé que la main sera ôtée pour que Moïse voit l’Eternel par derrière et non de pleine face. Car, précise le texte, l’être humain ne peut voir Dieu et vivre. Elie vivra quant à lui un scénario quasi similaire.

Un homme eut cependant le privilège, au travers d’une vision, de voir Dieu. C’est Esaïe (ou Isaïe) le prophète dont l’œuvre écrite dépasse celle de tous les autres. La Bible nous rapporte en détail son expérience :

L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple.
Des séraphins se tenaient au–dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler.
Ils criaient l’un à l’autre, et disaient: Saint, saint, saint est l’Eternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire !
Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait, et la maison se remplit de fumée.
Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées.
Mais l’un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes.
Il en toucha ma bouche, et dit : Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié.
J’entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai–je, et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie–moi.

Triple révélation

Ce qui d’emblée frappa Esaïe fut la vision fulgurante de la sainteté de Dieu. Une sainteté telle que, même les créatures célestes les plus proches, sont mises au même rang que Moïse et Elie. Elles peuvent côtoyer Dieu, mais ne peuvent Le voir face à face. Saisies par l’éclat de Dieu, elles ne cessent, comme pour se le rappeler constamment, de se dire et de se répéter : Saint, saint, saint est l’Eternel des armées ! Toutes savent pertinemment que c’est de l’oubli de la nature de Dieu que naît toute chute et tout fractionnement dans l’univers. Lucifer, devenu Satan, l’adversaire, qui autrefois vivait dans la présence de Dieu, en est le triste exemple…

Esaïe témoigna ensuite d’une réalité de base de la relation avec Dieu. Alors qu’il regardait le temple de Dieu, le lieu de Sa présence et du rendez-vous de Dieu avec Son peuple, il vit que le bas du vêtement de Dieu le remplissait. Autrement dit, ce n’est que couvert par le vêtement de Dieu Lui-même que l’accès et le contact avec Dieu est possible pour les créatures. Aucun d’entre nous, par les efforts qu’il fournit, la religion qu’il suit n’est en mesure par lui-même d’accéder à Dieu. Notre accès dans la présence de Dieu n’est possible que par une initiative de Dieu, le fait que ce soit Son vêtement, Sa justice qui nous couvre.

C’est là, en germe, la vérité que l’Evangile, qui rapporte ce qu’a été Jésus-Christ, développe dans toute sa portée. Le message central de l’Evangile est en effet celui d’un dépouillement suivi d’un revêtement. C’est du côté de Jésus-Christ que se trouve le dépouillement : dépouillement de Sa condition divine pour devenir homme ; puis dépouillement de sa justice propre pour être mis au rang des pécheurs et des coupables. Sur la croix, Jésus change d’habit. Il quitte l’habit de juste qui a été le Sien de toute éternité pour endosser celui du péché. Le revêtement se trouve du côté des bénéficiaires de l’acte de dépouillement dont Jésus a été l’objet. Incapable de se réformer lui-même, de se présenter dans un état acceptable par Dieu, l’homme pécheur se voit gratifier, par la foi en Jésus-Christ, Fils éternel de Dieu, d’une justice qu’il était incapable de produire. Lui aussi est dépouillé et revêtu : dépouillé de ses vêtements sales et revêtu des habits propres de la justice de Dieu.

Saisi par sa laideur, son impureté face au caractère immaculé de la sainteté de Dieu, Esaïe ne peut que confesser sa propre perdition. Lui qui, auparavant, avait 6 fois de suite annoncé à Son peuple le malheur qui l’attendait à cause de ses péchés, s’écrie : Malheur à moi ! A la lumière de Dieu, aucune de nos vertus ne paraît éclatante. Tout se confond avec le gris, le sale, le mauvais ! Condamné, Esaïe devient un candidat à la grâce. Sa confession à peine formulée, un ange est aussi dépêché pour lui faire entendre la bonne nouvelle (l’Evangile). Ta faute, Esaïe, est enlevé, ton péché est expié ! Quelqu’un a payé de sa vie de juste pour toi et tu es au bénéfice de Son engagement !

Equilibre

Revenant à notre sujet, la vision d’Esaïe nous stupéfie par le modèle d’équilibre qu’elle nous présente dans la Personne de Dieu. A la sainteté absolue se mêle en Dieu une justice absolue et une miséricorde absolue, sans qu’aucune de ces composantes de la personne de Dieu ne soit privilégiée aux dépens de l’autre. Pour réconcilier les hommes avec Lui en toute légalité, sans amputer la justice, Dieu a trouvé le moyen en lui-même de condamner de manière totale le péché, source de toutes les séparations, tout en sauvant totalement le pécheur !

Bien des conceptions de Dieu circulent dans le monde. Mais, toutes sont défaillantes sur un point ou sur un autre par rapport à celle que nous présente la Bible. Le cadre de cet article est trop restreint pour développer longuement ce sujet. Mais, mis à part les athées qui disent contre le bon sens que Dieu n’existe pas, toutes les représentations humaines de Dieu sont inférieures à celle que nous donne la révélation biblique. Soit Dieu n’est qu’une force, soit il est mêlé à sa création, donc inconnaissable. Soit Sa sainteté est minimisée : Il est alors un Dieu faible, le Dieu de Polnareff qui fait entrer sans distinction aucune tout le monde au paradis ; soit Sa miséricorde est passée sous silence : Dieu apparaît alors uniquement sous les traits de la sévérité, un Dieu qui décide arbitrairement qui Il accueille et qui Il rejette. Pas étonnant dès lors que les visions du monde, toujours teintées de spiritualité, qui habitent l’humanité les fractionne en partis toujours prêts à en découdre les uns avec les autres ! C'est dans la perfection du Dieu de la Bible que se trouve le secret du parfait et, à fortiori, de l'unité qui en découle !
Unité retrouvée

C’est de ce processus de réconciliation, présent de toute éternité dans la Personne de Dieu, que découle pour l’avenir, l’unité retrouvée de l’humanité. Dès le début, la fin est annoncée. A Abraham, que Dieu choisit comme père des croyants et qui porte en ses reins le Christ, Dieu dit : " Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai… Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! " Annonçant le règne futur du Messie, Esaïe prophétise : Il sera juge entre les nations, il sera l’arbitre d’une multitude de peuples. De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et on n’apprendra plus la guerre ! " Anticipant la fin de l’histoire, l’apôtre Paul écrit : le dernier ennemi qui sera réduit à rien, c’est la mort… Et lorsque tout lui sera soumis, alors le Fils lui-même se soumettra à celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous ! Dieu tout en tous : tel est le secret de l’unité éternelle du monde. Puisse aujourd’hui chacun de nous trouver, dans le Christ-Jésus le chemin de la paix et de notre réconciliation ! Plus les hommes de toutes races se rapprocheront du Christ et de sa croix, plus ils se rapprocheront les uns des autres (Dr Billy Graham).


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 17 mai 2008

Le point d'équilibre de l'univers !


Souci d’unité

Jamais peut-être le souci d’unité ou d’unification du monde n’a été aussi présent dans l’histoire de l’humanité qu’en ce début du 21ème siècle. Ce souci, cette idée qui, cependant, ne date pas d’hier, est l’idéal clairement affiché par les tenants du nouvel ordre mondial. Au XVIIIème siècle déjà, le prussien Anarcharsis Cloots, auteur de " La révolution universelle ", disait : " L’humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu’il ne formera qu’un seul corps, une nation. " Plus proche de nous, le sociologue Herbert Marshall McLuhan théorisa cette idée par la métaphore du village global, un village mondial dont les parties connectées les unes aux autres forment un tout indissociable.

Souci légitime

A vue humaine, on comprend tout à fait ce souci d’unité et d’unification du monde. Les conflits, querelles, guerres incessantes qui font notre actualité journalière ne témoignent-ils pas du malheur que représente la division ? Les bénéfices du rapprochement des peuples entre eux sont irréfutables : coordination des moyens policiers, entente économique, solidarité humanitaire... Là où le refus (et la crainte) de l’autre persiste, là perdurent le trouble, la violence, la répression, l’inhumanité. Il apparaît, par la simple observation du monde, que celui-ci ne peut subsister que par l’unité. Imaginons un instant ce que serait notre univers si chaque galaxie, planète, était dotée d’une volonté propre lui donnant la liberté de s’affranchir de l’ordre du tout ! Le monde devenu un chaos indescriptible, il aurait été impossible à la vie de trouver un lieu présentant les conditions favorables à sa manifestation.

La question se pose cependant : comment, par quels moyens, par qui et sur quelles bases, l’unité, l’unification de l’humanité peut-elle se faire ? Cette question n’est pas banale. On peut même dire qu’elle constitue à elle seule tout l’enjeu de l’avenir du monde et des politiques menées, souvent à l’insu des peuples, par ceux qui détiennent à tout niveau les cordes du pouvoir.

Aux sources de la division

Pour régler la question de la division des peuples, de leur séparation et de leur incompréhension, une autre question se doit d’être posée. Où peut-on trouver un principe unificateur suffisamment puissant pour assurer cette unité rendant possible la paix et la concorde entre tous ? Pour y répondre, il faut se tourner, non vers l’avenir, mais vers le passé. Car c’est là, du fin fond des âges, que nous parvient l’explication, la raison de la division. Un principe unificateur existait à l’origine de l’humanité. Ce principe qui assurait l’équilibre de l’univers a été bafoué. L’équilibre perdu, l’univers est tombé et sa chute a entraîné de multiples fractionnements. D’où la nécessité de ne pas imaginer l’unité, mais de retrouver, de réintégrer l’univers sous l’autorité du principe unificateur premier… sous peine, l’illusion passée, d’aboutir à des divisions plus dramatiques encore, menant à la destruction !

Le principe unificateur premier

Le principe unificateur premier part d’un postulat. Ce postulat affirme que le monde, l’univers, l’homme n’est pas le produit de l’évolution ou du hasard, mais d’une création. Etre pensant, capable de former des projets, animé d’un sens inné de la justice, l’homme est le reflet de Celui qui l’a fait : une Personnalité dotée d’intelligence, faisant toutes choses pour un but, d’un sens inné de justice, qui aime l’ordre et combat le désordre. Chacun sait, dans la vie courante, que le constructeur d’une chose est plus grand que la chose elle-même. La chose peut témoigner du génie de son fabricant ; mais elle ne le dépassera jamais. Chacun sait aussi que, incompétent face au dérèglement de la chose qu’il possède, le recours le plus efficace est de faire appel à celui qui l’a conçu. Appliqué au plan de l’humanité, nous nous devons d’affirmer comme principe premier de sa restauration que seul le retour (et le recours) à la connaissance du savoir et de l’intelligence de son fabricant (ou Créateur), origine du projet de sa conception, peut sortir celle-ci du bourbier infernal dans laquelle elle s’enlise à cause de ses divisions.

Dieu : point d’équilibre de l’univers

Toutes réflexions faites, quel est le point de connaissance le plus important dont a besoin l’homme ? Sans hésitation aucune, je réponds : Dieu. Je ne développerai pas ce point. Mais l’histoire en témoigne largement. Le point de divergence le plus grand, en ce qui concerne les valeurs qui sont à l’origine des comportements, a sa source ici, dans la conviction que Dieu existe ou non. Si Dieu n’existe pas, chacun est son propre dieu et peut décider légitimement pour lui-même ce qui est bien ou mal. Chacun n’a à rendre compte qu’à lui-même. La force est donc à celui qui possède le pouvoir. Impossible dès lors d’envisager, autrement que par la contrainte et l’écrasement, une quelconque unité apaisée. Oui ! L’athéisme, le refus de Dieu est, en premier lieu, la mère de toutes les divisions !

Pour autant, le fait de croire en l’existence de Dieu, un Dieu Créateur, ne suffit pas à lui seul pour générer l’unité de manière automatique. Car rien n’est plus délicat, rien n’entraîne de conséquences plus dramatiques dans le comportement humain que le fait d’avoir une idée, une conception faussée, déséquilibrée de Dieu. D’où la nécessité, là aussi, de ne pas imaginer Dieu, mais d’aller à la source de ce qu’on peut, avec certitude, connaître de Lui.

Nécessité de la révélation

Suivant cette logique, la révélation apparaît, non comme la lubie d’illuminés, mais comme une nécessité. Dans les rapports humains, il ne nous vient même pas à l’esprit de contester le bien-fondé d’une telle idée. Il vous est impossible, à vous lecteurs, de connaître ce que je pense et croit si je ne vous le révélais. Toute connaissance de l’autre passe par une révélation, révélation dépendante de son bon vouloir. Or, depuis les temps anciens la révélation de Dieu nous est accessible. Elle n’est pas théorique, mais vérifiable, inscrite dans l’histoire et dans des faits qui, largement, ont déterminé et déterminent encore notre histoire. Leur témoignage nous a été transmis de générations en générations sous forme écrite. Les difficultés vécues par les porteurs de la flamme olympique ne sont rien en comparaison des combats, luttes, blessures subies, au long des siècles, par les porte flambeaux de la connaissance de Dieu. Mais la lumière est toujours là, plus présente que jamais, consignée dans un livre, indestructible témoin pour tous les temps : la Bible.

Suite de la réflexion au prochain billet
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 10 mai 2008

Le handicap de Jésus

Handicap

« Tu n’es pas à ma place ! Tu as beau parler, vouloir me consoler, tu ne sais pas ce que c’est que d’être comme moi ! » La réplique de la personne handicapée au bien-portant est sans appel. Que sait-il en effet de sa souffrance, de ses frustrations, de ses limites ? A-t-il une idée de ce que signifie vivre un seul jour, une seule heure, paralysé, emprisonné seul avec lui-même ?

Jésus est-il apte à comprendre les personnes handicapées ? La question est de taille. Lui qui marche sur la mer et semble n’avoir jamais connu de maladie, que sait-il du monde des paralysés, des infirmes, des blessés… ? N’est-il pas l’étranger par excellence de la société des invalides ? L’apparence est trompeuse…

Le handicap de Jésus

La question des limites

L’obligation de vivre dans des limites imposées est ce qui distingue en premier la personne handicapée du bien-portant. Nous nous méprenons sur la personne de Jésus si nous pensons que l’humanité ne lui a rien coûté. Car, dit l’Evangile, Jésus existait avant d’être homme. De toute éternité, il était Dieu, libre, tout puissant, sans limite, assujetti à aucune contingence. Devenir homme l’a donc contraint à quitter un état supérieur pour une condition nettement moindre.

Le premier handicap de Jésus a été son humanité. Une perte de son état premier comme celle que connaîtrait un homme à qui l’on imposerait de devenir fourmi, ver de terre ou… cafard. Un choix qu’il a cependant fait volontairement, comme tout ce qu’il fera dans sa vie…

La différence

Si la personne handicapée souffre de la différence, sachons que Jésus a connu cette souffrance également. Car si quelqu’un, en son temps, était hors norme, c’était bien lui. Jésus ne cadrait avec aucun système dans lequel on voulait le classer. Pour les hommes religieux, il buvait et mangeait trop pour être pris au sérieux. Pour les nationalistes juifs, il était trop ami avec les occupants romains. Pour les Romains, il était un Juif trop remuant. En tout et partout, Jésus par sa simple présence, perturbait, gênait.

Aussi le regard des autres sur Jésus était-il souvent hostile, inamical. Plus Jésus affirmera ce qu’Il est, plus il se fera d’ennemis. Plus aussi, il se retrouvera seul, trahi, abandonné de tous. Parce qu’il n’entre pas dans les schémas établis, Jésus vivra une marginalisation, un rejet progressif. Comme la personne handicapée, il souffre de son identité particulière. Une identité dont on ne veut pas entendre parler, parce qu’elle dérange. Seule une poignée d’amis (et encore) lui resteront fidèles jusqu’au bout.

La solitude

Si Jésus était souvent entouré, il savait aussi ce que signifie être seul. Sa solitude ne venait pas tant de l’isolement que de l’incompréhension des autres. Même sa famille naturelle, sa mère, ses frères et sœurs ne le comprenaient pas. Pour eux, il était quelqu’un d’anormal, d’un peu « dérangé, un objet de scandale. Aussi le provoquaient-ils parfois, allant presque jusqu’à se moquer de lui. Mêmes réactions à Nazareth, le village où il a grandi. Jésus n’est pas le bienvenu. On préfère qu’il s’en aille, qu’il ne se mêle pas aux autres.

Comme la personne handicapée, Jésus connaît ce que veut dire être mis de côté. Il sait ce que signifie le fait de souffrir du mépris, de la honte des autres, du rejet. Ayant connu la solitude, il est le compagnon idéal de tous les solitaires, de ceux, nombreux, qui souffrent en silence d’être déconsidérés.

La souffrance

« Si tu veux ma place, prends aussi mon handicap ! » Disposé sur un parking à l’endroit réservé aux personnes handicapées, cet écriteau interpelle. Il propose un échange : l’avantage personnel que représente la place de parking contre les limites quotidiennes qui sont imposées à son bénéficiaire. A ce jeu-là, le calcul est vite fait. Nul besoin d’un long temps de réflexion. N’importe quelle personne handicapée, si vous lui posez la question, signe immédiatement le contrat. Pas sûr que, du côté des bien-portants, on soit aussi emballé par la proposition.

Nous l’avons déjà dit, la première dimension du handicap de Jésus a été de devenir homme. De la liberté totale, absolue, éternelle, il est passé pour un temps aux limites physiques de l’humanité. Là ne s’arrête cependant pas son parcours. Car Jésus avait comme objectif non seulement de devenir homme, mais d’être pleinement assimilé à eux, dans leurs détresses, leurs souffrances. En ce sens, plus que quiconque, il a connu sur la croix la situation extrême du handicap. Cloué, non dans un fauteuil, mais sur deux poutres de bois, il était pendu là, en plein soleil, des heures durant. Tourmenté par la soif, dans l’impossibilité de se mouvoir, se gratter le nez, changer de position, essuyer ses larmes, bouger bras ou jambes… Livré au bon plaisir d’autrui, il a agonisé, seul, en proie au mépris, à la moquerie d’une foule déchaînée du sein de laquelle plusieurs le ridiculisaient, riaient de la souffrance qui défigurait son visage et déformait son corps meurtri. Il est ici l’homme de douleur par excellence…

La croix, dit la Bible, est le lieu d’un échange. Là, Jésus troque la condition d’homme juste, sans tache, ni tare, pour celle de l’homme meurtri, blessé, affligé des maux dus au péché. Il accepte de prendre notre place et, pour ce faire, il subit dans sa personne la souffrance résultant de la rupture avec Dieu. Le handicap de Jésus atteint ici son point culminant. Affaibli à l’extrême, aucune partie de son corps n’est épargnée par la douleur. De la tête aux pieds, il n’est que plaies, déchirures, blessures, amas de chair vive sanguinolente.

Dans son âme, la souffrance n’est pas moindre. Il est seul, abandonné de tous, plongé dans la nuit la plus noire. Le désespoir est à son comble. Il est ici privé, handicapé de la présence de son Père. Il ne lui reste plus rien. Il boit, jusqu’à la dernière goutte, la coupe du tourment. Les flammes du remords et de la culpabilité, conséquences de nos péchés, le ravagent, le consument entièrement. Pour moi, pour vous, pour notre salut, il devait passer par là.

Extrait de mon livre : Je vis avec cet intrus, le handicap : Editions BLF









Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 3 mai 2008

Acte d'euthanasie applaudi

Acquittement

L'acquittement de Lydie Debaine, cette maman qui a tué sa fille Anne-Marie atteinte d'un grave handicap, est dramatique. Certes, chacun a pu être touché par la souffrance de cette maman, qui s'est peu à peu laissée enfermer dans une relation exclusive avec sa fille, ne trouvant aucun soutien ajusté, et craignant que sa fille soit mal traitée dans le seul établissement qu'elle ait pu trouver.

Sans doute est-ce cette émotion qui a conduit le public à applaudir le verdict au moment de son énoncé ? Les commentaires de nombreux médias ont manifesté une forte approbation, épousant la justification de la maman lorsqu'elle exprime le sentiment d'avoir posé un acte juste. « Acte de compassion », « une mort donnée par amour » ...
Quelle que soit la compréhension dont on peut entourer cette maman, son acquittement, les applaudissements, les nombreux commentaires qui ont accompagné cette annonce, sont infiniment choquants. Cette décision renforce une idée qui chemine de plus en plus dans les esprits : « le permis de tuer par amour » la personne malade ou handicapée. Après le non lieu dont a bénéficié Marie Humbert, un pas dramatique vient d'être franchi par cette décision qui fera jurisprudence : le meurtre par amour devient un acte juste.

Une suite inquiétante

Après Nicolas Perruche, Vincent Humbert, Chantal Sébire, le message continue d'être martelé : la vie d'une personne gravement malade ou handicapée est un non sens. Il vaudrait mieux qu'elle ne soit pas née. Il vaudrait mieux qu'elle ne vive pas. L'aimer vraiment, c'est mettre fin à sa vie. Par compassion ! Quelle violence !

Violence

Violence de laisser entendre aussi explicitement à toutes les Anne-Marie que leur vie est sans valeur, et que leurs proches pourraient leur donner la mort par amour.

Violence de laisser entendre aux parents qui, jour après jour, accompagnent leur enfant handicapé que leur combat est sans issue, que le véritable amour, la vraie compassion, seraient de mettre fin aux jours de leur enfant.

Violence de laisser entendre à tous les aidants, médecins, éducateurs, qui agissent auprès de personnes gravement malades ou handicapées que leur élimination est aussi une alternative juste.

Violence faite à tout un chacun, car au fond, ne sommes-nous pas, vous et moi, un jour ou l'autre en risque de devenir radicalement dépendants ? Devrons-nous nous méfier de l'amour de nos proches ? Et réciproquement, le cas échéant, nos proches devront-ils se méfier de notre amour ?

Porte ouverte aux dérives

Oui, par cette décision de justice, la société a fait plus que justifier un acte coupable, indépendamment de la compréhension que l'on peut avoir de son auteur. Elle risque d'ouvrir la porte à toutes les dérives à venir, puisqu'elle a justifié que la personne gravement malade ou handicapée soit éliminée, alors que le seul devoir est de l'accompagner. C'est ce que souligne le procureur général de la Cour d'appel de Versailles en décidant d'interjeter appel de cette décision : « ce verdict d'acquittement pourrait en effet être compris comme un encouragement à l'atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien » a-t-il déclaré.

Le procès de Liège

Il y a presque 50 ans, il y eut en Belgique ce qu'on a appelé « le procès de Liège ». Là aussi, l'acquittement de parents qui avaient tué leur fille gravement handicapée. Des scènes de liesse dans la rue avaient accompagné ce verdict. La violence de cet événement provoqua un grand sursaut des sociétés belge et française, manifestant un mouvement de solidarité à l'égard des personnes gravement atteintes et de leurs parents. Très concrètement alors, Marie-Hélène Mathieu fonda l'Office chrétien des personnes handicapées (OCH) pour soutenir les familles, susciter des réponses à leurs besoins, apporter un éclairage sur la valeur sacrée de la personne handicapée et sa place dans la société.

Aujourd'hui comme il y a 50 ans, d'un mal peut sortir un bien : le « oui » à la vie de toute personne, quelles que soient ses limites, l'appel à l'engagement de chacun et de toute la société pour son accompagnement, en particulier par la création de lieux de vie.


Philippe de Lachapelle
Directeur de l'Office chrétien des personnes handicapées (OCH)



La semaine prochaine : une prolongation inédite de la réflexion !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus