samedi 23 février 2008

Appétit de gloire !

Fait local

Le dernier concert annuel de l’école de musique de la ville où j’habite n’était pas ordinaire. Alors que, d’habitude, place est faite à la musique et aux musiciens, cette soirée a eu pour centre un hommage : l’hommage rendu au conseiller municipal chargé de la gestion de l’école qui, à 83 ans et après 18 ans de service, rendait son tablier. Après l’éloge du maire, le clou de la soirée était le dévoilement d’une plaque au nom du conseiller municipal, plaque désormais apposée dans une des salles principales de l’école.

Recherche de gloire

Nous sommes tous quelque part sensible à la gloire. Et ce n'est certainement pas les décorés annuel de la légion d'honneur qui le nieront. Cette recherche de gloire, le philosophe Blaise Pascal l’appelait une vanité. « Une vanité si ancrée dans le cœur de l’homme, dit-il, qu’un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes même en veulent ; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus ; et moi qui écrit ceci, dit Pascal, j’ai peut-être cette envie ; et peut-être ceux qui me liront aussi. »

La recherche de la gloire est si ancrée en nous que certains, pour y parvenir, n’hésitent pas à employer tous les moyens. Ainsi, il ressort que c’est par simple désir de gloire que Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale, a fait en cachette les opérations qui ont fait perdre 5 milliards d’euros à la banque. Son but n’était pas l’argent ou l’enrichissement personnel. Il voulait sortir du lot et apparaître comme l’un (ou le) meilleur de sa profession. Tel fut aussi, pour d’autres raisons, la motivation qui aiguillonna Mark Chapman, l’assassin de John Lennon. Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à poignarder son idole, il répondra qu’il l’a fait uniquement dans le but d’avoir la gloire d’être connu. Ce n’est pas tout le monde en effet qui peut se vanter d’avoir tué l’un des Beatles !

Origine de cette recherche

Il ressort de l’exemple de Chapmann et de Kerviel une vérité criante au sujet de la gloire. La recherche de gloire est l’expression du désir de chacun de sortir de l’anonymat, du lot, de briller par son originalité, ses œuvres, ses exploits, bref, de s’élever au-dessus du commun des mortels pour être perçu… comme un dieu. Cette recherche d’éclat, de distinction, d’admiration, témoigne la Bible, est à l’origine même de ce que le langage théologique nomme la chute. Elle est à la fois la cause première de la rébellion de Lucifer, l’ange déchu, contre Dieu, le Créateur, et le thème même de la proposition qu’il fera, au travers du serpent ancien, à nos premiers parents : affranchissez-vous de Dieu et vous serez comme des dieux…

Légitimité de la gloire

Ceci dit, la gloire n’a en elle-même rien de mauvais. Il n’y a, en effet, rien de négatif au fait de reconnaître la valeur ou même l’excellence d’une personne dans un domaine particulier. La Bible elle-même n’hésite pas à louer la beauté de Sara, la femme d’Abraham, la force du juge Samson ou la sagesse de Salomon. Nous sommes tous des êtres uniques et, d’une certaine façon, nous brillons tous d’un éclat original.

La question qui se pose au sujet de la gloire est double :

1. qu’est ce qui fait l’objet de ma gloire (notoriété, réputation) ? Est-ce ce qui est bien ou ce qui est mal ? Oussama Ben Laden est quelqu’un de glorieux parmi les radicaux islamistes. Mais, avoir pour prix de la gloire, le sang de plus de 3 000 victimes sur la conscience, n’est certainement pas enviable. S’il faut être connu, mieux vaut l’être pour avoir sauver des vies plutôt que d’en avoir détruit !

2. que fais-je de la gloire que je reçois ? Vais-je me l’attribuer ou, comme Jean-Sébastien Bach, le prince des musiciens, reconnaître que c’est à Dieu, mon Créateur, qu’elle revient (Bach signait toutes ses œuvres des 3 initiales SDG : Soli Deo Gloria : A Dieu seul la gloire). Car il est évident, même si c’est au prix d’un dur labeur, que nous ne sommes pas produits nous-mêmes, mais, qu’à la base, nous avons reçu les facultés qui sont à la base de notre gloire !

Enseignement de Jésus sur la gloire

Avant de voir dans un prochain billet ce que la Bible dit de la gloire, je terminerai celui-ci par 3 enseignements précis de Jésus à ses disciples sur le sujet :

1er enseignement :

Texte biblique

Je ne tire pas ma gloire des hommes.
Mais je sais que vous n’avez point en vous l’amour de Dieu.
Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.
Comment pouvez–vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
(Evangile selon Jean, chapitre 5, versets 41 à 44)

Il y a une forte opposition de nature entre la recherche de la gloire humaine et la recherche de la gloire qui vient de Dieu. Soit nous poursuivons l’une, soit l’autre ! Mais nous ne pouvons pas concilier les deux !

2ème enseignement :

Texte biblique

Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense.
Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
(Evangile selon Matthieu, chapitre 6, versets 1 à 4)

Deux façons d’agir bien distinctes séparent ceux qui sont à la recherche de la gloire humaine et ceux qui sont à la recherche de la gloire divine. Les uns cherchent à être vus. Ils cherchent les honneurs et la reconnaissance publique. Les autres agissent en secret. Ce qui les préoccupe est d’agir sous le regard de Dieu.

3ème enseignement :

Texte biblique

Il adressa une parabole aux invités parce qu’il remarquait comment ceux–ci choisissaient les premières places ; il leur disait :
Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’une personne plus considérée que toi n’ait été invitée, et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : « Cède–lui la place. » Tu aurais alors la honte d’aller t’installer à la dernière place.
Mais, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : « Mon ami, monte plus haut ! » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.
(Evangile selon Luc, chapitre 14, versets 7 à 11)

C’est l’humilité et non l’orgueil, ou l’affirmation de soi, qui précède la gloire. Dieu connaît parfaitement chacun et, Lui seul, a la juste appréciation de chacun. Ce qui est élevé dans ce monde ne l’est pas forcément devant Lui. Et ce qui n’est pas reconnu a sa juste valeur ici-bas ne saurait être oublié par Lui.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 16 février 2008

Repentance

Le discours de Caen

Avant même qu’il soit élu Président de la République, Nicolas Sarkozy en a fait un point de rupture moral essentiel avec la pratique de Jacques Chirac, son prédécesseur : la France cessera désormais de se repentir de son passé. Son discours, prononcé à Caen le 9 mars 2007 en témoigne :

« La mode de la repentance est une mode exécrable. Je n'accepte pas que l'on demande aux fils d'expier les fautes des pères, surtout quand ils ne les ont pas commises. Je n’accepte pas que l’on juge toujours le passé avec les préjugés du présent. Je n’accepte pas cette bonne conscience moralisatrice qui réécrit l’histoire dans le seul but de mettre la nation en accusation. Je n’accepte pas ce changement systématique de la nation qui est la forme ultime de la détestation de soi. Car pour un français, haïr la France c’est se haïr lui-même. Je n’accepte pas que l’on veuille vivre en France en professant la haine de la France. Je veux que le racisme et l’antisémitisme soient poursuivis et condamnés avec la plus grande sévérité. Mais je ne veux pas que l’on dise que tous les Français sont racistes ou antisémites, parce que c’est faux. Je ne veux pas que l’on dise que la France est le pays le plus raciste et le plus antisémite au monde, parce que ce n’est pas vrai, parce que la France c’est exactement le contraire, c’est le pays des droits de l’homme, c’est le pays qui récuse le plus le communautarisme qui renvoie chacun à ses origines ethniques et religieuses, c’est le pays de la République, qui s’est toujours battu depuis deux cents ans pour la liberté, l’égalité et la fraternité de tous les hommes . »

On peut ou non adhérer aux propos du chef de l’Etat. Mais avant d’en juger, il serait bon de comprendre ce qu’est vraiment la repentance, quel état d’esprit elle suppose. C’est dans la bouche de Jean-Baptiste, précurseur de Jésus, que le mot prend sa vraie dimension. La repentance, destinée à préparer Israël à la venue du Christ est son message essentiel. Le mot grec « métanoia » implique un changement profond, radical de manière de penser. La repentance est un demi-tour. Pour la distinguer des simples remords ou regrets humains, je vous propose une comparaison basée sur 7 symptômes différenciant une vraie repentance d’une fausse

La vraie repentance

1. Vient de la prise de conscience que nous sommes responsables de tous les choix que nous avons fait dans notre vie. A l’image du fils prodigue de l’Evangile, celui qui se repent, rentre en lui-même, fait le bilan de sa vie et comprend que tout ce qu’il a fait est contraire à ce que Dieu voulait pour lui.

2. Nous place au rang des coupables. Nous comprenons que c’est nous-mêmes et les choix que nous avons faits qui sommes les premiers artisans de notre malheur. « J’ai péché » s’écrie celui qui se repent.

3. Est inspirée par le dégoût et la haine profonde de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait. Nous ne nous trouvons plus d’excuse. D’accord avec Dieu, nous nous condamnons nous-mêmes et confessons que nous ne sommes dignes de rien, et que le rejet de Dieu est la seule chose que nous méritons

4. Nous amène à nommer nos fautes de la façon avec laquelle Dieu les nomme dans sa loi : avoir une relation sexuelle avec un homme sans être marié est un adultère, un avortement est un meurtre… c’est ce qui s’appelle confesser ses péchés. Nous nous voyons avec horreur tel que Dieu nous voit.

5. Nous amène à craindre le jugement de Dieu et à comprendre que sans Son pardon, nous sommes éternellement perdus.

6. Nous pousse à nous tourner vers le Christ, parce que nous réalisons notre impuissance complète à nous changer. Nous n’avons plus aucune confiance en nous-mêmes ou nos propres forces pour espérer être différent. Nous accueillons alors Jésus-Christ dans notre vie parce que nous savons que Lui seul peut nous communiquer la vie qui nous manque. Dieu, par le Christ, est invité à occuper le trône de notre vie.

7. Conduit au salut et à la vie éternelle

La fausse repentance

a. Naît du regret des conséquences fâcheuses pour nous-mêmes des choix que nous avons fait dans notre vie. On regrette dans notre vécu ce qui a mal tourné, mais pas le choix qui a été à l’origine de ce qui a mal tourné

b. Fait que nous nous plaçons davantage en victimes qu’en coupables. La part que nous mettons sur les autres dans notre malheur est plus grande que celle que nous nous attribuons

c. Ne conduit pas au dégoût profond de sa personne. Nous pensons seulement que nous n’avons pas eu de chance et que, si les choses avaient été meilleures, cela se serait passé autrement. Il n’y a pas de remise en question fondamentale de sa façon de vivre. C’est davantage la pitié de soi qui nous anime que le rejet de soi.

d. Minimise l’importance de la faute et de sa gravité. On prétexte alors les bons sentiments, la sincérité ou l’ignorance. On n’est pas prêt à mettre sur sa personne le qualificatif que Dieu y met.

e. Se soucie d’abord de la réussite de sa vie humaine à venir sur la terre. Ce qu’on cherche, c’est un moyen, une recette pour vivre mieux plutôt que le moyen d’être en paix dans sa conscience avec Dieu.

f. Nous amène à nous tourner vers Dieu pour qu’il nous aide à mieux vivre. Mais, au fond de soi, on n’a pas encore capitulé. On ne souhaite pas que ce soit le Seigneur qui soit le maître, mais on continue à vouloir programmer sa vie soi-même comme on l’entend. On veut bien de Dieu dans sa vie, mais c’est toujours nous qui occupons le poste de commande de la vie.

g. Nous laisse en-dehors du Royaume de Dieu.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 8 février 2008

Pornographie : poison et antidote

UNE PRATIQUE ANCIENNE

La pornographie ne date pas d’hier. De tout temps, depuis l’Antiquité, on a dessiné, exhibé des corps nus dans toutes les positions possibles. Ce n’est qu’avec la venue du christianisme que s’est opéré graduellement un changement moral profond dans la société. La relation sexuelle, réservée aux couples mariés, est alors de l’ordre de l’intime et du privé. Il faudra attendre le XVIIIème siècle et la montée en flèche du romantisme et la littérature libertine (Sade) pour voir apparaître des œuvres dépassant largement le cadre de la pudeur.

UN TORRENT QUI ENVAHIT TOUT

Au milieu du XXème siècle, par le biais de magazines (Play Boy...) et de films d’origine scandinave, la pornographie se développe à grande échelle. Depuis, tel le torrent de boue suscité par le tsunami de 2004, elle envahit tout, pénètre tout… et salit tout. Avec le Minitel d’abord, puis Internet, il n’y a même plus à se déplacer (et donc s’afficher) pour se servir : un simple clic suffit pour vous mettre en relation avec les centaines de millions de sites pornographiques de la toile ! « Un extraordinaire tapage sexuel colonise aujourd’hui jusqu’au moindre recoin de la modernité démocratique, dit Jean-Claude Guillebaud[1]. » Le relevé statistique ci-joint nous en donne la mesure :

12% des sites Web sont pornographiques
25% des recherches sont pornographiques
35% des téléchargements Web sont pornographiques
28 258 internautes regardent du sexe sur le web toutes les secondes
Sexe est le mot le plus recherché sur le web
Le revenu du sexe sur le web représente aux USA 2,84 billions de $ en 2006
72% des internautes sont des hommes, 28% des femmes
70% du trafic sur les sites de sexe se fait pendant les heures de travail
L’estimation du nombre total de pages web pornographiques est de 372 000 000
89% de la production vient des USA
Les pays censurant les sites pornographiques sont : Arabie Saoudite, Iran, Egypte, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweït, Malaisie, Singapour, Indonésie, Kenya, Inde, Cuba et Chine : aucun pays de culture chrétienne !

L’ATTRAIT DE LA PORNOGRAPHIE

Quel homme honnête et sincère avec lui-même peut prétendre ne pas être attiré par les produits de la pornographie ? Car, la pornographie n’existerait pas et ne se développerait pas à une telle échelle si elle ne correspondait pas à un désir du cœur de l’homme, désir qui masque un besoin plus profond. Que cherche-t-on au travers du spectacle des images pornographiques ? Quel besoin cherche-t-on à satisfaire ? Une courte réflexion sur le sujet m’amène à formuler 2 réponses :

1. le besoin de l’amour, ce lien qui forge l’intimité et l’unité d’un couple. C’est cependant lourdement se tromper que de penser que le plaisir sexuel soit le facteur décisif de cette intimité. Car la pornographie ne crée rien. Elle est juste une visualisation de l’acte sexuel dans ce qu’il a de moins pudique et de moins retenu (dans toutes ses déviations). Elle transmet l’idée que ce qui compte n’est pas le partenaire, mais l’objet qu’il représente et qui ne sert qu’à un seul but : procurer le maximum de plaisir. Il faut ici souligner deux vérités peu connues sur le commerce de la pornographie : son caractère nocif pour celui qui s’y adonne …et pour les victimes de ce commerce mondial. Soljenitsyne, qui a connu les goulags de l’ancienne URSS, dira à ce sujet : « On asservit,les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec les miradors. » Sachons également pour notre information que beaucoup de ces femmes-objet, « marchandisées » sur les sites pornographiques, ont souvent elles-mêmes été abusées, que certaines d’entre elles souffrent de maladies sexuellement transmissibles et qu’un grand nombre meurent jeunes et se droguent pour supporter l’enfer de ce qu’elles vivent.

2. une vie par procuration. Comme le cinéma, la pornographie fait partie du monde imaginaire, virtuel, non réel. Et comme tout ce qui est de cet ordre, elle est incapable, à qui se laisse envoûter par elle, de tenir les promesses d’extase qu’elle fait. Car la vie, la vraie, n’est pas dans le virtuel, l’irréel, l’imaginaire. Elle se vit dans la réalité, le concret. La pornographie laisse donc celui qui se laisse séduire par ses mensonges de plus en plus dépendant, amer et malheureux. S’adonner à la pornographie est donc l’aveu d’un mal profond, d’une insatisfaction latente quant à son vécu, la preuve d’un vide et d’un creux terrifiant, un vide, comme le disent Pascal et Saint Augustin, qui a la dimension de Dieu. L’offre de la pornographie, substitut misérable pour combler nos besoins, nous rappelle que tant que l’on cherche dans des stimuli extérieurs quelque chose qui puisse remplir sa vie, on n’a pas encore trouvé la réponse à ses besoins et ses questions existentiels profonds.

S’EN SORTIR

Comment faire pour se sortir de l’attrait ou de la dépendance de la pornographie ?

Reconnaissez premièrement votre dépendance et le fait que la pornographie ne peut répondre à votre vraie soif. A une femme qui avait connu 5 mariages et qui vivait en concubinage, le Christ a dit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ». Il signifiait par là que ce n’est pas dans le changement continuel de partenaires qu’elle trouverait ce qu’elle cherchait. Non ! Vous devez vous en faire un raison : la pornographie ne peut vous apporter quoi que ce soit de satisfaisant. Tels les brigands de l’Evangile attaquant le voyageur isolé pour le dépouiller, elle va vous laisser au bord du chemin de la vie battu, blessé, nu et honteux. Si vous êtes malheureux de ce que vous êtes et de l’image que la pornographie vous renvoie de vous-mêmes, vous êtes sur la bonne voie.

Sachez ensuite que ce n’est pas de sensations ou d’émotions fortes dont votre cœur a besoin, mais de la présence forte de Dieu. Lui seul peut vous procurer la paix et la plénitude que vous cherchez. Jésus a poursuivi le dialogue commencé avec la femme citée ci-dessus en affirmant : « Mais quiconque boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura plus jamais soif ! » Ce dont vous avez besoin, c’est d’une relation spirituelle avec Dieu. Car c’est pour Lui que votre cœur et votre esprit ont été créé. Et sans Lui, ils meurent de faim. Cette relation est possible par Jésus-Christ. Il a promis que celui qu’il affranchit devient réellement libre !

Décidez, choisissez enfin de vous détourner de la pornographie ! Confessez à Dieu votre souffrance, votre dépendance à ce sujet. Criez à Lui de tout votre cœur pour qu’Il vous en libère ! Demandez lui de faire de vous une personne nouvelle, propre, orientée vers de nouveaux désirs, nobles, à l’image de ce pour quoi vous avez été créé ! Croyez que Jésus-Christ est mort pour vous, pour effacer tout ce qui vous a sali et souillé et recevez son pardon ! Ce que Dieu veut est le meilleur pour vous. Lui seul a le pouvoir de vous le donner, de tenir Ses promesses et de ne pas, à terme, vous décevoir.

Que celui qui a soif vienne, que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement !

Témoignage

Libérée de la pornographie : à lire sur : http://chretiennes.com/stories/joec.html


(1) Jean-Claude Guillebaud : la tyrannie du plaisir (2001) Paris, Seuil, Points

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 2 février 2008

Capacité d'indignation

Paul à Ephèse :

Un passage lu, il y a quelque temps, dans la Bible m’a fait réfléchir à cette capacité qui habite dans le cœur de tout être humain, et de Dieu : la capacité d’indignation. Alors que l’apôtre Paul se trouve dans la ville d’Ephèse (en Turquie actuelle), il finit par gagner à l’Evangile un grand nombre d’habitants de cette ville. Le message qu’il annonce ne se centre pas uniquement sur Jésus, le Christ. Paul parle aussi aux éphésiens, adeptes des cultes mythologiques, du présupposé sur lequel repose la prédication du Christ : l’existence d’un Dieu Créateur unique, incréé et élevé au-dessus de toute représentation. Si le salut proposé en Christ a une portée universelle, c’est bien d’abord parce qu’ à l’origine, c’est à la même cause que chaque homme, chaque peuple, chaque nation doit son existence.

Adhérant à l’Evangile, les néophytes ont vite compris que leur foi nouvelle est incompatible avec les cultes anciens. Aussi, dans un mouvement unanime, ont-ils délaissé et abandonné les cultes mythiques qu’ils pratiquaient auparavant. Un abandon qui n’est pas sans conséquence pour la ville d’Ephèse, gardienne du temple de la grande Artémis, les produits dérivés qui découlaient du culte faisant vivre avec aisance le commerce local. Tout cela ne manqua pas rapidement de provoquer du remous dans le cœur d’un homme particulièrement concerné par la question : l’orfèvre Démétrius.

Le mécontentement de Démétrius

Habile artisan, Démétrius avait vite compris quels bénéfices ils pouvaient tirer du culte imposant rendu à Artémis à Ephèse. Il se lança donc dans la fabrication de petits sanctuaires familiaux, reproduction à l’identique (ou en mieux) de l’original. Une activité florissante… jusqu’à l’arrivée de ce trouble-fête de Paul. Inquiet pour l’avenir de sa profession, Démétrius ne manqua pas d’alerter tous les artisans de sa corporation. Il invoqua en premier le danger que faisait courir le nouveau message pour l’avenir de la profession. Les intérêts particuliers de la profession ne constituant cependant pas un argument suffisamment mobilisateur, Démétrius changea de registre. Il évoqua le triste développement que pouvait avoir, pour l’avenir du culte rendu à la déesse, le nouveau message auquel adhéraient déjà tant d’éphésiens. (Imaginez ce que serait Lourdes si le culte marial, et ses produits dérivés, venait à disparaître !).

Emeute

Indignés, le sang des habitants de la ville ne fit qu’un tour. Un attroupement considérable se créa dans le théâtre. Luc fait remarquer avec ironie que, si beaucoup de gens étaient là, la plupart ne savaient pas pourquoi, tant différait dans la foule le contenu des slogans formulés. Une manifestation qui n’est pas sans rappeler parfois celles que l’on rencontre encore de nos jours où, ensemble, râleurs réunis crient sans avoir de réelle raison commune de crier. Pris en otage dans le mouvement, quelques chrétiens tentèrent bien une explication. En vain ! Ils ne devront leur salut qu’à l’intervention autoritaire du secrétaire de la ville, enjoignant Démétrius à utiliser les voies légales, les tribunaux, s’ils ont quelque chose contre lequel porter plainte.

Sources de l’indignation

Qu’est-ce que l’indignation ? D’où sort-elle et de quoi provient-elle ?

Elle est une réaction naturelle et émotionnelle du cœur qui, outré de ce que l’on touche à un point fondamental de ce qu’il considère comme la réalité, cherche à en défendre le bien-fondé. L’indignation, comme on le voit à Ephèse, touche souvent à ce qui, à nos yeux, est sacré. Aussi, face à l’indignation suscitée en nous à l’écoute d’une nouvelle ou d’une information, devons-nous nous poser quelques questions :

1. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne porte-t-il réellement le caractère du sacré ? La France est coutumière des manifestations de tous genres. Qu’on touche aux 35 heures ou aux régimes spéciaux des retraites et l’indignation ne tarde pas à se lever. Mais est-elle juste ou justifiée ? Ne ressemble-t-elle pas à celle de Démétrius, en fait davantage préoccupé par ses intérêts qu’à la cause qu’il disait défendre ? Il apparaît donc que, dans de nombreux cas, l’indignation se produit quand on élève des choses qui touchent à son intérêt personnel au rang du sacré. Or, qui peut discuter avec quelqu’un qui prétend que les 35 heures ou le régime spécial de retraite auquel il appartient sont, par nature, intouchables ?

2. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne est-il en accord avec la réalité ? L’indignation de Démétrius et de la foule avait pour objet un mensonge : celui de croire que les dieux fabriquées par les hommes étaient de vrais dieux. Pris dans un mouvement d’indignation, nous devons avoir le recul nécessaire pour nous demander si la cause que nous défendons est juste, correspond à la réalité, ou n’est que le résultat d’une manipulation. Les récentes émeutes des musulmans contre les caricatures de Mahomet sont à ranger dans cet ordre. Le conflit venait ici du fait que les dessinateurs se sont cru autorisés de pouvoir toucher à la personne du prophète de l’Islam, personne considérée comme sacrée par ses adeptes. Ce qui n’était que raillerie pour les uns était profanation pour les autres. Aussi, la question de fond ici posée est de savoir si Mahomet est digne, preuves à l’appui, d’être considéré comme un être sacré ou non.

Un révélateur

L’indignation agit donc comme un révélateur. Elle met en lumière ce qui, au fond de nos cœurs, représente ce qui, de manière absolue, compte. D’où parfois, le caractère curieux et absurde aux yeux de certains, des choses pour lesquelles d’autres s’indignent, un paradoxe mis en lumière dans le poème de Daniel Boy : le vieil homme et le chien, dont voici le texte :

Transparent au regard des passants trop pressés,
Un vieil homme est assis, transi et affamé,
Sous un porche à l’abri des frimas de janvier.
Il implore un sourire, une pièce de monnaie.

Passe un chien dans la rue, un chien de pedigree,
Une voiture suit, heurte le canidé.
Aussitôt extirpés de leurs logis douillets
Accourent de partout des bourgeois empressés.

"Ne le laissez pas là, amenez-le chez moi
J’ai une couverture afin qu’il n’ait pas froid !
"Quelques instant après, l’animal est pansé,
Dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.

Au dehors dans la rue le silence est tombé
Tout le monde est rentré, a fermé ses volets.
Sous son porche à l’abri des frimas de janvier
Le vieil homme soudain s’est mis à aboyer.

Ce texte choque, mais il met en lumière une réalité bien humaine. Ne sommes-nous pas souvent comme les bourgeois de la poésie, capables de nous indigner pour des choses très secondaires tandis que nous restons étrangement passifs pour ce qui touche au sacré réel ? Sommes-nous choqués pour les bonnes raisons ?

Jésus et l’indignation

Il serait sans aucun doute très intéressant de lire les Evangiles notant soigneusement quelles raisons provoquait l’indignation de Jésus. En y pensant rapidement, j’en trouve déjà trois :

1. le commerce fait autour du nom de Dieu. Jésus ne supportait pas ce qui offensait l’honneur de Son Père. le temple est ainsi le seul endroit où Jésus s’est montré violent, allant jusqu’à prendre un fouet pour en chasser les vendeurs. Voir Jésus en colère est quelque chose qui ne peut que faire trembler. L’épisode souligne cependant à quel point l’honneur de Dieu est, dans le cœur de Jésus, la valeur suprême.

2. la dureté de cœur de ses contemporains a été une seconde cause d’indignation dans le cœur de Jésus. Elle s’est manifestée dans la synagogue le jour où, dit Marc, alors que c’était sabbat, Jésus posa la question aux religieux présents s’il était possible ou non de faire du bien à un homme. Jésus provoqua alors le scandale en guérissant, en opposition à toute règle (il était interdit de travailler le jour du sabbat) et sous les yeux des assistants éberlués, un homme à la main sèche. Jésus était indigné de la dureté de cœur des religieux, eux-mêmes indignés de la liberté que se prenait Jésus ! Pour Lui, l’être humain passe avant tout interdit !

3. l’hypocrisie religieuse est enfin la 3ème cause d’indignation de Jésus dans les Evangiles. Par sept fois et avec sept malheurs, il fustigera la duplicité des responsables religieux de son temps, plus préoccupés de la forme que du fond, de leur prestige que du bien du peuple, de leurs richesses que de l’obéissance à la Parole de Dieu… La vérité seule doit, selon Jésus, être au cœur de la foi, tout le reste n’étant que comédie et simulation !



Citations :
- Une colère contre le péché est une colère sans péché : Thomas Watson.
- Les hommes ne se mettent en colère que quand ils se croient lésés. Et ils se sentent frustrés dans la mesure où ils ont l’impression qu’on leur refuse de satisfaire à des revendications légitimes : C S Lewis.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

vendredi 25 janvier 2008

Le grand visiteur !


Qui suis-je ?

Non le produit de l'évolution, mais un être typiquement humain... avec des ancêtres eux aussi typiquement humains. Je ne crois pas à l'évolution des espèces, mais suis convaincu que chacun se développe dans la famille d'espèces à laquelle il appartient et assure, par la reproduction, la continuité de cette espèce. Je ne crois pas donc être le produit du hasard et de la nécessité, formule si chère à Monod pour expliquer l'origine de notre monde. Non, je crois, au contraire, que mon existence a été voulue, pensée, conçue depuis fort longtemps par un Créateur hyper doué, intelligent... et bienveillant. Ca, je ne l'a pas découvert par l'exemple ou l'éducation étant d'une famille catholique pour la forme, mais athée de fait... Je l'ai découvert dans la douleur de l'insatisfaction, de l'amertume, de la tristesse en réalisant la vanité, la finitude et l'insatisfaction auxquelles mène l'expérience de la vie, si courte puisse-t-elle être. Est-ce possible d'avoir au fond de soi tant d'aspirations, de questions, de soifs, de besoin d'absolu sans qu'en face, il n'y ait rien pour y répondre. Et puis, cette puissance mauvaise qui attise les passions les plus basses, me tire constamment vers le bas... Et il faudrait que j'accepte le point de vue matérialiste selon lequel il n'y a rien à chercher ici-bas autre que de satisfaire ses besoins immédiats, matériels, limités... Impossible !

J'ai pris le taureau par les cornes. Je me suis isolé de mes amis et, une fois pour toutes (le moment était crucial), j'ai voulu en avoir le coeur net (dans les deux sens...). Soit j'étais le produit du hasard, soit celui d'une création. On peut philosopher longtemps sur le sujet. Les possibilités ne se réduisent finalement qu'à celles-ci. Mais comment arriver à la certitude, s'Il existe, de connaître Dieu ? N'y a-t-il pas là, par nature, une impossibilité fondamentale ? Vraie, jusqu'à ce que je découvre "Le grand visiteur".

Le grand visiteur

Bien sûr ! C'est évident, mon cher Watson! On ne peut connaître de Dieu que ce qu'll veut bien révéler et nous montrer de Lui-même. C'est déjà vrai sur le plan humain : vous ne pouvez connaître de moi que ce que je veux bien vous en dire. D'autant plus de Dieu. Or, Dieu a choisi pour se faire connaître, non la voie d'Internet, ni celle d'un mégaphone, mais de nous visiter en choisissant d'entrer dans ce monde par la voie qui nous est propre : celle de la naissance dans un corps d'homme, de la croissance et de l'enfermement dans des limites physiques. Il a choisi de ne pas s'imposer de façon irréfutable, de rester cacher derrière le voile de l'humanité, mais de manifester suffisamment de gloire dans ce cadre pour que les chercheurs honnêtes soient sans ambiguïté à Son sujet : derrière l'homme, c'est bien Dieu qui est avec nous, parmi nous. Le grand visiteur est trop unique, incomparable, parfait, puissant pour que l'on puisse en douter. Je suppose qu'arrivé ici, vous avez compris de qui je parle. L'homme, en question, le grand visiteur s'appelle Jésus de Nazareth.

Lui et moi

Homme et Dieu à la fois, Il est le seul qualifié pour me relier à l'Eternel. La rencontre n'a pas été facile. Il a du me convaincre, me persuader, je dirais me gagner à Lui. Car, malgré mes chaînes, je voulais rester le propre décideur de ma vie. Il voulait bien s'occuper de ma vie malgré sa misère, mais à une seule condition : que je lui cède le pas, la primauté, la priorité dans tous les domaines. Il ne voulait pas passer dans ma vie en simple visiteur, mais en occupant, en maître de la maison. Après combat, évaluation, je Lui ai ouvert la porte. Je n'ai jamais eu à le regretter. Ma nature a souvent manifesté à son égard de la rébellion, des murmures, des revendications. Mais, à chaque fois, Son amour, Sa volonté manifeste de me faire grâce et de conserver mon amitié en a triomphé. Il a changé ma vie, répondu à mes aspirations, donné les certitudes dont j'avais besoin face aux questions incontournables que mon existence d'homme pose. Il m'a trouvé et je l'ai trouvé : que chercherais-je encore ?

Qui suis-je ?

Cela fait un bout de temps qu'on vit ensemble. Il a réorienté ma vie à tel point que, depuis plusieurs dizaines d'années, ma vocation est de Le faire connaître, d'enseigner Sa Parole, de communiquer à mes contemporains que c'est de Lui dont ils ont besoin. J'ai toujours du mal à comprendre la résistance et les réticences dont ils font preuve à son égard. Ils le craignent comme s'Il voulait leur faire du mal, alors qu'Il n'a que du bien à leur offrir. Je suis aujourd'hui pasteur en Picardie. Egalement auteur d'un livre qui lui est consacré, livre intitulé "Le grand visiteur". Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à m’écrire !







Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 19 janvier 2008

Erasme (2)

Insuffisan-ce d’Erasme

Si nous portons nos regards sur la grande révolution qui plus tard renouvela l’Eglise, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître qu’Erasme fut pour plusieurs comme un pont de passage. Bien des hommes qui auraient été effrayés par les vérités évangéliques présentées dans toute leur force et leur pureté, se laissèrent attirer par lui, et devinrent plus tard les fauteurs les plus zélés de la Réformation.

Erasme et Luther

Mais par cela même qu’il était bon pour préparer, il ne l’eût pas été pour l’accomplir. « Erasme sait très bien signaler les erreurs, dit Luther, mais il ne sait pas enseigner la vérité. » L’Evangile de Christ ne fut pas le foyer où s’alluma et s’entretint sa vie, le centre autour duquel rayonna son activité. Il était avant tout savant, et seulement ensuite chrétien. La vanité exerçait sur lui trop de pouvoir pour qu’il eût sur son siècle une influence décisive. Il calculait avec anxiété les suites que chacune de ses démarches pourrait avoir pour sa réputation. Il n’y avait rien dont il aimât autant à parler que de lui-même et de sa gloire.

Erasme et Luther sont les représentants de deux grandes idées quant à une réforme, de deux grands partis dans leur siècle et dans tous les siècles. L’un se compose des hommes d’une prudence craintive, l’autres des hommes de résolution et de courage. Ces deux partis existaient à cette époque, et ils se personnifient dans ces illustres chefs. Les hommes de prudence croyaient que la culture des sciences théologiques amènerait peu à peu et sans déchirement une réformation de l’église. Les hommes d’action pensaient que des idées plus justes répandues parmi des savants ne feraient point cesser les superstitions du peuple, et que corriger tel ou tel abus était peu de choses si toute la vie de l’Eglise n’était pas renouvelée.

« Une paix désavantageuse, disait Erasme, vaut mieux encore que la plus juste des guerres. » Il pensait qu’une réformation qui ébranlerait l’Eglise courait risque de la renverser. Il voyait avec effroi les passions excitées, le mal se mêlant partout au peu de bien que l’on pourrait faire, les institutions existantes détruites, sans que d’autres puissent être mises à leur place, et le vaisseau de l’Eglise faisant eau de toutes parts, englouti au milieu de la tempête.

Faiblesses d’Erasme

Les courageux d’entre ses contemporains avaient de quoi lui répondre. L’histoire avait suffisamment démontré qu’une exposition franche de la vérité et un combat décidé contre le mensonge pouvaient seuls assurer la victoire. Si l’ont eût usé de ménagement, les artifices de la politique, les ruses de la cour papale auraient éteint la lumière dans ses premières heures. Sans doute une réforme fondamentale ne pouvait s’opérer sans déchirements. Mais quand a-t-il paru quelque chose de grand et de bon parmi les hommes, qui n’ait causé quelque agitation ?

Si la Réformation n’eût pas éclaté, qui peut dire l’épouvantable ruine qui l’eût remplacée ? La société, en proie à mille éléments de destruction, sans éléments régénérateurs et conservateurs, eût été effroyablement bouleversée. La réformation ne fut autre chose qu’une intervention de l’Esprit de Dieu parmi les hommes, un règlement que Dieu mit en terre. Elle put, il est vrai, remuer les éléments de fermentation qui sont cachés dans le cœur humain ; mais Dieu vainquit. La doctrine évangélique, la vérité de Dieu, pénétrant dans la masse des peuples, détruisit ce qui devait périr, mais affermit partout ce qui devait être maintenu.

Le grand principe d’Erasme était : «Eclaire, et les ténèbres disparaîtront d’elles-mêmes. » Ce principe est bon, et Luther le suivit. Mais quand les ennemis de la lumière s’efforcent de l’éteindre, ou d’enlever le flambeau de la main qui le porte, faudra-t-il, pour l’amour de la paix, les laisser faire ?

Le courage manqua à Erasme. Or, il en faut pour opérer une réformation, aussi bien que pour prendre une ville. Il y avait beaucoup de timidité dans son caractère. Dès sa jeunesse, le nom seul de la mort le faisait trembler. Il prenait pour sa santé des soins inouïs. Nul sacrifice ne lui eût coûté pour s’enfuir d’un lieu où régnait une maladie contagieuse. Le désir de jouir des commodités de la vie surpassait sa vanité même, et ce fut cette raison qui lui fit rejeter plus d’une offre brillante.

Fin d’Erasme

Par ses écrits, par ses paroles, Erasme, plus que tout autre, avait préparé la Réformation, et puis, quand il vit arriver la tempête qu’il avait lui-même suscitée, il trembla. Il eût tout donné pour ramener le calme d’autrefois, même avec ses pesantes vapeurs. Mais il n’était plus temps, la digue était rompue. On ne pouvait arrêter le fleuve qui devait à la fois nettoyer et fertiliser le monde. Erasme fut puissant comme instrument de Dieu : quand il cessa de l’être , il ne fut plus rien.

A la fin Erasme ne savait plus pour quel parti se déclarer. Aucun ne lui plaisait, et il les craignait tous. « Il est dangereux de parler, disait-il, et il est dangereux de se taire. » Dans tous les grands mouvements religieux, il y a des caractères indécis, respectables à quelques égards, mais qui nuisent à la vérité, et qui, en ne voulant déplaire à personne, déplaisent à tout le monde.

Tel fut Erasme. Il lui manqua cet affranchissement intérieur, qui rend véritablement libre. Second Curio, dans un de ses ouvrages, décrit deux cieux : le ciel papiste et le ciel chrétien. Il ne trouve Erasme ni dans l’un ni dans l’autre ; mais il le découvre se mouvant sans cesse entre deux dans des cercles sans fin. Après avoir cherché à opérer quelques réformes avec l’approbation des chefs de l’Eglise, après avoir abandonné la Réformation pour Rome, quand il vit que ces deux choses ne pouvaient marcher ensemble, il se perdit auprès de tous. Pauvre Erasme !

Les ennemis d’Erasme allèrent, ce nous semble, un peu au-delà de la vérité, quand ils s’écrièrent au moment où Luther parut : « Erasme a pondu l’œuf, et Luther l’a couvé. »

Tiré de Histoire de la Réformation, Tome 1, J-H Merle d’Aubigné : 1860


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 12 janvier 2008

Erasme (1)



Jeunesse

Né en 1469 à Gouda, dans les Pays-Bas, d’une union hors des liens du mariage, Erasme perdit son père et sa mère de bonne heure. Demeuré seul au monde, le jeune Erasme témoigna une vive aversion pour la vie monacale que ses tuteurs voulaient le contraindre à embrasser. Il lui préférait de loin l’étude des auteurs grecs. Fréquentant l’université de Paris, il sut bientôt trouver dans l’étude des anciens une justesse et une élégance de style qui le placèrent bien au-dessus de tout ce que la capitale comptait d’illustre. Il se mit donc à enseigner, publia quelques écrits et gagna bientôt des amis puissants.

Influence

Quelle a été son influence sur la Réformation ? Elle a été trop exaltée d’un côté, et trop dépréciée de l’autre. Erasme n’a jamais été et n’eût jamais pu être un réformateur ; mais il a préparé les voies à d’autres. Non seulement il répandit dans son siècle l’amour de la science et un esprit de recherche et d’examen qui en mena d’autres bien plus loin qu’il n’alla lui-même ; mais encore il sut, protégé par de grands prélats et par de puissants princes, dévoiler et combattre les vices de l’Eglise par les plus piquantes satires.

Erasme attaqua en effet de deux manières les moines et les abus. Il y eut d’abord de sa part une attaque populaire. Ce petit homme blond, dont les yeux bleus à demi fermés observaient finement tout ce qui se présentait à lui, versait partout de sa plume élégante et mordante des flots d’amertume contre la fausse dévotion et la fausse théologie de son siècle ; la raillerie était devenue sa disposition habituelle. Dans l’Eloge de la Folie, dont 27 éditions parurent au courant de sa vie et qui fut traduit dans toutes les langues, Erasme démontre que la Folie est reine de tous les empires, mais surtout des gens d’Eglise. La Folie d’Erasme ne se contente pas de ridiculiser les moines ou d’attaquer les évêques. Elle s’en prend au pape lui-même. « Y a-t-il, dit-elle, de plus redoutables ennemis de l’Eglise que ces pontifes impies, qui permettent par leur silence que l’on abolisse Jésus-Christ, qui le lient par leurs lois mercenaires, qui le falsifient par leurs interprétations forcées, et qui l’étranglent par leur vie empestée. »

A l’attaque populaire du sarcasme, Erasme joignit l’attaque de la science et de l’érudition. L’étude des lettres grecques et latines avait ouvert de nouvelles perspectives au génie moderne, qui commençait à se réveiller en Europe. Suivant le principe qu’en toutes choses c’est à la source qu’il faut remonter, Erasme demanda que l’on n’étudiât plus la théologie dans Scott et Thomas d’Aquin, mais qu’on allât, pour l’apprendre aux Pères de l’Eglise, et avant tout au Nouveau Testament. Il montra qu’il ne fallait même pas s’en tenir à la Vulgate qui fourmillait de fautes ; et il rendit à la vérité un service immense en publiant en 1546, à Bâle, son édition critique du texte grec du Nouveau Testament, texte aussi peu connu en Occident que s’il n’eût pas existé. « Je veux, dit Erasme, en publiant son Nouveau Testament, ramener à son origine ce froid disputeur de mots, que l’on appelle la Théologie. Plût à Dieu que cet ouvrage portât pour le christianisme autant de fruits qu’il m’a coûté de peine et d’applications. » L’effet de ses travaux surpassa ses intentions. Les théologiens purent dès lors lire la Parole de Dieu dans les langues originales (Reuchlin ayant fait la même œuvre qu’Erasme pour l’Ancien Testament quelques années plus tôt), et plus tard reconnaître la pureté de la doctrine des réformateurs. Reuchlin et Erasme rendirent ainsi la Bible aux savants ; il faudra attendre la venue de Luther pour la rendre au peuple.

Une œuvre prolifique

Erasme, par son œuvre, fit plus qu’il ne pensait. Car, en revenant à la Bible, il rappela ce qu’il y avait dans la Bible. « Le but le plus élevé du renouvellement des études philosophiques, dit-il, sera d’apprendre à connaître le simple et pur christianisme dans la Bible… Je suis fermement résolu à mourir sur l’étude de l’Ecriture : en elle est ma joie et ma paix… Le sommaire de toute la philosophie chrétienne se réduit à ceci : placer toute notre espérance en Dieu, qui, sans notre mérite, par grâce, nous donne tout par Jésus-Christ ; savoir que nous sommes rachetés par la mort de Son Fils ; mourir aux convoitises mondaines, et marcher d’une manière conforme à sa doctrine et à son exemple, non seulement sans nuire à personne, mais encore en faisant du bien à tous ; supporter patiemment l’épreuve dans l’espérance de la rémunération future; enfin, ne nous attribuer aucun honneur à cause de nos vertus, mais rendre grâce à Dieu pour toutes nos forces et toutes nos œuvres : voilà ce dont il faut pénétrer l’homme, jusqu’à ce que cela soit devenu pour lui une seconde nature. »

Les ouvrages d’Erasme se succédaient. Il travaillait sans cesse, et ses écrits étaient lus tels que sa plume venait de les tracer. Ce mouvement, cette vie native, cette intelligence riche, fine, spirituelle, hardie, qui, sans arrière-pensée, se versait à grands flots sur ses contemporains, entraînait et ravissait l’immense public, qui dévorait les ouvrages du philosophe de Rotterdam. Il devint bientôt l’homme le plus influent de la chrétienté, et de toute part on vit pleuvoir sur sa tête et les pensions et les couronnes.

Tiré de "Histoire de la Réformation" de J.H Merle d'Aubigné (1860)

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 5 janvier 2008

Dis merci !


MOT D'ORDRE 2008

En ce début d’année 2008, alors que le prix du baril de pétrole atteint les 100 dollars, que le coût des produits de base ne cesse d’augmenter et que bien d’autres inconnues risquent de grever encore davantage notre moral, quel mot d’ordre biblique conseiller ? Un mot d’ordre biblique à contre courant, qui tranche avec le pessimisme général (le moral des français vient encore de perdre 1%), qui fera de vous le plus singulier des non-conformistes : la reconnaissance (ou la gratitude) !

RACINES

Depuis longtemps, dit la Bible, la gratitude est aux abonnés absents du bottin du monde. Non pas que, d’elle-même, elle ait choisi de déserter la société humaine. Mais, tel Jonas jeté par-dessus bord du bateau où il logeait par les autres occupants, elle a quitté dès l’origine, avec le rejet de Celui qui en est la source, le grand vaisseau de l’humanité. « Ne reconnaissant plus Dieu pour ce qu’Il est, les hommes ont cessé de Lui rendre grâces, dit l’apôtre Paul. » La gratitude n’est pas séparable de l’idée de Dieu, et du fait que c’est à Lui, le Créateur, qu’en tant que créatures, nous devons tout ce que nous avons. La source oubliée, le fleuve de la vie sur la rive duquel s’épanouit le fruit de la gratitude, s’est desséché. La nature ayant horreur du vide, la grâce et la gratitude ont laissé la place à un ménage dont l’humanité ne cesse de subir depuis la mauvaise humeur permanente : Dame Ingratitude et Sieur Mécontentement. Un couple infernal dont le discours est toujours le même : « Rien n’est jamais assez ! Tout vous est dû ! Exigez toujours qu’on vous donne le meilleur ! Ne vous laissez jamais reprendre quoi que ce soit sans résistance ! » Connaissez-vous ce discours ?

RETOUR

Dans ses Mémoires écrits dans un souterrain, Dostoiewsky déclare : « Si l’homme n’est pas stupide, il est monstrueusement ingrat ! Prodigieusement ingrat ! En fait, je crois que la meilleurs définition qui convienne à l’homme est celle-ci : bipède ingrat ! » La définition de l’écrivain colle à la réalité. Ayant oublié Dieu, l’homme se retrouve ravalé au rang de l’animal. Il perd ce qui lui donne sa dignité et ne garde de l’humanité que les éléments qui le rendent pire que l’animal. L’homme a besoin de se souvenir qu’il n’est ni le centre, ni en lui-même le but de l’univers. Il a besoin d’un changement de mentalité qui ne peut s’effectuer que par le changement du point de gravitation autour duquel tournent ses pensées. Pour se faire, il doit redécouvrir :

1. la grâce :

De toutes les distorsions de la pensée humaine, c’est sans nul doute le fait de réfléchir en termes de droits et de dû qui est la plus grave. Cette mentalité est le contraire même du principe de la grâce, principe selon lequel Dieu nous a créé. Car, c’est un fait trop souvent oublié ou méconnu, Dieu ne nous a pas créé par besoin. Le Dieu qui existait de toute éternité se suffisait pleinement à Lui seul. Il ne souffrait ni d’aucun manque, ni d’aucun ennui. Aussi, c’est par désir unique de partager ce qu’Il avait en Lui-même qu’Il nous a fait. Gratuité et altruisme seuls étaient les motivations qui présidaient à son intention. C’est là ce que la Bible indique et signifie lorsqu’elle parle de grâce.

La découverte de la grâce commence et s’exprime toujours, chez celui qui en est l’objet, par la surprise et l’émerveillement, les premières émotions exprimées par l’homme Adam devant le cadeau que lui fait Dieu en Eve, la femme. Il est intéressant de noter ici que la première parole biblique attribuée à l’homme soit exprimée sous la forme d’un poème. Comme si, sous le charme de la grâce, du don de Dieu, il fallait user de la forme d’expression la plus gracieuse, la poésie, pour rendre grâces à Dieu. N’avons-nous pas ici même la naissance du chant par lequel, aujourd’hui encore, on cherche à célébrer ce qu’il y a de plus magnifique en Dieu et dans Ses œuvres ?

Mais cette grâce qui enchantait le monde à son origine a disparu. Elle nous est devenue si étrangère que, comme dans l’histoire de Narnia, le soleil et l’été ont fait place dans l’humanité au froid et à l’hiver. Engourdis, ankylosés dans leurs cœurs par un esprit de révolte, les hommes ne savent plus ce qu’est une joie durable, profonde, permanente. Les magnifiques cadeaux de la vie sont encore devant leurs yeux, mais ils ne les voient plus. Il ne faudra pas moins que l’intervention de Dieu Lui-même pour changer cet état de fait.

C’est sous les traits de l’homme Jésus que, après des siècles d’espérance, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, va se manifester. Par Lui, l’accès direct à la bonté gratuite et altruiste de Dieu nous est de nouveau possible. Sa première œuvre, son plus grand travail sera de parvenir d’abord à ouvrir nos yeux, à nous réveiller pour nous faire sortir de la fausse manière de penser héritée de nos pères à l’esprit enténébré. « Non ! Ce que vous vivez ne correspond pas à la vérité. Vous avez été séduits et trompés par un esprit de mensonge qui vous fait passer le bien pour le mal, et Dieu pour le diable. Le désir de Dieu est toujours le même : établir avec vous une relation personnelle intime, gratuite, altruiste. Et comme vous ne pouvez vous-mêmes payer le prix de votre rachat, Il vous offre par Moi, ma mort, mon sacrifice, la paix, le pardon et la réconciliation avec Lui. » Telle est la forme que prend Sa grâce pour nous aujourd’hui : une croix sur laquelle, le Fils de Dieu, mourant, expie nos fautes et nous assure la sécurité d’une vie éternelle dans la présence magnifique et sans fin de Dieu. Gratuité et altruisme, les deux caractères de la grâce, sont ici pleinement révélés.

2. le contentement

La grâce manifestée et retrouvée, elle ne peut qu’ être suivie des fruits du contentement. Alors qu’il a guéri 10 lépreux de leur lèpre, Jésus s’étonne qu’un seul d’entre eux, un samaritain et non un juif, revienne vers Lui pour lui rendre grâce. Rendre grâce est bien, en effet, l’expression qui convient le mieux. La reconnaissance, la gratitude ne sont que des retours, l’expression du remerciement du cœur de l’homme touché par la grâce. L’homme rend grâce. Il rend honneur à la grâce dont il a été l’objet. L’amertume a de nouveau fait place à la joie, et la tristesse à l’émerveillement. Dans la main de Dieu, l’homme gracié apprend à vivre le contentement. Il n’aura peut-être pas tout ce qu’il désire et souhaite dans cette vie. Il devra encore passer par bien des épreuves et des désillusions. Il subira peut-être comme les autres l’assaut de la maladie ou de la mort. Mais le soleil allumé au fond de lui par la présence de Christ ne s’éteindra pas. Au contraire, il brillera et apparaîtra dans toute sa force lorsque le jour de la vie sera parvenu à son plus grand déclin. Alors, aux sons des chants et des hymnes, une vie de plénitude d’où chagrin, pleurs, mort, deuil et tristesse seront à toujours bannis, commencera !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

mardi 1 janvier 2008

Bonne année 2008 !

BONNE ANNEE 2008

A TOUS MES LECTEURS

ET LECTRICES !






Enseigne-nous à bien compter nos jours afin que nous appliquions notre coeur à la sagesse : Psaume 90,12



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

mercredi 26 décembre 2007

Le Signe

Fais-moi un signe !

Alors que je n’avais que 15 ans, au temps de la pleine popularité de vedettes comme Sylvie Vartan, Claude François, Françoise Hardy ou Johnny Halliday, un chanteur, Gérard Palaprat, fit en France une courte percée dans le top 10 des stars du moment, avec quelques chansons à contenu plutôt spirituel. Parmi elles, un titre m’est resté gravé dans la mémoire. Ce titre « Fais-moi un signe" exprimait la difficulté que représente pour l’homme de savoir qui est Dieu, mais aussi la vérité selon laquelle Dieu ne peut être connu que dans la mesure où Il accepte de se révéler à nous. Ci-dessous les paroles du chant de Palaprat :

Je suis devant un mur blanc
Mais je sais que tu es présent
Alors fais-moi un signe
Apparais je t'attends.
Je ne te demande rien,
Rien qu'un seul geste de la main
Alors fais-moi un signe
Montre-moi le chemin.

Dis-moi seulement lève-toi
Et j'irai où tu me diras
Les pieds nus dans la neige
Fais-moi un signe...

Devant ce mur blanc de chaux
De tes yeux azur-indigo
Alors fais-moi un signe
Fais couler un ruisseau.
Ecris ton nom noir sur blanc
De ce bout de charbon brûlant
Alors fais-moi un signe
Je suis prêt maintenant.

Ca restera entre nous
Mais je n'aurai plus
Jamais froid
Les pieds nus dans la neige
Fais-moi un signe...

Qui que tu sois
Fais-moi un signe
Jésus, Bouddha
Fais-moi un signe
Rama, Krishna
Fais-moi un signe...

7 siècles avant Jésus…

7 siècles avant la naissance de Jésus. Nous sommes en Israël, dans le royaume de Juda, sous le règne du roi Achaz. Le moins qu’on puisse dire de lui est qu’Achaz ne brille pas par sa piété. Roi idolâtre, allant même jusqu’à offrir aux divinités qu’il adorait ses propres fils en sacrifice, Achaz eut un règne marqué par la peur et l’angoisse. De toutes parts, le pays est environné d’ennemis hostiles, prêts à se coaliser pour rayer Juda de la carte. A cette même époque vivait Esaïe, un prophète remarquable. Face à l’angoisse du roi et de toute la nation, l’Eternel l’envoya vers Achaz pour, d’une part, le rassurer et, d’autre part, l’éprouver. « Demande, dit Esaïe, à l’Eternel, ton Dieu, un signe en ta faveur ; demande-le, soit dans les lieux bas, soit dans les lieux élevés. » Feignant l’humilité, Achaz refuse. « Je ne demanderai rien, dit-il. Je ne tenterai pas l’Eternel. »

Achaz rejetant la perche tendue de Dieu, Esaïe lui fait une annonce d’une portée extraordinaire. Puisque Achaz ne veut pas demander de signe, « le Seigneur lui-même vous donnera un signe ; Voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous). » Esaïe l’annonce. Un jour, un fils d’homme va naître dans ce monde, un homme qui sera le Signe de Dieu. La première marque d’identification de cet homme est qu’il ne naîtra pas comme les autres hommes, par des voies naturelles. Il ne sera pas issu de l’union d’un homme et d’une femme, mais il naîtra d’une jeune fille vierge, autrement dit, directement de l’action miraculeuse de Dieu. C’est par cet homme, suggère la prophétie d’Esaïe dans son contexte, que sera mis fin à l’angoisse d’Israël. C’est de Lui que viendront sa sécurité et sa paix. C’est contre Lui que, tel un roc inébranlable, viendra s’écraser toute tentative et velléité des peuples de détruire Israël.

Une visite singulière

7 siècles plus tard, la prophétie d’Esaïe se réalise mot pour mot. Alors qu’elle est fiancée à un homme nommé Joseph, Marie, une jeune fille, descendante du roi David, reçoit une visite pour le moins singulière. Un ange glorieux lui apparaît pour lui faire l’annonce qu’elle est la jeune fille dont parlait le prophète Esaïe, choisie par Dieu pour donner naissance au Fils de Dieu. Marie est on ne peut plus troublée. Qui est-elle pour être l’objet d’un tel honneur ? Comment cela se pourrait-il alors qu’elle ne connaît pas d’homme ? Gabriel lui répond et la rassure. Ce n’est pas l’homme qui fait l’œuvre de Dieu, mais Dieu lui-même. Ce que Dieu dit, Il a aussi le pouvoir de l’accomplir. « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » Neuf mois plus tard, Marie va accoucher d’un garçon auquel le nom de Jésus sera donné.

Le Signe de Dieu

Jésus né, le thème du Signe ne cessera d’être présent dans tout l’Evangile. Le Signe a quelque chose de particulier. Il n’est ni une preuve absolue, ni une absence de preuves. Il se tient là entre les deux, donnant des indices à celui à qui le besoin d’évidences dans la foi s’impose, mais laissant la liberté de l’incrédulité à celui qui n’a pas envie de croire. Anticipant ce que sera la vie de l’enfant que Marie porte, Siméon, un vieux prophète lui dira : « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. » Cela n’allait pas faillir !

Signe = signature significative

Signe de Dieu parmi les hommes, toute la vie de Jésus va être marquée par de nombreux signes. Des signes qui seront la marque, la signature significative de Dieu sur sa vie. Il y d’abord, dit l’Evangile, le signe de l’eau changée en vin, le premier des signes que fit Jésus. Un signe qui révèle la capacité de Jésus de changer la nature des choses, signes qu’il manifestera par la suite, non plus sur de la matière morte, mais sur la plus difficile, celle qui offre la plus forte résistance, la matière vivante qu’est l’homme. Puis, d’autres signes se manifesteront : guérisons, multiplication des pains, marche sur l’eau, tempête apaisée, démoniaques libérés, morts ressuscités…

Alors qu’il se trouve en prison par la volonté du roi Hérode, Jean-Baptiste, le cousin et ami de Jésus, est pris de doute. Il envoie des messagers auprès de lui qui l’interrogent : « Es-tu celui qui doit venir (l’homme annoncé par Esaïe), ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus répondra aux envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! » Fidèle à sa vocation de signe, Jésus n’impose à personne de croire en Lui comme le Signe de Dieu. Il invite chacun, au regard de Sa vie et de Ses actes, à se forger sa propre conviction et à tirer Lui-même les conclusions qui s’imposent. Il y a en Jésus assez de lumière pour quiconque veut croire, mais aussi assez d’ombre pour celui qui refuse de croire.

Fais-nous des signes !

Tout au long de sa vie, Jésus a été confronté, de la part de ses adversaires, à une demande croissante de signes. Les religieux de l’époque, parmi les réfractaires à l’idée que Jésus soit le Signe de Dieu, lui demandèrent à plusieurs reprises : « Maître, nous voudrions te voir faire un signe. ». Puis, ce sera Hérode, au moment où Jésus comparaîtra enchaîné devant lui. Il l’interrogea en espérant que Jésus opère devant lui quelque signe. En vain. Puis, à la croix, Jésus fait l’objet d’insultes. Les passants, les brigands crucifiés avec lui et les principaux prêtres tiennent tous le même langage. Ils veulent encore et toujours que Jésus donne par des signes (descendre de la croix) la preuve de ce qu’Il est ! Jésus s’y refusera. Toute sa vie a été marquée par la signature de Dieu. Il va cependant, au terme de celle-ci, leur en donner la preuve ultime. « Une génération méchante et adultère demande un signe ; il ne lui sera donné d’autre signe que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. » La résurrection de Jésus, trois jours après sa crucifixion sera le Signe majeur attestant de la réalité de Son identité proclamée de Fils de Dieu.

Signe de quoi ?

L’enfant né dans une crèche, dont nous commémorons la venue à Noël, est le Signe de Dieu. S’il en est ainsi, de quoi est-Il le Signe ? Plusieurs réponses (auxquelles vous pouvez ajouter les vôtres) sont possibles :

1. C’est un signe d’humilité d’abord. Dieu aurait eu tous les droits légitimes de venir en Seigneur de l’univers et de s’imposer sans discussion à tous. Il paraît incognito, se rend vulnérable, se manifeste aux plus pauvres. Il choisit de ne rien devoir à personne ce qu’Il sera sur le plan humain. Le dépouillement sera une des marques permanentes de la vie de Jésus… jusqu’à la croix où il finira nu, exposé entre ciel et terre

2. C’est, de la part de Dieu, le signe d’une volonté forte de relation avec nous. Pour la comprendre, posons-nous la question de savoir si, par amour pour les cafards, nous serions prêts à être transformé en cafard ? Dieu veut qu’un lien, un pont soit construit entre Lui et l’humanité. Comme l’homme ne peut rejoindre Dieu, Dieu a décidé, en Jésus, de rejoindre l’homme.

3. C’est, de la part de Dieu, le signe d’une volonté forte de réconciliation avec nous. Depuis la chute, l’homme est en état de guerre contre Dieu. Travaillé par sa mauvaise conscience, il le craint, cherche à l’apaiser en faisant le bien, en le priant, en fabriquant, au travers des religions, des moyens multiples pour gagner sa faveur. En vain ! Le prix de la paix est trop élevé et l’homme beaucoup trop fluctuant dans ses dispositions pour que, partant de l’humanité, une solution satisfaisante soit trouvée. Celle-ci doit venir de Dieu. C’est le sens de la venue de Jésus par lequel, dit la Bible, nos péchés sont expiés et la paix avec Dieu offerte. « Il n’y a, dit l’apôtre Pierre, de salut en aucun autre que Jésus-Christ. Car il n’y a sous le ciel aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvé. »

Conclusion

Lorsque Jésus, le Signe de Dieu, est venu, il n’y avait pas de place pour l’accueillir. Il dut naître au milieu des animaux dans une étable. C’est dans votre cœur que Jésus désire aujourd’hui trouver sa place, la place centrale, la place de choix. Signe de Dieu, il veut faire de vous Ses témoins (ses signes) dans ce monde. Le voulez-vous ? Quant à toi, Gérard, tu peux cesser de chanter « Fais-moi un signe ! » : Il a déjà répondu !








Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus