samedi 28 avril 2007

Deux cousins !


Convergences entre science et christianisme

Depuis Darwin, le divorce entre la vision du monde prônée par une certaine science et celle donnée par la Bible et le christianisme apparaît comme inéluctable. De plus en plus de voix s’élèvent cependant pour dire que les divergences entre les deux visions ne sont qu’apparentes. Fondamentalement, il y a beaucoup plus de convergences entre l’approche scientifique et l’approche biblique en ce qui concerne la façon de comprendre la réalité que de divergences. Le livre de Jean Staune « Science et quête de sens » en rend en partie compte. Plus particulièrement, le chapitre écrit par Charles Townes, prix Nobel de physique en 1964 pour sa découverte du laser et du maser et professeur de physique à l’université de Californie à Berkeley, nous invite à considérer les deux domaines, non pas comme deux ennemis, mais comme deux cousins.

Le rôle commun de la foi

Le rôle essentiel de la foi en religion est si connu qu’il est souvent considéré comme la caractéristique qui distingue la religion de la science. Or la foi est également essentielle à la science, même si nous ne reconnaissons pas, dans le cadre de la science, sa nature et son utilité premières. Le scientifique a besoin de la foi lorsqu’il se met au travail, et d’une foi encore plus grande pour mener à bien ses travaux les plus difficiles. Pourquoi ? Parce qu’il doit personnellement s’engager à croire qu’il existe un ordre prévalant dans l’Univers et que l’esprit humain - et de fait son propre esprit -, est capable de comprendre cet ordre. Sans cette croyance, il n’y aurait aucun intérêt à essayer de comprendre un monde présumé désordonné et incompréhensible. Un tel monde nous ramènerait à l’époque de la superstition, lorsque l’homme pensait que des forces capricieuses manipulaient son univers. En fait, c’est grâce à cette croyance d’un monde compréhensible par l’homme qu’a pu s’effectuer le changement basique de l’âge de la superstition à l’âge de la science et qu’ont pu avoir lieu toutes les avancées scientifiques.

Un autre aspect de la foi scientifique est le postulat qu’il existe une réalité unique et objective partagée par tous. Cette réalité passe, bien entendu, par nos sens, ce qui peut occasionner des différences d’interprétation selon ce que chaque individu observe… La nécessité de la foi en science rappelle la description de la foi religieuse attribuée à Constantin : « Je crois afin de pouvoir connaître. » Mais cette foi est tellement ancrée dans le scientifique que l’on en oublie son existence.

Le rôle commun de la Révélation

Une autre idée répandue concernant la différence entre science et religion concerne leurs méthodes respectives de découverte. Les découvertes religieuses proviennent souvent de grandes révélations. Il est communément admis que la connaissance scientifique découle de la déduction logique ou de l’accumulation de données, analysées par des méthodes établies afin d’en tirer des généralisations que l’on appellera lois. Or une telle description de la découverte scientifique ne retranscrit pas la vérité. La plupart des grandes découvertes scientifiques se produisent fort différemment et sont plus proches de la révélation. En général, le terme n’est pas utilisé dans le domaine scientifique puisque nous avons l’habitude de l’utiliser dans le contexte religieux. Dans les cercles scientifiques, on parle d’intuition, de découvertes accidentelles ou encore d’une brillante idée que l’on a eue. Si l’on observe la façon dont les grandes idées scientifiques émergent, on s’aperçoit qu’elles ressemblent remarquablement à des révélations religieuses vues sous un angle non mystique. Pensez à Moïse dans le désert, perturbé et cherchant comment sauver les enfants d’Israël, lorsque soudain une révélation lui fut faite par un buisson de feu… De même le scientifique, après un travail acharné et un engagement intellectuel et émotionnel important, trouve subitement la solution. De telles idées surgissent plus souvent dans des moments de pause ou de contemplation qu’en travaillant.

La question des preuves

La notion selon laquelle les idées religieuses ne reposent que sur la foi et la révélation alors que la science réussit à avancer des preuves factuelles constitue une idée reçue de plus à propos de la différence existant entre science et religion. Dans cette perspective, les preuves confèrent aux idées scientifiques un caractère absolu et universel que les idées religieuses ne possèdent que dans les revendications des fidèles. La nature de la preuve scientifique est en fait relativement différente de ce que cette approche laisse supposer. Toute preuve mathématique ou logique inclut que l’on choisisse un ensemble de postulats, qui sont consistants entre eux et qui sont applicables dans une situation donnée.

Dans le cas de la science de la Nature, ils sont censés s’appliquer au monde qui nous entoure. Ensuite, sur la base de lois logiques sur lesquelles on se met d’accord et que l’on doit également admettre, on peut alors prouver les conséquences de ces postulats. Mais peut-on être sûr que ces postulats sont satisfaisants ?... Le mathématicien Gödel a montré que dans le domaine mathématique, il existait toujours des vérités mathématiques qui étaient fondamentalement indémontrables par la logique normale.

Un autre moyen de se convaincre de la validité d’un concept scientifique ou d’un postulat est de le mettre à l’épreuve de l’expérience, comme on le fait pour les sciences de la Nature. Nous imaginons des expériences visant à tester les hypothèses de travail et considérons comme correctes les lois et hypothèses qui semblent en accord avec nos résultats. De tels tests peuvent infirmer une hypothèse ou bien nous donner la confiance nécessaire en son exactitude et son applicabilité, mais jamais la prouver d’une manière absolue.

Les croyances religieuses peuvent-elles aussi être considérées comme des hypothèses de travail, testées et validées par l’expérience ? Certains trouveront cette vision séculière et répugnante. Quoi qu’il en soit, elle met à l’écart l’absolutisme en matière de religion. Mais je ne vois pas en quoi notre acceptation de la religion sur cette base peut être répréhensible. La validité des concepts religieux a été, au cours des âges, mise à l’épreuve par les sociétés et les expériences personnelles…. La science traite souvent de problèmes tellement simples et de situation tellement contrôlables en comparaison de ceux ayant cours en religion, que la différence quantitative concernant la manière dont on teste les hypothèses tend à cacher les similitudes logiques existantes.

Conclusion

Si la science et la religion sont largement similaires et nos pas arbitrairement confinées dans leurs domaines, elles devront à un moment ou à un autre converger clairement. Je pense que cette confluence est inévitable. Science et religion représentent toutes deux les efforts de l’homme qui cherche à comprendre son univers et doivent en fin de compte traiter de la même substance. Alors que nous progressons dans les deux domaines, ces derniers doivent évoluer ensemble.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 21 avril 2007

Dédé le Breton !


Enfance

C’est en février 1904 que le petit Théophile augmente d’une unité l’addition de la famille Badoual. Dans le petit village de Saint-Gouëno (Côte d’Armor), le père de Théo exerçe le métier de maréchal-ferrant et la mère, celui de couturière. Le couple tient un « cabaret-quincaillerie-mercerie ». L’univers familier de Théo dès son enfance est donc « le bistrot ». Dès qu’il est en âge de grimper sur les bancs et d’atteindre les verres des consommateurs, l’enfant s’habitue à en vider les restes au grand amusement des clients.

Les parents

Le dieu bouteille prit une place importante dans la vie de Pierre Badoual, père de Théo. Sa mère Adèle fit ce qu’elle put pour protéger ses enfants de ce père buveur. Mais avec le temps, les scènes de violence se firent de plus en plus fréquentes. Un jour, effrayée par la violence de son époux, elle lui jeta au visage un verre plein d’eau. Blême de colère, Pierre Badoual alla chercher un seau d’eau froide et le lança sur sa femme. Lasse, Adèle ne trouve pas la force de changer ses vêtements. Peu de temps après elle contracte une broncho-pneumonie dont elle ne se rétablira pas. Théo venait d’avoir 10 ans lorsque, le 17 février 1914, Adèle Badoual s’éteignit.

Descente aux enfers

6 mois après le père de Théo se remarie. Livré de plus en plus à lui-même, la vie de Théo Badoual va connaître une véritable descente aux enfers. Son premier emploi trouvé, il se met à boire et à fumer. Aidé par de mauvaises fréquentations, il commence ensuite à voler. A 18 ans, il s’engage pour 3 ans dans la marine. Là, ses penchants pour l’alcool et la bagarre ne font que s’amplifier. Il connaîtra dans ce cadre ses premières prisons. Revenu à la vie civile, Théo se plonge de plus en plus dans le milieu. Proxénète à l’âge de 22 ans, cambrioleur la nuit, Théo Badoual, plus connu sous le nom de Dédé le Breton, comptera, lorsque pour la dernière fois il sera arrêté, pas moins de 20 condamnations.

La relégation

A 39 ans, le tribunal le condamne à la relégation, peine s’appliquant aux récidivistes destinée à retirer de la société les individus moralement incurables. « La relégation, dit Théo, ce sera jusqu’à la fin grisaille de jours qui se ressemblent, des jours sans joie dans lesquels alterneront frustrations, sodomie, clans entre créatures vivant dans un univers fermé, violence et un cafard à rendre fou. Des jours ternes, infernaux où la pourriture de l’âme semblera avoir précédé celle du corps. » Quel espoir, quel avenir pour un homme condamné à perpétuité ?

1ère libération

Dans l’isolement de sa cellule, Théo s’interroge. S’il n’y a plus d’espoir du côté des hommes, peut-être y en a-t-il un du côté de Dieu ? Transféré à la prison de Riom, il se procure une Bible contre un paquet de cigarettes. Il y lit alors cette phrase du Christ dans le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui… » Touché, le cœur de Théo s’ouvre au pardon gratuit de Dieu offert par Jésus-Christ. C’est le commencement d’une vie nouvelle. Condamné à perpétuité, mais libéré des chaînes intérieures qui l’avaient lié jusqu’alors, Théo trouve dans sa prison la seule chose qu’il n’a jamais trouvé au-dehors : la paix de l’âme.

2ème libération

Le 20 juin 1940, les troupes allemandes déferlent sur Riom. Dans la prison, les vivres commencent à manquer. De 7O kg, Théo passe à 46. Plus d’une fois, Théo croit mourir. Mais chaque fois il se rétablit et réintègre l’atelier où il travaille exhortant ses compagnons de misère à se réconcilier avec Dieu. En 1947, Théo est avec d’autres transféré à la citadelle de Saint-Martin de Ré. Là, le changement de vie de Théo devient évident pour tous. Serviable, il refuse l’alcool, se détourne de l’immoralité et chaque jour lit sa Bible et prie devant tous. Examiné par la chambre des libertés conditionnelles, le dossier Badoual reçoit un avis favorable. Le 2 avril 1948, Théo est averti de sa libération prochaine. Le 1er janvier 1949, il sort pour toujours de la prison.

Deux fois gracié !

L’histoire de Théo ne s’arrête pas là. Aidé par des amis chrétiens, Théo peut, hors des murs de la prison, se reconstruire socialement. Il suit une formation en cuisine. Le 5 février 1953, un événement inattendu se produit. Vincent Auriol, président de la République, gracie Théo Badoual. Du jour au lendemain, son casier judiciaire redevient vierge. Ses 20 ans d’interdiction de séjour sur le territoire français et le régime de liberté conditionnelle sous lequel il vivait sont supprimés. Juridiquement et civilement, Théo redevient un citoyen libre. Lorsqu’il reçoit la nouvelle, ses collègues surpris lui disent : « Mais, Théo, tu ne sautes pas de joie ! » Ce à quoi, il répond : « Bien que je sois heureux, je suis libéré depuis longtemps par Christ. La grâce des hommes n’est rien en comparaison de la grâce de Dieu ! »

Tiré du livre : j’étais prisonnier… et Tu m’as visité : Editions Ouverture


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 14 avril 2007

Album de famille !


Cadeau surprise !


Il y a quelques semaines chaque habitant de Gauchy (02), la ville où j’habite, a eu la surprise de recevoir gratuitement un livre agrémenté de nombreuses photos retraçant l’histoire des 35 dernières années de la cité (1972-2007). Ce cadeau souvenir m’a inspiré la réflexion suivante, réflexion partagée à la population sous forme d’un bulletin intitulé « Grain de sel » distribué récemment dans la ville.

L’album de famille de Gauchy

Un album de famille est toujours un livre à part. Car, s’il n’évoque rien pour des étrangers, il est, pour ceux qu’il concerne, comme un livre de vie. Faisant resurgir de la mémoire des visages, des évènements, des faits parfois oubliés, il retrace la trame de l’histoire, notre histoire. Il nous rappelle que le présent n’est pas dû au hasard, mais aux choix pris dans le passé. Il souligne également que nous ne sommes pas passifs, mais pleinement acteurs de ce qui se passe et se déroule dans le temps. Antoine de Saint-Exupéry, cité dans l’album, a raison lorsqu’il dit : « Dans la vie, il n’y a pas de solutions ; il y a des forces en marche ; il faut les créer et les solutions suivent. »

Si l’album reçu peut être feuilleté avec intérêt par de nombreux curieux, il est surtout destiné à la famille gasiaquoise. Les auteurs l’ont voulu ainsi. Ils ont considéré que des liens particuliers unissent ceux qui, dans un même lieu, travaillent ensemble pour construire leur devenir communautaire. Le livre rend ainsi hommage, non seulement aux acteurs présents de la vie locale, mais, dans son introduction, à ceux qui nous ont quitté et qui ont contribué, chacun pour leur part, au visage du Gauchy d’aujourd’hui. On ne peut regretter qu’une chose : c’est que l’idée d’un tel album n’ait pas germé plus tôt, lorsque Gauchy n’était qu’au début de sa vie. Nous aurions alors eu un livre unique et remarquable. Un condensé certes, mais le compte-rendu total de l’histoire de la cité depuis sa genèse, son commencement.

L’album de famille de l’humanité

La genèse, le commencement ! C’est justement avec ces mots que débute un autre album de famille. Un album qui dépasse les frontières d’une cité, mais qui englobe tous les hommes et toutes les nations. Car, que nous le voulions ou non, nous faisons tous partie de la même famille, celle de l’espèce humaine. Nous devons tous notre existence à la même volonté : celle de Dieu, le Créateur. A l’heure de la mondialisation, nous devrions le comprendre. Des liens étroit nous unissent tous. Nous sommes tous issus du même sang et venons tous de la même famille humaine originelle.

Contrairement à l’album de famille de Gauchy, qui ne retrace que les 35 dernières années de l’histoire de la ville, l’album de famille de l’humanité, la Bible, retrace notre histoire à tous dès ses origines. Elle nous relate les grands drames qui sont la cause de l’état du monde actuel, le premier étant l’illusion qu’a l’homme de croire qu’il peut lui-même décider de ce qui est bien et mal pour sa propre vie. Elle nous raconte les initiatives prises par les premières générations d’hommes pour organiser leur vie sociale sans Dieu : l’idée de se regrouper dans des villes, la naissance des arts, de la science, de la culture du divertissement… mais aussi des armes de guerre. Elle nous parle très tôt de la volonté humaine de choisir d’autres cadres éthiques que ceux établis par Dieu : Lémek, fils de Caïn, le premier, devient polygame. Elle témoigne enfin de la rapidité avec laquelle le meurtre, l’intolérance, la soif de pouvoir et la violence vont remplir l’humanité. Au point où Dieu, par un déluge, décide une première fois, de rayer l’humanité de la carte.

L’album de famille de Dieu

La Bible n’est cependant pas que l’album de famille de l’humanité. Elle est aussi celui de Dieu. Si l’humanité, dès son commencement, part à la dérive, Dieu ne se résout pas à l’échec de Son projet avec elle. De plusieurs manières, Il choisit d’intervenir dans l’histoire. Il se révèle à des hommes, comme Moïse, à qui Il donne une loi, les dix commandements, véritable charte universelle du bien et du mal. Puis, de multiples manières, il se fait acteur et décideur du cours des choses, favorisant l’éclosion d’une civilisation et jugeant une autre.

Par Jésus-Christ enfin, Il décide de venir habiter parmi nous. Il entre physiquement dans la famille humaine, devient citoyen, comme nous, à part entière, de la terre. Là, il incarne alors ce qu’est l’homme, le vrai, le parfait, le juste, celui qu’aucun de nous n’arrive à être. En un temps record (à peine 3 ans), il pose pour des siècles les bases d’une pensée, d’une éthique qui vont façonner la manière de penser et de vivre de nations entières jusqu’à nos jours. Puis, Il va opérer l’acte unique, le plus impensable qui se soit produit pour l’humanité : opérer la réconciliation des hommes avec Dieu en acceptant, par la mort, de subir le jugement dû à leurs égarements.

L’album de ta vie

Dans l’album de ma vie personnelle, il y a clairement deux époques. La première retrace les années où je vivais pour moi-même, mes désirs, mes idées. Peu de vraie joie, beaucoup de vanités, de souffrances, de frustrations, de colère, de mauvaise conscience… Et puis, il y a une seconde partie. Elle n’est pas parfaite, mais témoigne cependant d’un changement d’orientation radicale. Elle y parle de moments de joie et de paix inconnus jusqu’alors, de satisfaction, de réconciliation, de pardon. Elle ouvre un chapitre nouveau : celui d’une espérance sans fin où la mort même doit rendre les armes, s’incliner. Ce chapitre, cette seconde partie a commencé pour moi le jour où j’ai consciemment, volontairement, confié les rênes de ma vie à Jésus-Christ. Depuis, elle ne m’appartient plus. Elle n’est plus liée à ce que je suis seulement, mais à ce qu’Il est.

Et ta vie ? Quel message les pages de l’album qui la constituent, communique-t-il ? Et surtout où se termine-t-il ? Jésus l’affirme : Celui qui croit en Moi vivra, même s’Il meurt ! Aujourd’hui, choisis la Vie !


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 7 avril 2007

Pâques : Victoire !



Le goût de la victoire

Alors que nous sommes pratiquement à un mois du second tour des présidentielles, une question pressante fait l’objet de toutes les réflexions et de toutes les analyses des journalistes : qui, des 12 candidats, va entrer à l’Elysée et remporter la victoire ? Bien sûr, il apparaît déjà clairement que tous n’ont pas la même chance d’arriver au but. Ceux, par exemple, qui sont en politique depuis très longtemps, ont, sur le plan des probabilités, beaucoup plus de chances de parvenir à la victoire que les nouveaux. Il apparaît d’autre part que, depuis longtemps, certains d’entre eux se préparent en vue de cet objectif. Se présenter à la présidentielle n’est pas pour eux une opportunité du moment : c’est pratiquement le but et le combat de toute leur vie.

De même que le 6 mai sera pour un(e) candidat(e) à la présidentielle, le jour de la victoire, (et en même temps celle de tous ceux qui l’auront soutenu) Pâques est pour nous, chrétiens, comme pour Jésus, le Christ, le jour de la victoire. Cette victoire n’est cependant due en rien au hasard. Elle est également un aboutissement : celui d’un parcours qui, du ciel, va conduire d’abord le Christ sur la terre, puis sur la croix, puis dans le tombeau, pour enfin le ramener à Son point de départ, différent quoique pourtant toujours le même.

Rétrospective sur le parcours du Christ de Sa venue ici-bas jusqu’à la victoire !

Les étapes de la victoire :

1ère étape : l’Ancien Testament : la victoire prédite

C’est dans la genèse, le 1er livre de la Bible et dans le contexte de la chute, de la rupture et de la séparation de l’homme avec Dieu que l’on trouve formulée, pour la 1ère fois, la promesse de la victoire : Genèse 3,14-15. Ici, annonce est faite clairement au serpent, premier responsable de la chute que la victoire qu’il a remporté n’est que ponctuelle et non définitive. Quelqu’un va venir, un fils de la femme (femme à travers laquelle il a réussi a entraîné toute l’humanité dans le péché), par lequel l’humanité asservie sera libérée et le serpent définitivement vaincu. Le combat, précise la prophétie, ne se fera pas sans dommage pour le Sauveur futur de l’humanité. Il se fera au prix de la morsure du serpent à son talon : annonce qui parle déjà du venin du péché par lequel Jésus Lui-même connaîtra la mort.

2ème étape : l’entrée dans le ministère : la victoire amorcée :

Dès le début de Son ministère, Jésus affirme clairement quel est le but et l’objectif de Sa venue : Luc 4,16 à 19. Il est venu, dira encore Luc plus tard, pour chercher et sauver ce qui était perdu : Luc 19,10 ou, dira Jean, pour détruire les œuvres du diable : 1 Jean 3,8. Tous les miracles, toutes les œuvres, tous les prodiges accomplis par Jésus durant sa vie terrestre sont des témoignages de la venue dans le monde de Celui dont la victoire, depuis la genèse, est prédite sur le mal. C’est pourquoi l’annonce des anges aux bergers la nuit de Noël est si précise et si pleine de joie : Luc 1,10-12. « Au fur et à mesure que Son royaume avance, celui de Satan recule : des démons sont chassés, des malades guéris, et la nature même reconnaît en Christ son Seigneur » : John Stott



3ème étape : la mort sur la croix : la victoire remportée :

Contrairement au candidat à la présidentielle, c’est le jour où Jésus paraît le plus battu qu’il est, selon l’Ecriture, le plus fort et qu’Il gagne. Car, à aucun moment, même celui où Il meurt, Jésus n’est la victime de la volonté des autres. C’est volontairement, dit-Il qu’Il donne Sa vie. Personne ne la lui ôte : Jean 10,17-18. Il aurait pu, s’Il l’avait voulu, faire appel au jardin de Gethsémané à Son Père qui aurait, sur le champ, envoyé des myriades d’anges pour le sortir du mauvais pas dans lequel Il se trouvait : Matthieu 26,53. Mais Il ne l’a ni voulu, ni fait. Il savait, comme Il l’a annoncé maintes fois à Ses disciples qu’il devait mourir ainsi et Il le choisit : Matthieu 16,21

Ce faisant, expliquera l’apôtre Paul plus tard, Jésus nous a acquis par Sa mort deux choses :
- le pardon de nos offenses : la justification : Colossiens 2,14
- la délivrance de la puissance des ténèbres : Colosiens 2,15 ; Hébreux 2,14
De ce point de vue, écrira Peter O’Brien, la croix constitue à la fois un échafaud et un char impérial.

4ème étape : la résurrection : la victoire validée

Il est impossible dans les Evangiles de séparer la mort et la résurrection de Jésus. Car la mort de Christ n’aurait aucune puissance, ni de valeur de salut, si elle n’avait pas été validée par la résurrection : cf 1 Corinthiens 15,12 à 19. C’est, plus que Ses miracles, Sa résurrection, dit Paul, qui atteste que Jésus est bien le Fils de Dieu : Romains 1,7. La résurrection, dit Pierre à la Pentecôte, est le signe que Dieu justifie ce Jésus que les hommes avaient rejeté : Actes 2,29 à 36.

« On ne peut être sauvé du péché sans qu’il y ait un Sauveur vivant : c’est ce qui explique l’accent mis par les apôtres sur la résurrection. Mais le Vivant ne peut être un sauveur qu’en raison de sa mort : d’où l’accent mis sur la croix » : James Denney.

La résurrection, dit Paul, ne fait pas cependant que valider le salut que Jésus-Christ nous a obtenu par Sa mort. Elle établit le Christ, en tant qu’homme ressuscité, comme Juge futur des vivants et des morts : Actes 17,30-31 ; Jean 5, 21 à 23

5ème étape : l’Eglise : la victoire proclamée et étendue

La victoire remportée et validée, il reste à l’annoncer et la proclamer au monde entier. C’est l’ordre, qu’avant de repartir pour le ciel, Jésus, va donner à ses disciples : Matthieu 28,18 à 20 : un ordre de mission qui est encore le nôtre aujourd’hui. Depuis le premier jour jusqu’à aujourd’hui, l’Evangile n’a cessé, malgré les résistances, les persécutions, les oppositions physiques, philosophiques, religieuses au cours des siècles, de gagner de nouveaux terrains : Colossiens 1,6. Il ne cessera d’en être ainsi, dit l’Ecriture, jusqu’à la fin du monde, le but final étant que de toutes les nations, toutes les races, toutes les langues, des rachetés du Christ se tiennent devant Son trône : Apocalypse 5,9-10.

Aussi, rappelons-nous que se convertir au Christ, ce n’est pas simplement changer d’idée, de système de penser ou de religion, c’est passer d’un royaume à l’autre, des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu : Actes 26,18

6ème étape : le retour du Christ : la victoire consommée

Alors que le temps actuel est le temps de la patience et de la grâce de Dieu, viendra le temps où le Christ entrera effectivement dans Son règne. En ce jour, tout genou fléchira devant Lui et toute langue confessera que Jésus est Seigneur : Philippiens 2,9 à 11. Le diable sera jeté dans l’étang de feu et de souffre, où le rejoindront la mort et le séjour des morts : Apocalypse 20,10 à 14. après quoi, lorsque toute principauté, tout pouvoir et toute puissance seront abolis, le Fils remettra le royaume à Son Père, et Dieu sera tout en tous : 1 Corinthiens 15,24 à 28.
Conclusion :

4 questions posées par l'apôtre Paul au nom de tous ceux qui croient au Christ-Jésus pour leur salut : Romains 8,31 à 39

Si Dieu est pour nous, qui pourra être contre nous : v 31
. l’Incarnation de Christ y répond : le don par Dieu de Son Fils montre qu’Il ne nous refusera rien, mais qu’Il est prêt, dans Sa grâce, à répondre à tous nos besoins : v 32

Qui peut encore se tenir devant le tribunal de Dieu pour nous accuser : v 33
. l’Expiation du Fils de Dieu y répond : par Lui, c’est Dieu Lui-même, le Juge, qui devient notre Sauveur, nous créditant d’une justice parfaite que nous étions incapables de produire par nos œuvres : v 34

Qui peut encore nous condamner : v 34
. La Résurrection du Christ y répond. Depuis qu’Il est remonté auprès du Père, le Fils est notre avocat face à toutes les accusations que notre conscience ou l’ennemi de nos âmes pourraient formuler contre nous à cause de nos péchés : 1 Jean 2,1-2; 3,20

Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Les pires épreuves ou circonstances ? v 35 et 36
. la Royauté de Christ y répond. Depuis que le Christ est assis à la droite de Dieu, tous Ses ennemis sont sous Ses pieds : Hébreux 1,13; 10,13. Ni la mort, ni la vie, ni aucune puissance, ni aucun gouffre ne peut couper le lien de l’amour qui nous rattache au Christ ressucité et glorifié!

OUI! LA VICTOIRE DE JESUS, LE CHRIST EST COMPLETE ET PARFAITE : PERSONNE DANS L'HISTOIRE NE PEUT Y AJOUTER OU Y RETRANCHER QUOI QUE CE SOIT!


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

lundi 2 avril 2007

Recto/Verso


Mais où est donc Jean-Paul II ?


Alors que, suite à la guérison constatée de Soeur Marie Simon-Pierre due selon elle, à la prière de Jean-Paul II, le pape Benoit XVI s'apprête à canoniser son prédecesseur, il serait bon, Bible en main, que l'on s'interroge sur ce qu'il est advenu du célèbre pape, une fois les portes de l'au-delà franchies. Pour se faire, laissons la parole au pasteur Gérard Dagon qui, sous la forme d'une fiction, nous donne une idée de la surprise qu'a pu être pour Jean-Paul II sa rencontre avec Dieu. Fiction ou réalité : à vous de juger !


Le samedi 2 avril 2005 dans la soirée, le pape Jean-Paul II frappe à la porte du ciel.
Après quelques instants, la porte s'ouvre.
Première surprise et grande déception. Ce n'est pas Saint-Pierre, ni la Vierge (blanche ou noire), mais le Christ lui-même qui ouvre la porte. Rien d'étonnant, puisqu'il a affirmé : « Je suis la Porte. » (Jean 10.9)

– Bonjour Seigneur. Je suis le pape Jean-Paul II, le Saint-Père, et je viens ...

– Excuse-moi de te couper, tu dis être le pape, le Saint-Père, mais as-tu oublié ce que je disais quand j'étais sur la terre « N'appelez personne sur la terre votre Père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux » (Matthieu 23.9) ? Ce sont les hommes qui t'ont donné ce titre, mais à mes yeux, c'est sans importance !

– Tu oublies, Seigneur, que je suis ton vicaire ...

– Comment ? Un vicaire remplace un absent. Je ne suis jamais absent, en plus je vous ai envoyé le Saint-Esprit. Je ne vous ai jamais laissés orphelins ! (Jean 14.18)

– Pourtant, Seigneur, des milliers de personnes se sont prosternées devant moi ...

– Et tu as laissé faire ? Ne sais-tu plus que lorsque quelqu'un voulait se prosterner devant celui que tu considères comme le premier pape, celui-ci s'est opposé : « Lève-toi, moi aussi je ne suis qu'un homme ! » (Actes 10.26)

– Seigneur, tu sembles oublier tout ce que j'ai fait pour toi. J'ai fait plus de cent voyages sur les cinq continents, j'ai publié quatorze encycliques, j'ai ...

– Je suis encore une fois obligé de t'interrompre. As-tu lu Luc 17.10 qui parle des serviteurs inutiles ? Je trouve que ta théologie n'est vraiment pas en accord avec les Ecritures. Ecoute moi bien. « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est pas par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie » (Ephésiens 2.8-9) Attention, ne te glorifie pas !

– Et pourtant, Seigneur, je pensais bien faire.

– Tu sais, tes voyages coûtaient cher. Mes déplacements l'étaient beaucoup moins. Je me contentais d'un âne, une 2CV t'aurait suffi. Si je me souviens bien, ton dernier voyage en France est revenu à 5.120.000 francs, ce n'était pas encore le temps de l'euro, tu peux toujours diviser par 6,55957...

– Seigneur, il faut que tu me laisses entrer dans ton ciel, car des millions de personnes prient pour le salut de mon âme.

– Si ce n'était pas trop sérieux, je trouve ton argument ridicule. N'es-tu pas sûr de ton salut ? En plus, et écoute bien cela, dès que tu as rendu l'âme, ma décision à ton sujet est faite, dans ma sainteté, ma justice et mon amour, et des millions de prières ne peuvent modifier la juste décision de Dieu.

– Il me semble, Seigneur, que tu connais la Bible un peu mieux que moi. C'est vrai, j'ai lu tellement d'ouvrages théologiques de notre Eglise et j'ai sans doute négligé ta Parole. Mais quand même Seigneur, je suis le chef d'une importante Eglise, je suis le pasteur des pasteurs, en plus ...

– Halte Jean-Paul, là encore je suis obligé de te reprendre. Celui que tu considères comme le premier pape et que tu devrais imiter, s'est simplement nommé ancien comme les autres (1 Pierre 5.1)

– Et puis, quelque chose qui doit te faire plaisir. J'ai lutté de toute mon énergie pour le rapprochement des religions. Souviens-toi d'Assise. Que c'était beau de voir des catholiques, des orthodoxes, des anglicans, des protestants, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des hindouistes, des baha'is et d'autres prier ensemble ...

– Prier qui, prier quoi, prier comment ? Sais-tu, Jean-Paul, que j'ai en horreur de tels rassemblements. Je suis vraiment peiné de voir que tu ne connais pas des paroles solennelles que j'ai dites : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6) D'ailleurs ton premier pape affirme la même chose. Il n'y a de salut qu'en Jésus. (Actes 4.12)

– Ne te souviens-tu plus, Seigneur, que tu as dit un jour à Pierre : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise » ?

– Ce jeu de mots « Pierre et pierre » n'existe qu'en français. Je parlais araméen, et là j'ai bien fait la différence entre l'homme Pierre et cette confession magistrale « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». C'est sur cette confession, ce Roc, que moi – et pas toi – je bâtirai mon Eglise.

– Moi, le pape, je suis le successeur de Pierre.

– Pierre n'a pas de successeur. En plus tu t'appelles Jean-Paul et pas Pierre.

– Désolé, Seigneur, tous nos théologiens justifient la papauté par ce verset.

– Voyons, Jean-Paul, on dirait que tu fais partie d'une secte, en sortant des versets hors de leur contexte. Lis la suite en Matthieu 16.23 « Arrière de moi, Satan ! Tu m'es en scandale; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. » Un beau compliment pour le début de la papauté.

– Tu sembles oublier une autre de tes paroles, Seigneur. Dans Jean 21.15-18, tu as bien confié à Pierre l'ensemble des chrétiens.

– C'est vrai, Pierre avait un rôle dans la jeune Eglise. Il devait, durant quelques années, veiller sur les nouveaux convertis, mais rien de plus. Je te rappelle une nouvelle fois que j'ai donné cet ordre à Pierre et à personne d'autre.

– Seigneur, j'ai oublié de te dire que je suis également un souverain politique. Je suis à la tête de la Cité du Vatican.

– Pauvre Jean-Paul, tu as oublié une fois de plus mes paroles « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu 22.21) Ne vois-tu pas que le pouvoir spirituel n'a rien à voir avec le pouvoir temporel. Je l'ai pourtant précisé clairement : « Mon royaume n'est pas de ce monde » (Jean 18.36)

– C'est quand même beau le Vatican, ses bâtiments somptueux, ses milliers de cierges allumées, ses vitraux, tout cet or ...

– Là encore, tu n'as rien de commun avec ton premier pape qui n'avait ni argent, ni or. (Actes 3.6)

– Seigneur, tu ne peux quand même pas mettre en doute ma grande piété. Partout où je suis allé, je me suis respectueusement prosterné devant les statues de la Vierge.

– N'as-tu pas appris, Jean-Paul, quand tu faisais ton catéchisme en Pologne, les dix commandements ? Par exemple : « Tu ne te feras pas d'image taillée et tu ne te prosternas pas devant elle (Exode 20.4-5)

– Mais Seigneur, c'étaient des statues de ta mère, de la Vierge, notre médiatrice ...

– La médiatrice, ça existe en géométrie, mais pas en théologie, encore moins en théologie biblique (1 Timothée 2.5)

– Je te répète, Seigneur, c'étaient des statues de la Sainte Vierge ...

– Non, ma mère ne veut pas être représentée. D'ailleurs, tu ne sais pas si elle était grande ou petite, blonde ou noire. En plus, après ma conception miraculeuse et ma naissance, elle a épousé Joseph et j'ai eu au moins six demi-frères et demi-soeurs. Quelle belle famille ! Quelle bénédiction de Dieu ! (Matthieu 13.55-56)

– Je vais quand même demander à la Vierge de m'ouvrir la porte du ciel.

– Désolé Jean-Paul, c'est moi qui ouvre la porte, et personne ne fermera, qui fermera et personne n'ouvrira (Apocalypse 3.7)

– Ta mère se laissera fléchir et j'irai quand même au ciel, j'ai toujours vénéré ses statues.

– Non Jean-Paul, je suis obligé d'être parfaitement juste et d'appliquer ma parole qui affirme solennellement : « Dehors les idolâtres ! » (Apocalypse 22.15)

– Je te prie donc, Seigneur, d'envoyer quelqu'un au Vatican pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.

– Ils ont l'Evangile, qu'ils le lisent, qu'ils le méditent et qu'ils abandonnent toutes les traditions humaines (Luc 16.27-31)

PS
– Tu vois, Seigneur, depuis que je suis mort, tout le monde dit du bien de moi.

– « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c'est ainsi qu'agissaient leurs pères à l'égard des faux prophètes ! » (Luc 6.26)

– As-tu vu l'enterrement grandiose qu'on célébrait pour moi ?

– « Laisse les morts ensevelir leurs morts ! » (Matthieu 8.22)



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

lundi 26 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Actes 4


Le protestantisme (suite)

Le protestantisme, soulignons-le, n’a jamais eu comme but au départ de former une Eglise concurrente à l’église catholique. Tous les réformateurs, malgré leurs discours vigoureux, gardaient l’espoir de réformer l’Eglise et de redonner à la Bible sa place centrale dans la foi. C’est le refus obstiné des autorités ecclésiastiques, soucieuses de conserver leurs privilèges et leur pouvoir sur les âmes qui consommèrent la rupture. Nous pouvons nous poser la question de ce que serait devenu le christianisme sans ces mouvements permanents de protestation qui mirent l’Ecriture Sainte à la portée de tous.

Le protestantisme sur le plan politique et social est le mouvement qui a le plus contribué aux libertés dont nous jouissons encore aujourd’hui. Défenseur dès avant l’heure de la séparation des pouvoirs spirituels et temporels (de l’Eglise et de l’Etat), il est porteur en son sein de la liberté de conscience et de pensée propre à chaque individu. Son fractionnement en multiples branches qui, de l’extérieur, peut paraître regrettable, témoigne de la liberté d’interprétation des textes qui l’anime. De la liberté d’interprétation est née la liberté d’action qui donna naissance à de nombreux mouvements de charité et de contestation pacifiques :

- abolition de l’esclavage (William Wilberforce)
- Armée du salut (William Booth),
- orphelinats (Georges Mûller), Croix Rouge (Henri Dunant),
- égalité des races (Matin Luther King).

Si les œuvres du croyant ne sauraient suffire pour lui assurer son salut, elles témoignent par contre de l’amour qu’Il a reçu du Christ et qui le porte à aimer son prochain. L’évangélisation, la mise à la portée de tout homme du message de l’Evangile reste la priorité des mouvements missionnaires protestants et évangéliques aujourd’hui dans le monde (Société Biblique, Ligue pour la lecture de la Bible, Mission Wyclif pour la traduction de la Bible…).

4ème période : 1792 à nos jours : l’Eglise missionnaire

Les traductions et l’impression de la Bible en langue populaire ne cessant de grandir, de nombreux réveils spirituels se produisirent un peu partout en Europe et propulsèrent l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre, accomplissant ainsi l’ordre dernier du Christ à Ses disciples :

Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du saint-Esprit, et enseignez-leur tout ce que je vous ai prescrit.

On estime aujourd’hui que seulement 3 % des hommes de la planète n’ont pas la possibilité de lire la Bible dans leur propre langue. Après l’Europe et l’Amérique, l’Afrique et l’Asie sont aujourd’hui les continents où l’Evangile progresse le plus vite.

Conclusion :

1. La norme de l’Eglise, c’est la Bible
2. Dans la Bible, nous ne trouvons que des églises de professants (de personnes qui adhèrent avec leur cœur au Christ et le reconnaissent comme leur Sauveur)
3. Les églises de multitude sont liées au système constantinien (à l’empereur Constantin qui voulut imposer le christianisme comme la religion de l’empire)
4. L’ère de la chrétienté est révolue : finie l’adhésion au christianisme par contrainte
5. Les églises restées fidèles au système multitudiniste ne peuvent qu’aller de crise en crise
6. C’est au travers des églises de professants qu’au cours des siècles le flambeau de l’Evangile s’est transmis de générations en générations
7. A l’aube du XXIème siècle, l’Eglise se retrouve dans les conditions semblables à celles du 1er siècle, c’est-à-dire face à une population et une civilisation non-chrétienne
8. L’Eglise ne disparaîtra jamais de ce monde… tant que le Christ ne reviendra pas pour chercher les Siens
9. Plus le temps avancera, plus se fera la distinction entre les vrais et les faux croyants, entre les chrétiens de nom et ceux de cœur, entre la fausse église que la Bible appelle "la grande prostituée" et l'Eglise véritable, l'Epouse du Christ.

Jésus préférait de beaucoup un petit noyau d’hommes affermis dans la foi, et résolus d’accepter les renoncements qu’elle impose, à ces multitudes dont le lien avec Lui n’était qu’apparent : Frédéric Godet


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

mardi 20 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Acte 3




3ème période : L’Eglise en crise : la Réforme

1) les précurseurs :

Pendant 12 siècles, l’Eglise catholique connaît des heurs et des malheurs nombreux. Rome est la capitale chrétienne du monde connu et régente plusieurs royaumes au monde. Sa puissance est énorme et son hégémonie incontestable. Une succession de papes scandaleux suscite une importante vague d’indignation (on parle au Xème siècle de « pornocratie » pour décrire l’état de la chrétienté). Mais, solidement ancrée dans de puissantes familles d’Europe, l’administration romaine ne chancelle pas. Il faudra la convergence de plusieurs évènements historiques pour entraîner un mouvement qui allait redonner au christianisme primitif ses lettres de noblesse. 3 hommes sont reconnus comme les précurseurs principaux de la Réforme :

a) Pierre Valdo :

Riche marchand de Lyon, il découvre la Bible et se convertit de façon radicale à Jésus-Christ en 1175. Dès lors, il partage ses biens et se consacre à la traduction de la Bible en français. Il finance des copies et se fait prédicateur pèlerin. Il rassemble des disciples dans un large mouvement appelé vaudois. Il est excommunié lors du concile de Vérone en 1184.

b) John Wyclif :

C’est un théologien enseignant à Oxford. En 1370, il développe ses idées selon lesquelles Dieu exerce directement, sans l’intermédiaire du pape, son droit éminent sur la terre. Les rois ont des comptes à rendre à Dieu et non au pape. L’Eglise ne peut être pour lui un royaume ou un système de ce monde. Elle est invisible « dans les cœurs des chrétiens en état de grâce. » Bien avant Luther, il s’indigne contre le trafic des indulgences qui permet de monnayer sa place au ciel. Pour lui, le péché est payé au travers de l’expiation du Christ, et seul Dieu pardonne. Après sa mort naturelle, le pape Martin V condamnera les écrits de Wyclif le déclarant hérétique et fera exhumer en 1428 ses ossements pour les brûler.

c) Jan Hus :

Admirateur de Wyclif, il travaille à réformer l’Eglise catholique en restaurant l’esprit évangélique chez les chrétiens. Ordonné prêtre en 1400, il est un brillant prédicateur qui attire des foules. Il dénonce la richesse corrompue de l’Eglise qu’il oppose à la pauvreté du Christ. Pour lui, l’Evangile est la seule règle infaillible et suffisante de la foi. Il entreprend de traduire la Bible en tchèque pour que chacun ait accès au texte sacré. Cité à comparaître devant le concile de Constance, il est arrêté dès son arrivée, emprisonné puis torturé. Refusant de renoncer à ses idées, il est finalement brûlé vif en 1415. Ses cendres sont jetées dans le Rhin.

2) les deux grandes figures de la Réforme :

Les 3 idées majeures des précurseurs : traduire la Bible en langue vulgaire, minimiser le pouvoir clérical, retourner à la simplicité évangélique, vont trouver d’autres lieux et d’autres hommes pour les porter.

a) Martin Luther : 1483 –1546

Issu d’une famille modeste du milieu paysan, Martin Luther connaît une enfance rude et tumultueuse. Studieux, il sait ce qu’est l’effort et la valeur du travail pour arriver à la réussite. Un jour, surpris par un orage très violent, il fait vœu à Dieu de Le servir s’Il le protège. Après l’orage, Luther tient parole et se fait moine dans l’ordre mendiant des ermites de Saint-Augustin (1505). La règle est sévère et le jeune homme s’y plie. Pour combattre ses instincts et ses pulsions d’homme, il se mortifie. A 24 ans, il célèbre sa première messe et à 29 ans il devient docteur en théologie dans l’université de Wittenberg.

La crise de Luther vient au moment où il enseigne à ses étudiants l’épître de Saint Paul aux romains. Taraudé par la réalité du péché et de sa nature mauvaise malgré les privations, jeûnes, mortifications, prières qu’il s’impose, il trouve la réponse à son angoisse en Romains 3,21 à 24 : Dieu rend gratuitement les hommes justes à Ses yeux par la foi en Jésus-Christ ! Luther délivré va redonner vie à cette vérité centrale de l’Evangile longtemps mise sous le boisseau : le salut n’est pas une question de mérite du chrétien, mais un geste gratuit offert par Dieu à quiconque reconnaît en Jésus-Christ son Sauveur qualifié.

Mais l’inutilité des œuvres du croyant pour son salut est un message que l’Eglise ne veut pas entendre. Tout son pouvoir est édifié sur les actions des croyants dont elle bénéficie et sur les dons qu’elle réclame aux fidèles pour leur salut. Justement en 1517, une nouvelle campagne de vente de lettres d’indulgence est organisée par le pape dans tous les pays d’Europe pour collecter des fonds. Le moine Tetzel, envoyé du Vatican, arrive en Allemagne. Il spolie les plus pauvres sous prétexte que l’argent donné peut faire sortir plus vite les âmes emprisonnées au purgatoire (qui bibliquement n’existe pas). Scandalisé, Luther affiche sur la porte du château de Wittenberg le 31 Octobre 1517 ses 95 thèses sur les vertus des indulgences et se lance dans une discussion publique à ce sujet.

Ces thèses font l’effet d’une bombe ! L’affichage a eu lieu la veille de la Toussaint, jour où le duc de Wittenberg expose des reliques qu peuvent aussi accorder des indulgences à ceux qui viennent les voir. Deux camps se forment : un pour le pape, l’autre pour les idées de Luther. Convoqué par le pape, sommé de se rétracter, Luther dira : « Je suis dominé par les Saintes Ecritures et ma conscience est liée par la Parole de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il est dangereux d’agir contre sa conscience. » Luther brûle à l’entrée de la ville la bulle papale qui l’excommunie. Enlevé par l’électeur de Saxe pour le protéger, il va développer et répandre de plus en plus ses idées grâce notamment à l’imprimerie qui vient juste d’être découverte. Il enseigne :
- l’intelligibilité immédiate de la Bible pour les cœurs bien disposés et le droit d’interprétation pour tout chrétien
- le caractère invisible de l’Eglise véritable ; elle ne peut être un système de pouvoir politique du monde
- la fausseté du célibat des prêtres (imposé en 1074 pour des raisons financières). Luther se mariera avec Catherine von Bora, ex sœur d’un couvent.
- L’abolition des sacrements. La Cène est commémorative.
- L’autorité unique de la Bible en matière de foi. (Sola scriptura)

b) Jean Calvin : 1509 – 1564

Né à Noyon en Picardie, Calvin fait déjà partie de la 2ème génération du protestantisme. Il adhère aux idées de la Réforme avec beaucoup d’autres étudiants très cultivés. Evangéliste et communicateur hors pair, Calvin a le don inné de rendre claire les vérités théologiques les plus difficiles. Sa formation de juriste sera des plus adaptées pour plaider la vérité biblique. Il rédige pour son ami Nicolas Cop, recteur d’université à la Sorbonne, un discours audacieux qui l’oblige à quitter Paris pour se réfugier à Bâle.

De 1535 à 1559, il rédigera l’Institution chrétienne, l’œuvre magistrale de sa vie qu’il dédie à François 1er. Pressé par Guillaume Farel de venir à Genève, il y restera 20 ans pendant lesquels il va fonder la réforme calviniste. Sa doctrine s’attache à la Bible seule, révélation de Dieu écrite. Il insiste sur la grâce de Dieu et sur le fait que tout chrétien peut avoir maintenant l’assurance de son salut. Il abolit la hiérarchie épiscopale. L’église est administrée par un conseil d’anciens. Il retire du calendrier les fêtes catholiques pour ne garder que les célébrations véritablement chrétiennes : Noël, Pâques, Pentecôte et le dimanche. Il écrira de multiples commentaires sur le Nouveau Testament et sur certains livres de l’Ancien. Il meurt épuisé par le travail à 55 ans, sans laisser d’héritier ni fortune personnelle. Nul ne sait où il est enterré.

3) les conséquences de la Réforme :

La Réforme ne divise pas seulement la chrétienté en deux camps, mais également les nations européennes jusqu’alors toutes catholiques. L’Allemagne, l’Ecosse, la Suisse, l’Angleterre, les pays scandinaves, une partie de l’Europe centrale et de la noblesse française se démarquent de plus en plus de l’autorité souveraine de Rome. Paul III convoque un concile à Trente en Italie du Nord. Le pape est prêt d’entreprendre une réforme de la discipline et des mœurs au sein de l’église. Mais le concile refuse de revenir sur la doctrine de l’Eglise catholique. Il interdit la lecture de la Bible en langue vulgaire, proclame le principe de la justification par les œuvres, confirme la doctrine du purgatoire, le culte des saints, des images et des reliques, sans oublier l’usage des indulgences. Le pape se proclame autorité ultime en matière de foi et de décision sur l’Eglise. Ce sera le début des guerres de religion, marquées en France par l’affreux massacre de la nuit de la Saint-Barthélémy, les dragonnades, les tribunaux de l’Inquisition, l’assassinat de Henri IV et la Révocation de l’Edit de Nantes. Les temples sont détruits, le culte protestant interdit. Les protestants s’exilent, sont envoyés aux galères ou en prisons. Des milliers fuient vers la Hollande, l’Angleterre, la Suisse et l’Allemagne provoquant la plus grande saignée intellectuelle et économique de l’histoire de la France (on estime que 48% de la population était alors protestante).

La radicalisation de l’Eglise catholique va avoir une autre conséquence fâcheuse pour le protestantisme de Luther. Le triomphe politique de ses idées va le pousser à maintenir le principe de l’union de l’Eglise et de l’Etat comme moyen approprié de convertir ou punir ceux qui refusent la nouvelle autorité ecclésiastique. Luther revient dans sa vieillesse sur plusieurs positions prises au début de la Réforme. Il conserve le principe de la régénération par le baptême des enfants, dispensant les âmes de la nécessité de la foi individuelle. L’église de professants redevient de plus en plus une église de multitude, ce qui va provoquer la montée en puissance d’un nouveau mouvement : les anabaptistes, ancêtres des évangéliques.

4) La Réforme dite dissidente :

Des compagnons de la 1ère heure des réformateurs en Suisse conçurent le plan de fonder une église totalement séparée de l’Etat. Ils s’opposent par conséquent au baptême des enfants et rebaptisent leurs adhérents à l’âge adulte, en pleine connaissance de cause (d’où leur nom anabaptistes ou rebaptiseurs). Persécutés à la fois par les catholiques et les protestants, ils se multiplient pourtant en Suisse, Allemagne et en Bohëme. Leur théologien le plus célèbre à l’époque sera Menno Simmons, ancien prêtre converti. Ils forment, avec les luthériens et les réformés calvinistes, la 3ème composante du protestantisme et celle qui se développe le plus rapidement aujourd’hui.



L'hérétique n'est pas celui qui se sépare de l'Eglise établie, mais celui qui s'écarte de l'Evangile : Jean Calvin, réformateur français picard

Bibliographie : ouvrages consultés
- Oui, nous sommes protestants : Eric denimal : Presses du Chatelet
- Précis de l'histoire de l'Eglise : Jules-Marcel Nicole : Institut Biblique de Nogent
- L'Eglise ignorée : E.H Broadbent : Collection Chrétien d'or



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mardi 13 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : Actes 2



2ème période : l’Eglise dominatrice : 313 à 1517

Jusqu’en 313, l’Eglise a quelquefois été tolérée tacitement, mais elle était toujours menacée de persécutions, et souvent persécutée. L’hostilité entre elle et le monde était visible. Dès 313, les persécutions cessent. L’Eglise sera favorisée par l’Etat, puis unie à ce dernier. Jusqu’en 313, l’Eglise se composait d’adhérents librement convaincus. Dès 313, l’Eglise étant unie à l’Etat, on aura tout avantage à entrer dans l’Eglise. Bientôt, il sera même dangereux de ne pas en faire partie. Aussi l’Eglise cesse d’être une église de professants, et devient une église de multitude. Du même coup, les erreurs et les pratiques dangereuses de l’époque précédente s’accentuent et se développent.

Ainsi, bien que les points principaux de la doctrine chrétienne au sujet du Christ sont maintenus au milieu de controverses incessantes par des hommes d’exceptionnelles qualités (Saint-Augustin, Jérôme, Athanase, Basile le Grand…), la lumière du simple Evangile est de plus en plus obscurcie :


- de nombreuses idées des cultes païens envahissent l’Eglise : pèlerinages, processions, reliques, culte païen de la Mère et de l’enfant (en Baylonie Sémiramis et son fils Nimrod ; en Inde, Isi et son fils Iswara ; en Egypte, Isis et son fils Osiris ; en Asie mineure, Cybèle et son fils Decius, en Grèce, Irène et son fils Plutus ; à Rome, Fortune et son fils Jupiter Puer), etc


- l’autorité de la Bible est obscurcie par celle de l’Eglise. Bientôt les fidèles n’ont plus accès au texte sacré. Seul le clergé possède la connaissance juste. On enseigne alors que « hors de l’église catholique, il n’y a pas de salut. » La confession de ses péchés aux prêtres remplace la confession directe à Dieu.


- la doctrine de la grâce obtenue par la foi seule est obscurcie par la notion du mérite des œuvres et de la valeur des sacrements


- la notion de la médiation unique du Christ-Jésus pour arriver à Dieu est obscurcie par le culte des saints.


- la spiritualité chrétienne personnelle est obscurcie par une liturgie et un faste de plus en plus pompeux


- partout la moralité baisse et les ambitions personnelles et la soif de pouvoir priment.

C’est l’époque de l’essor de la papauté à laquelle Saint-Augustin lui-même, considéré comme le père de l’église catholique, cherchera à mettre un frein : « Emportons du milieu de nous, dira-t-il, tous nos papiers et tous nos livres et que le livre de Dieu seul s’avance. Quelqu’un me demandera-t-il : Pourquoi ? Parce que je ne veux pas que l’on prouve quoi que ce soit par des documents humains, mais par des oracles de Dieu. Il ne faut pas penser comme les évêques catholiques s’ils pensent quelque chose qui soit contraire aux Ecritures canoniques de Dieu. »



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mercredi 7 mars 2007

Brève histoire de l'Eglise : acte 1


1ère Période : L’Eglise persécutée : de 30 à 313

1) L’Eglise primitive :

C’est l’Eglise née à la Pentecôte, constituée de tous ceux qui, après avoir cru en Jésus comme leur Sauveur personnel devant Dieu, ont reçu le Saint-Esprit. Son message est simple et on le retrouve présent dans tous les discours des apôtres dans les Actes.


"Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié : Actes 2,36
Le salut ne se trouve en aucun autre que Jésus-Christ, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes par lequel nous devions être sauvés : Actes 4,12
Tous les prophètes Lui rendent ce témoignage : quiconque met sa foi en Lui reçoit par son nom le pardon des péchés Actes 10,43 »

Pour les premiers chrétiens, il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme, celui qui est à la fois Dieu et homme, Jésus-Christ. Le moyen de salut est lui aussi unique. Il est un don que Dieu fait gratuitement à chacun par Jésus-Christ. Il ne peut être ni gagné, ni mérité, mais reçu uniquement au moyen de la foi.

La procédure pour entrer dans l’Eglise est toujours la même. Il y a :


- la prédication qui suscite la foi : Romains 10,17 : la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole du Christ. La foi est la réponse personnelle de l’homme à l’offre d’amour et de grâce que Dieu lui fait en Jésus-Christ. Elle inclut la repentance, qui est le fait de se détourner de son ancienne vie sans Dieu et de se tourner vers le Christ pour vivre une vie nouvelle.
- l’Esprit-Saint est donné à chaque croyant en retour de la foi : Actes 10,44. Pierre était encore en train de parler quand l’Esprit-Saint tomba sur tous ceux qui écoutaient la Parole (ce qu’on appelle la nouvelle naissance : Jean 3,3)
- Les nouveaux croyants sont baptisés au nom de Jésus-Christ (ou de la Trinité), en guise de témoignage et d’affirmation de leur foi. Actes 10,47 : Peut-on refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit-Saint comme nous ?

Il est à noter ici
- que jamais une seule fois la Bible ne mentionne un baptême pour des nourrissons ou des enfants qui ne sont pas en âge de saisir les réalités spirituelles qu’il signifie.
- que jamais une seule fois le baptême ne précède la compréhension des vérités qui suscitent la foi.

L’organisation de l’église est des plus simples. Elle s’organise :


- dans les maisons des particuliers : Romains 16,5 : saluez l’église qui est dans leur maison. L’église est l’assemblée des fidèles, pas un bâtiment.
- Localement : il n’y a aucune centralisation. Les assemblées entretiennent des liens fraternels de solidarité et d’échange de serviteurs de Dieu, mais ont leur autonomie propre : Colossiens 4,16 ; 2 Corinthiens 8,1
- Elles fonctionnent sous la direction d’anciens (évêques), choisis par les fidèles pour leurs qualités spirituelles et morales, obligatoirement mariés et pères de famille : 1 Timothée 3,1 à 7, par l’exercice de ministères reconnus par tous : Ephésiens,11 ouverts, pour certains, aux femmes : diaconesses, prophétesses… Romains 16,1 ; Actes 21,9
- La Cène, repas commémoratif de la mort de Jésus, est prise lors de repas fraternels d’abord chaque fois que les croyants se retrouvent, puis tous les dimanches.

C’est ce modèle que les églises évangéliques d’aujourd’hui veulent suivre.

P.S : C’est à Antioche que, comme un sobriquet, on donnera pour la 1ère fois aux disciples du Christ le nom de chrétiens : Actes 11,26

Combats :

Dès l’origine du christianisme et alors même que les apôtres de Jésus sont toujours là, apparaissent déjà les premières hérésies : fausses idées sur le Christ (Sa Personne, Sa résurrection, l’époque de Son retour glorieux…) auxquelles s’ajoutent des luttes de personnes (exemple : 3 Jean v 9 et 10) et de nombreuses situations de désordre moral. Elles susciteront de la part des apôtres une abondante correspondance vers les églises locales nouvellement implantées dont les textes majeurs ont été retenus dans le canon de l’Ecriture et forment le Nouveau testament.

2) L’Eglise des martyrs :

Alors que l’Eglise ne cesse de se développer sous l’impulsion des missionnaires et des témoins du Christ, 10 empereurs romains au moins persécuteront les chrétiens et les livreront à la mort. Les martyrs sont nombreux, mais comme le dira Tertullien : notre sang est une semence de chrétiens. Ailleurs encore il écrira : « Nous ne sommes que d’hier, et nous remplissons tout, vos villes, vos îles, vos châteaux, vos bourgades, vos conseils, vos camps, vos tribus, vos décuries, le palais, le sénat, le forum : nous ne vous laissons que vos temples. »

Le II et le IIIème siècle voient la naissance de plusieurs tendances qui se confirmeront par la suite et formeront ce que l’on pourrait appeler le catholicisme primitif :
- renforcement du rôle de l’évêque de Rome
- naissance du clergé cultivé et enseignant en opposition avec la masse inculte des fidèles
- vénération de Marie
- baptême des enfants

Il y a dès lors dans l’Eglise deux réalités d’autorité qui cohabiteront :
- l’attachement exclusif à ce que le Christ et les apôtres ont dit
- et ce qui n’a pas été dit par le Christ et les apôtres mais ajouté par la suite et que l’on consignera plus tard sous l’appellation « Tradition ».
Avec l’inévitable question qui s’ensuit : quelle autorité finale va décider de ce qui doit être cru : la Bible, Parole de Dieu seule et suffisante, ou la Parole revue et interprétée par la tradition ?



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samedi 3 mars 2007

Terminus brutal



C’est arrivé il y a deux semaines ! Un copain de mon fils ! Il était jeune, à peine plus de 20 ans. Un bel avenir s’ouvrait devant lui : il allait être ingénieur. C’était un vrai boute-en-train. La journée était radieuse. Une sortie à la neige avec les copains était prévue…Fin de journée ! Un hélicoptère est appelé d’urgence ! Toute la bande est en bas des pistes… sauf un ! La nouvelle tombe. Une mauvaise chute… presque banale… mais mortelle. Cris, larmes, douleur, chagrin inconsolable. C’est la fin ! Déjà…si tôt ! Pourquoi ?

« Le temps de notre vie ? C’est 70 ans au mieux : 80 pour les plus vigoureux ; et leur agitation n’est que peine et misère. Car le temps passe vite et nous nous envolons », dit la Bible.
[1] Vers où, vers quoi ? « Les âmes en allées, où s’en vont-elles ? » chantait Gilbert Bécaud. Question solennelle à laquelle beaucoup ne préfère pas penser ! Et pourtant ! Nous la quitterons tous, la terre…Tôt ou tard, nous ne les verrons plus nos amis, nos parents, les vivants.... Que restera-t-il ?


Notre âme ! Car la mort n’est pas la fin ! C’est un détachement, une séparation. Jésus l’affirme : l’homme à plaindre est celui qui n’est riche que pour lui-même. L’homme heureux est celui qui est riche pour Dieu.[2] Riche pour Dieu ? Comment ? Que puis-je lui apporter ? Rien ! C’est Lui qui, par Jésus-Christ, offre tout : vie éternelle, accès à Son royaume. Pour vous aussi, le compte à rebours a commencé. Il est encore temps de vous préparer !




[1] Psaume 90,12
[2] Luc 12,21



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