samedi 5 avril 2008

Avis de tempête (suite)


LA TEMPETE…

Le pressentiment de Paul ne tarda pas à se vérifier dans les faits. A peine le large gagné, un vent de tempête puissant se leva entraînant rapidement le bateau à la dérive. Le savoir-faire, toute l’expérience des marins s’avéreront vains, inutiles. Les forces supérieures de la nature rendent tout effort de contrôle de la situation impossible. Plus de gouvernant pour tenir d’une main ferme la barre du gouvernail.

Economique…

Beaucoup de spécialistes le pressentent. Le monde entre dans une période de fortes turbulences. Economiques tout d’abord avec un pouvoir d’achat qui ne cesse de diminuer. Parlant des fléaux qui déferleront successivement sur la terre dans la période finale de l’histoire, Jean, un disciple de Jésus, partage dans le livre de l’Apocalypse l’une des nombreuses visions qu’il eut :

Quand il ouvrit le troisième sceau, j’entendis la voix du troisième être vivant dire : Viens ! Alors je vis un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance à la main. Et j’entendis une voix au milieu des quatre êtres vivants ; elle disait : Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d’orge pour un denier. Quant à l’huile et au vin, ne leur fais pas de mal.

Jean nous parle ici d’un fléau qui touche au commerce mondial (ce que la balance symbolise). Ce fléau se manifestera par une augmentation affolante des prix des denrées de base (blé, orge), tandis que les produits de luxe (huile, vin) ne seront pas atteints. De nombreux consommateurs s’étonnent à juste raison du décalage existant entre leur pouvoir d’achat et les statistiques officielles de l’INSEE sur le sujet. L’écart tient au fait que l’Institut donne un chiffre qui englobe les prix de tous les produits mis en vente sur le marché. Mais, si nous achetons pain, lait, pâtes, et fruits pour nous nourrir tous les jours, nous savons tous que c’est rarement que nous nous équipons en matériel High Tech dernier cri. Le constat de la montée des prix de consommation courante face aux produits de luxe en devient presque choquant. Un exemple : l’ordinateur sur lequel j’écris ce texte m’a coûté, il y a deux semaines, deux pleins d’essence…

Menaces mondiales…

La tempête économique n’est qu’une partie des turbulences qui vont secouer le monde dans les temps à venir. Jean fait suivre le 3ème cavalier d’un 4ème porteur de mort et de destruction pour un quart des habitants de la terre. Jésus parle d’un temps d’angoisse des nations tel qu’elles ne sauront plus que faire au bruit de la mer et des flots, les humains rendant l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra pour la terre habitée[1].

Il n’est pas dans l’intérêt d’un homme politique d’avouer qu’il est dépassé par la situation, que le bateau qu’il mène devient incontrôlable ou que la situation de l’humanité ressemble à celle du rafiot dans lequel se trouve Paul, livré à des forces destructrices ingérables. Mais des signes manifestes d’impuissance apparaissent de plus en plus. Les caisses sont vides… Le spectre d’une inflation mondiale se lève… La Bourse ne tient plus en place...De nouvelles menaces apparaissent : Chine, Russie, Islamisme… Et Dieu dans tout cela ?

SIMILITUDE PROPHETIQUE

Sept siècles avant Jésus vivait le prophète Esaïe. C'était alors le temps du roi Ozias, un temps de prospérité. Esaïe sentait cependant que derrière le calme apparent une tempête se levait. Il voyait la société qui l'entourait plongée dans l'orgueil, la vanité, l'idolâtrie et l'occultisme. Aussi, annonça-t-il par avance le jugement qui allait frapper la nation :

Le Seigneur, l'Éternel des armées, va ôter de Jérusalem et de Juda tout appui et toute ressource, toute ressource de pain et toute ressource d'eau,
Le héros et l'homme de guerre, le juge et le prophète, le devin et l'ancien,
Le chef de cinquante et le magistrat, le conseiller, l'artisan distingué et l'habile enchanteur.
Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs, et des enfants domineront sur eux.
Il y aura réciprocité d'oppression parmi le peuple; l'un opprimera l'autre, chacun son prochain; le jeune homme attaquera le vieillard, et l'homme de rien celui qui est honoré.
On ira jusqu'à saisir son frère dans la maison paternelle: Tu as un habit, sois notre chef! Prends ces ruines sous ta main! -
Ce jour-là même il répondra: Je ne saurais être un médecin, Et dans ma maison il n'y a ni pain ni vêtement; Ne m'établissez pas chef du peuple!
[3]

Si l’objectif du Seigneur par le jugement est de sanctionner les attitudes des hommes à Son égard (orgueil, idolâtrie), le chemin pour y parvenir passe souvent par les aspects concrets de leur vie. Dieu sait en effet que tant que nous ne sommes pas touchés au point sensible de nos vies, les paroles, les avertissements, les menaces qu’Il nous fait n’ont ou n’auront que très peu d’impact. Derrière l’arrogance de notre façade ou de celle des systèmes que les hommes se sont construits, Dieu sait où se trouvent les points de vulnérabilité par lesquels Il peut les atteindre et, quelque part, leur faire mal.


C’est pourquoi, en annonçant ce qui va se produire pour Jérusalem et Juda, Esaïe identifie les objets qui, concrètement, vont être les premières cibles que les traits du jugement de Dieu vont atteindre. L’Eternel, dit Esaïe, va ôter de Juda les ressources de pain et d’eau, puis renverser tous les hommes qui occupent au sein de la nation les postes d’autorité et de référence. Il va en quelque sorte agir sur le système, le mettre sens dessus dessous pour qu’il s’effondre. Ce bouleversement sera tel que, même en le cherchant, on ne trouvera plus personne qui se porte volontaire pour mener le peuple. La vulgarité triomphant, la nation sera devenue ingouvernable.

Ce que Juda et Jérusalem vivent ici n’est-il pas le chemin, la voie dans laquelle bientôt le monde va se trouver ? Nous le voyons ici décrit : lorsque le chaos s’installe dans une nation, le peuple est prêt à placer n’importe qui à sa tête pour le gouverner et lui apporter un semblant de sécurité. C’est le chaos économique et politique qui va placer la Bête, l’Antichrist à la tête du monde ! Malheur à lui en ce jour !

LE SILENCE DE DIEU


11 versets dans le récit du livre des Actes séparent le premier moment où Paul prend la parole du second. 11 versets de silence. Il nous rappelle le fait que lorsque Dieu parle, et qu’Il n’est pas écouté, Il n’insiste pas. Il n’en a d’ailleurs pas besoin car les faits suffiront à démontrer par la suite qu’Il avait raison. Ce que Dieu dit est toujours en accord avec la Réalité. La parole de Dieu est la Réalité dite d’avance, pour que nous la prenions en compte et que nous ajustions notre comportement à ce qu’elle annonce. Mais que nous le fassions ou pas, la Réalité s’accomplira. En feront les frais ceux qui n’auront pas voulu l’écouter. Vous auriez dû m’obéir… sera la première parole de Paul, après que la tempête lui ait donné raison. C’est ce que nous devrions aussi toujours faire.

Depuis des siècles, la Parole de Dieu est annoncée. Elle nous avertit et nous annonce très clairement que notre monde court à sa perte et que la tempête du jugement va s’abattre sur le système qui le préside. En vain ou presque ! La Parole de Dieu est bonne pour les gens faibles : elle leur donne au moins quelque chose à quoi s’accrocher. Mais l’homme moderne sait ! Il est allé sur la lune ! Par la science et la technologie, il maîtrise le monde. Dieu, Lui, ne dit rien. Il attend car, dès le début, Il voit où la chose va mener. La Parole avertit, mais, si elle n’est pas écoutée, elle n’est pas pour autant caduque ou sans force. Le temps vient où les faits vont donner raison à la Parole qui, tout à coup, va se révéler être d’une étonnante actualité et autorité…

Avec une promesse pour celui qui, dès l’origine l’a retenu : parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre.[2]




[1] Luc 21,25-26
[2] Apocalypse, chapitre 3, verset 8

[3] Esaïe 3,1 à 7



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 29 mars 2008

Croisière agitée...

ZONE DE CONFORT

Qui de nous, soyons honnête, aime à vivre dans l’incertain, l’inconnu, le dangereux ? Nous affectionnons tous nous mouvoir dans notre zone de confort ! Nous nous sentons tous à l’aise dans l’univers sécurisé de notre vie, là où se trouvent nos points de repères habituels, là où tout ce qui nous entoure nous est familier. Mais que survienne tout à coup un évènement qui bouscule, perturbe, affecte cette sécurité, ou que, brusquement, nous soyons projetés dans un contexte hostile, nous faisons vite l’expérience de notre fragilité, de notre vulnérabilité, du fait qu’il faut parfois bien peu de choses pour que, de la paix que procure la sécurité, nous tombions vite dans la panique, voire la terreur qu’inspire l’inconnu et le fait d’être livré sans défense à l’arbitraire…

Y a-t-il quelque part un Rocher sur lequel nos pieds puissent se poser sans crainte qu’il ne nous fasse défaut ? Y a-t-il une ancre à laquelle notre âme puisse s’arrimer qu’aucune espèce de tempête n’a le pouvoir de détacher ? Un récit de la Bible y répond. A la fois expérience vécue et parabole de l’histoire du monde comme de chaque vie, il nous enseigne où, comment, à quel moment on découvre si, oui ou non, le fondement sur lequel repose notre sécurité est vrai, solide, invulnérable ou pas. Focus sur un voyage agité, vécu il y a près de 2 000 ans par 276 personnes qui auraient pu périr corps et biens, mais qui, toutes, s’en sont finalement sorties, corps et âme.

EN ROUTE POUR ROME…

La scène se passe sur la Méditerranée, au début de ce qu’on peut appeler pour les marins, la mauvaise saison : saison des tempêtes, de caprices météorologiques imprévisibles, chaotiques… Embarqué dans le voyage pour des raisons d’ordre pénal, se trouve, au milieu de nombreux autres prisonniers et membre d’équipage, Paul, un serviteur de Dieu et du nouveau Messie, dont le message se heurte partout à une forte opposition : Jésus-Christ. Pressentant de manière intuitive et inspirée le danger auquel ils allaient tous être exposés si le bateau poursuivait sa route, Paul avertit le centurion à la garde de qui il était confié. Mais qui est-il ce Paul pour dire à des marins expérimentés ce qu’ils doivent faire. ? A-t-il seulement quelques notions de navigation ? Des tempêtes et des grains, ils en ont déjà affrontés ! Ce n’est pas aux novices de dire à ceux qui ont l’expérience et le savoir-faire ce qu’il convient ou non d’effectuer.

Nous sommes tous, que nous le voulions ou non, embarqués dans ce monde dans le même bateau ! Certes, dans la croisière de la vie, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. La condition des uns diffère fortement de celle des autres. Il y a ceux qui, comme le capitaine et le timonier de notre histoire sont au commandement du vaisseau. Ce sont ceux qui, hommes politiques, penseurs, philosophes, donnent le ton, décident des orientations qui engagent les nations, l’humanité, dans les directions qu’ils estiment les meilleures. Ces hommes, comme le dit notre texte auquel se réfère notre récit[1], se croient maîtres de leur dessein. Ils ont l’expérience, le savoir-faire, la maîtrise des choses. Bref ! Ils connaissent leur sujet ! Qui sommes-nous pour leur dire que les orientations qu'ils prennent les mènent à la catastrophe ?

Il n' y a cependant pas que les hommes politiques qui se conduisent comme des capitaines de vaisseau sûrs de leur affaire. En fait, quiconque exerce une responsabilité, qu'elle soit simplement familiale ou professionnele peut agir de la sorte. Chaque responsabilité comporte en elle-même une dose de pouvoir, pouvoir sur des vies, pouvoir sur les autres. Le chef de l'Etat emmène dans la barque qu'il conduit toute la nation de laquelle il est la tête. Si nous voulons voir à quoi ressemble une dictature, et les effets qu'elle a sur le peuple sur lequel elle s'exerce, nous pouvons jeter un coup d'oeil sur la Corée du Nord. Nous aurons ici la démonstration grandeur nature du malheur dans lequel peut être plongé un peuple à la tête duquel se trouve un capitaine fou. Sommes-nous conscients cependant que, nous aussi, père, mère, chef de famille, chef d'entreprise, chef de service... nous pouvons exercer sur les autres un pouvoir pour leur bonheur ou leur malheur ?

Le capitaine et le timonier se croyaient maîtres de leurs desseins. Dès le début cependant, une voix se fait entendre. Elle les avertit ! Ces hommes si sûrs d'eux n'ont pas la sagesse infuse. Ils peuvent se tromper. La voix n'est pas la voix d'un connaisseur en navigation, mais c'est la voix d'un homme inspiré, un homme qui entretient avec le Tout-Puissant des relations étroites. Il ne pratique peut-être pas le métier de marin, mais il connaît intimement le Grand Capitaine de l'Univers, Celui qui dirige la course des astres, des galaxies et des comètes. Il a accès à une science cachée aux yeux des humains qui n'ont que la lumière de leur propre raisonnement et expérience pour se former un jugement.

Comment sommes-nous dans la vie ? Plutôt des gens sûrs d'eux-mêmes, imbus de leurs opinions ? Sommes-nous accessibles à des avis divergents des nôtres? Pensons-nous tout savoir ? Quelqu'un peut-il nous dire quelque chose sur nous-mêmes, nous désapprouver, mettre en doute nos soi-disant certitudes ? Soyons conscient qu'il existe au-delà de nous une sagesse et une connaissance qui nous sont supérieures. Cette sagesse nous a été communiquée au travers d'hommes inspirés, comme Paul. Ces hommes n'étaient pas plus que nous. Mais ils ont côtoyé de près le Tout-Puissant, le Grand Capitaine. Certains même ont voyagé physiquement dans la vie avec Lui, lorsque sous les traits de l'homme Jésus, Il a marché sur terre. Plutôt que de nous fier à nous-mêmes, à n'écouter que ce qui nous convient, nous ferions mieux, pour la sécurité de notre voyage, prêter une oreille attentive à leurs avertissements. Ne dit-on pas : A bon entendeur, salut ?

2 sagesses :

Sagesse de Dieu ou sagesse humaine ? Laquelle est sagesse, laquelle est folie ? Laquelle dans le temps va s’avérer exact, conforme à la réalité ? Laquelle faudra-t-il suivre pour, finalement, être sauvé ? La suite de l’histoire, la semaine prochaine, va nous le démontrer !

[1] La Bible : livre des Actes des apôtres, chapitre 27


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 22 mars 2008

Réincarnation ou Résurrection

LA REINCARNA-TION, COTE ORIENT

En Orient, la réincarnation n’est pas considérée comme une chance, mais comme une souffrance. Que ce soit pour les hindous ou pour les bouddhistes, la vie est une épreuve, le corps, une prison. Le cycle des existences terrestres successives permet une purification progressive du mal et un détachement des appétits matériels ou sensuels. L’idée de rétribution est fondamentale. Après la mort, l’âme se réincarne dans un autre corps, dans un rang social plus ou moins élevé, en fonction des actions accomplies dans son existence précédente. C’est la fameuse loi du karma. L’âme ne peut obtenir la délivrance des renaissances (le nirvana) qu’une fois totalement purifiée par le renoncement et l’ascétisme.

LA REINCARNATION, COTE OCCIDENT

La réincarnation revue et corrigée par l’Occident n’a rien à voir avec le modèle oriental dont elle se réclame. Chez nous, loin d’être une malédiction, la réincarnation dédramatise la mort et console des frustrations de la vie. Elle est au service de la sacro-sainte réalisation de soi. Elle donne à chacun une deuxième chance de réussir et d’être heureux sur cette terre. Doctrine bien pratique qui déresponsabilise l’homme (la loi du karma est bien loin, la réincarnation sauce occidentale gomme toute idée de rétribution) et le rassure face à la mort.

Ainsi perçue, la réincarnation est plus un baume psychologique qu’une réelle orientation spirituelle. Elle n'est plus un chemin d’exigence, mais une croyance rassurante. Elle fait donc de multiples adeptes.

L’APRES-MORT POUR LE CHRISTIANISME

Pour le chrétien, pas de réincarnation. Normalement. Parce qu’il paraît que 43% de ceux qui se disent catholiques croient à la réincarnation. Pour d’autres, elle est un « complément » de leur foi en la Résurrection. « My God ! » dirait la reine d’Angleterre.

La foi chrétienne se base sur un fait historique : la résurrection de Jésus. Au centre de notre foi, il y a la certitude que le Christ, par sa résurrection, a triomphé du mal et de la mort, la certitude qu’il nous entraîne avec lui dans l’Eternité. « Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi notre foi. Et nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes, dit saint Paul (1 Corinthiens 15).

Après cette vie, nous mourrons, puis nous ressusciterons, corps et âme, pour partager la vie de Dieu. La résurrection de Christ est donc un évènement qui vient transfigurer chacune de nos vies : elle annonce notre propre résurrection, elle porte toute notre espérance.

UNE CERTITUDE A PROCLAMER

Il est temps que nous osions une parole sûre et forte sur notre foi en la Résurrection. Nous sommes plus que jamais appelés à rendre témoignage de l’espérance qu’elle implique puisque c’est elle qui donne à notre vie tout son sens. Croyons-nous vraiment, profondément, viscéralement, que le Christ a donné sa vie pour nous ? Comment parlons-nous de la mort et de notre foi en la vie éternelle ? Osons-nous affirmer que nous n’avons qu’une vie – bien courte disent les plus vieux – pour ouvrir notre cœur à l’amour gratuit de Dieu ?

Dieu n’attend pas que nous atteignions la perfection par nos propres forces à travers des existences successives. Notre responsabilité, pour autant, n’est pas suspendue. Nos actes nous engagent, nous sommes libres d’accueillir ou de refuser cette vie que Dieu nous propose.

La logique de Dieu n’est pas celle du mérite, mais celle d’un amour miséricordieux donné gratuitement. Par amour, il nous a créé ; par amour, il nous pardonne nos péchés ; par amour, il nous appelle à vivre éternellement près de lui. Non ! Il ne vous est pas nécessaire d’escalader l’Himalaya par la face nord, de redescendre par l’ouest, de traverser les hauts plateaux balayés par le vent, les rivières glacées pour vous rendre dans le monastère tibétain le plus reculé pour obtenir la meilleure réincarnation possible. Dans le Christ, à portée de foi, se trouve la vie éternelle !

Que cette fête de Pâques voit l’expression de notre joie : Alléluia, le Seigneur est ressuscité. Alleluia, nous sommes appelés à ressusciter avec lui !

D’après Juliette Levivier (paru dans Famille Chrétienne : avril 2007) : avec autorisation.




Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 15 mars 2008

De grands hommes et leurs derniers mots

La dernière heure !

Les déclarations faites par des mourants sont dignes de confiance. Même les menteurs font des aveux honnêtes à ce moment-là. Les propos tenus sur leur lit de mort nous en apprennent plus sur les gens que tout ce qu’ils ont pu dire ou faire de leur vivant. Quand les hommes se voient confrontés à la mort, ils laissent tomber leurs masques et se montrent enfin tels qu’ils sont.

Dans la préface de son livre « Le meilleur des mondes », Aldous Huxley nous invite à juger les gens et les choses comme nous le ferions si nous nous trouvions sur notre lit de mort.

De grands hommes et leurs derniers mots !

Les personnages célèbres de l’histoire ne sont pas seulement des modèles d’inspiration pour les générations qui leur succèdent. Leurs pensées, leur réflexion, leurs paroles sont autant de points de référence qui perdurent après eux. A la lumière de ce que dit Huxley, je vous propose de faire connaissance avec les derniers mots de plusieurs grands hommes ayant marqué l’histoire :

CESAR AUGUSTE : « Ai-je bien joué mon rôle ? Alors, applaudissez, car la comédie est terminée ! »

HENRI VIII d’Angleterre : « Maintenant, tout est fini : mon royaume, mon corps et mon âme ! »

CESAR BORGIA, homme d’Etat : « Dans touts les circonstances de ma vie, j’ai été prévoyant et j’ai toujours pris toutes les dispositions nécessaires. Et voilà que maintenant je dois mourir sans y être préparé. »

MAZARIN, cardinal : « Mon âme, qu’adviendra-t-il de toi ? »

THOMAS HOBBES, philosophe anglais : Je dois franchir ce pas redoutable qui me conduira dans les ténèbres. »

DAVID HUME, philosophe écossais, athée, cria : « Je suis dans les flammes ! Son désespoir fut terrible. »

VOLTAIRE, le célèbre écrivain satirique, eut une fin épouvantable. L’infirmière qui se trouvait à son chevet déclara : « Pour tout l’or du monde, je ne voudrais assister encore une fois à l’agonie d’un incroyant. » Il cria toute la nuit pour obtenir le pardon.

Au sujet de l’empereur NAPOLEON, le comte Montholon écrivit : l’empereur meurt solitaire et abandonné. Son agonie est terrible.

GOETHE, poète et romancier allemand : « Plus de lumière ! »

HENRI HEINE, poète allemand, s’est repenti devant Dieu vers la fin de sa vie. Dans l’épilogue de son recueil de poèmes « Romancero », il dit : « Avec grand soin et avec zèle, j’ai jeté dans les flammes les poèmes qui offensaient Dieu d’une façon ou d’une autre. Mieux vaut que brûlent les poèmes que celui qui les a écrits ! »

NIETZSCHE, le philosophe nihiliste allemand, est mort dans la démence

SIR THOMAS SCOTT, ancien président de la Chambre Haute du Parlement anglais : « Jusqu’à présent, je ne croyais ni en Dieu ni à l’enfer. Maintenant je sais qu’ils existent, l’un et l’autre, et que le jugement équitable du Tout-Puissant me damnera pour l’éternité. »

A propose de la fin de STALINE, sa fille Swetlana Allilujewa, appelée en mars 1953 au chevet du dictateur mourant, dit : « Mon père est mort d’une façon terrible et difficile. Dieu donne une mort facile à ses justes. »

WINSTON CHURCHILL, homme d’Etat anglais : « Quel fou ai-je été ! »

JEAN-PAUL SARTRE, le philosophe français : « J’ai échoué ! »

JESUS-CHRIST, le Fils de Dieu : « Tout est accompli ! »

Enseignement

Voltaire, David Hume et d’autres auraient certainement ri si on leur avait dit de leur vivant que sans Jésus, ils couraient à leur perte. Ils ont été, malgré tout, obligés de constater que la Bible a raison quand elle dit : Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois après quoi vient le jugement.[1]

Et vous, comment allez-vous mourir ? Quelles seront vos dernières paroles ? Sera-t-il aussi trop tard pour vous ?

« Jésus-Christ a paru dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier » a écrit Saul de Tarse, persécuteur des chrétiens,[2] devenu l’apôtre Paul. Paul a su se laisser arrêter par Dieu dans sa course folle pour prendre la décision la plus sage de sa vie : changer de mentalité, faire la paix avec Dieu et croire pleinement au pardon et à la grâce qui lui étaient offerts par Jésus-Christ. Aujourd’hui, lecteur, est pour vous le jour du salut !


[1] Epître aux Hébreux, chapitre 9, verset 27
[2] 1ère épitre à Timothée, chapitre 1, verset 15



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samedi 8 mars 2008

Qui suis-je ?

Qui suis-je ?

Cette question m’a longtemps travaillé ! Pourtant, je ne suis pas né sous X. J’avais des parents, un domicile, une adresse. Mais, au fond de moi, ces renseignements sur mon identité ne suffisaient pas. Il y avait en moi des aspirations, une soif, un besoin de certitudes face aux grandes questions de l’existence. Vivre pour vivre n’était pas une réponse.

Qui suis-je ?
Je ne trouvais pas la solution en moi-même. Je désirais le bien, mais faisais le mal. Je voulais être heureux, mais rien ne me contentait. Je poursuivais l’amour, mais j’étais égoïste. Je ne supportais plus cette contradiction interne. Etais-je bon ou mauvais, ange ou démon… ?

Qui suis-je ?

Je l’ai compris le jour où j’ai saisi la cause de mon déchirement. Ce que je suis a une double explication. D’une part, j’ai été créé pour le meilleur, le bon, le beau, le vrai. Je viens de Dieu et mon être profond aspire à Le connaître. D’autre part, je suis séparé de Dieu, privé de sa présence. Ce sont les désirs de ma nature égoïste, centrée sur elle-même, qui dominent tout mon être.

Qui suis-je ?

J’ai trouvé la paix le jour où j’ai cru en Celui qui, seul, a le pouvoir de résoudre le dilemme que pose chaque vie. Car nous ne pouvons nous changer nous-mêmes. Il nous faut à la fois être réconcilié avec Dieu et recevoir la force de vivre une vie neuve. Tout ceci, dit la Bible, s’obtient par Jésus-Christ, venu de Dieu, mort pour nous assurer le pardon de nos fautes, et ressuscité pour nous communiquer une vie nouvelle.

Qui suis-je ?

Je n’ai pas changé, mais tout a changé. J’ai la même apparence, mais un autre contenu. Je suis toujours mortel, mais, au fond de moi, je possède la Vie. Il m’arrive encore de faire le mal, mais j’ai reçu la force de faire le bien. Je ne sais pas tout, mais je sais qui je suis : une nouvelle création. Ne voudriez-vous pas avoir cette assurance ?

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samedi 1 mars 2008

La gloire de Dieu



Une réalité pénétrante

La soif de gloire, avons-nous vu dans le dernier billet, est si chevillée au cœur de l’homme que, sans qu’il s’en rende compte, elle noyaute la plupart de ses ambitions. Il ressort du constat de cette réalité une évidence : nous n’avons pas été fait pour la médiocrité, mais pour la gloire. Quel que soit l’objet qu’il poursuit ou la façon avec laquelle il espère y parvenir, chaque homme témoigne à sa manière, par sa recherche et l’ardeur qu’il y met, de cette vérité : la gloire est l’objectif fondamental pour lequel chacun vit. Une aspiration qui remonte à nos origines et, à sa manière, nous parle de Dieu. Car

Dieu et la gloire

Sont intimement liés. L’un, témoigne la Bible, ne va pas sans l’autre. Partout, dans tous les lieux où Il s’est révélé, la gloire, dit l’Ecriture, accompagnait Dieu. Dans le désert, Dieu va ordonner à Moïse de construire une tente : la tente de la Rencontre. Elle sera le lieu par excellence du contact, de l’habitation de Dieu parmi son peuple. L’ouvrage achevé, la nuée couvrira la tente, raconte l’exode, et la gloire de l’Eternel la remplira[1]. Le signe de la présence de Dieu était la manifestation de la gloire (qu’on appelait aussi la shekina).

Des siècles plus tard, alors qu’Israël est devenu idolâtre, les philistins vont leur voler l’arche de l’alliance, élément central des objets disposés dans la tente. A cette nouvelle, la femme d’un des fils du grand-prêtre de l’époque, va accoucher prématurément d’un garçon, à qui elle donnera le nom d’I-Kabod (la gloire est partie)[2]. Là où la gloire était, Dieu était. Plus tard, dans des visions fantastiques, le prophète Ezéchiel verra la gloire de l’Eternel quitter définitivement le temple. Nous sommes à l’époque de l’exil et de la déportation d’Israël à Babylone…

La gloire de Dieu

Si la gloire est l’expression de l’excellence et du parfait, on comprend pourquoi, dans le langage biblique, Dieu et la gloire sont inséparables. « Dans son palais, tout s’écrie gloire, écrit le roi David[3]. Et encore : la splendeur et la magnificence sont devant sa face, la gloire et la majesté sont dans son sanctuaire.[4] La gloire de Dieu, c’est la manifestation de la beauté, la majesté, la magnificence qui entoure Sa personne. Il n’y a dans la présence de Dieu ni médiocrité, ni grisaille, ni inachevé. Tout est parfait, magnifique, accompli, excellent : tout est glorieux ! Et, c’est de cette gloire dont nous avons soif. C’est à elle que nous aspirons derrière la vaine gloriole que nous poursuivons.

L’objet de gloire

Dieu manifeste sa gloire de bien des manières. Les cieux, dit encore David, racontent la gloire de Dieu.[5]La création est une expression si forte de la puissance et de l’intelligence de Dieu que les hommes qui ont sous les yeux le spectacle de ses œuvres, et qui refusent de Lui rendre gloire, sont, dit Paul, inexcusables.[6]C’est cependant au travers d’un objet autre que l’univers que la gloire de Dieu va se révéler dans toute sa beauté. Oui ! La Parole (on pourrait aussi dire la Sagesse éternelle de Dieu) a été faite chair. Elle est venue dans ce monde sous les traits d’un homme. Elle a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.[7] Le Dieu qui, à la création, a dit : la lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la connaissance de sa gloire sur le visage, la face du Christ.[8] L’Ecriture est formelle. Nous pouvons parcourir les océans, visiter le monde entier, rencontrer tous les humains de la terre : nous ne trouverons personne qui égale la beauté, l’excellence, la sagesse, l’autorité, la puissance qui habitaient Jésus-Christ.


D’où la difficulté pour beaucoup d’accepter les témoignages rendus en leur temps à son sujet. Une telle gloire paraît impossible, fabriquée, inventée. Mais, « dirons-nous, écrit Jean-Jacques Rousseau dans l’Emile, que l’histoire de l’Evangile est inventée à plaisir ?... Ce n’est pas ainsi qu’on invente, et les faits de Socrate, dont personne ne doute, sont moins attestés que ceux de Jésus-Christ. » Oui, ajoute Ernest Renan, en conclusion de sa Vie de Jésus, tous les siècles proclameront qu’entre les fils de l’homme, il n’en est pas né de plus grand que Jésus !

Le point d’orgue de la gloire

Si la vie de Jésus est glorieuse, rien ne surpasse la gloire attachée à sa mort suivie, trois jours plus tard, de sa résurrection. C’est ici, en effet, livré au bon plaisir de ses adversaires, délaissé par son Père, qu’il révèle l’immensité du désir de Dieu de nous faire partager sa gloire. La rupture avec Dieu s’était faite sur un mensonge : celui qui consistait à dire qu’en se séparant de Dieu, l’homme pouvait devenir dieu lui-même, c’est-à-dire, accéder à une gloire supérieure que ce qu’il possédait. Ayant choisi de sortir du projet de Dieu pour lui, l’homme s’est trouvé du coup privé de la gloire de Dieu.

Puisque l’homme a voulu être Dieu et a déchu, Dieu va choisir en Jésus-Christ de déchoir à son tour en devenant homme. Il va opter de prendre à son compte, sur lui, toutes les conséquences de la rupture et, dans un habit d’homme, souffrir corps, âme et esprit, à la place de tous les hommes, comme si lui-même avait choisi la révolte, l’autonomie, l’indépendance, la vaine recherche de la gloire… Telle est la manifestation la plus grande de la gloire de Dieu. Dieu prouve son amour envers nous en ce que, alors que nous étions ses ennemis, le Christ est mort pour nous[9]. Dieu accepte ainsi pour un temps de perdre Sa gloire, d’être mis au rang d’un vil criminel, pour que nous n’ayons pas à payer le prix de nos forfaits, mais que, pardonnés, nous ayons à nouveau accès à Sa gloire…

Participer à la gloire

Voulez-vous participer à la gloire de Dieu ? Renoncez à la recherche de votre propre gloire ! Reconnaissez votre orgueil, votre vanité insensée. Et croyez en Jésus, Celui qui est mort pour vous ! Il a en réserve une gloire éternelle qu’Il a préparée pour vous. La gloire de ce monde passe, celle de Dieu dure éternellement !



Un aperçu de la gloire de Dieu au travers des âges : http://donnelavie.com/gloire/


[1] Exode 40,34 à 38
[2] 1 Samuel 4,20-21
[3] Psaume 29,9
[4] Psaume 96,6
[5] Psaume 19,2
[6] Epître aux romains, chapitre 1, v 20-21
[7] Evangile selon Jean, chapitre 1, v 14
[8] 2 Corinthiens 4,18
[9] Epître aux Romains, chapitre 5,8

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 23 février 2008

Appétit de gloire !

Fait local

Le dernier concert annuel de l’école de musique de la ville où j’habite n’était pas ordinaire. Alors que, d’habitude, place est faite à la musique et aux musiciens, cette soirée a eu pour centre un hommage : l’hommage rendu au conseiller municipal chargé de la gestion de l’école qui, à 83 ans et après 18 ans de service, rendait son tablier. Après l’éloge du maire, le clou de la soirée était le dévoilement d’une plaque au nom du conseiller municipal, plaque désormais apposée dans une des salles principales de l’école.

Recherche de gloire

Nous sommes tous quelque part sensible à la gloire. Et ce n'est certainement pas les décorés annuel de la légion d'honneur qui le nieront. Cette recherche de gloire, le philosophe Blaise Pascal l’appelait une vanité. « Une vanité si ancrée dans le cœur de l’homme, dit-il, qu’un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs ; et les philosophes même en veulent ; et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d’avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus ; et moi qui écrit ceci, dit Pascal, j’ai peut-être cette envie ; et peut-être ceux qui me liront aussi. »

La recherche de la gloire est si ancrée en nous que certains, pour y parvenir, n’hésitent pas à employer tous les moyens. Ainsi, il ressort que c’est par simple désir de gloire que Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale, a fait en cachette les opérations qui ont fait perdre 5 milliards d’euros à la banque. Son but n’était pas l’argent ou l’enrichissement personnel. Il voulait sortir du lot et apparaître comme l’un (ou le) meilleur de sa profession. Tel fut aussi, pour d’autres raisons, la motivation qui aiguillonna Mark Chapman, l’assassin de John Lennon. Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à poignarder son idole, il répondra qu’il l’a fait uniquement dans le but d’avoir la gloire d’être connu. Ce n’est pas tout le monde en effet qui peut se vanter d’avoir tué l’un des Beatles !

Origine de cette recherche

Il ressort de l’exemple de Chapmann et de Kerviel une vérité criante au sujet de la gloire. La recherche de gloire est l’expression du désir de chacun de sortir de l’anonymat, du lot, de briller par son originalité, ses œuvres, ses exploits, bref, de s’élever au-dessus du commun des mortels pour être perçu… comme un dieu. Cette recherche d’éclat, de distinction, d’admiration, témoigne la Bible, est à l’origine même de ce que le langage théologique nomme la chute. Elle est à la fois la cause première de la rébellion de Lucifer, l’ange déchu, contre Dieu, le Créateur, et le thème même de la proposition qu’il fera, au travers du serpent ancien, à nos premiers parents : affranchissez-vous de Dieu et vous serez comme des dieux…

Légitimité de la gloire

Ceci dit, la gloire n’a en elle-même rien de mauvais. Il n’y a, en effet, rien de négatif au fait de reconnaître la valeur ou même l’excellence d’une personne dans un domaine particulier. La Bible elle-même n’hésite pas à louer la beauté de Sara, la femme d’Abraham, la force du juge Samson ou la sagesse de Salomon. Nous sommes tous des êtres uniques et, d’une certaine façon, nous brillons tous d’un éclat original.

La question qui se pose au sujet de la gloire est double :

1. qu’est ce qui fait l’objet de ma gloire (notoriété, réputation) ? Est-ce ce qui est bien ou ce qui est mal ? Oussama Ben Laden est quelqu’un de glorieux parmi les radicaux islamistes. Mais, avoir pour prix de la gloire, le sang de plus de 3 000 victimes sur la conscience, n’est certainement pas enviable. S’il faut être connu, mieux vaut l’être pour avoir sauver des vies plutôt que d’en avoir détruit !

2. que fais-je de la gloire que je reçois ? Vais-je me l’attribuer ou, comme Jean-Sébastien Bach, le prince des musiciens, reconnaître que c’est à Dieu, mon Créateur, qu’elle revient (Bach signait toutes ses œuvres des 3 initiales SDG : Soli Deo Gloria : A Dieu seul la gloire). Car il est évident, même si c’est au prix d’un dur labeur, que nous ne sommes pas produits nous-mêmes, mais, qu’à la base, nous avons reçu les facultés qui sont à la base de notre gloire !

Enseignement de Jésus sur la gloire

Avant de voir dans un prochain billet ce que la Bible dit de la gloire, je terminerai celui-ci par 3 enseignements précis de Jésus à ses disciples sur le sujet :

1er enseignement :

Texte biblique

Je ne tire pas ma gloire des hommes.
Mais je sais que vous n’avez point en vous l’amour de Dieu.
Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.
Comment pouvez–vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ?
(Evangile selon Jean, chapitre 5, versets 41 à 44)

Il y a une forte opposition de nature entre la recherche de la gloire humaine et la recherche de la gloire qui vient de Dieu. Soit nous poursuivons l’une, soit l’autre ! Mais nous ne pouvons pas concilier les deux !

2ème enseignement :

Texte biblique

Gardez–vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement, vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense.
Mais quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
(Evangile selon Matthieu, chapitre 6, versets 1 à 4)

Deux façons d’agir bien distinctes séparent ceux qui sont à la recherche de la gloire humaine et ceux qui sont à la recherche de la gloire divine. Les uns cherchent à être vus. Ils cherchent les honneurs et la reconnaissance publique. Les autres agissent en secret. Ce qui les préoccupe est d’agir sous le regard de Dieu.

3ème enseignement :

Texte biblique

Il adressa une parabole aux invités parce qu’il remarquait comment ceux–ci choisissaient les premières places ; il leur disait :
Lorsque tu es invité par quelqu’un à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’une personne plus considérée que toi n’ait été invitée, et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire : « Cède–lui la place. » Tu aurais alors la honte d’aller t’installer à la dernière place.
Mais, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu’au moment où viendra celui qui t’a invité, il te dise : « Mon ami, monte plus haut ! » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.
(Evangile selon Luc, chapitre 14, versets 7 à 11)

C’est l’humilité et non l’orgueil, ou l’affirmation de soi, qui précède la gloire. Dieu connaît parfaitement chacun et, Lui seul, a la juste appréciation de chacun. Ce qui est élevé dans ce monde ne l’est pas forcément devant Lui. Et ce qui n’est pas reconnu a sa juste valeur ici-bas ne saurait être oublié par Lui.

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samedi 16 février 2008

Repentance

Le discours de Caen

Avant même qu’il soit élu Président de la République, Nicolas Sarkozy en a fait un point de rupture moral essentiel avec la pratique de Jacques Chirac, son prédécesseur : la France cessera désormais de se repentir de son passé. Son discours, prononcé à Caen le 9 mars 2007 en témoigne :

« La mode de la repentance est une mode exécrable. Je n'accepte pas que l'on demande aux fils d'expier les fautes des pères, surtout quand ils ne les ont pas commises. Je n’accepte pas que l’on juge toujours le passé avec les préjugés du présent. Je n’accepte pas cette bonne conscience moralisatrice qui réécrit l’histoire dans le seul but de mettre la nation en accusation. Je n’accepte pas ce changement systématique de la nation qui est la forme ultime de la détestation de soi. Car pour un français, haïr la France c’est se haïr lui-même. Je n’accepte pas que l’on veuille vivre en France en professant la haine de la France. Je veux que le racisme et l’antisémitisme soient poursuivis et condamnés avec la plus grande sévérité. Mais je ne veux pas que l’on dise que tous les Français sont racistes ou antisémites, parce que c’est faux. Je ne veux pas que l’on dise que la France est le pays le plus raciste et le plus antisémite au monde, parce que ce n’est pas vrai, parce que la France c’est exactement le contraire, c’est le pays des droits de l’homme, c’est le pays qui récuse le plus le communautarisme qui renvoie chacun à ses origines ethniques et religieuses, c’est le pays de la République, qui s’est toujours battu depuis deux cents ans pour la liberté, l’égalité et la fraternité de tous les hommes . »

On peut ou non adhérer aux propos du chef de l’Etat. Mais avant d’en juger, il serait bon de comprendre ce qu’est vraiment la repentance, quel état d’esprit elle suppose. C’est dans la bouche de Jean-Baptiste, précurseur de Jésus, que le mot prend sa vraie dimension. La repentance, destinée à préparer Israël à la venue du Christ est son message essentiel. Le mot grec « métanoia » implique un changement profond, radical de manière de penser. La repentance est un demi-tour. Pour la distinguer des simples remords ou regrets humains, je vous propose une comparaison basée sur 7 symptômes différenciant une vraie repentance d’une fausse

La vraie repentance

1. Vient de la prise de conscience que nous sommes responsables de tous les choix que nous avons fait dans notre vie. A l’image du fils prodigue de l’Evangile, celui qui se repent, rentre en lui-même, fait le bilan de sa vie et comprend que tout ce qu’il a fait est contraire à ce que Dieu voulait pour lui.

2. Nous place au rang des coupables. Nous comprenons que c’est nous-mêmes et les choix que nous avons faits qui sommes les premiers artisans de notre malheur. « J’ai péché » s’écrie celui qui se repent.

3. Est inspirée par le dégoût et la haine profonde de ce que nous sommes et de ce que nous avons fait. Nous ne nous trouvons plus d’excuse. D’accord avec Dieu, nous nous condamnons nous-mêmes et confessons que nous ne sommes dignes de rien, et que le rejet de Dieu est la seule chose que nous méritons

4. Nous amène à nommer nos fautes de la façon avec laquelle Dieu les nomme dans sa loi : avoir une relation sexuelle avec un homme sans être marié est un adultère, un avortement est un meurtre… c’est ce qui s’appelle confesser ses péchés. Nous nous voyons avec horreur tel que Dieu nous voit.

5. Nous amène à craindre le jugement de Dieu et à comprendre que sans Son pardon, nous sommes éternellement perdus.

6. Nous pousse à nous tourner vers le Christ, parce que nous réalisons notre impuissance complète à nous changer. Nous n’avons plus aucune confiance en nous-mêmes ou nos propres forces pour espérer être différent. Nous accueillons alors Jésus-Christ dans notre vie parce que nous savons que Lui seul peut nous communiquer la vie qui nous manque. Dieu, par le Christ, est invité à occuper le trône de notre vie.

7. Conduit au salut et à la vie éternelle

La fausse repentance

a. Naît du regret des conséquences fâcheuses pour nous-mêmes des choix que nous avons fait dans notre vie. On regrette dans notre vécu ce qui a mal tourné, mais pas le choix qui a été à l’origine de ce qui a mal tourné

b. Fait que nous nous plaçons davantage en victimes qu’en coupables. La part que nous mettons sur les autres dans notre malheur est plus grande que celle que nous nous attribuons

c. Ne conduit pas au dégoût profond de sa personne. Nous pensons seulement que nous n’avons pas eu de chance et que, si les choses avaient été meilleures, cela se serait passé autrement. Il n’y a pas de remise en question fondamentale de sa façon de vivre. C’est davantage la pitié de soi qui nous anime que le rejet de soi.

d. Minimise l’importance de la faute et de sa gravité. On prétexte alors les bons sentiments, la sincérité ou l’ignorance. On n’est pas prêt à mettre sur sa personne le qualificatif que Dieu y met.

e. Se soucie d’abord de la réussite de sa vie humaine à venir sur la terre. Ce qu’on cherche, c’est un moyen, une recette pour vivre mieux plutôt que le moyen d’être en paix dans sa conscience avec Dieu.

f. Nous amène à nous tourner vers Dieu pour qu’il nous aide à mieux vivre. Mais, au fond de soi, on n’a pas encore capitulé. On ne souhaite pas que ce soit le Seigneur qui soit le maître, mais on continue à vouloir programmer sa vie soi-même comme on l’entend. On veut bien de Dieu dans sa vie, mais c’est toujours nous qui occupons le poste de commande de la vie.

g. Nous laisse en-dehors du Royaume de Dieu.


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vendredi 8 février 2008

Pornographie : poison et antidote

UNE PRATIQUE ANCIENNE

La pornographie ne date pas d’hier. De tout temps, depuis l’Antiquité, on a dessiné, exhibé des corps nus dans toutes les positions possibles. Ce n’est qu’avec la venue du christianisme que s’est opéré graduellement un changement moral profond dans la société. La relation sexuelle, réservée aux couples mariés, est alors de l’ordre de l’intime et du privé. Il faudra attendre le XVIIIème siècle et la montée en flèche du romantisme et la littérature libertine (Sade) pour voir apparaître des œuvres dépassant largement le cadre de la pudeur.

UN TORRENT QUI ENVAHIT TOUT

Au milieu du XXème siècle, par le biais de magazines (Play Boy...) et de films d’origine scandinave, la pornographie se développe à grande échelle. Depuis, tel le torrent de boue suscité par le tsunami de 2004, elle envahit tout, pénètre tout… et salit tout. Avec le Minitel d’abord, puis Internet, il n’y a même plus à se déplacer (et donc s’afficher) pour se servir : un simple clic suffit pour vous mettre en relation avec les centaines de millions de sites pornographiques de la toile ! « Un extraordinaire tapage sexuel colonise aujourd’hui jusqu’au moindre recoin de la modernité démocratique, dit Jean-Claude Guillebaud[1]. » Le relevé statistique ci-joint nous en donne la mesure :

12% des sites Web sont pornographiques
25% des recherches sont pornographiques
35% des téléchargements Web sont pornographiques
28 258 internautes regardent du sexe sur le web toutes les secondes
Sexe est le mot le plus recherché sur le web
Le revenu du sexe sur le web représente aux USA 2,84 billions de $ en 2006
72% des internautes sont des hommes, 28% des femmes
70% du trafic sur les sites de sexe se fait pendant les heures de travail
L’estimation du nombre total de pages web pornographiques est de 372 000 000
89% de la production vient des USA
Les pays censurant les sites pornographiques sont : Arabie Saoudite, Iran, Egypte, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweït, Malaisie, Singapour, Indonésie, Kenya, Inde, Cuba et Chine : aucun pays de culture chrétienne !

L’ATTRAIT DE LA PORNOGRAPHIE

Quel homme honnête et sincère avec lui-même peut prétendre ne pas être attiré par les produits de la pornographie ? Car, la pornographie n’existerait pas et ne se développerait pas à une telle échelle si elle ne correspondait pas à un désir du cœur de l’homme, désir qui masque un besoin plus profond. Que cherche-t-on au travers du spectacle des images pornographiques ? Quel besoin cherche-t-on à satisfaire ? Une courte réflexion sur le sujet m’amène à formuler 2 réponses :

1. le besoin de l’amour, ce lien qui forge l’intimité et l’unité d’un couple. C’est cependant lourdement se tromper que de penser que le plaisir sexuel soit le facteur décisif de cette intimité. Car la pornographie ne crée rien. Elle est juste une visualisation de l’acte sexuel dans ce qu’il a de moins pudique et de moins retenu (dans toutes ses déviations). Elle transmet l’idée que ce qui compte n’est pas le partenaire, mais l’objet qu’il représente et qui ne sert qu’à un seul but : procurer le maximum de plaisir. Il faut ici souligner deux vérités peu connues sur le commerce de la pornographie : son caractère nocif pour celui qui s’y adonne …et pour les victimes de ce commerce mondial. Soljenitsyne, qui a connu les goulags de l’ancienne URSS, dira à ce sujet : « On asservit,les peuples plus facilement avec la pornographie qu’avec les miradors. » Sachons également pour notre information que beaucoup de ces femmes-objet, « marchandisées » sur les sites pornographiques, ont souvent elles-mêmes été abusées, que certaines d’entre elles souffrent de maladies sexuellement transmissibles et qu’un grand nombre meurent jeunes et se droguent pour supporter l’enfer de ce qu’elles vivent.

2. une vie par procuration. Comme le cinéma, la pornographie fait partie du monde imaginaire, virtuel, non réel. Et comme tout ce qui est de cet ordre, elle est incapable, à qui se laisse envoûter par elle, de tenir les promesses d’extase qu’elle fait. Car la vie, la vraie, n’est pas dans le virtuel, l’irréel, l’imaginaire. Elle se vit dans la réalité, le concret. La pornographie laisse donc celui qui se laisse séduire par ses mensonges de plus en plus dépendant, amer et malheureux. S’adonner à la pornographie est donc l’aveu d’un mal profond, d’une insatisfaction latente quant à son vécu, la preuve d’un vide et d’un creux terrifiant, un vide, comme le disent Pascal et Saint Augustin, qui a la dimension de Dieu. L’offre de la pornographie, substitut misérable pour combler nos besoins, nous rappelle que tant que l’on cherche dans des stimuli extérieurs quelque chose qui puisse remplir sa vie, on n’a pas encore trouvé la réponse à ses besoins et ses questions existentiels profonds.

S’EN SORTIR

Comment faire pour se sortir de l’attrait ou de la dépendance de la pornographie ?

Reconnaissez premièrement votre dépendance et le fait que la pornographie ne peut répondre à votre vraie soif. A une femme qui avait connu 5 mariages et qui vivait en concubinage, le Christ a dit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ». Il signifiait par là que ce n’est pas dans le changement continuel de partenaires qu’elle trouverait ce qu’elle cherchait. Non ! Vous devez vous en faire un raison : la pornographie ne peut vous apporter quoi que ce soit de satisfaisant. Tels les brigands de l’Evangile attaquant le voyageur isolé pour le dépouiller, elle va vous laisser au bord du chemin de la vie battu, blessé, nu et honteux. Si vous êtes malheureux de ce que vous êtes et de l’image que la pornographie vous renvoie de vous-mêmes, vous êtes sur la bonne voie.

Sachez ensuite que ce n’est pas de sensations ou d’émotions fortes dont votre cœur a besoin, mais de la présence forte de Dieu. Lui seul peut vous procurer la paix et la plénitude que vous cherchez. Jésus a poursuivi le dialogue commencé avec la femme citée ci-dessus en affirmant : « Mais quiconque boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura plus jamais soif ! » Ce dont vous avez besoin, c’est d’une relation spirituelle avec Dieu. Car c’est pour Lui que votre cœur et votre esprit ont été créé. Et sans Lui, ils meurent de faim. Cette relation est possible par Jésus-Christ. Il a promis que celui qu’il affranchit devient réellement libre !

Décidez, choisissez enfin de vous détourner de la pornographie ! Confessez à Dieu votre souffrance, votre dépendance à ce sujet. Criez à Lui de tout votre cœur pour qu’Il vous en libère ! Demandez lui de faire de vous une personne nouvelle, propre, orientée vers de nouveaux désirs, nobles, à l’image de ce pour quoi vous avez été créé ! Croyez que Jésus-Christ est mort pour vous, pour effacer tout ce qui vous a sali et souillé et recevez son pardon ! Ce que Dieu veut est le meilleur pour vous. Lui seul a le pouvoir de vous le donner, de tenir Ses promesses et de ne pas, à terme, vous décevoir.

Que celui qui a soif vienne, que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement !

Témoignage

Libérée de la pornographie : à lire sur : http://chretiennes.com/stories/joec.html


(1) Jean-Claude Guillebaud : la tyrannie du plaisir (2001) Paris, Seuil, Points

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samedi 2 février 2008

Capacité d'indignation

Paul à Ephèse :

Un passage lu, il y a quelque temps, dans la Bible m’a fait réfléchir à cette capacité qui habite dans le cœur de tout être humain, et de Dieu : la capacité d’indignation. Alors que l’apôtre Paul se trouve dans la ville d’Ephèse (en Turquie actuelle), il finit par gagner à l’Evangile un grand nombre d’habitants de cette ville. Le message qu’il annonce ne se centre pas uniquement sur Jésus, le Christ. Paul parle aussi aux éphésiens, adeptes des cultes mythologiques, du présupposé sur lequel repose la prédication du Christ : l’existence d’un Dieu Créateur unique, incréé et élevé au-dessus de toute représentation. Si le salut proposé en Christ a une portée universelle, c’est bien d’abord parce qu’ à l’origine, c’est à la même cause que chaque homme, chaque peuple, chaque nation doit son existence.

Adhérant à l’Evangile, les néophytes ont vite compris que leur foi nouvelle est incompatible avec les cultes anciens. Aussi, dans un mouvement unanime, ont-ils délaissé et abandonné les cultes mythiques qu’ils pratiquaient auparavant. Un abandon qui n’est pas sans conséquence pour la ville d’Ephèse, gardienne du temple de la grande Artémis, les produits dérivés qui découlaient du culte faisant vivre avec aisance le commerce local. Tout cela ne manqua pas rapidement de provoquer du remous dans le cœur d’un homme particulièrement concerné par la question : l’orfèvre Démétrius.

Le mécontentement de Démétrius

Habile artisan, Démétrius avait vite compris quels bénéfices ils pouvaient tirer du culte imposant rendu à Artémis à Ephèse. Il se lança donc dans la fabrication de petits sanctuaires familiaux, reproduction à l’identique (ou en mieux) de l’original. Une activité florissante… jusqu’à l’arrivée de ce trouble-fête de Paul. Inquiet pour l’avenir de sa profession, Démétrius ne manqua pas d’alerter tous les artisans de sa corporation. Il invoqua en premier le danger que faisait courir le nouveau message pour l’avenir de la profession. Les intérêts particuliers de la profession ne constituant cependant pas un argument suffisamment mobilisateur, Démétrius changea de registre. Il évoqua le triste développement que pouvait avoir, pour l’avenir du culte rendu à la déesse, le nouveau message auquel adhéraient déjà tant d’éphésiens. (Imaginez ce que serait Lourdes si le culte marial, et ses produits dérivés, venait à disparaître !).

Emeute

Indignés, le sang des habitants de la ville ne fit qu’un tour. Un attroupement considérable se créa dans le théâtre. Luc fait remarquer avec ironie que, si beaucoup de gens étaient là, la plupart ne savaient pas pourquoi, tant différait dans la foule le contenu des slogans formulés. Une manifestation qui n’est pas sans rappeler parfois celles que l’on rencontre encore de nos jours où, ensemble, râleurs réunis crient sans avoir de réelle raison commune de crier. Pris en otage dans le mouvement, quelques chrétiens tentèrent bien une explication. En vain ! Ils ne devront leur salut qu’à l’intervention autoritaire du secrétaire de la ville, enjoignant Démétrius à utiliser les voies légales, les tribunaux, s’ils ont quelque chose contre lequel porter plainte.

Sources de l’indignation

Qu’est-ce que l’indignation ? D’où sort-elle et de quoi provient-elle ?

Elle est une réaction naturelle et émotionnelle du cœur qui, outré de ce que l’on touche à un point fondamental de ce qu’il considère comme la réalité, cherche à en défendre le bien-fondé. L’indignation, comme on le voit à Ephèse, touche souvent à ce qui, à nos yeux, est sacré. Aussi, face à l’indignation suscitée en nous à l’écoute d’une nouvelle ou d’une information, devons-nous nous poser quelques questions :

1. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne porte-t-il réellement le caractère du sacré ? La France est coutumière des manifestations de tous genres. Qu’on touche aux 35 heures ou aux régimes spéciaux des retraites et l’indignation ne tarde pas à se lever. Mais est-elle juste ou justifiée ? Ne ressemble-t-elle pas à celle de Démétrius, en fait davantage préoccupé par ses intérêts qu’à la cause qu’il disait défendre ? Il apparaît donc que, dans de nombreux cas, l’indignation se produit quand on élève des choses qui touchent à son intérêt personnel au rang du sacré. Or, qui peut discuter avec quelqu’un qui prétend que les 35 heures ou le régime spécial de retraite auquel il appartient sont, par nature, intouchables ?

2. Ce pour quoi ou contre quoi je m’indigne est-il en accord avec la réalité ? L’indignation de Démétrius et de la foule avait pour objet un mensonge : celui de croire que les dieux fabriquées par les hommes étaient de vrais dieux. Pris dans un mouvement d’indignation, nous devons avoir le recul nécessaire pour nous demander si la cause que nous défendons est juste, correspond à la réalité, ou n’est que le résultat d’une manipulation. Les récentes émeutes des musulmans contre les caricatures de Mahomet sont à ranger dans cet ordre. Le conflit venait ici du fait que les dessinateurs se sont cru autorisés de pouvoir toucher à la personne du prophète de l’Islam, personne considérée comme sacrée par ses adeptes. Ce qui n’était que raillerie pour les uns était profanation pour les autres. Aussi, la question de fond ici posée est de savoir si Mahomet est digne, preuves à l’appui, d’être considéré comme un être sacré ou non.

Un révélateur

L’indignation agit donc comme un révélateur. Elle met en lumière ce qui, au fond de nos cœurs, représente ce qui, de manière absolue, compte. D’où parfois, le caractère curieux et absurde aux yeux de certains, des choses pour lesquelles d’autres s’indignent, un paradoxe mis en lumière dans le poème de Daniel Boy : le vieil homme et le chien, dont voici le texte :

Transparent au regard des passants trop pressés,
Un vieil homme est assis, transi et affamé,
Sous un porche à l’abri des frimas de janvier.
Il implore un sourire, une pièce de monnaie.

Passe un chien dans la rue, un chien de pedigree,
Une voiture suit, heurte le canidé.
Aussitôt extirpés de leurs logis douillets
Accourent de partout des bourgeois empressés.

"Ne le laissez pas là, amenez-le chez moi
J’ai une couverture afin qu’il n’ait pas froid !
"Quelques instant après, l’animal est pansé,
Dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.

Au dehors dans la rue le silence est tombé
Tout le monde est rentré, a fermé ses volets.
Sous son porche à l’abri des frimas de janvier
Le vieil homme soudain s’est mis à aboyer.

Ce texte choque, mais il met en lumière une réalité bien humaine. Ne sommes-nous pas souvent comme les bourgeois de la poésie, capables de nous indigner pour des choses très secondaires tandis que nous restons étrangement passifs pour ce qui touche au sacré réel ? Sommes-nous choqués pour les bonnes raisons ?

Jésus et l’indignation

Il serait sans aucun doute très intéressant de lire les Evangiles notant soigneusement quelles raisons provoquait l’indignation de Jésus. En y pensant rapidement, j’en trouve déjà trois :

1. le commerce fait autour du nom de Dieu. Jésus ne supportait pas ce qui offensait l’honneur de Son Père. le temple est ainsi le seul endroit où Jésus s’est montré violent, allant jusqu’à prendre un fouet pour en chasser les vendeurs. Voir Jésus en colère est quelque chose qui ne peut que faire trembler. L’épisode souligne cependant à quel point l’honneur de Dieu est, dans le cœur de Jésus, la valeur suprême.

2. la dureté de cœur de ses contemporains a été une seconde cause d’indignation dans le cœur de Jésus. Elle s’est manifestée dans la synagogue le jour où, dit Marc, alors que c’était sabbat, Jésus posa la question aux religieux présents s’il était possible ou non de faire du bien à un homme. Jésus provoqua alors le scandale en guérissant, en opposition à toute règle (il était interdit de travailler le jour du sabbat) et sous les yeux des assistants éberlués, un homme à la main sèche. Jésus était indigné de la dureté de cœur des religieux, eux-mêmes indignés de la liberté que se prenait Jésus ! Pour Lui, l’être humain passe avant tout interdit !

3. l’hypocrisie religieuse est enfin la 3ème cause d’indignation de Jésus dans les Evangiles. Par sept fois et avec sept malheurs, il fustigera la duplicité des responsables religieux de son temps, plus préoccupés de la forme que du fond, de leur prestige que du bien du peuple, de leurs richesses que de l’obéissance à la Parole de Dieu… La vérité seule doit, selon Jésus, être au cœur de la foi, tout le reste n’étant que comédie et simulation !



Citations :
- Une colère contre le péché est une colère sans péché : Thomas Watson.
- Les hommes ne se mettent en colère que quand ils se croient lésés. Et ils se sentent frustrés dans la mesure où ils ont l’impression qu’on leur refuse de satisfaire à des revendications légitimes : C S Lewis.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus