samedi 8 septembre 2007

L'âme désarmée (1)

L’âme désarmée

Il y a 20 ans le professeur Allan Bloom, aujourd’hui décédé, publiait un ouvrage qui eut, aux Etats-Unis, un fort retentissement. Ce livre, qui était un essai sur le déclin de la culture générale, passait au crible l’état de la société américaine, ses valeurs et les conséquences morales et sociales de l’évolution des comportements et des mentalités. Bien qu’ayant pris de l’âge, le livre ne perd rien de son actualité. Il a été publié, en 1987, aux Editions Julliard sous le titre « L’âme désarmée ». Je vous propose en quelques billets de vous en partager quelques aspects, les plus propres à la réflexion spirituelle menée sur ce blog.

La grande vertu de notre époque

S’il y a une chose dont tout professeur qui enseigne dans une université américaine peut être sûr, c’est que chacun de ses élèves, au moment où il entreprend des études supérieures, croit ou dit qu’il croit que la vérité est relative. Si l’on manifeste quelque scepticisme à l’égard de cette opinion, la réaction de l’étudiant ne se fait pas attendre : une incompréhension totale. Qu’on puisse considérer que cette proposition ne va pas de soi, voilà qui le stupéfie, un peu comme si l’on remettait en question le fait que deux et deux font quatre : il y a des choses évidentes auxquelles on n’a pas besoin de réfléchir.

Raisons de cette façon de penser

A leurs yeux, la relativité de la vérité n’est pas une intuition théorique, mais un postulat moral, condition d’une société libre. Ce qu’on leur a appris à redouter du dogmatisme, ce n’est pas l’erreur, mais l’intolérance. Le relativisme est nécessaire à l’ouverture d’esprit ; et l’ouverture d’esprit est l’unique vertu que l’instruction primaire, depuis plus de 50 ans, s’est fixée pour but de donner aux élèves… L’ouverture d’esprit est la grande idée de notre époque. C’est celui qui croit à la vérité qui représente un danger.

Un effet néfaste du relativisme

Tout système d’éducation comporte une fin morale, qu’il essaie d’atteindre et qui inspire son programme. Il tend à produire un certain type d’humain… La doctrine éducative récente dite « de l’ouverture » ne prête aucune attention aux droits naturels ni aux origines historiques, qu’on considère désormais comme des notions essentiellement fausses et réactionnaires. La nouvelle éducation est progressiste et regarde vers l’avenir… Elle est ouverte à toutes les espèces d’hommes, à tous les styles d’existence, à toutes les idéologies. Il n’y a plus d’ennemi, excepté l’homme qui n’est pas ouvert à tout. La conséquence insuffisamment remarquée jusqu’ici de cette doctrine, c’est qu’il n’existe plus de terrain commun.

Les conditions philosophiques du relativisme

Une condition nécessaire à la doctrine de l’ouverture est l’affaiblissement des convictions religieuses, notamment en rangeant la religion dans le domaine de l’opinion, par opposition à celui de la connaissance… Il n’existe plus d’absolus : seule la liberté est absolue. Il en résulte bien sûr que l’argument qui justifie la liberté s’évanouit et que, d’autre part, toutes les convictions commencent à avoir le caractère atténué qui était censé, au départ, se limiter aux croyances religieuses.

Le libéralisme nous a enseigné que le seul danger que nous courions, c’est d’être fermés à ce qui naît, à la nouveauté, aux manifestations du progrès… Ainsi le refus de distinguer devient-il un impératif moral, parce qu’il s’oppose à la discrimination. Cette idée délirante signifie qu’il n’est pas permis à l’homme de rechercher ce qui est naturellement bon pour lui et de l’admirer quand il l’aura trouvé, car une telle recherche aboutit à la découverte de ce qui est mauvais et débouche sur le mépris.

Du bienfait des préjugés

La doctrine de l’ouverture… constitue un élément de l’action actuellement conduite pour établir une communauté mondiale et en former les membres qui doivent être des individus sans préjugés... Mais il se pourrait bien que la science et la fameuse « ouverture » constituent la grande faiblesse de l’Occident…

J’essaye au contraire d’enseigner à mes élèves des préjugés, car à l’heure actuelle, ils apprennent à douter de toutes les croyances avant de croire eux-mêmes à quoi que ce fût… Avant même d’entreprendre de douter systématiquement et radicalement de tout, Descartes disposait de tout un monde merveilleux de vieilles croyances, d’expériences préscientifiques et d’interprétations du monde, convictions auxquelles il était fermement et même fanatiquement attaché. Il faut avoir l’expérience de la vraie croyance pour pouvoir jouir du frémissement de la libération. Les préjugés les plus puissants ont des visions de l’ordre des choses.

Certes, l’erreur est notre ennemie, mais il n’y a qu’elle qui désigne la vérité et, de ce fait, elle mérite qu’on la traite avec respect. L’esprit qui, à l’origine, est sans préjugés est un esprit vide.

Rétablir la vérité

Une grande étroitesse n’est pas incompatible avec la santé d’un individu ou d’un peuple, alors qu’avec une grande ouverture d’esprit, il est difficile d’éviter la décomposition… L’ouverture était naguère la vertu qui permettait de rechercher le bien en se servant de la raison : voici qu’elle équivaut maintenant à l’acceptation de tout et la négation du pouvoir de la raison… Le relativisme culturel détruit à la fois l’identité du sujet et le bien en général.

L’histoire et l’étude des cultures n’enseignent ni ne prouvent que les valeurs ou les cultures sont relatives… Le fait qu’il y ait eu à différentes époques et en différents lieux des opinions diverses sur le bien et le mal ne prouvent nullement qu’aucune de ces opinions n’est vraie ni supérieure aux autres. Dire une chose pareille, c’est aussi absurde que de prétendre que la diversité des points de vue exprimés lors d’une discussion universitaire à bâtons rompus démontre qu’il n’existe pas de vérité. Face à cette diversité, on devrait plutôt se poser la question de savoir quel point de vue est vrai ou juste et non pas les bannir tous.

La véritable ouverture est celle qui accompagne le désir de savoir, donc la prise de conscience de l’ignorance. Nier la possibilité de savoir ce qui est bien et ce qui est mal revient à annihiler cette véritable ouverture.

Conclusion

Il existe donc deux espèces « d’ouverture » : l’ouverture de l’indifférence, dont le double dessein est de rabaisser notre orgueil intellectuel et de nous laisser être ce qu’il nous plaît d’être, dans la mesure où nous ne voulons pas être de ceux qui savent ; et l’ouverture qui invite à la recherche de la connaissance et de la certitude, pour laquelle l’histoire et les diverses cultures constituent une brillante panoplie d’exemples qu’il faut examiner…

L’ouverture de l’indifférence n’est qu’un prétexte pour permettre à n’importe quelle sorte de vulgarité d’entrer en scène et d’y demeurer sans opposition… Il semble que l’ouverture soit un moyen de contraindre les hommes à céder devant la force, une façon de faire paraître fondé sur des principes le culte de la réussite vulgaire.

Si « l’ouverture » signifie qu’il faut « aller dans le sens du courant, elle implique obligatoirement l’adaptation au présent. La pratique sans restrictions de « l’ouverture » risque fort d’occulter l’existence de toute autre conception des choses, et c’est précisément la connaissance d’autres conceptions possibles qui pourrait nous faire prendre conscience de ce que la prétendue « ouverture » actuelle comporte de douteux…

De sorte que ce qui est annoncé comme une grande ouverture est en réalité une grande fermeture. Car aucun élève ne nourrit désormais l’espoir de trouver en d’autre lieux et d’autre temps de grands sages qui puissent lui révéler la vérité sur la vie.

Suite dans de prochains billets


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 1 septembre 2007

Selon Luc


La démarche de Luc

Après Matthieu et Marc, Luc est le 3ème de la liste des auteurs d’un évangile intégré dans le Nouveau Testament. Différent des deux premiers, l’évangile de Luc est en rapport direct avec la personnalité de son auteur. Luc est le seul qui n’a pas côtoyé Jésus de son vivant. Aussi, sa démarche porte-t-elle dès le départ la marque du souci historique. Après avoir fait des recherches précises depuis les origines sur les faits touchant à l’existence de l’homme Jésus, Luc a décidé de faire le récit des événements qui se sont produits en Israël autour de lui. Il nous livre dans son évangile le résultat de son enquête.

La démarche de Luc est d’autant plus importante qu’il n’est pas d’origine juive mais grecque. Luc a besoin de fonder sa foi sur un témoignage crédible, authentifié. Les questions liées à la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus ont une telle portée que l’approximation n’est pas concevable. D’où le travail d’investigation si sérieux qui est à la base de son document.

Singularité de son Evangile

L’évangile de Luc se singularise des autres récits de la vie de Jésus de plusieurs manières :

1. l’ordre chronologique :

Au contraire de Matthieu, Luc relate les paroles de Jésus en rapport avec les circonstances directe où elles furent prononcées. Des quatre évangiles, Luc est celui qui donne le tableau le plus étendu et le plus complet de la vie de Jésus. Il est le seul à relater en détail les évènements préparatoires à Sa venue. L’Evangile de Luc commence ainsi, non par la naissance de Jésus, mais par celle de son précurseur, Jean le Baptiste. Il relie l’apparition de Jean aux annonces faites des siècles auparavant par les prophètes juifs à ce sujet.

De même, Il est le seul à évoquer les faits particuliers touchant à la période de l’enfance de Jésus. Son sens historique lui fait noter les dates et âges à partir desquels Jésus commence son ministère, renseignement unique et précieux. De plus, non moins de 16 paraboles et 6 miracles ne sont rapportés que par Luc

2. l’universalité

Luc fait remonter la généalogie de Christ à Adam, père de l’humanité. Il présente Jésus comme le Rédempteur universel. Les nations sont incluses dès la première annonce de la bonne nouvelle par les anges. Luc fait sortir Jésus du cadre trop étroit de la nation juive pour le proposer comme le Sauveur envoyé par Dieu pour tous.

3. l’individualité

L’évangile universel de Luc est en même temps l’évangile de l’individu. Le salut est proposé à chacun personnellement. Luc esquisse dans son récit de nombreux portraits personnes : Elisabeth, Marie, Marthe et Marie, Simon, Lévi, Zachée… Chacun peut se reconnaître dans la panoplie des êtres décrits par Luc.

4. les questions sociales

Médecin de formation, Luc souligne le fait que Jésus est non seulement le Sauveur de tout homme, mais de tout l’homme. Il est le Médecin divin du corps et de l’âme. Il est l’Ami des méprisés, des bas-tombés, des parias et des rejetés de la société. Luc seul raconte le dernier échange, intime, que Jésus eut avec un condamné de droit commun, crucifié avec Lui. Tous les gestes, toutes les paroles de Jésus expriment son humanité. Pour Luc, il est, par excellence le Fils de l’homme.

Un auteur : 2 livres

Comme celui de Matthieu, Marc et Jean, Luc termine son Evangile par les faits incontournables de la mort, de la résurrection et de l'ascension du Christ. Son enquête pourtant ne s'arrête pas là. Jésus étant toujours vivant et agissant, il va relater dans un second livre, intitulé dans nos bibles "Actes des apôtres", tout ce que le Sauveur va continuer à faire depuis le ciel dans les 30 années qui suivront son départ. Depuis, l'histoire de Jésus, jamais finie, se poursuit. Une question se pose cependant aujourd'hui : quelle est votre histoire avec Jésus ? Qui est-il pour vous ? Puissiez-vous, comme Luc, vous livrer à une enquête minutieuse à son sujet... et parvenir à la même conclusion que lui. Bonne lecture !

Extrait : parabole du père et des deux fils :

11 Il dit encore : Un homme avait deux fils.
12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne–moi la part de fortune qui doit me revenir. » Le père partagea son bien entre eux.
13 Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche.
14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout.
15 Il se mit au service d’un des citoyens de ce pays, qui l’envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons.
16 Il aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait.
17 Rentré en lui–même, il se dit : « Combien d’employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ?
18 Je vais partir, j’irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ;
19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite–moi comme l’un de tes employés.” »
20 Il partit pour rentrer chez son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa.
21 Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. »
22 Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez–la–lui ; mettez–lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
23 Amenez le veau engraissé et abattez–le. Mangeons, faisons la fête,
24 car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête.
25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu’il revint et s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses.
26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait.
27 Ce dernier lui dit : « Ton frère est de retour, et parce qu’il lui a été rendu en bonne santé, ton père a abattu le veau engraissé. »
28 Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier.
29 Alors il répondit à son père : « Il y a tant d’années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n’ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis !
30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! »
31 Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ;
32 mais il fallait bien faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! »






Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 25 août 2007

Jeannie


Bonjour à tous ! Voici mon témoignage. Mes mains commencent déjà à trembler. Je sais que certains d’entre vous le traduiront et j’espère qu’il pourra faire du bien. Je suis opposée à l’avortement, parce que je sais qu’il tue un tout petit être (j’ai six enfants et trois fausses couches et j’ai vu toutes les échographies). J’ai vécu 12 ans de dépression et j’ai failli me suicider (pour ceux qui affirment en savoir beaucoup sur la dépression).

Contexte familial
Mon avortement s’est passé en ...., j’avais seulement 15 ans. J’avais des problèmes à la maison, je ne me sentais pas aimée. Le père du bébé avait 28 ans et m’a larguée très rapidement. Je ne l’ai revu qu’un an après l’avortement et je ne l’ai même pas regardé. La douleur était trop intense. Je me doutais que j’étais enceinte bien avant de commencer à en avoir les symptômes, juste une impression. Puis j’ai commencé à vomir tous les jours. Ma mère s’en est rendue compte. Elle m’a fait penser que nous garderions le bébé. Nous avions même planifié d’acheter des affaires de bébé. Puis, elle l’a dit malicieusement à ma sœur aînée (de 15 ans). Ma sœur s’est mise en colère. Elle cria sur ma mère en lui disant que c’était de sa faute et que ma vie était fichue. Je me suis sentie coupable, je voulais qu’elle me crie dessus. Inutile de dire qu’elle organisa l’avortement. Ma mère dit à mon père qu’il aurait à signer parce qu’elle ne voulait pas le faire. Ne pensez pas que ma mère voulait me protéger. Mon père faisait tout pour elle. Elle buvait, sortait dans les bars, couchait avec d’autres hommes, et il savait tout cela, mais il se renfermait sur lui-même jusqu’à devenir un fantôme silencieux d’homme. Je ne l’excuse pas parce qu’il aurait du être un meilleur père. Je voulais m’enfuir mais je ne savais pas où aller. J’avais peur, j’étais seule et je pleurais beaucoup. J’avais des cauchemars : quelqu’un essayait de tuer mon bébé. Je vivais au fin fond du Sud, à plus de 100 Kms d’une grande ville, je n’avais même pas de téléphone et je n’avais jamais entendu parler de l’avortement.

La froide mécanique

Je voulais mon bébé mais j’ai bloqué mon esprit et mon cœur à tout et j’ai suivi. Je me rappelle d’avoir rapidement signé les papiers avec mon papa. Je me souviens d’avoir été dans une salle d’attente avec un groupe de filles et que l’on m’a donnée des tranquillisants. Je me souviens qu’on nous a appelées une à une jusqu’à mon tour. Allongée sur une table d’opération, mes pieds dans les étriers, je me rappelle l’infirmière qui me tenait la main et un docteur aussi froid que de la glace, qui ne m’a même pas regardée. J’ai vu le tube transparent se remplir de sang quand l’aspirateur s’est mis en marche et j’ai détourné la tête. J’ai regagné le vestiaire pour m’habiller et je suis presque tombée. J’ai vu une jeune fille de 16 ans qui pleurait (je lui avais parlé plus tôt, son copain avait aussi 16 ans et ils vivaient dans une autre petite ville pas très éloignée de la mienne). Je n’ai pas pleuré, j’avais juste rendu mon esprit indifférent à quoi que ce soit. Cette nuit là, je me suis réveillée et j’ai fait un geste comme pour prendre mon bébé dans mes bras, et c’est là que j’ai réalisé pour la première fois que je ne verrai jamais mon bébé.

Secousses émotionnelles

J’ai oublié d’écrire que j’étais enceinte de 12 semaines quand j’ai eu mon avortement. Chaque fois que je regarde des photos de bébés non nés, je regarde toujours en premier ceux qui sont âgés de 12 semaines, même encore maintenant après tout ce temps. J’ai commencé à boire et à fumer de la marijuana à 13 ans. J’étais même saoule avec ma mère parfois. Je prenais la marijuana avec une amie plus âgée qui était vraiment cinglée. Après l’avortement, une fois, j’ai été ivre et j’ai failli y passer. Tout le chagrin que j’avais essayé de refouler revint comme une inondation me submergeant complètement. Je pleurais sans relâche jusqu’à ce que je ne puisse plus pleurer. Je pleurais dans les bras d’une autre sœur plus âgée de 3 ans (qui plus tard aura 2 avortements et ne m’en a jamais parlé) et en face d’étrangers. Je n’ai plus touché à l’alcool et aux drogues depuis, de peur de perdre le contrôle de mes émotions. J’ai quitté le lycée parce que j’étais incapable de me concentrer sur quoi que ce soit. Personne ne pouvait deviner, moi y compris, que j’étais comme un volcan somnolant prêt à exploser. Parfois, les émotions essayaient de refaire surface mais j’ai réussi chaque fois à les refouler. J’ai écrit beaucoup de poèmes que j’ai jetés plus tard dont la plupart concernaient la mort. Je me suis liée avec un français de 19 ans alors que j’étais âgée de 16 ans, mais j’ai utilisé la contraception cette fois là. Je lui ai dit pour mon avortement parce que je sentais que je ne pourrai pas m’engager sans lui en parler. A 19 ans, je suis venue en France avec lui. Nous avons eu notre premier enfant en ..... Notre second est né aux Etats-Unis en .... et notre troisième est né en France en ....

Séquelles psychologiques

Vers ...., le volcan a commencé d’envoyer des signaux d’éruption. Je n’avais plus la maîtrise de mes émotions et de la dépression. Je criais sans arrêt sur mes enfants et je les rabrouais. Je me sentais être une personne horrible, impossible à aimer qui ne méritait pas d’être aimée. Je ne savais pas ce qui allait de travers chez moi et parfois je pensais devenir folle. En ...., je ne me sentais plus vivante. C’était comme si j’étais morte. J’avais l’impression que quelqu’un d’autre vivait ma vie et que je regardais cette personne de loin. Je voulais être vivante et dans le même temps je voulais mourir. Personne ne savait ce qui se passait en moi, parce que je n’en parlais pas. Avec d’autres personnes, des amis, la famille, j’essayais de paraître heureuse en riant et souriant constamment. En fait, c’est ce que j’ai fait durant ces trois années. Les gens avaient l’habitude de faire des remarques comme quoi j’étais toujours souriante. J’avais vécu une double vie si longtemps que je ne savais pas comment mettre fin à ma misère intérieure.

Mon sauveur et ami

Une nuit, alors que tout le monde dormait, je suis allée dans une chambre vide et je me suis allongée sur un lit. J’allais sauter du 4ème étage où se trouvait notre appartement pour m’écraser sur le parking. J’ai commencé à m’interroger sur mon passé et ma vie. Des questions sur le pourquoi… j’ai commencé à poser mes questions à Dieu. Soudain, le calme se fit en moi pour la première fois depuis 12 ans. Je me suis sentie en paix et physiquement légère. J’ai compris que j’avais accumulé de la colère et de la rage vis-à-vis de ma famille au plus profond de moi-même. J’ai pardonné à tout le monde y compris moi-même. J’ai été déprimée depuis mais plus jamais comme cela. Je n’ai plus jamais rien ressenti de similaire à cette expérience et ne le ressentirai plus jamais parce que j’ai un ami toujours à mes côtés. C’est mon Sauveur, mon Dieu, c’est Jésus-Christ. Je ne serai plus jamais seule à nouveau. Je serai morte sans Lui et mes enfants auraient grandi sans leur mère.

But de ce témoignage

Je raconte mon histoire afin que d’autres femmes passées par là puissent savoir qu’elles ne sont pas seules, que Dieu pardonne même des actes terribles comme l’avortement. Je la dis aussi pour les femme qui sont entrain de penser à l’avortement afin qu’elles entendent ce que d’autres ne veulent pas qu’elles sachent. L’avortement se paie très cher. Nous vivons avec cette décision pour le restant de notre vie. Ceux qui nous poussent à avorter disparaissent quand nous commençons à avoir des problèmes. Ils nous laissent seules avec notre détresse et ne veulent rien savoir de nos problèmes. J’ai beaucoup de compassion pour les femmes qui ont été victimes des mensonges qui entourent l’avortement. Je sais combien c’est difficile de parler du vécu de l’avortement. Cela m’a pris 12 ans pour prononcer le mot, avortement. Mais alors, je n’avais personne vers qui me tourner pour trouver de la compassion…

Paroles bibliques

Je n’étais encore qu’une masse informe, mais tu me voyais et, dans ton registre, se trouvaient déjà inscrits tous les jours que tu m’avais destinés alors qu’aucun d’eux n’existait encore : Psaume 139 verset 16

Ferais-je, moi, que le ventre d’une mère s’ouvre, pour ne pas la faire accoucher ? dit le Seigneur. Moi qui fais accoucher, empêcherais-je de naître ? dit ton Dieu : Esaïe chapitre 66 verset 9

Venez à moi, dit Jésus, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau et je vous donnerai du repos : Evangile selon Matthieu, chapitre 11 verset 28



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 18 août 2007

Islam et christianisme


L’énoncé du problème

On entend parfois dire que chrétiens et musulmans ont le même Dieu, ou que les différences qui existent entre eux ne sont pas essentielles et ne doivent pas masquer le fait qu’ils affirment les uns comme les autres l’existence d’un Dieu unique. Allah et Dieu seraient donc en quelque sorte des synonymes. Il arrive de même que l’on entende affirmer que christianisme et islam « partagent » Jésus, qu’il appartient aux deux religions. Ce souci de rapprochement, cette recherche de points communs sont très louables : ils procèdent d’une volonté de dialogue, de fraternité, et dénotent généralement chez ceux qui les expriment le voeu de se montrer ouvert et tolérant. Mais sont-ils fondés sur une connaissance des textes et de l’histoire ? Ces vœux ne sont-ils pas des vœux pieux ? Comment l’islam envisage-t-il ses rapports avec le christianisme ? Plus particulièrement, comment le Coran, texte sacré des musulmans, considère-t-il les chrétiens et leurs écritures saintes ?
Jacques Ellul disait que face à l’expansion de l’islam, « il ne faut pas réagir par un racisme, ni par une fermeture orthodoxe, ni par des persécutions ou la guerre. Il doit y avoir une réaction d’ordre spirituel et d’ordre psychologique (ne pas se laisser emporter par la mauvaise conscience) et une réaction d’ordre scientifique. Qu’en est-il au juste ? Qu’est-ce qui est exact ? La cruauté de la conquête musulmane ou bien la douceur, la bénignité du Coran ? Qu’est-ce qui est exact sur le plan de la doctrine et sur le plan de l’application, de la vie courante dans le monde musulman ? » (1)

Les textes sacrés

Remarquons d’abord que les chrétiens et les musulmans n’envisagent pas du tout leurs textes sacrés de la même manière. Pour les premiers, il s’agit de textes révélés, pour les seconds d’un texte éternel, incréé, intouchable. Il y a là différence non négligeable. Les musulmans aussi tiennent qu’ils ont reçu une révélation. Elle est conçue comme la transmission d’un texte préexistant. Dans cette transmission, le prophète ne joue aucun rôle actif. Il ne fait que recevoir des textes (…) qu’il répète comme sous une dictée.

Outre son caractère sacré, une des particularités du Coran est qu’il s’approprie et islamise toute une série de personnages bibliques : Abraham, Isaac, Jacob, Noé, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse, Aaron, Zacharie, Jean-Baptiste, Jésus, Elie, Ismaël, Elisée, Jonas et Loth y sont mentionnés (voir par exemple la sourate 6, versets 83 à 86 ), mais en tant que musulmans. La sourate 3, 67 , quant à elle, dit explicitement : « Abraham n’était ni juif ni chrétien. Il était entièrement soumis à Allah (musulman) ». Comme le signalent notamment Anne-Marie Delcambre et Daniel Sibony (2) , le texte joue sur le double sens du mot muslim, qui signifie « soumis » et aussi « musulman ». Cette particularité de la langue arabe permet au Coran d’islamiser toutes les grandes figures de la Bible et d’opérer un véritable renversement de la chronologie traditionnelle des religions. Le Coran « accueille » Jésus, Moïse et les prophètes hébreux d’une façon particulière : il les accueille, après en avoir fait des musulmans.

Ainsi l’islam « avale » ou englobe tout ce qui le précède et transforme a posteriori toute une série de personnages bibliques en musulmans. Déposséder les juifs et les chrétiens de leur mémoire est une curieuse façon de leur témoigner du respect. Pour un familier de la Bible, les figures bibliques citées dans le Coran nous paraissent à la fois identifiables et déformées. Abraham n’est pas Ibrahim, ni Moïse, Moussa. (3) Quand Mohammed lia le nom d’Allah aux récits pieux du Judaïsme et du Christianisme, ce fut pour l’Islam une manière de les revendiquer comme siens. A la lumière des événements qui suivirent, l’allégation selon laquelle l’islam est la religion originelle et tous les prophètes précédents déjà des musulmans peut être considérée comme une tentative de s’approprier les récits des autres religions. L’effet produit est de dépouiller le christianisme et le judaïsme de leur mémoire. (4)

Autre trait caractéristique du Coran : tout en reprenant de nombreux récits bibliques (qu’il transforme ou simplifie parfois), il affirme que les juifs et les chrétiens ont falsifié leurs textes. Comme ils ont refusé de reconnaître la prophétie de Mahomet, ils sont accusés d’avoir été infidèles à ce que Dieu leur avait transmis et d’avoir falsifié le « message » que Dieu avait déjà fait « descendre » pour eux. Cette accusation de falsification à l’encontre des « gens du livre » est répétée à de nombreuses reprises dans le Coran (sourates 2, 59 ; 2, 75 ; 2, 79 ; 3, 70-71 ; 4, 46 ; 5, 13 ; 5, 41). La falsification (tahrîf) des Ecritures est considérée par l’islam comme une forme extrêmement grave de « corruption » ou de « forfaiture » (fasâd), qui peut être sanctionnée par la peine de mort. Le Coran considère donc les deux Testaments comme faux et falsifiés ; il prétend restituer les vraies Ecritures, les textes authentiques, les textes tels qu’ils existaient avant leur falsification par les juifs et les chrétiens.

Un autre Jésus

Le Jésus du Coran n’a pas grand-chose à voir avec celui des chrétiens. Son message était l’islam pur, la soumission à Allah (sourate 3, 84); il a reçu sa révélation de l’islam sous la forme d’un livre, l’ Injil ou « Evangile » (sourate 5, 46) ; sa mère, Maryam, était la sœur d’Aaron et de Moïse (sourate 19, 28) ; il a annoncé la venue de Mahomet (sourate 61, 6) ; il n’a pas été tué ni crucifié, et ceux qui affirment le contraire mentent (sourate 4, 157) ; le jour de la résurrection, Issa lui-même témoignera contre les juifs et les chrétiens qui croient en sa mort (sourate 4, 159).

Les chrétiens sont parfois impressionnés par la place que tient Jésus dans le Coran. Mais ce n’est pas celui auquel ils ont donné leur foi. Le Jésus du Coran répète ce qu’avaient annoncé les prophètes antérieurs, Adam, Abraham, Lot, etc. : en effet, tous les prophètes ont le même savoir et proclament le même message, qui est l’islam. Tous sont musulmans. Jésus est envoyé pour prêcher l’unicité de Dieu. Il proteste qu’il n’est pas un « associateur ». « Ne dites pas Trois ». Il n’est pas le fils de Dieu, mais une simple créature. (…)

Comme il est pour l’islam inconcevable qu’un envoyé de Dieu soit vaincu, Jésus n’est pas mort sur la croix. Un sosie lui a été substitué. Cette christologie, du point de vue chrétien, présente des marques mélangées de nestorianisme et de docétisme . (5) Le Jésus du Coran est un musulman qui appelle ses propres adeptes à rejeter leur idolâtrie et accuse les chrétiens d’avoir manipulé les Ecritures. Il est (…) faux de dire que le Issa (Jésus) du Coran ne fait qu’un avec le Jésus des Evangiles. Ce Jésus, réduit dans le Coran à un prophète purement humain, ne peut que choquer un chrétien, puisque ce statut est en discordance totale avec ce que relatent les Evangiles. (…)

Dans le Coran, Jésus est le seul prophète qui soit présenté comme n’étant pas d’accord avec les doctrines de sa communauté. La sourate 5, au verset 116 , est une véritable gifle pour les chrétiens, dont les croyances sont rejetées sans même être formulées correctement : Rappelez-vous quand Allah demanda : « O Jésus, fils de Marie, est-ce toi qu a dit aux hommes : prenez-nous moi et ma mère comme divinités en-dessous d’Allah ? » Jésus répondit : « Gloire à Toi, il n’est point de moi de dire ce qui n’est pas pour moi une vérité. »En d’autres termes, le Jésus-Isâ du Coran répudie ses adeptes, les chrétiens, en les accusant d’avoir faussé les Ecritures. (…) Il entend se séparer des croyances perverties de ses partisans ! En fait, ce qui est un comble, c’est que, dans le Coran, Jésus accuse lui-même ses adeptes – les chrétiens – de lui prêter des paroles qu’il n’aurait jamais prononcées. On croit rêver ! Le Coran refuse un Christ crucifié, comme il refuse un Christ ressuscité : pour lui, Jésus n’est qu’un prophète, ni plus ni moins honoré que les autres.(6) Le Jésus des Evangiles est la base sur laquelle le christianisme s’est développé. En l’islamisant et en en faisant un prophète musulman qui aurait prêché le Coran, l’islam détruit le christianisme et s’approprie son histoire. Il agit de même envers le judaïsme. (7)

Fausse accusation

Dans le Coran, les chrétiens sont appelés « associateurs ». Pour l’islam en effet, le christianisme n’est pas un monothéisme à cause de la Trinité, laquelle consisterait à « associer » Dieu, Jésus et… Marie. Inutile de préciser que le christianisme n’a jamais envisagé la Trinité de cette manière, et qu’il s’agit là d’une déformation saugrenue d’un de ses dogmes majeurs. Quoiqu’il en soit, les « associateurs » se rendent coupables d’un péché irrémissible, le seul qui soit impardonnable. Sourate 4, 116 : « Allah ne pardonne pas qu’Il lui soit donné des Associés, alors qu’il pardonne, à qui Il veut, les péchés autres que ceux-là ». Les chrétiens sont des mushrikûn, c'est-à-dire coupables de shirk (« associationisme »).

A l’accusation de falsification des Ecritures (tahrîf), le Coran ajoute donc celle, plus grave encore aux yeux de l’islam, de « l’association à Dieu » (shirk). La doctrine de la Trinité est de la mécréance, du polythéisme, et un sort douloureux attend ceux qui y croient (sourate 5, 73). Les « associateurs » sont (avec les juifs) « les ennemis les plus acharnés des croyants » (sourate 5, 82). Cette corruption ne concerne pas ce que les hommes ont fait des Ecritures données par Dieu, mais ce qu’ils disent de Dieu lui-même. Dans l’ordre de la corruption, le tahrîf est élevé, mais avec le shirk, on touche à l’inexpiable : cette faute est la plus grave qui se puisse imaginer selon le Coran. (8)

Conclusion

Il faut avoir l’humilité et le courage de dire qu’entre le christianisme et l’islam, il n’y a pas, sur le plan théologique, de points communs de dialogue. Comment dialoguer avec l’islam qui refuse énergiquement la Trinité, l’incarnation, la rédemption, tout ce qui constitue l’essence même du christianisme ? On ne pourra dialoguer que si les partenaires du dialogue ont du respect l’un pour l’autre, si chacun connaît sa propre histoire et reconnaît celle de l’autre, si chacun est animé du souci de la vérité historique. Les chrétiens, de leur côté, ont intérêt à s’instruire davantage sur leur religion que très souvent ils connaissent mal, mais également sur l’islam qu’ils connaissent encore plus mal.

En France (…), dit Alain Besançon, l’installation de la religion du Coran s’est effectuée à petits pas et silencieusement. C’est tout récemment que les Français ont compris brusquement qu’elle posait un problème fort grave, puisqu’il s’agit, à terme, de la naissance sur leur territoire d’un autre pays, d’une autre civilisation. Surpris, ils réagissent de façon désordonnée, comme on l’a vu lors des discussions sur l’acceptation ou l’interdiction du voile musulman dans les écoles publiques. Ils ont l’excuse d’avoir été peu ou mal informés. Ils ont eu peur de tomber sous l’accusation d’intolérance religieuse, voire de racisme, bien qu’il ne s’agisse pas du tout de race mais de religion…

Il faudrait veiller à expurger du discours chrétien contemporain des expressions aussi dangereuses que « les trois religions abrahamiques », « les trois religions révélées » et même « les trois religions monothéistes » (parce qu’il y en a bien d’autres). La plus fausse de ces expressions est « les trois religions du Livre ». Elle ne signifie pas que l’islam se réfère à la Bible, mais qu’il a prévu pour les chrétiens, les juifs, les sabéens et les zoroastriens une catégorie juridique, « les gens du Livre », telle qu’ils peuvent postuler au statut de dhimmi , c'est-à-dire, moyennant discrimination, garder leur vie et leurs biens au lieu de la mort ou de l’esclavage auxquels sont promis les kafirs , ou païens. Qu’on emploie si facilement de telles expressions est un signe que le monde chrétien n’est plus capable de faire clairement la différence entre sa religion et l’islam. (9)
Source : http://chantducoq.blogspot.com/


(1) Jacques Ellul, Islam et judéo-christianisme , PUF, 2004

(2) Selon Daniel Sibony, « il n’y a pas de verset majeur du Coran dont on ne trouve le contenu dans la Bible ou le Talmud (hormis ceux qui parlent de Mahomet, puisqu’il est venu après ces textes) ». Il ajoute que « le Dieu du Coran, Allah, c’est le Dieu des Juifs une fois qu’il a décidé de les rejeter pour toujours » et fait l’hypothèse que « la haine du Coran contre les Juifs est l’exacte contrepartie de ceci qu’il a pris chez eux tout son contenu et qu’il ne le supporte pas »

(3) Alain Besançon, préface au livre de Jacques Ellul : Islam et judéo-christianisme

(4) Mark Durie, Issa, le Jésus musulman.
(5) Alain Besançon, op. cit.

(6) A.-M. Delcambre, op. cit.

(7) Mark Durie, Issa, le Jésus musulman.

(8) Joseph Bosshard, Le Coran face au commandement « Tu ne tueras point » , Enqûête sur l'islam : Desclée de Brouwer 2004

(9) Alain Besançon, op. cit.

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 11 août 2007

Heureux ?


Le bonheur selon l'O.N.U


Traitant la question du bonheur, l’ONU, dans une de ses résolutions, en a défini les 13 conditions minimales :

1. Une ration quotidienne de 2510 à 4000 calories

2. Une batterie d’ustensiles de cuisine par famille

3. Un jeu de 3 ensembles de vêtements et trois paires de chaussures pour chacun

4. 100 litres de bonne eau par jour et par personne

5. Un abri d’au moins six mètres carrés par personne offrant une protection adaptée contre les intempéries

6. Une scolarité d’au moins six ans par enfant et l’alphabétisation complète des adultes

7. Un récepteur radio par famille

8. Un téléviseur pour 100 habitants

9. Une bicyclette par famille

10. 10 médecins et 50 lits d’hôpital pour 100’000 habitants

11. 10 $ de médicaments par personne et par an

12. Du travail pour chacun afin de pourvoir aux besoins de la famille

13. Un système de sécurité sociale pour les malades, les handicapés et les vieillards.

Si nous ne doutons pas qu’un minimum de confort et de bien-être matériel et psychologique contribue an bonheur de chacun, la question est-elle réglée pour autant ? Quelle est votre recette du bonheur ?

HEUREUX ! VRAIMENT ?

« De quoi se plaignent-ils ? Ils ont tout pour être heureux ! » Combien de fois, au détour d’une conversation, n’avez-vous pas entendu cette réflexion ! Difficile de comprendre en effet comment quelqu’un qui jouit d’une santé parfaite et de revenus suffisants peut se déclarer malheureux. Et pourtant ! Suffit-il d’avoir tout pour être heureux… pour l’être vraiment ! Qu’est ce qui nous manque, qui ne fait pas partie des choses achetables, pour nous combler réellement ? Dans son livre, « l’Euphorie perpétuelle », le philosophe Pascal Bruckner émet quelques idées. Pour lui, l’insatisfaction actuelle de beaucoup de nos contemporains est due, entre autres, à une double cause :

1) La 1ère est l’idée selon laquelle, Dieu n’existant plus pour la plupart d’entre nous, c’est maintenant ou jamais que je dois être heureux. Le paradis n’est pas à atteindre : c’est sur terre que je dois le connaître. Il me faut donc jouir sans entraves de tout, et tout de suite. Du coup, le moindre désagrément, la moindre contrariété à ce bonheur qu’on poursuit de ses rêves devient une montagne. On ne se trouve jamais assez beaux, assez riches, jeunes ou en bonne santé. De là vient également cette nécessité absolue, relayée par la publicité et les magazines, pour chacun de « paraître bien dans sa peau », de « penser toujours positif » ou de donner en toutes choses « la priorité au plaisir ». Malheur donc aux moches, pâles, bedonnants, vieux, timides, dépressifs ou impuissants. Bref, à tous ceux qui, quelque part, n'affichent pas en public tous les signes extérieurs de la réussite et du contentement. L’obligation du bonheur est devenue un tel fardeau, conclut sur ce point le philosophe, que nous sommes devenus dans l’histoire la 1ère société à rendre les gens malheureux… de ne pas être heureux.

2) la seconde cause est la conséquence de la première. C’est l’idée selon laquelle, dans ce monde artificiel dans lequel nous vivons, la souffrance n’a pas sa place. Inacceptable, elle est partout et en tout lieu l’ennemi à abattre. D’où l’obsession de la santé quasi permanente qui occupe nos contemporains. La table n’est plus seulement un moment de partage et d’échanges mais un comptoir de pharmacie où l’on pèse minutieusement graisse et calories. La nourriture n’est plus seulement bonne ou mauvaise, mais saine ou malsaine. La société du bonheur proclamé devient peu à peu une société hantée par la détresse, talonnée par la peur de la mort, de la maladie, du vieillissement.

Est-ce là votre définition du bonheur ? La recherche d’une euphorie immédiate, permanente, perpétuelle ?

Heureux en devenir




A cette vision illusoire et faussée de la vie, la Bible, réaliste, oppose 2 vérités :

1) la 1ère est que dans ce monde soumis à la loi du péché et de la mort, le bonheur parfait n’existe pas. Salomon, l’un des rois les plus riches de tous les temps, qui a obtenu tout ce que son cœur désirait en témoigne : « J’ai entrepris de grands travaux. Je me suis bâti des maisons. Je me suis aménagé de magnifiques jardins, de vrais paradis… Je me suis procuré des esclaves et des servantes, du personnel domestique en grand nombre… J’ai amassé des quantités d’argent et d’or… J’ai eu autant de femmes qu’un homme peut en désirer… Je fus plus puissant que tous ceux qui avaient vécu avant moi à Jérusalem… J’ai satisfait tous les désirs de mes yeux… Puis j’ai considéré l’ensemble de mes réalisations, tous les travaux que ma main avaient accomplis… Et je me suis rendu compte que tout n’était que vanité : autant courir après du vent ! » Le bonheur dans ce monde ne peut être entier. Il se présente plutôt par tranches, par instants que chacun d’entre nous doit apprendre à apprécier et savourer. « Il est, dit André Comte-Sponville, davantage dans le savoir vivre que dans l’avoir tout. »

2) la seconde est que le bonheur, en tant que réalité durable, n’est pas dans cette vie mais dans celle qui vient. Jésus, l’homme à la fois le plus heureux et le plus souffrant que la terre ait porté, l’a bien dit : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? Que donnerait un homme en échange de son âme ? » La grande question qui se pose à nous est donc, non de savoir si ici-bas j’aurai pu goûter à tout ce qui était possible pour moi, mais si, devant l’éternité qui s’ouvre à moi, mon âme est dans la crainte ou le repos. « Heureux, dira le roi David, le pardonné, l’homme à qui Dieu ne tient plus compte de sa faute ! » Le bonheur a un prix : celui de la sincérité de cœur, de l’aveu de ce qu’on est devant Dieu ! Ce bonheur vrai, contrairement à tous les autres, est à votre portée ! Jésus, pour qui donner est préférable à recevoir, vous l’offre ! Le prendrez-vous ?


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 4 août 2007

Selon Marc



Un récit dynamique

Après celui de Matthieu, l’Evangile selon Marc est celui que nous trouvons en 2ème position dans le Nouveau Testament. S’il est le plus court des 4 évangiles, celui de Marc est aussi le plus animé de tous. L’objectif de son auteur est clair : par son style concis, ses descriptions alertes, détaillées, le but de Marc est de donner à ses lecteurs une vision active, énergique et dynamique de la vie de Jésus. Tel un reporter, Marc suit Jésus à la trace et décrit ses actions au présent. Le mot-clé de son évangile est, dit-on, le mot « aussitôt », un terme qui indique le mouvement, le déplacement incessant de Jésus d’un endroit à l’autre ou la rapidité d’un geste à l’autre. En cela, l’Evangile de Marc est un bon complément à celui de Matthieu qui avait pour objet de mettre l’accent plutôt sur le caractère juif de la personne et du message du Christ.

Qui est Marc ?

Marc n’est pas un anonyme dans le Nouveau Testament. Son nom véritable est en fait Jean-Marc. Jean est son nom juif, et Marc son nom romain : un détail qui souligne peut-être que les destinataires de son évangile ne sont pas d’abord des juifs, mais des païens. Un événement anodin que seul Marc rapporte dans son évangile fait que beaucoup de commentateurs identifient Marc au jeune homme qui s’enfuit nu du jardin de Gethsémané au moment de l’arrestation de Jésus.

C’est dans le livre des Actes que nous trouvons les mentions les plus fréquentes de Marc. Sa mère d’abord était une certaine Marie, dans la maison de laquelle l’apôtre Pierre se rendra à sa sortie miraculeuse de prison. Parent de Barnabas, compagnon de la première heure de l’apôtre Paul, Marc accompagnera pour un bout de chemin les deux apôtres lors de leur premier voyage missionnaire. Par crainte de l’opposition, il les abandonnera ensuite et retournera à Jérusalem : une fuite qui sera ultérieurement un sujet de tension vive entre Paul et Barnabas.

Evangile de Marc… ou de Pierre ?

De manière évidente, l’évangile de Marc est lié à la personne de l’apôtre Pierre. Pierre lui-même appelle d’ailleurs Marc, dans l’une de ses lettres « son fils », ce qui tendrait à démontrer que c’est au travers de Pierre que Marc fut gagné à la foi au Christ. Le récit de Marc abonde en détails précis, à la fois sur le vécu de Jésus et celui de Pierre à ses côtés. D’autre part, sont omis les faits qui, dans les autres évangiles, parlent à l’honneur de l’apôtre : sa marche sur les eaux à la rencontre de Jésus, la bénédiction que le Christ prononce sur lui… Pierre ne désirant pas qu’une quelconque gloire lui soit attribuée. L’Evangile de Marc est le récit de la vie de Jésus au travers du regard d’un témoin oculaire, proche de Jésus et présent sur les lieux où l’action se passe.

Enseignement principal de l’Evangile selon Marc

Le 1er enseignement de l’Evangile de Marc est que si Jésus est un homme spirituel, il n’est pas pour autant, comme Bouddha, un contemplatif inerte. Toujours en mouvement, par monts comme par vaux, Marc nous présente Jésus comme un homme qui, semble-t-il, n’a pas assez de 24 heures par jour pour faire tout ce qu’il a à faire. Debout très tôt, il prépare ses journées en passant plusieurs heurs dans la prière, face à face avec son Père. Le soleil levé, il se met en route avec ses disciples. Il va de lieu en lieu faisant le bien, guérissant et délivrant les hommes sous l’oppression du mal. Il s’occupe des foules dans leurs besoins les plus terre à terre comme les plus profonds. Jésus, nous montre Marc, est Dieu sous les traits d’un Dieu proche, en prise direct avec le concret, un Dieu incarné, vivant dans le réel de nos situations, seul capable de répondre à nos besoins, des plus simples aux plus complexes.

Comme Matthieu, Marc souligne cependant le fait que l’œuvre principale de Jésus ne sera pas celle qu’il a accompli de son vivant, mais au moment de sa mort. A trois reprises, Marc souligne le fait que Jésus parle de sa mise à mort comme d’un événement certain et le plus essentiel de son parcours. Par elle, dit-il, la rançon nécessaire pour le rachat des hommes sera payée.

Extrait de l’Evangile selon Marc

Marc, chapitre 7,versets 14 à 23

« 14 Il appela encore la foule et se mit à dire : Ecoutez–moi tous et comprenez.
15 Il n’y a rien au dehors de l’être humain qui puisse le souiller en entrant en lui. C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille.
16
17 Lorsqu’il fut rentré à la maison, loin de la foule, ses disciples l’interrogèrent sur cette parabole.
18 Il leur dit : Etes–vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez–vous pas que rien de ce qui, du dehors, entre dans l’être humain ne peut le souiller ?
19 Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, avant de s’en aller aux latrines. Ainsi il purifiait tous les aliments.
20 Et il disait : C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille.
21 Car c’est du dedans, du cœur des gens, que sortent les raisonnements mauvais : inconduites sexuelles, vols, meurtres,
22 adultères, avidités, méchancetés, ruse, débauche, regard mauvais, calomnie, orgueil, déraison.
23 Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l’être humain.

Lisez l’Evangile selon Marc : il vous fera connaître le Sauveur de marque que Dieu nous a envoyé !

Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 28 juillet 2007

Simplicité dérangeante


Mon voisin


J’ai pour voisin un homme simple. Sans aucune gêne, il interpelle tous ceux qu’il voit passer dans la rue ne se privant pas de commentaires sur eux. Un jour qu’un piéton passait, ce voisin me crie à son sujet : « Eh ! vous savez que cet homme est un alcoolique ! » Je m’approche et lui fais signe de se taire. « Ecoutez ! On ne dit pas cela ! Vous risquez d’avoir des ennuis ! » « Ah ! Pourquoi ? » Puis il termine en me disant : « Vous savez, monsieur ! Il y a de plus en plus de gens drôles ! C’était pas comme ça avant ! »

La simplicité dérangeante de cet homme m’a fait réfléchir. Sans doute a-t-il peu le sens des convenances. Mais il a une qualité : il est sans détour, disant les choses comme il les pense et telles qu’elles lui apparaissent. Habiles à ne toujours montrer que le bon côté de notre personne, nous avons tous du mal à entendre la vérité nue sur nous-mêmes.


Jésus

Bien que différente de celle de mon voisin, une des qualités de Jésus était aussi la simplicité. Après l’avoir rencontré, la Samaritaine dira : « Venez voir ! Il y a là un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! ». La façon de Jésus de mettre en lumière ce qui est caché n’est pas pour autant agressive. Ce qu’Il veut, c’est non nous condamner, mais nous libérer. Dans votre relation avec Lui, vous aussi soyez simples : dites-Lui tout ce qui vous trouble en vous-mêmes.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 21 juillet 2007

L'utopie de l'idée de progrès

Sens

Dans un billet récent, je me suis proposé de réexaminer, à la lumière de l’usage et de la pensée biblique, le sens de certains mots. Les mots que nous utilisons, avons-nous vu, ne sont pas neutres. Ils sont chargés de sens. Ils nous servent à définir nos idées, notre vision du monde, les concepts qui sont à l’origine de notre façon de penser, de ce que nous croyons. Certains mots sont si utilisés qu’ils paraissent usés jusqu’à la corde. D’autres sont porteurs d’idées si vastes qu’ils en deviennent des bannières au service de partis qui se les approprient. Que serait ainsi, par exemple, le discours d’Arlette Laguiller sans le mot « travailleur » qui lui est inévitablement associé ?

Prisonnier d’une idéologie ou d’un parti, les mots risquent de se dévaluer, d’exprimer une caricature ou de donner une vision réduite de la réalité qu’ils devraient recouvrir. D’où la nécessité d’essayer de retrouver, si possible, la genèse des mots que nous utilisons. Nous constaterons alors que, comme tout ce que l’homme touche, les mots les plus beaux auront été la plupart du temps salis, corrompus, détournés du but ou de l’idée qu’ils étaient à l’origine sensés représenter.

Progrès

Le premier mot que j’aimerais mettre à l’épreuve de l’analyse est celui de progrès. S’il est une catégorie de personnes qui connaît bien ce mot, ce sont les collégiens ou les lycéens. « A fait des progrès », « Peut progresser », sont peut-être les mentions que l’on trouve le plus couramment en marge des bulletins scolaires. L’idée de progrès est liée à un parcours. D’un point A, celui qui progresse se déplace vers un point B qui le rapprochera vers un but C ou D, sensé être le niveau maximum qu’il est appelé à atteindre. L’idée de progrès est ainsi inévitablement liée à l’idée d’excellence, de perfection ou d’idéal à atteindre.

Si le progrès peut être considéré comme un principe, la difficulté réside, en ce qui concerne le contenu que l’on donne à ce mot, dans la nature des idéologies auxquelles il est associé. Car, selon le but ou l’idéal auquel on aspire, ce qui est progrès pour les uns est régression pour les autres. Pour les tenants du droit à la liberté de la femme de disposer de son corps comme elle le souhaite, la loi Veil sur l’avortement est un progrès. Pour ceux pour qui la vie est sacrée, la même loi est un recul. Pour les militants de la tolérance absolue, la reconnaissance du droit à l’orientation sexuelle de son choix est un progrès. A ceux pour qui le socle de la société est la famille, une telle idée est un désastre. Il n’est donc juste pour personne de s’approprier le mot de progrès pour définir l’idéologie qu’il soutient. Car le progrès indique le mouvement. En aucun cas, il ne désigne, à lui tout seul, quelque chose de qualitatif.

Genèse du terme

« Le progrès est une idée très en vogue, écrit Jean-Michel Ducomte, avocat et enseignant. Lors des dernières élections, toute personnalité politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, se réclamait du courant progressiste. Croire au progrès, c’est avoir la conviction que l’avenir recèle des ressources pleines de promesses. C’est la garantie d’une société en marche pour l’amélioration de la condition humaine… Le progrès est indissociable de l’affirmation de valeurs à prétention universelle… Croire au progrès, c’est penser que le temps social et politique est orienté vers un but, c’est affirmer qu’existe un sens à l’histoire, conçu tout à la fois comme une signification et une direction. Jusqu’au début du XXème siècle, l’idée dominante était celle d’un progrès sans entrave, menant la destinée humaine vers un avenir meilleur… »

« Le progrès, cette marche de l’humanité vers la perfection, est une idée relativement neuve. Pendant plusieurs siècles, le progrès reste hors de la portée des hommes. Le monothéisme chrétien règne en maître absolu et l’homme est cadenassé par le principe de l’autorité divine. Pour les chrétiens, si l’idée de salut et d’espoir comporte la promesse des temps futurs pleins de félicité, l’homme ne peut y accéder par les seules vertus de son industrie, mais par sa foi, condition de son salut. Ce n’est qu’à partir du XVème siècle, que l’homme commence à se libérer de l’emprise du religieux. Avec la renaissance, des conquêtes scientifiques émergent qui permettent de voir le monde avec un regard nouveau… »

L’idée de progrès et ses avatars

L’idée du progrès devenant la nouvelle foi d’une humanité émancipée de Dieu, la porte était ouverte à de nouvelles constructions philosophiques expliquant le monde. A l’affirmation biblique du créateur, les tenants du progrès substituèrent rapidement la théorie darwinienne de l’évolution comme mécanisme inscrit au cœur même du vivant. La question de l’origine de l’homme résolue, le nouveau fondement posé n’allait pas tarder à voir se greffer quantité d’idéologies centrées sur l’homme réputé, avec Rousseau, bon. Cependant, selon l’analyse faite au début, l’idée de progrès n’allait pas générer les mêmes analyses et les mêmes conclusions chez tous. Selon la perception de chacun sur ce qu’est l’obstacle majeur au progrès, les idéologies nées de l’adhésion à ce concept, allaient s’affronter avec férocité les siècles suivants. Jean-Michel Ducomte fait ainsi dériver de l’idée de progrès :
- Auguste Comte, le fondateur du positivisme
- Max Weber, fondateur de la sociologie et du capitalisme naissant
- Adam Smith, théoricien du capitalisme libéral
- Marx et Engels, les théoriciens du socialisme

Déconvenues

« Le progrès, comme moteur du moins bien vers le mieux, et objet d’espérance, en un avenir radieux : l’idée était belle, mais mise à l’épreuve des faits, cette croyance qui frisait l’idolâtrie ne résista pas… A côté d’un prodigieux essor des sciences et des techniques, l’absurdité sanglante du premier conflit mondial, l’horreur absolue des logiques génocidaires, les crimes du stalinisme et la Shoah vont ébranler la foi sans borne dans l’avenir de l’humanité… Progressivement, il fallut se rendre à l’évidence, la logique émancipatrice d’un progrès indéfini avait échoué, et pire, était responsable d’un processus de désenchantement… Face aux drames d’Hiroshima, les catastrophes de Bhopal ou de Tchernobyl, l’idée que le progrès scientifique et technique serait la garantie d’une amélioration constante de la condition humaine perd encore de sa crédibilité. Il n’apparaît plus que comme un instrument susceptible d’alimenter les passions destructrices et le désir de dominer. »

Que reste-t-il de l’idée de progrès ?

C’est le titre d’une thèse écrite par Etienne Klein, docteur en philosophie des sciences, dont je vous livre quelques extraits. « Désormais, dans nos sociétés, rien n’est vrai que l’immédiat. C’est le présent qui nous domine du matin au soir… On voit bien que depuis quelques années, la catégorie des « lendemains » s’est mise à fléchir. Il n’est plus sûr qu’ils chanteront et certains qu’ils ne chanteront pas juste. Un malaise général a émergé. Une paralysie s’est emparée des discours. La prophétie s’est brisé quelque part, on ne sait pas bien où. Les thèses pas si anciennes qui avaient porté l’espoir de refaire un monde neuf se révèlent sans prise. L’espoir d’un futur radicalement autre s’est effacé par l’effet d’une sorte de lassitude universelle, d’une pesanteur inexorable. L’heure n’est pas celle de l’apocalypse, non, plutôt celle de l’obscurcissement qui gagne, d’un crépuscule, mais d’un crépuscule qui progresse sans la chaleur prometteuse des soirs d’été…

Ce qui est sûr, c’est que le mot progrès a été longtemps un mot magique. Le prononcer, c’était présenter l’avenir, comme un but, comme un accomplissement. C’était imaginer que le temps est le chemin qui mène, sinon à la perfection, du moins au perfectionnement. La philosophie du progrès s’est d’ailleurs construite sur l’idée que le meilleur allait de toutes façons advenir, sinon pour nous, du moins pour nos enfants. On s’en remettait au développement technique et industriel, croissant selon un temps orienté et continu. On croyait pouvoir, à partir de là, en étendre les bénéfices jusqu’à la politique et à la morale. Cette attitude générale faisait que nous attendions sans cesse. L’idée de progrès sonnait comme une promesse, comme un bonheur différé qui procurait à l’anémie du présent une sorte de fortifiant. En somme, elle rendait le présent tolérable en faisant aimer l’avenir.

Mais aujourd’hui, que se passe-t-il ? L’idée selon laquelle l’avenir serait systématiquement complice des initiatives humaines décline. Par une sorte de sortilège, il suffit désormais à l’avenir de devenir présent pour se désenchanter… L’avenir nous inquiétait hier parce que nous étions impuissants, il nous effraie aujourd’hui par les conséquences de nos actes que nous n’avons pas les moyens de discerner. Nous nous sentons impuissants vis-à-vis de notre propre puissance. Celle-ci nous gargarise de belles promesses autant qu’elle nous effraie… »

Réflexion biblique

Bien que neuve, l’idée du progrès est aussi vieille que le monde. Elle apparaît dans le jardin d’Eden dans la proposition faite par Satan à nos premiers parents de goûter à l’arbre de la connaissance. Une proposition qui vise à faire croire que l’homme peut par lui-même atteindre un état idéal supérieur à celui que Dieu peut lui donner. Le monde et toute son histoire témoigne du mensonge de cette proposition. Le philosophe juif allemand Léo Strauss a dit : « En terme de progrès, l’homme moderne est un géant comparé à l’homme d’autrefois. Mais il nous faut aussi noter qu’il n’y a aucun progrès équivalent en sagesse et en bonté. L’homme moderne est un géant dont nous ne savons pas s’il est meilleur ou pire que l’homme d’autrefois. » La faillite de l’idée de progrès donne raison au diagnostic posé par Jésus, le Christ, sur la nature humaine. Pour devenir nouveau, l’homme doit recevoir une vie nouvelle, d’en-haut. La naissance naturelle ne transmet, dit Jésus, que la vie humaine naturelle. Seule une naissance spirituelle peut transmettre la vie de l’Esprit. Le seul progrès que l’homme puisse faire est donc de se repentir de ce qu’il est, de revenir à Dieu, de se laisser réconcilier avec Lui par le Christ, et de laisser Son Esprit le transformer.

P.S : vous pouvez retrouver ce billet sur http://www.agorapolitique.com/
Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 14 juillet 2007

Mary Pierce


La française Mary Pierce a connu une véritable renaissance après sa conversion au christianisme. Depuis elle témoigne de sa foi avec simplicité mais conviction, sur les courts comme en dehors...

Sur le court de Roland Garros

Elle arrive, décontractée et souriante, en grande discussion avec une amie accrochée à son bras. David, son frère et entraîneur, la précède. Il pose ses raquettes à l’arrière de la petite Citroën C3 gris métallisé de sa soeur, notre point de rendez-vous. Franche poignée de main. Un grand soleil baigne les allées de Roland Garros. « Ce serait dommage de s’enfermer dans un bureau, non ? », remarque la numéro 6 mondiale. Direction le court central. Les 15000 fauteuils sont encore recouverts d’un plastique vert. En contrebas, des gamins jouent sur la terre battue, les lignes blanches n’ont pas encore été tracées. Le tournoi le plus prestigieux de la planète commence dans quelques semaines à peine. Sur trois finales, la Française née à Montréal en a remporté une, en 2000 ( elle a aussi remporté le titre cette même année en double ). Le public la redécouvre cette année-là. Oubliée la jeune fille aux grosses lunettes et mal dans ses baskets, qui avait perdu une première finale en 1994 : Mary est souriante, apaisée.
Mary fait une queue-de-cheval de ses longs cheveux blonds tout en se remémorant cette année 2000. J’étais très connue, je gagnais des tournois et beaucoup d’argent ... Aux yeux du monde, j’avais tout pour être heureuse. Mais moi, je sentais que je n’avais rien, que j’étais vide, que quelque chose me manquait. Elle cherche alors la paix intérieure dans le bouddhisme, dans le New Age et ses énergies. Plus jeune, elle a pourtant été élevée dans la foi catholique : école catholique, messe tous les dimanches en famille, première communion ... Mais à l’école, on ne m’a jamais appris quoi que ce soit sur Dieu. Et je ne comprenais rien à la messe. Lors d’un tournoi, elle rencontre Linda Wild, une joueuse américaine du circuit professionnel. J’ai senti qu’elle était différente. Tout le monde se moquait d’elle parce qu’elle était toujours souriante, heureuse, bien. On a commencé à passer du temps ensemble, elle m’invitait souvent à dîner. Grâce à sa nouvelle amie, Mary découvre qui est Jésus, qu’il est mort pour ses péchés, qu’elle est pardonnée, qu’elle a la vie éternelle. « Pour moi, c’était ... waouh !!! » s’exclame la championne. Mais il faut encore faire le grand saut de la confiance et de l’abandon total en Dieu. Ce sera pour Mars 2000, en Californie. Je me souviens très bien de ce matin-là, de cette chambre d’hôtel. J’avais perdu mon match deux jours avant. Dans ma vie, c’était de pire en pire. J’étais tombée très, très bas. Je suis sortie de mon lit et je me suis dit : J’arrête d’essayer de mener ma vie moi-même car cela me mène à rien. Soit ça me fait du mal, soit j’en fais aux autres. Et j’ai choisi de donner ma vie au Seigneur. Je lui ai dit : désormais, c’est toi qui contrôles.

Nouveaux coachs :

Eliminée du tournoi, la tenniswoman rentre chez elle, en Floride. Dans sa voiture, elle allume l’autoradio. J’ai entendu une voix d’homme qui a commencé à dire : Si vous avez envie de recevoir Jésus dans votre coeur, dans votre vie ... Je ne savais même pas que des radios chrétiennes ça pouvait exister ! Dans son garage, encore installée au volant de sa voiture, Mary commence à prier comme le propose le pasteur à la radio. La révélation par les ondes d’une relation personnelle, unique, entre la championne et Dieu. Elle se confie à lui. Depuis ce jour, je lui appartiens ! Dès lors, un nouveau set du match de sa vie débute. Avec pour coachs la Bible et Jésus. La Bible m’a vraiment touchée. Ce que je lisais me parlait très fort et souvent, je me disais : C’est exactement ce qui se passe dans ma vie. Et sa vie change. Son fiancé, qui ne comprend plus la nouvelle Mary, préfère mettre un terme à leur relation. De son côté, elle trouve la force de pardonner à son père, Jim, un ancien commando de marine, qui a transformé son enfance en un interminable camp d’entraînement. De retour en France depuis Juin 2004, réconciliée avec sa famille, Mary s’est découvert de nouveaux frères et soeurs dans l’assemblée chrétienne évangélique de Chaville, en banlieue parisienne, qu’elle fréquente assidûment. Parfois, des personnes se disent touchées de me voir louer le Seigneur avec un coeur humble, de m’humilier devant lui ... Son renouveau personnel se traduit également dans sa manière de vivre son sport. Avant, je jouais au tennis parce que je m’y sentais obligée. Je voulais être dans les meilleures, ne pas perdre. Mais j’avais du mal à trouver une finalité à ce que je faisais. Aujourd’hui, je sais que Dieu m’a donné « a gift », un talent pour ce sport. Je joue désormais de tout mon coeur pour le glorifier. Et à l’écouter, Dieu s’en sert pour l’enseigner sur bien des choses : A travers ma pratique du tennis, le Seigneur me montre beaucoup de choses applicables à ma vie de foi : la discipline, le courage ... La persévérance également, sur le court comme dans la prière : Moins on prie et moins on a envie de prier. C’est comme avec une personne : si on passe du temps avec elle, on va la connaître mieux et on aura envie de passer toujours plus de temps avec elle.

Projets :

Sur le court central, des gamins courent désormais dans tous les sens. Des gradins, ils ressemblent à des petites balles multicolores. Mary les regarde, belle et sereine. Son sweat-shirt tout blanc lui donne un air angélique. Après ma conversion, je pensais que tout serait parfait, que je n’aurais plus de problème. J’ai vite compris que ça ne se passait pas tout à fait comme ça. Mais c’est reposant de savoir que votre vie est entre les mains de Dieu, qu’il est fidèle. Il m’a plusieurs fois montré des choses splendides, alors, comment ne pas lui faire confiance ? Ainsi Mary se sent-elle appelée à servir Dieu dans tout ce qu’elle fait. Pour l’instant, dans le tennis. Quand sa carrière prendra fin, elle souhaiterait se rendre en Afrique, s’occuper des enfants et des personnes âgées. Je suis en train de crée un site Web et une fondation pour financer des projets missionnaires, humanitaires. Je veux être encore mieux utilisée par le Seigneur, conclut en forme de voeu celle que ses amis surnomment parfois « Marthe ». Parce que je veux tout faire, et bien !, explique-t-elle dans un dernier sourire.

Source: Benjamin Coste, Famille Chrétienne n°1482 / journalchretien.net / via aleloo.com.


Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus

samedi 7 juillet 2007

Selon Matthieu

Portail d’entrée

L’Evangile selon Matthieu sert de portail d’entrée au Nouveau Testament. C’est donc par lui que, souvent, le lecteur s’initie à la découverte de l’Ecriture sainte. Aussi, est-il un des évangiles préférés par tous les lecteurs de la Bible. Cette préférence n’est pas nouvelle. L’Evangile selon Matthieu est, en effet, le plus cité des évangiles dès le début de l’histoire chrétienne. La popularité de cet évangile n’est pas due au hasard. Elle tient à plusieurs causes que nous allons voir ci-dessous. Auparavant , il convient de dresser un court portrait de son auteur.

Qui est Matthieu ?

Le nom de Matthieu est présent dans toutes les listes d’apôtres citées dans les évangiles. Juif qui exerçait le métier de collecteur d’impôts au service de Rome (l’occupant), Matthieu faisait partie d’une catégorie de personnes souvent haïe par la population. En effet, les collecteurs d’impôts (ou publicains) avaient mauvaise réputation. Ils étaient connu, souvent à juste raison, pour être voleurs. Les collecteurs d’impôts étaient en fait des péagers. Ils étaient chargés de prélever les impôts et les droits de passage sur les marchandises que l’on transportait d’un territoire à l’autre. Aussi, profitaient-ils de leurs positions pour exiger des contribuables plus que nécessaire, cela d’autant plus qu’aucune loi ne protégeait les victimes contre de tels abus.

C’est alors qu’il était en plein travail que Matthieu rencontre Jésus. Celui-ci le voyant lui ordonne de le suivre. Immédiatement Matthieu, sans discuter, obéit, laissant sur place sa fonction. Plus tard, Jésus l’appellera à intégrer le groupe des douze qui l’accompagnera durant les 3 années de son ministère public. En optant pour Matthieu, Jésus a fait un double choix : il a montré que ceux qui étaient le mieux préparés à le recevoir n’était pas les « justes », mais les pécheurs ; en choisissant un homme lettré, il voyait en lui l’évangéliste potentiel dont nous bénéficions des talents encore aujourd’hui.

L’Evangile selon Matthieu

Dès la première phrase, Matthieu dévoile le but premier de son évangile. Il y présente Jésus comme le fils de David et le fils d’Abraham. De toutes les figures juives de l’Ancien Testament, David et Abraham occupent les places de tout premier ordre. Abraham est considéré comme le père de la nation juive, ainsi que le père de la foi juive. David est connu comme le roi juif par excellence, un roi selon le cœur de Dieu. Fait important : les deux hommes ont été l’objet de promesses de la part de Dieu quant au Messie qui devait venir. Le but de Matthieu est de démontrer que Jésus est l’accomplissement des promesses messianiques données à Abraham et David pour les juifs. Il est le Roi des Juifs. C’est d’ailleurs en tant que tel qu’il sera officiellement condamné. « Cet homme est Jésus, le roi des juifs » sera le libellé de l’inscription indiquant le motif de sa condamnation et placée au-dessus de sa tête à la croix.

La conviction de Matthieu, étant que Jésus est le Messie promis et annoncé aux juifs, va colorer tout son évangile. Des 4 évangiles, il est celui qui cite le plus souvent l’Ancien Testament. Matthieu veut démontrer que le vie de Jésus est la réalisation de ce qui était écrit au sujet du Christ. Aussi, le mot-clé de son évangile est le mot « accompli ». Jésus est Celui qui accomplit les promesses données par Dieu aux prophètes. Il réalise l’espérance tant attendue.

L’Evangile du royaume

Pour Matthieu, Jésus est plus que le Roi des juifs. Avec lui, le Royaume de Dieu (ou des cieux) fait irruption dans le monde. Plus de 50 fois, on retrouve cette expression dans l’écrit de Matthieu. 7 paraboles, en particulier, rapportant des extraits de discours de Jésus, écrites au centre de l’évangile, décrivent la façon avec lequel ce royaume se manifeste et cohabite avec le royaume des ténèbres qui domine ce monde. Le discours de Jésus le plus célèbre, le sermon sur la montagne, est en quelque sorte la charte du Royaume.

Autres particularités

Une des raisons de l’affection des croyants pour l’évangile de Matthieu tient à son écriture très structurée. L’évangile est plein de parallélisme. Les chiffres 7 et 3 y occupent une place importante. Le « Notre Père » comporte 7 demandes, le royaume de Dieu est présenté par 7 paraboles, 7 malheurs sont annoncés aux pharisiens ennemis de Jésus, 7 pains et 7 corbeilles sont mentionnés dans le miracle de la multiplication, le pardon doit aller jusqu’à 70 fois 7 fois… Jésus est tenté 3 fois dans le désert, il prie à 3 reprises avant d’aller à la croix… La structure de l’évangile apparaît si clairement lorsqu’on le lit qu’il est celui dont on retient le mieux le contenu.

Extraits de l’Evangile selon Matthieu

Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (l’Argent) : chapitre 6, verset 24

Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux, car c’est la loi et les prophètes : chapitre 7, verset 12

Venez à moi, dit Jésus, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos : Chapitre 11, verset 28

Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse : chapitre 12, verset 30

Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive : chapitre 16, verset 24

Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux : chapitre 18, verset 20

Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde : chapitre 28, versets 19 et 20



Que sert-il à un homme de gagner le monde entier s'il perd son âme : Jésus